by Louis Olivier Brassard Gelinas | Juin 11, 2013 | Critiques de Shows

Pour la seconde fois en un peu plus d’un mois, j’avais la tâche de couvrir un spectacle qui sort un peu de mes genres de prédilection. Effectivement, comme je l’avais fait le 27 avril dernier pour le spectacle d’Epiphany From The Abyss, Obsek, The Aftermath et The Outborn, j’acceptai la demande de l’hyperactif Dave Rouleau de couvrir un spectacle plutôt orienté sur les genres de la famille du suffixe « core », dont je ne suis pas particulièrement un fanatique. Toutefois, la présence des excellents musiciens de The Faceless et du groupe local The Outborn (que j’avais justement agréablement découvert le 27 avril dernier) sur l’affiche me laissait présager un spectacle intéressant. De plus, j’aurais la chance de découvrir les trois autres groupes qui faisaient partie de la tournée et que je ne connaissais que de nom. C’est donc avec enthousiasme que je pris le chemin de l’éternelle Agitée, accompagné de ma jolie courtisane, en ce jeudi soir nuageux.
Ne désirant aucunement manquer les virtuoses locaux de The Outborn et sachant que Karl-Emmanuel Picard de District 7 avait prévu le début du spectacle à une heure très précoce, soit 18 h 30, c’est un peu passé 18 h que nous arrivassions sur les lieux du crime où je bénéficiai de l’accès à la salle (merci beaucoup Karl!). La soirée étant relativement chaude et sans pluie (pour une fois!), nous en profitâmes pour prendre quelques boissons houblonnées sur la terrasse tout en tenant une sympathique conversation avec le guitariste de The Outborn, Éric « Bidou » Lepage et l’ami de ma copine, Nicolas Pelletier, un grand fanatique de The Faceless. Après environ un quart d’heure, les musiciens du premier groupe de la soirée se dirigèrent à l’intérieur afin d’entamer la soirée.
Malgré le fait qu’il était très tôt et que c’était un soir de semaine où tous ont des obligations professionnelles ou scolaires, la salle était étonnamment bien remplie lorsque Max « Viktorr » Martel (chant), Rick « Bidou » Lepage (guitare), Gabriel « Gilbert »Joly (guitare), Chris « Mika » Peretti (basse) et John « Ninjon » Bourgeois (batterie) commencèrent leur prestation de Deathcore progressif avec une pièce instrumentale aux accents progressifs et acoustiques en guise d’introduction. Le chanteur rejoignit bientôt ses acolytes avec ses voix gutturales et criées tout en choisissant d’animer les choses en chantant directement dans la fosse, en bousculant les spectateurs et en profitant des intermèdes entre les chansons pour des interventions bien placées et parfois même humoristiques. Notamment, celui-ci me fit bien rire avec ses allusions, auxquelles participa Rick, au fait que cela faisait très longtemps que l’on attend la sortie de leur EP. La réponse de la foule présente fut très positive, bien que relativement réservée, probablement en raison de l’heure précoce et on put même voir un peu de violence et d’arts martiaux dans la foule. Musicalement, la prestation fut bien menée, précise et entraînante et j’y retrouvai les mêmes éléments qui m’avaient fait apprécier le groupe à leur spectacle précédent, soit un accent sur les mélodies et les éléments progressifs bien dosés avec des breakdowns techniques qui ne tombent jamais dans l’excès. Après environ une demi-heure qui passa beaucoup trop vite, le groupe termina sa prestation avec la deuxième partie de son EP et je restai quelque peu sur ma faim, car j’en aurais voulu plus, ce qui est un très bon signe pour le groupe. Si vous ne connaissez pas ce très bon groupe de chez nous, allez les découvrir en suivant ce lien.
Après une courte pause où j’eut le temps d’aller saluer le photographe Alex Deleon-Cativo qui était arrivé vers la fin de la prestation de The Outborn, ainsi que de retourner prendre l’air sur la terrasse où je rencontrai Pascal Chénard, c’était au tour de Today I Caught The Plague, qui ont récemment changé de nom pour The Kindred, d’entrer en scène. La troupe, originaire d’Ottawa, composée de David Journeaux au chant, de Matt Young au clavier, d’Eric Stone à la basse, de Michael Ieraldi à la batterie, de Ben Davis et Steeve Rennie aux guitares pratique un Metalcore progressif aux accents très commerciaux (voire trop polis). En ce jeudi soir, la première chose qui me frappa, même si je m’arrête rarement aux apparences, était à quel point les membres du groupe était fringués aux derniers standards de la mode « mainstream », ce qui généra en moi la désagréable pensée qu’ils avaient plus l’air d’un boys band que d’un groupe de la grande famille du métal. Passée cette première impression désagréable, leur musique très semblable à celle jouée par leurs compatriotes de Protest The Hero (tout en étant dépouillée de leur côté plus givré) s’avéra extrêmement polie au point d’en perdre toute trace de danger, de crasse ou d’agressivité pure, ce qui me laissa vraiment froid. Comprenons-nous bien, techniquement, les membres de ce groupe sont de très bons musiciens et leur musique comporte des passages progressifs intéressants, c’est seulement que le tout est présenté dans un emballage trop propre et trop adapté aux standards de la musique commerciale pour répondre à mes goûts de métaleux qui aime la crasse, l’agressivité et la révolte. Enfin, malheureusement pour le groupe, la sonorisation connut de nombreuses ratées pendant leur performance. Tout d’abord, leur son était beaucoup trop fort pour rien, ce qui rendait le chant clair au registre élevé de David insupportable. Ensuite, l’amplificateur de la salle se mit à avoir des ratées (encore!) qui semblaient provenir d’un manque de puissance. Le son de la salle coupait et revenait donc aléatoirement tout au long de leur performance, ce qui la rendit encore plus pénible pour les spectateurs. Si le style du groupe correspond à vos goûts, vous pourrez en savoir plus ici.


Suite à une autre pause-terrasse, où Pat Graham vint nous rejoindre dans notre consommation d’alcool, ce fut aux Californiens de Rings of Saturn d’entamer leur tour de chant. Le quintette de la région de San Francisco pratique un Death Metal technique teinté d’influences spatiales et Hardcores (ce qu’ils définissent comme étant du Aliencore) et comprend : Lucas Mann et Joel Omans aux guitares, Ian Bearer au chant, Sean Martinez à la basse et Jesse Beahler à la batterie. Lorsque ceux-ci entamèrent leur spectacle, il apparut évident qu’ils étaient fort attendus; la salle était maintenant pleine et les gens se massèrent immédiatement au pied de la scène. Leur musique extrêmement rapide, agressive, pourvue de passages atmosphériques spatiaux et de soli tranchants, fut très efficace et déchaîna la foule ne se gênant pas pour déclencher les hostilités dans la fosse et faire du plongeon de scène. Côté présence scénique, le groupe pouvait compter sur son frontman à l’attitude fanfaronne, au chant guttural très adapté et aux interventions sans compromis, les autres musiciens, eux, semblaient un peu plus réservés en raison de la haute complexité technique de leur musique quoiqu’ils surent garder un bon contact visuel avec les spectateurs, ce qui est toujours très important en spectacle. L’appréciation du groupe par les spectateurs ne fit aucun doute et je fus moi-même très agréablement surpris par ce groupe. La performance de Rings of Saturn fut donc irréprochable, même si des problèmes de son comme ceux éprouvés par le groupe précédent se manifestèrent (bien que nous les entendions moins à l’avant puisque le son de scène était constant) et c’est certainement un groupe dont je surveillerai les activités dans l’avenir. Je vous conseille d’aller écouter leur musique si vous ne les connaissez pas encore et que vous êtes amateurs de musique déjantée et très technique.


La soirée était maintenant bien entamée et l’ambiance était survoltée pour un soir de semaine, comme en témoigna un ivrogne qui dégobilla sur le trottoir presque directement devant la porte de l’Agitée en sortant prendre l’air au grand péril des souliers des fumeurs présents. Rapidement, le groupe Within The Ruins s’installa pour sa prestation et nous retournâmes nous placer à l’avant de la scène pour bien profiter du spectacle, alors que le batteur de Rings of Saturn démontait interminablement sa batterie dans la foule en demandant aux spectateurs de reculer (quelle mauvaise idée que de changer de batterie à chaque groupe de toute façon, apprenez à partager!) La formation Within The Ruins de Westfield au Massachusetts officie dans un Metalcore que je qualifierais de mélodique, car il intègre de nombreux passages proches du Death mélodique. Le quatuor comprend Andrew Tate à la basse, Kevin McGill à la batterie Joe Cocchi à la guitare et Tim Goergen au chant guttural. Bien que, lors de mes écoutes de leur musique avant le spectacle, leur musique m’avait semblé quelque peu générique et très peu originale, sur scène le résultat fut plutôt positif. En effet, le groupe était très à l’aise et très actif, ne lésinant aucunement sur les mouvements et l’énergie. De plus, leur musique était nettement plus efficace en concert que sur leurs enregistrements, entraînant les hochements de tête, la violence dans la fosse et de nombreux plongeons de scène. Tout cela contribua à faire de leur performance un des moments les plus intéressants de la soirée et je fus donc bien surpris du résultat de leur prestation. Cependant, je pus constater que les problèmes de son se poursuivaient lorsque je m’éloignais de la scène, ce que je trouvais très gênant pour les groupes invités et pour les spectateurs qui avaient payé vingt dollars ou plus pour leur entrée. Découvrez Within The Ruins à cette adresse.


Il était encore tôt, mais nous avions déjà atteint la tête d’affiche et je fus très heureux de voir s’installer les virtuoses de The Faceless sur scène avec leur sonorisateur de tournée derrière la console, nul autre que le fondateur et guitariste-chanteur du groupe Black Metal Abigail Williams : Ken Sorceron. The Faceless est un groupe maintenant très connu qui a entamé sa carrière dans le Deathcore technique avant d’évoluer vers le Death Metal progressif après quelques changements de membres. La formation d’Encino en Californie est actuellement composée de Michael « Machine » Keene à la guitare et au chant, de Geoffrey Ficco au chant, de Wes Hauch à la guitare, d’Evan Brewer à la basse et d’Alex Rüdinger à la batterie. J’avais déjà vu la formation sur scène à l’Impérial avec Cannibal Corpse en 2009 et je dois dire que malgré les changements de membres et style musical, le groupe n’a aucunement perdu de son efficacité scénique. Le groupe était précis, bougeait beaucoup et les problèmes de son éprouvés précédemment semblaient avoir disparu, sûrement en raison de la présence d’un sonorisateur plus expérimenté en arrière de la console qui calibra le son de façon moins exagérée et plus audible. Leur prestation provoqua la jouissance des spectateurs qui en redemandaient, mais malheureusement pour nous, The Faceless décida que leur soirée de travail était terminée après seulement environ 45 minutes de prestation, ce que je trouvai un peu radin de leur part. Selon moi, une tête d’affiche de leur calibre devrait jouer au moins une heure et je restai donc sur ma faim. À 22 h 30 seulement, le spectacle était donc terminé et nous décidâmes toutefois de rester pour un brin de jasette et quelques bières en compagnie de Pascal Chénard et Pat Graham, mais je ne parvins pas à me chasser de l’esprit que j’aurais aimé en entendre plus de The Faceless! On peut le faire ici.


En conclusion, bien que je fus indifférent à la musique proprette de The Kindred, les quatre autres groupes à l’affiche donnèrent de très bonnes prestations qui furent malheureusement assombries par de sempiternels problèmes de son. L’Agitée devrait, à mon humble avis, se dépêcher de trouver une solution, parce qu’elle accueille maintenant de nombreux spectacles avec des groupes internationaux. Cela fait longtemps que j’entends parler de l’installation imminente d’un nouveau système de son, mais rien n’a changé actuellement et je trouve ça décevant pour les groupes qui y jouent et pour les spectateurs qui paient leur entrée à un prix relativement élevé. Je ne cherche pas de coupable, mais il faudrait vraiment que ce problème se règle rapidement. Enfin, j’ai trouvé plutôt décevant que le groupe en tête d’affiche ne joue que 45 minutes et que le premier groupe soit forcé de jouer à une heure aussi précoce que 18 h 30. En terminant, je remercie chaleureusement Karl-Emmanuel Picard de District 7 pour l’accès et pour l’organisation du spectacle!
Louis-Olivier « Winterthrone » B. Gélinas

by Louis Olivier Brassard Gelinas | Juin 5, 2013 | Critiques de Shows

Il y a parfois de ces évènements qu’il est moralement ou plutôt métalliquement impossible de manquer. Il peut s’agir d’un spectacle à l’alignement impeccable, d’une sauterie mémorablement métallique ou, dans le meilleur des mondes, des deux à la fois. Il y a aussi de ces amateurs de métal à la dévotion missionnaire, qui savent saisir les occasions pour amener les poilus au faîte du bonheur. Quand tous ces éléments sont réunis, on se rapproche de la perfection. C’était le cas samedi passé, alors que s’amenait à Montréal la tournée du Decibel Magazine qui nous présentait cette année trois groupes séminaux dont le seul nom fait frémir l’amateur de métal extrême d’envie, ainsi qu’un excellent groupe québécois, Beyond Creation. De plus, pour l’occasion, la machine infernale qu’est Dave Rouleau avait préparé, pour les citoyens de Québec, un autobus voyageur, une sélection impressionnante de produits à donner, gracieuseté de groupes québécois et une liste d’écoute improvisée pour le trajet. Il était donc hors de question, pour le fanatique que je suis, de manquer cet évènement qui se veut le début d’une nouvelle tradition lors des spectacles d’importance à l’extérieur de Québec. C’est donc en faisant fi d’un horaire chaotique à mon travail, que je demandai congé pour l’occasion!
Il était presque 14 h lorsque nous nous présentâmes, ma perle et moi, au point de ralliement dans le stationnement du temple de la consommation futile qu’est le Wal-Mart Lebourgneuf pour le départ du vaisseau chromé qui allait nous emmener vers la Métropole. Aussitôt, nous pûmes apercevoir ledit vaisseau et une bande nombreuse de métaleux équipés pour un voyage de débauche, parmi lesquels de nombreux visages connus : Charles Côté de Soiled By Blood, Alexandre Chouinard de Morgue, Dania Forget, Claudine Hasty du Trashoir à CKRL FM et son copain Louis-Philippe, entre autres. Vers 14h10 s’effectua le départ pour un déplacement agrémenté d’écoute de DVD de spectacles, d’albums de musique métal, de distribution de prix et d’une consommation adroitement civilisée de rafraîchissements alcoolisés, le tout en excellente compagnie. Mis à part un énorme bouchon de circulation qui commençait à la hauteur de Châteauguay et qui dura jusqu’à notre entrée sur l’île de Montréal, le trajet fut digne des plus beaux partys métalliques et se déroula sans aucune anicroche majeure. Tout le monde était festif et le tout se fit avec classe. L’autobus nous déposa devant le Club Soda avec environ une heure de retard sur l’horaire, vers 18h10, en raison de l’impondérable trafic, ce qui nous donnait environ cinquante minutes pour se dégourdir les jambes, se nourrir et arriver à temps pour le début du spectacle. Après avoir rempli ces quelques besoins nous fîmes notre entrée dans le Club Soda déjà assez bien rempli où je pus enfin rencontrer Naty-Nathalie Baril de BCI (bassiste de Potion 13) en chair et en os. Il s’agit d’une personne qui fait un travail remarquable pour les spectacles métaux à Montréal et qui m’avait drôlement impressionné avec sa gentillesse lorsqu’elle avait acheté l’album de mon groupe (Endless Horizon) au Profusion Metalstore (salut à Francisco en passant!) et nous avait écrit un message d’encouragement sur notre page alors que je ne la connaissais que de nom. Une sympathique rencontre, en somme! Puis, à 19 h tapantes Beyond Creation commencèrent leur prestation.
Seule formation locale de la soirée, Beyond Creation avait l’honneur d’ouvrir pour trois groupes internationaux à la réputation immense. Le groupe de Progressive/Technical Death Metal vient de Montréal et est composé de l’extrêmement prolifique Dominic « Forest » Lapointe (Augury, B.A.R.F.,Catuvolcus, Teramobil Humanoid, Atheretic…etc) à la basse fretless six cordes, de Simon Girard à la guitare huit cordes et au chant, de Kevin Chartré (Unhuman, Brought By Pain) à la guitare sept cordes et de Philippe Boucher (First Fragment, Incandescence, Décombres, Chthe’ilist) à la batterie. En cette soirée, leur musique rappelant inévitablement le groupe célèbre Death, mais aussi des groupes plus récents comme Gorod et The Faceless fut quelque peu handicapée par un son qui n’était pas tout à fait encore au point. En effet, le son manquait un peu de puissance et de graves, ce qui le rendait lointain et parfois difficile à discerner. La qualité sonore s’améliora cependant au cours de leur performance et je fus plus en mesure d’apprécier l’immense talent musical de la formation qui nous présenta quatre pièces de son premier album, The Aura (2011) ainsi qu’une nouvelle pièce (si je ne m’abuse) dont je ne pus saisir le nom. Musicalement, leur prestation fut donc très précise et superbement interprétée. Toutefois, le fait que la musique du groupe laisse souvent de côté les éléments qui pourraient la rendre accrocheuse au profit de la complexité technique exacerbée au maximum, me laissa un peu perplexe. En effet, je trouve personnellement que le groupe aurait avantage à mieux doser la technicité et la musicalité, ce qui rendrait sa musique encore plus entraînante en spectacle, mais ce sont mes goûts. En ce qui concerne le côté scénique de leur prestation, leur performance fut très énergique et mouvementée, quoique dépouillée de tout flafla comme le veulent les standards de leur genre musical. Les interventions de Simon Girard entre les pièces se limitèrent au minimum et manquaient, à mon avis, un peu d’une conviction et d’une grandiloquence qui aurait pu faire encore plus monter l’intensité de la soirée. Quoi qu’il en soit, ce fut somme toute une très bonne prestation pour la prometteuse formation montréalaise. Je vous encourage à aller regarder ceci si vous ne connaissez pas ce groupe.
Côté setlist, voici à quoi ça ressemblait :
- « No Request For The Corrupted »
- «Omnipresent Perception»
- Nouvelle pièce (titre inconnu)
- «The Aura»
- «Coexistence»
Après un très bref entracte où nous eûmes à peine le temps de sortir pour quelques conversations et quelques bouffées de fumée magique, Immolation s’installait déjà sur la scène pour nous bouter, nous aplanir et nous ensevelir sous une terre compacte. Si vous vous dites amateur de Death Metal et que vous ne connaissez pas ce célèbre groupe new-yorkais formé en 1988 et bien, je vous conseille d’aller immédiatement vous renseigner sur celui-ci. Immolation, c’est les motifs de guitares créatifs et uniques de Robert « Rob » Vigna, les grooves imposants de basse et le chant guttural de Ross Dolan, les rythmiques inusitées de Steve Shalaty à la batterie et les harmonisations de Bill Taylor (Perdition Temple) à la guitare. Dès la première pièce de leur prestation, l’excellente « Kingdom of Conspiracy » tirée de leur nouvel album du même nom, je fus soulagé de constater que le son était maintenant excellent et que le groupe était visiblement très en forme pour nous massacrer. Nous livrant une sélection axée sur son dernier effort (quatre pièces sur huit), Immolation ne lésina aucunement sur l’énergie et le mouvement. J’aimerais noter, à ce chapitre, les mouvements déments de Rob avec sa guitare qui la lançait dans tous les sens tout en jouant ses motifs de façon impeccable et les interventions agressives et sympathiques de Ross Dolan entre les chansons qui ajoutèrent beaucoup à l’aspect visuel et interactif du spectacle. Du côté musical, la prestation fut extrêmement précise, le rendu des pièces impeccable et je fus aussi très content qu’ils intègrent une pièce de l’excellent EP Providence, la délicieuse « What They Bring », à leur tour de chant. Le seul point un peu négatif que j’aurais à souligner fut la rareté des vieux succès du groupe dans le setlist. En effet, mis à part la pièce éponyme de leur premier album, Dawn of Possession (1991), aucune autre pièce des premiers efforts du groupe ne fut interprétée et leur album séminal, Here In After (1996) fut totalement oublié. Toutefois, la qualité incroyable de la prestation me fit vite oublier ces désagréments et la foule, maintenant extrêmement nombreuse, apprécia grandement le spectacle, ce qu’elle démontra à grand renfort de cris et de violence dans la fosse. Je fus donc très satisfait d’enfin voir Immolation en spectacle et j’attends leur prochain passage avec impatience!
Setlist:
- «Kingdom Of Conspiracy»
- «What They Bring»
- «Majesty And Decay»
- «Bound To Order»
- «Dawn Of Possession»
- «A Spectacle Of Lies»
- «Swarm Of Terror»
- «All That Awaits Us»
Après un autre entracte très court où je pus faire la connaissance de la sympathique Michelle Ayoub, réapprovisionner Francisco du Profusion Metalstore en disques d’Endless Horizon et jaser avec Lex Ivian et Marc Légaré (La Corriveau), les premières notes de Napalm Death se firent entendre et nous nous pressâmes immédiatement de retourner à l’intérieur. C’est que la formation britannique pionnière du Grindcore, est un autre de ces groupes séminaux que je n’avais jamais eu la chance de voir en spectacle. Lors de leur dernier passage à Québec en 2009, je n’avais pas pu me libérer à mon travail et je m’étais juré de ne pas les manquer la prochaine fois. Ayant connu une carrière extrêmement influente de plus de trente ans, Napalm Death se compose de Shane Embury à la basse, Mitch Harris à la guitare et aux backvocals, Mark « Barney» Greenway au vocal et Dany Herrera à la batterie. Entamant leur manche avec «Multinational Corporations » de leur premier album en carrière (Scum (1987)) le groupe me frappa en plein front avec son énergie contagieuse et l’agressivité à peine contenue de Barney qui semblait en excellente forme. Après l’aplanissement d’Immolation, c’était maintenant à un déversement de gravier sur nos pauvres corps meurtris auquel nous aurions droit. Forts d’un setlist bien balancé faisant honneur à leurs origines avec sept pièces du premier album précédemment évoqué, tout en soulignant leur dernier effort Utilitarian (2012) avec quatre pièces et en y intégrant même leur reprise de «Nazi Punks Fuck Off» de Dead Kennedys , Napalm Death était là pour tuer et la fosse leur répondit de façon exemplaire. L’atmosphère était déchaînée et leur sélection de pièces fut livrée avec une rapidité et une précision effarantes. Un vrai spectacle de maîtres, en somme, tant au point de vue de la présence scénique que de la performance musicale. En conséquence, plusieurs spectateurs semblaient chercher leurs dents, au sens figuré comme au sens propre, lorsque la formation quitta la scène.
Setlist :
- «Multinational Corporations»
- «Everyday Pox»
- «Narcoleptic»
- «The Wolf I Feed»
- «Control»
- «Greed Killing»
- «Suffer The Children»
- «On The Brink Of Extinction»
- «Protection Racket»
- «A Gag Reflex»
- «Lowpoint»
- «Scum»
- «Life? »
- «Deceiver»
- «The Kill»
- « You Suffer»
- «Nazi Punks Fuck Off» (Dead Kennedys)
- «Siege Of Power»
Comme si la violente performance de Napalm Death avait réveillé les forces de la nature un orage faisait maintenant rage à l’extérieur du Club Soda et nous restâmes donc à l’intérieur jusqu’à ce qu’il se calme un peu. Encore une fois, la pause fut de durée relativement courte et Cannibal Corpse fit bientôt son entrée sur scène avec sa traditionnelle brutalité sans borne. La célèbre troupe de Death Metal originaire de Buffalo, NY, composée d’Alex Webster à la basse, George « Corpsegrinder» Fisher au vocal, Paul Mazurkiewitz à la batterie, Rob Barret et Pat O’Brien aux guitares, était là pour terminer le travail avec une couche épaisse et compacte d’asphalte qui ferait disparaître toute trace de nos pauvres corps. Nous prenant directement à la gorge dès le début de leur prestation, avec «A Skull Full Of Maggots» les maîtres de l’horreur musicale nous malmenèrent sans pitié avec une sélection variée qui allait presque faire le tour de toute leur discographie. La salle, complète, ressemblait à une véritable fourmilière en plein branle-bas de combat où les corps s’entrechoquaient sans arrêt à la grandeur du parterre. Le groupe, précis, efficace comme à son habitude et dirigé par l’imposante présence de Corpsegrinder et l’hélice d’avion qui lui sert de tête, était dans une forme olympique et brûlait les planches. Le son était quasi parfait et je fus totalement enchanté de ce que je voyais et entendais. J’avais déjà vu Cannibal Corpse à Québec et ils avaient livré une solide performance, mais cette fois-ci était encore meilleure en raison, notamment, d’une sélection de pièces beaucoup plus variée qu’à l’habitude. Après une vingtaine de pièces, toutes plus mémorables les unes que les autres, le groupe tira sa révérence vers 23 h 30 et nous laissa complètement pantois. La soirée n’était cependant pas encore terminée pour nous, car notre vaisseau ne mettrait le cap vers Québec qu’à 1 h. Nous nous dirigeâmes donc, encore éberlués et frappé par l’extase de ce spectacle exceptionnel, vers une délicieuse poutine et quelques bières aux Foufounes Électriques.
Setlist :
- « A Skull Full Of Maggots»
- «Staring Through The Eyes Of The Dead»
- «Edible Autopsy»
- «Addicted To Vaginal Skin»
- «An Experiment In Homicide»
- «Sentenced To Burn»
- «Gutted»
- «Demented Aggression»
- «Scourge Of Iron»
- «Disfigured»
- «Evisceration Plague»
- «Dormant Bodies Bursting»
- «Disposal Of The Body»
- «Decency Defied»
- «Dead Human Collection»
- «I Cum Blood»
- «Encased In Concrete»
- «Make Them Suffer
- « Hammer Smashed Face»
- «Stripped, Raped And Strangled»
Après nous être rempli la panse et avoir contenté notre alcoolisme, nous revînmes au point de rendez-vous pour repartir vers la Capitale. Le voyage de retour fut beaucoup plus calme, car plusieurs de nos compagnons étaient exténués. Peu avant 4 h, nous arrivâmes à notre point de départ sans anicroche et nous pûmes remercier Guy, le chauffeur, pour son excellent travail et sa patience à endurer nos folies et notre musique diabolique. En somme, l’expérience de l’autobus Ondes Chocs et du spectacle extraordinaire de Cannibal Corpse, Napalm Death, Immolation et Beyond Creation fut exceptionnelle et restera à jamais gravée dans ma mémoire comme un des plus beaux moments métal que j’ai eu la chance de vivre. J’aimerais remercier Dave Rouleau pour l’organisation de l’autobus, Naty-Nathalie Baril et BCI pour l’organisation du spectacle et tous les métaleux de Québec qui ont pris part avec classe au voyage. On se revoit le 2 novembre pour un autre autobus vers Kreator, Overkill et Warbringer!
Louis-Olivier « Winterthrone » B. Gélinas
by Louis Olivier Brassard Gelinas | Mai 28, 2013 | Critiques de Shows

Gorod
J’ai souvent souligné, dans mes revues de spectacles précédentes, que le printemps 2013 serait à garder en mémoire quant à la quantité et la qualité de spectacles métaux présentés dans la Vieille Capitale durant cette saison. Or, pour la première fois depuis la fin de l’hiver, il s’était écoulé plus d’une semaine sans que je n’assiste à une représentation métallique et plus de deux semaines sans que je ne mette les pieds à l’Agitée, mes derniers spectacles étant ceux de Cyanide Eyes/Woe au Pandora’s Box le 14 mai et de Stoned Horses/Doom’s Day au Dagobert le 15 mai. Toutefois, je savais que Mathieu Paré et Corinne Cardinal de Xtrem Prods avaient préparé une superbe affiche de Death Metal brutal, progressif et technique couronnée par le premier passage en sol québécois des virtuoses bordelais de Gorod et je n’avais pas du tout envie de manquer ça. De plus, je savais que l’hyperactif Dave Rouleau ne pourrait couvrir cette soirée puisqu’il serait à Saint-Pie près de Saint-Hyacinthe en train d’animer un spectacle extérieur et d’admirer des attributs féminins humidifiés dans la pluie et le froid au Trailer Trash Fest. C’est ainsi que j’enfilai mon attirail de combat et que je me dirigeai, en compagnie de ma déesse guerrière, vers l’Agitée.
C’est à 19 h piles que nous arrivâmes sur les lieux du massacre projeté pour y bénéficier de l’accès gracieuseté de Xtrem Prods (merci beaucoup Corinne et Mat!) et y rencontrer plusieurs visages connus dont le photographe et vidéaste d’Ondes Chocs Alex Deleon-Cativo, les guitaristes de Deviant Process Stéphane Simard et JD Villeneuve, le gérant de groupes Marc Lavoie, et les membres de Soiled By Blood. C’est pendant que je conversais, bière à la main, avec tout ce beau monde, que surgit Julien « Nutz » Deyres, le chanteur de Gorod, désemparé par rapport à la difficulté de garer la camionnette de tournée de son groupe un samedi soir dans Saint-Roch. Je me proposai donc gracieusement pour l’aider à trouver un emplacement, ce qui ne se révéla pas si difficile tout compte fait. Nous revînmes donc rapidement à l’intérieur de l’Agitée où je pus m’entretenir de manière très intéressante avec les deux virtuoses de Deviant Process sur nos projets musicaux respectifs. Puis, vers 20 h 30, devant une salle décemment remplie à un peu plus de la moitié de sa capacité, Soiled by Blood monta sur scène pour déclencher les hostilités.
Les spectateurs manifestèrent aussitôt un grand enthousiasme en se massant près de la scène avant même que la prestation ne soit commencée. Pour ceux qui ne seraient pas familiers avec la jeune formation de Québec, Soiled by Blood est un quatuor de Brutal Death Metal composé d’Alex-Antoine Chamberland au vocal, Michael Chamberland à la guitare, Charles Côté à la basse et Antoine Pellerin (Demona) à la batterie. Entamant leur prestation avec leur habituelle férocité et une reprise de leurs idoles de Devourment, l’impitoyable « Babykiller », ceux-ci se lancèrent dans un setlist calqué sur leur prestation du 22 avril dernier en compagnie de 3 Inches of Blood et Goatwhore. Toutefois, bien que je n’aie aucunement été déçu de leur dernier spectacle, cette fois-ci leur interprétation et leur présence scénique furent encore plus efficaces. Multipliant les contacts visuels agressifs, les mouvements et l’interaction avec la foule il était très intéressant de constater la progression rapide de ce groupe qui est certainement destiné à devenir un incontournable de son genre à Québec. Les spectateurs semblèrent aussi grandement apprécier la représentation, se lançant déjà dans des sursauts d’agressivité dans la fosse. Je me dois aussi de souligner, encore une fois, les qualités de frontman évidentes d’Alex-Antoine, qui se révèle aussi habile avec ses grognements gutturaux qu’avec son animation de la foule, n’hésitant pas à descendre dans la fosse lorsque la foule ne bouge pas assez à son goût. J’attends avec impatience leur premier album qui devrait sortir quelque part cet été et je vous conseille d’aller faire un tour sur leur page Facebook pour y écouter les deux pièces disponibles.



Après un entracte d’environ trente minutes, c’était maintenant à Unbreakable Hatred de faire son entrée sur scène. Connaissant une ascension formidable depuis sa création en 2008 et fort d’un excellent premier album (Total Chaos (2011)), ce trio qui mélange brutalité et technique au sein d’un Death Metal puissant est composé de : Dominic Drouin à la batterie, Philippe Drouin à la guitare et Simon B. Lapointe à la basse et au vocal. N’ayant jamais eu encore la chance de les voir sur scène, j’étais très impatient de pouvoir assister à une de leur prestation surtout après l’accident de snowboard qui aurait pu laisser leur guitariste paralysé à vie en mars dernier. Cependant, en cette soirée venteuse et pluvieuse, on passa bien proche du désastre. En effet, après à peine deux pièces les spectateurs se regardaient incrédules; aucun son ne sortait des caisses de la salle et on ne pouvait entendre que le son de scène. Le chanteur-bassiste, irrité, dut alors interrompre la prestation alors que le technicien de son s’agitait ne sachant visiblement pas d’où venait le problème. Bientôt, il en découvrit la source, l’amplificateur de la salle avait rendu l’âme et la nouvelle se répandit au sein des spectateurs, ce qui était extrêmement gênant compte tenu de la présence de trois groupes venant de l’étranger et du fait que la salle était maintenant presque pleine. Heureusement, après environ trente minutes, un autre amplificateur fut installé en catastrophe et le son de la salle revint. C’est ainsi qu’Unbreakable Hatred put reprendre son massacre et quel massacre! C’est comme si cette interruption imprévue avait donné un surplus d’agressivité à la troupe qui nous livra ses pièces brutales aux motifs survitaminés avec précision et énergie devant des spectateurs conquis. Comme dit le dicton : «The show must go on!» Et les membres de la formation l’ont bien compris. Je fus donc extrêmement satisfait de mon premier contact avec Unbreakable Hatred sur scène et il est à noter que le groupe assurera le support direct aux vétérans de Dying Fetus, le 27 août prochain, à L’Impérial. Toutes les informations pertinentes sur ce groupe peuvent être trouvées ici.


Le prochain groupe à s’exécuter dans la salle ressuscitée serait Kamikabe, de Pittsburgh en Pennsylvanie. N’ayant que vaguement entendu parler de ce groupe avant cette soirée je ne savais pas trop à quoi m’attendre lorsque la formation de Death Metal amputée de son bassiste Matt Rucinski se présenta sur scène. En cette soirée, ils se produiraient donc sous la forme d’un quatuor composé de : Max Short et Jake Smatana aux guitares, BJ Sarnese à la batterie et Matt Grossi au vocal. Qu’à cela ne tienne, le groupe qui a subi la perte de sa camionnette de tournée en Floride lors de la présente tournée et qui a pu poursuivre l’aventure grâce aux dons de ses fanatiques n’allait certainement pas se laisser abattre par l’absence d’un membre. Le groupe se livra donc à une formidable présentation de ses titres de Death Metal très technique, avec une énergie palpable et une précision remarquable des guitaristes et du batteur dans le rendu des motifs et des soli. Ma seule grosse critique quant à leur prestation se situe au chapitre de la présence scénique. En effet, si le vocaliste démontrait un bel entrain et une bonne interaction avec la foule, les guitaristes auraient pu être un peu moins statiques, ce qui peut être en partie imputable à la complexité élevée de leurs partitions. En somme, le groupe livra donc une très bonne prestation et c’est avec plaisir que j’irai approfondir ma connaissance de leur répertoire qui comprend un album complet (Aberration of Man (2012)) et deux EP (Strenght to Carrion (2009) et Aporia (2010)). Si vous êtes un amateur du genre, vous pourrez découvrir ce groupe à cette adresse.


Le quatrième groupe de la soirée, Inanimate Existence, provenait de Santa Cruz en Californie et était de la partie pour nous présenter son Death Metal Progressif qui combine brutalité et virtuosité. Encore une fois, il s’agissait d’une formation dont je ne connaissais pas l’existence avant de faire mes devoirs d’avant spectacle. Inanimate Existence a vu le jour en 2010, n’a qu’un seul album complet à son actif (Liberation Through Hearing (2012)) et se compose de : Ron Casey (Brain Drill) à la batterie, Ian Rittmaster à la guitare, Joel Guernsey à la guitare, Max Zigman à la basse et Cameron Porras au vocal. Aussitôt leur tour de chant entamé, je pus constater que l’on aurait droit à une autre prestation très technique et musicalement réglée au quart de tour. Cependant, je fus un peu déçu par le caractère quelque peu générique de leur musique qui ne sort pas des standards établis du Death Metal Progressif/Technique et ressemble a un peu tout ce qui se fait dans le genre. Oui, leur musique est très complexe, mais la complexité n’est pas toujours synonyme d’originalité. Du côté de la performance scénique, je dois souligner le jeu intense et très communicatif de Max Zigman à la basse qui était un spectacle à lui tout seul. Toutefois, comparativement à lui, les autres membres semblaient un peu ternes dans leur approche en se concentrant visiblement sur leurs instruments respectifs et je me dois de noter que dans ce contexte, le vocaliste de la formation passait un peu inaperçu. Malgré ces quelques failles, leur prestation fut somme toute très bonne et les spectateurs semblèrent apprécier ce qu’ils voyaient et entendaient pendant celle-ci. Si ce groupe vous intéresse, vous pourrez écouter une sélection de leurs pièces en suivant ce lien.


La soirée était maintenant très avancée en raison de l’interruption imprévue précédemment évoquée et Gorod se présenta sur scène devant une foule éminemment impatiente de se faire défoncer la gueule pour la première fois par eux. C’est que Gorod, qui a d’abord évolué sous le nom Gorgasm de 1997 à 2005 avant de changer de nom pour éviter la confusion avec le groupe américain du même nom, est un groupe originaire de Bordeaux dans le Sud-Ouest de la France qui s’est taillé une solide réputation au fil des ans avec son Death Metal Progressif hautement technique et teinté de Jazz. La formation est composée de : Julien « Nutz » Deyres au vocal, de Samuel Santiago à la batterie, de Benoît Claus à la basse et de Mathieu Pascal et Nicolas Alberny aux guitares. Mes attentes étaient très élevées envers ce groupe en raison de la complexité extrême de leur musique sur disque et de leur réputation scénique impeccable. Je ne fus aucunement déçu! Leur prestation fut effectivement incroyablement précise, énergique et d’une puissance inouïe. Tous les musiciens donnèrent une formidable représentation de leur talent immense autant au point de vue musical que de l’interaction avec les spectateurs : Julien avec ses interventions bien placées livrées avec son accent sympathique du Sud de la France, Benoît avec ses mimiques et ses contacts visuels, Samuel avec sa performance sans égal à la batterie et les guitaristes et leurs hochements de tête typiques. Tout était combiné pour un spectacle mémorable. Leur setlist fut aussi caractérisée par une sélection de morceaux sans temps morts qui fit le bonheur du public présent en grand nombre pour eux. De plus, le groupe semblait extrêmement heureux de jouer pour la première fois à Québec, ce qui est toujours agréable à voir lors d’une première visite. Si vous ne connaissez pas encore ce groupe et que vous êtes un amateur du genre qu’il pratique, précipitez-vous ici.

En conclusion, Xtrem Prods nous a encore présenté une soirée métal de grande qualité, malgré les aléas de la technologie qui aurait pu transformer ce spectacle en désastre total. Les cinq groupes présents ont livré des prestations de haut niveau et je dois féliciter particulièrement Unbreakable Hatred qui ne s’est pas laissé décourager par un problème technique de taille; c’est la marque des grands groupes de continuer dans l’adversité. En terminant je désire encore remercier Corinne et Mathieu pour les accès, Alex Deleon-Cativo pour les photographies et vidéos de la soirée, ainsi qu’Alexandre et le personnel de l’Agitée pour leur excellent service aux assoiffés.
Louis-Olivier « Winterthrone » B. Gélinas

by Louis Olivier Brassard Gelinas | Mai 20, 2013 | Critiques de Shows
L’un des effets secondaires les plus intéressants d’être membre d’un groupe dans un milieu musical restreint comme celui de Québec est sans doute le réseautage social que cela entraîne. En effet, la scène métal de Québec, bien qu’elle soit étonnamment développée et variée ressemble à une grande famille élargie et depuis que je fais partie d’Endless Horizon, j’ai eu la chance de faire connaissance avec de nombreuses personnes intéressantes et de découvrir leurs divers projets musicaux respectifs. C’est le cas de Dominic Saint-Laurent et de son projet musical Doom’s Day, ravivant les flammes d’une époque où se mélangeait Heavy Metal, Doom Metal, Punk Rock et occultisme. Laissez-moi vous expliquer; Dominic est en couple avec Geneviève Francoeur, qui est bassiste pour un groupe de rock expérimental appelé Les Résiduents d’Amerdique dont le batteur est nul autre que Lordgore, qui est guitariste dans Endless Horizon! C’est donc avec joie que je découvris Doom’s Day juste avant la sortie de The Unholy (2012), son premier opus, et ses hymnes à la gloire du malin, sur des airs rappelant Venom, Black Sabbath, Mercyful Fate, Candlemass et Misfits. Je fus aussi très heureux pour Dominic lorsqu’il signa avec PRC Music, qu’il s’attela à la création d’un second opus et qu’il commença à assembler une véritable formation pour emmener son projet sur scène. Lorsque l’infatigable Dave Rouleau me demanda d’assister à son tout premier spectacle gratuit présenté par 2nd Skin, Budweiser, Sennheiser, Musique Richard et Ondes Chocs au Dagobert (ce que j’aurais fait de toute façon) et d’en faire une critique, car il ne pourrait y être en raison de son titre d’animateur au Wacken Metal Battle à Montréal, c’est avec empressement que je répondis positivement!
La soirée pluvieuse de ce mercredi commença de façon très sympathique, par une invitation de Geneviève Francoeur à venir prendre un apéro d’avant spectacle chez elle accompagné de ma douce, de Josianne Daigle (collaboratrice de Capitale du Metal) et Phil Godin (guitariste-chanteur des Résiduents d’Amerdique). Après quelques rafraîchissements et conversations, nous prîmes le chemin du Dagobert où nous dûmes subir l’inévitable fouille à l’entrée. Cela aurait pu être une simple formalité désagréable, mais passagère, si ce n’était du zèle excessif des portiers qui allèrent jusqu’à ouvrir le sac à main de ma blonde et à inspecter en détail chacun de ses effets personnels. Le Dagobert a une très belle salle avec une excellente acoustique pour la tenue de spectacles, mais ce comportement du personnel qui humilie sa clientèle, n’a rien pour améliorer la perception que les métaleux ont de cet endroit. Passée cette expérience intimidante, nous entrâmes et allâmes immédiatement piquer une jasette avec Dominic qui nous présenta sa formation : lui-même au chant, Patrick Gauvin à la basse, Dominique Verreault à la batterie et Frank Breton à la guitare. Nous nous dirigeâmes ensuite au bar pour nous désaltérer et nous fûmes aussitôt abasourdis par le prix des consommations. Je n’entrerai pas dans les détails, mais disons que les prix avaient de quoi faire sourciller quand on est habitué à des endroits comme l’Agitée ou des pubs comme l’Inox situé juste en face du Dagobert. Après quelques minutes à endurer des clips d’Emocore, ce qui dénote une certaine méconnaissance de la clientèle métallique présente, The Stoned Horses fit son entrée en scène, devant un public plutôt restreint composé principalement de membres de la communauté métal de Québec : SteveJonk de Fistfuck, Bob Jr Girard D’Ancestor’s Revenge, Jonathan « Goat » Gauthier d’Haeres, Antoine Guertin d’Aeternam et Southern Cross et Yvan Létourneau de Phosphorus pour ne nommer que ceux-là.
The Stoned Horses est un quatuor de Québec qui pratique un Stoner Rock / Metal classique, mais particulièrement efficace. La formation menée par Whale (aussi dans le groupe Thrash Metal Bombnation) à la guitare et aux backvocals et Crocko (aussi dans Fistfuck, Mesrine et dans Bombnation) à la batterie, est aussi composée de Mike Waters (Bombnation) au chant et Seb à la basse. En cette soirée, leur interprétation musicale fut irréprochable, les musiciens étant tous très solides sur leurs instruments respectifs malgré quelques problèmes techniques avec le kit de pédales de distorsion du guitariste. Ils furent sans doute aidés en cela par le fait que leur musique est très bien composée et relativement simple à jouer, ce qui fait qu’elle se transpose de façon très efficace sur scène. Tous les éléments du Stoner y étaient : la rythmique parfois traînante, parfois plus mid tempo, la guitare très grave et distordue et les paroles hallucinogènes. Un autre aspect fort appréciable de leur performance fut sans contredit la performance vocale du chanteur qui a un registre assez impressionnant. En effet, celui-ci alterne entre les voix rauques et graveleuses typiques du genre et des envolées en falsetto très réussies. Là où j’accrochai un peu moins, ce fut au chapitre de la présence scénique et du mouvement. Leur performance se révéla effectivement quelque peu statique, notamment celle du vocaliste qui resta presque toute la prestation debout derrière son pied de micro, interagissant très peu avec les quelques spectateurs à l’avant de la scène pendant les pièces, hormis lorsqu’il joua de la cloche à vache durant une de celles-ci. En outre, je fus déçu par la réception plutôt tiède, voire froide, de plusieurs spectateurs qui restèrent assis loin de la scène tout au long de la prestation, quoique cela s’atténua plus la performance avançait. Terminant leur prestation avec l’excellente « The Legend of The Blue Pig », The Stoned Horses me fit donc très bonne impression et je vais certainement surveiller ce groupe de plus près dans un avenir immédiat. Allez les voir et les entendre sur Facebook.
Après un bref entracte, ce fut maintenant au tour de Doom’s Day de faire son entrée sur scène afin de briser la glace avec un premier spectacle à vie. Bien entendu, la nervosité était palpable, plusieurs des membres de la formation n’ayant pas foulé les planches depuis un sacré bail (6 ans, je crois, dans le cas de Dominic). Les musiciens semblaient donc quelque peu crispés pendant l’introduction ambiante et les trois ou quatre premières chansons de leur performance. De plus, le groupe avait fait le choix de jouer au métronome, car les partitions d’orgue trop éparses et trop simples pour justifier l’embauche d’un cinquième musicien seraient plutôt rendues par des séquences préenregistrées. Cela venait donc assurément ajouter à la pression, parce que les musiciens se privaient ainsi de tout droit à l’erreur. Cependant, je fus agréablement surpris par le rendu et la performance scénique des membres de Doom’s Day qui se dégourdirent assez rapidement et offrirent une prestation digne de mention, notamment Dominic qui exécuta très bien son rôle de frontman durant les pièces. Le groupe nous offrit ainsi de belle façon une sélection principalement composée de pièces de son premier album telles que : « The Sorceress », Ghost of Fate » et « Necronomicon Ex-Mortis » que vous pouvez voir en vidéo sur leur page facebook, grâce aux enregistrements de David De Rosby. Entre les pièces, le chanteur semblait toutefois un peu plus intimidé et moins sûr de lui, ce qui s’arrangera certainement au fil des prestations et avec une meilleure planification des interventions lors des répétitions. En outre, je fus encore déçu par la réception carrément froide des spectateurs, dont plusieurs quittèrent la salle malgré le très bon spectacle qui était présenté. Il est vrai qu’un mercredi à 23 h passer n’est pas la case horaire idéale pour un spectacle local et que j’ai moi-même de nombreuses réserves sur la salle choisie, mais je trouve que cela dénote un manque de respect envers la formation qui donnait son maximum sur la scène. Qu’à cela ne tienne, le groupe poursuivit sa prestation en devenant de plus en plus visiblement sûrs d’eux, chanson après chanson, ce qui démontrait qu’ils avaient beaucoup de plaisir sur scène. Finalement, ma dernière réserve est que bien que le son d’ensemble fut très bon, le vocal manquait souvent quelque peu de jus et de définition. Le soundman aurait pu lui donner un peu plus de volume et d’effet, ce qui aurait amélioré encore plus le son d’ensemble. Toutefois, malgré ces quelques faiblesses, Doom’s Day a livré une très bonne prestation qui laisse présager un bel avenir scénique pour la formation.
En conclusion, je retiendrai principalement de ma soirée du 15 mai qu’en dépit d’une belle affiche composée de deux groupes locaux prometteurs et du fait que le spectacle était gratuit, la case horaire (le spectacle débutait à 22 h) et le choix d’une salle dont les employés ne semblent pas prêts à accueillir respectueusement une clientèle métal (une chance que je n’avais pas mis mes bottes 20 trous et ma ceinture de balle!) ont sérieusement handicapé l’ambiance qui aurait dû être nettement plus enthousiaste. Malgré tout, les deux groupes présents ont offert de très honnêtes prestations qui laissent augurer de très bonnes choses pour elles à l’avenir. Merci aux commanditaires de la soirée pour le spectacle gratuit et métaleux de Québec, arrêtez de tourner le dos aux nouveaux groupes locaux!
Louis-Olivier « Winterthrone » B. Gélinas

by Louis Olivier Brassard Gelinas | Mai 19, 2013 | Articles Divers/Primeurs/Annonces, Critiques de Shows
Par une nuit pluvieuse au ciel sans étoile, tranquillement s’élabore une toile. Un scribe et sa douce de cuir habillés se présentent devant une porte rouge aux ferrures rouillées. Grinçante, la porte s’ouvre sur un couloir occupé par des guerriers urbains vêtus de noir. Un mélange d’odeurs fétides se fait sentir, mais familières, elles ne font point souffrir; cigarette, marijuana et alcool laissent présager une soirée folle. Nos deux larrons traversent les fêtards, sans s’arrêter, attirés par une lueur, une autre entrée. Dans la boîte de Pandore, ils vont pénétrer, mais la gardienne de la porte devra d’abord être conjurée. Une poignée de pièces et le tour est joué, nos deux protagonistes s’engagent dans l’escalier.
Dans la boîte règne une atmosphère enjouée, la cérémonie n’est donc pas commencée. L’hôte, l’apôtre du temple souterrain, salue le scribe qui a déjà une coupe à la main. Celui-ci aperçoit aussi un manieur de hache et l’auteur d’un Grimoire, visages connus qu’il est heureux de voir. Tranquillement, le temple se remplit de disciples attirés par des sonorités multiples. Trois prêtres, dont l’hôte avec sa guitare et ses incantations sont prêt à conjurer Cyanide Eyes et ses illusions. Le disciple-missionnaire et un de ses comparses arrivent alors que les effluves de marie-jeanne remplissent l’air. La musique du trio fait vibrer le temple avec ses sonorités amples. Les hurlements incantatoires nous entraînent dans le noir. Le noir de rêves psychédéliques, utopiques et narcotiques. Les disciples, pris aux tripes par des visions cataclysmiques communes, s’agitent, s’entrechoquent comme dans le ventre d’un réacteur atomique. Ça y est, la boîte de Pandore est ouverte et laisse s’échapper l’Apocalypse, mais les disciples l’adorent. Cyanide Eyes provoque des orgasmes sonores, des frissons qui entrent et sortent par tous nos pores. Après trois quarts de tour d’horloge environ, les trois prêtres achèvent leur prière et les disciples se retirent dans le couloir laideron pour boire de la bière.
C’est alors que la situation dégénère, entre deux larrons pourtant deux congénères. Dans le corridor bondé, quelques coups sont portés avant que la paix, par l’hôte, ne soit refondée. Prestement, la seconde cérémonie se déclare, faisant appel à notre démonomanie. Woe entame son tour de chant et ce sera alléchant. Quatre prêtres, étrangers, sont venus échanger les visions hypnotiques pour un avenir diabolique. La boîte de Pandore s’ouvre à nouveau et sème le chaos dans ce caveau. Des hymnes, à la grandeur des enfers, sont élaborés pour nous stupéfaire. La musique, infernale, nous envahit, par son pouvoir, nous ébahit. Une tornade humaine nous prend et nous emmène. Woe et leur création trouvent leur sens dans la destruction. Le moment est magique, l’ambiance est euphorique. Cependant, rapidement, trop rapidement, l’invocation se termine et la pièce s’illumine. Après un peu plus d’un demi-tour d’horloge, l’Apocalypse s’abroge.
La boîte de Pandore se referme laissant dans le cœur des disciples une mélancolie ferme. Ceux-ci se sentent, comme des rêveurs que l’on tire de songes si magnifiques, si prometteurs. Le couple repart dans la nuit, se promettant de revenir à la prochaine cérémonie, ce qu’ils feront sans ennui.
Les acteurs
Le scribe : Winterthrone
Sa douce : Julie Bédard
L’hôte : David Raymond-Leblanc
Le manieur de hache : Ulysse Nadeau, guitariste d’Outre Tombe
L’auteur d’un Grimoire : Fiel, batteur de Csejthe, Forteresse et Grimoire
Le disciple-missionaire : Dave Rouleau
Cyanide Eyes : Experimental Rock/Métal, Québec
Woe : Black Metal, Philadelphie
Louis-Olivier « Winterthrone »B. Gélinas
Voici une entrevue avec le groupe de black métal Woe de Philadelphie et des extraits de shows. Tout ça dans le vidéo ci-dessous filmé et monté par Dave Rouleau.
