Par une nuit pluvieuse au ciel sans étoile, tranquillement s’élabore une toile. Un scribe et sa douce de cuir habillés se présentent devant une porte rouge aux ferrures rouillées. Grinçante, la porte s’ouvre sur un couloir occupé par des guerriers urbains vêtus de noir. Un mélange d’odeurs fétides se fait sentir, mais familières, elles ne font point souffrir; cigarette, marijuana et alcool laissent présager une soirée folle. Nos deux larrons traversent les fêtards, sans s’arrêter, attirés par une lueur, une autre entrée. Dans la boîte de Pandore, ils vont pénétrer, mais la gardienne de la porte devra d’abord être conjurée. Une poignée de pièces et le tour est joué, nos deux protagonistes s’engagent dans l’escalier.

Dans la boîte règne une atmosphère enjouée, la cérémonie n’est donc pas commencée. L’hôte, l’apôtre du temple souterrain, salue le scribe qui a déjà une coupe à la main. Celui-ci aperçoit aussi un manieur de hache et l’auteur d’un Grimoire, visages connus qu’il est heureux de voir. Tranquillement, le temple se remplit de disciples attirés par des sonorités multiples. Trois prêtres, dont l’hôte avec sa guitare et ses incantations sont prêt à conjurer Cyanide Eyes et ses illusions. Le disciple-missionnaire et un de ses comparses arrivent alors que les effluves de marie-jeanne remplissent l’air. La musique du trio fait vibrer le temple avec ses sonorités amples. Les hurlements incantatoires nous entraînent dans le noir. Le noir de rêves psychédéliques, utopiques et narcotiques. Les disciples, pris aux tripes par des visions cataclysmiques communes, s’agitent, s’entrechoquent comme dans le ventre d’un réacteur atomique. Ça y est, la boîte de Pandore est ouverte et laisse s’échapper l’Apocalypse, mais les disciples l’adorent. Cyanide Eyes provoque des orgasmes sonores, des frissons qui entrent et sortent par tous nos pores. Après trois quarts de tour d’horloge environ, les trois prêtres achèvent leur prière et les disciples se retirent dans le couloir laideron pour boire de la bière.

C’est alors que la situation dégénère, entre deux larrons pourtant deux congénères. Dans le corridor bondé, quelques coups sont portés avant que la paix, par l’hôte, ne soit refondée. Prestement, la seconde cérémonie se déclare, faisant appel à notre démonomanie. Woe entame son tour de chant et ce sera alléchant. Quatre prêtres, étrangers, sont venus échanger les visions hypnotiques pour un avenir diabolique. La boîte de Pandore s’ouvre à nouveau et sème le chaos dans ce caveau. Des hymnes, à la grandeur des enfers, sont élaborés pour nous stupéfaire. La musique, infernale, nous envahit, par son pouvoir, nous ébahit. Une tornade humaine nous prend et nous emmène. Woe et leur création trouvent leur sens dans la destruction. Le moment est magique, l’ambiance est euphorique. Cependant, rapidement, trop rapidement, l’invocation se termine et la pièce s’illumine. Après un peu plus d’un demi-tour d’horloge, l’Apocalypse s’abroge.

La boîte de Pandore se referme laissant dans le cœur des disciples une mélancolie ferme. Ceux-ci se sentent, comme des rêveurs que l’on tire de songes si magnifiques, si prometteurs. Le couple repart dans la nuit, se promettant de revenir à la prochaine cérémonie, ce qu’ils feront sans ennui.

Les acteurs 

Le scribe : Winterthrone

Sa douce : Julie Bédard

L’hôte : David Raymond-Leblanc

Le manieur de hache : Ulysse Nadeau, guitariste d’Outre Tombe

L’auteur d’un Grimoire : Fiel, batteur de Csejthe, Forteresse et Grimoire

Le disciple-missionaire : Dave Rouleau

Cyanide Eyes : Experimental Rock/Métal, Québec

Woe : Black Metal, Philadelphie

 

Louis-Olivier « Winterthrone »B. Gélinas

 

Voici une entrevue avec le groupe de black métal Woe de Philadelphie et des extraits de shows.  Tout ça dans le vidéo ci-dessous filmé et monté par Dave Rouleau.
 

 
 
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