by Louis Olivier Brassard Gelinas | Juin 17, 2014 | Critiques, Critiques d'Albums

Emblazoned
« The Living Magisterium » (EP)
Deepsend Records
2013
«Premonition»
«Extinction of Creation»
«Bound by Eternal Penance»
«Refuge in Darkness»
«In Ex Cathedra»
Originaire de Milwaukee au Wisconsin et composée de membres connus de la scène Death Metal de cet État du Midwest américain ayant participé à des projets tels que Jungle Rot, Festerfuck, Decrepit Birth, Cyanosis et Cause For Revelation, la formation de Blackened Death Metal, Emblazoned, nous présentait en septembre dernier sa troisième sortie et second EP (seulement) en près de quinze ans d’existence. Sceptique devant une productivité aussi modeste tout en étant intrigué par la généalogie honorable des membres du groupe, je décidai donc de donner une chance à l’offrande et de lui accorder des écoutes répétées. Décortiquons donc ce très bref opus.
Tout d’abord, parlons justement de la brièveté de la galette en question. « The Living Magisterium » est, comme je le disais plus haut, la troisième sortie du groupe après une courte démo intitulée « Nocturnal Arsonist » (2001), un petit EP intitulé « A Ceremony of Hellfire » (2005) et la nouvelle offrande ne se compose que de quatre pièces et une introduction totalisant moins de quinze minutes de musique. Le groupe part donc avec une prise en ce qui concerne la productivité, ce qui pourrait cependant être compensé par un contenu innovateur ou à la créativité impressionnante.
Or, en dépit d’une production solide de Chris Wisco et de compositions qui s’écoutent bien, qui sont bien montées et solides, l’originalité et la variété font cruellement défaut sur ce nouvel opus. En effet, passée l’obligatoire trame sonore introductive aux sonorités inquiétantes, le groupe se lance dans un assaut de Blackened Death Metal brutal, violent, très bien exécuté et rapide, mais malheureusement sans saveur particulière qui les distinguerait de la masse, donc générique au coton. En outre, le groupe ne déroge aucunement de sa formule sur toute la durée de l’offrande, ce qui donne un aspect peu varié et même parfois répétitif à l’ensemble. Chaque pièce est interchangeable en couleur et en durée, hormis peut-être « Refuge In Darkness » qui s’amorce sur un tempo un peu plus modéré que le reste et présente des variations un peu plus recherchées. Toutefois, il n’y a absolument rien sur cet EP que vous n’aurez pas déjà entendu de façon plus convaincante ou plus élaborée dans le genre.
En somme, tous les éléments typiques du style choisi sont au rendez-vous: alternance de voix gutturales grasses et de cris râpeux plus aigus, motifs de guitare à la Morbid Angel, lourdeur sans relâche et jeu de batterie ultrarapide, mais Emblazoned n’arrive pas à se distancier de la norme établie par les nombreux représentants du style même si le tout reste plaisant à écouter en raison de compositions solidement interprétées et d’une production puissante. Ce ne sera donc pas avec « The Living Magisterium » que la troupe du Wisconsin révolutionnera ou prendra la tête du Blackened Death Metal, cette sortie étant trop peu consistante et originale pour un groupe qui existe depuis aussi longtemps que Emblazoned. Cet EP ne sera donc à conseiller qu’aux fanatiques les plus finis du Blackened Death Metal, les autres attendront la sortie du nouvel album de Belphegor.
Pièce favorite : « Refuge in Darkness »
6/10
Louis-Olivier « Winterthrone » B. Gélinas
by Louis Olivier Brassard Gelinas | Juin 4, 2014 | Critiques d'Albums

Immortal Bird
Akrasia (EP)
(2013)
Indépendant
Liste des pièces
«Spitting Teeth»
«Ashen Scabland»
«Akratic Seminar »
«The Pseudoscientist»
Rae Amitay, connue comme percussionniste de Thrawsunblat et du défunt groupe ontarien Woods of Ypres, lançait en décembre dernier le premier EP de son projet dénommé Immortal Bird où elle tient le double rôle de batteuse studio et de vocaliste. Localisée à Chicago en Illinois, la formation pratique un Death Metal teinté d’influences progressives et Doom placées dans une atmosphère malveillante inspirée du Black Metal. Avec une telle description, considérant la généalogie musicale de la fondatrice du projet et étant toujours friand de nouvelles découvertes, je me précipitai avec avidité sur cette sortie afin de me concentrer pour vous sur les moins de vingt minutes de musique présentées sur « Akrasia« . En voici donc le résultat.
Tout d’abord, dès les premières secondes de l’opus, nous sommes accueillis par les motifs de guitares dissonants, bientôt suivis et accompagnés de la mitraillade de batterie sur une rythmique déjantée et changeante de la pièce « Spitting Teeth« . Aussitôt, le trio complété par John Picillo (basse) et Evan Anderson Berry (guitare) se signale par un son puissant, violent, sale, malsain et une approche sans compromis, tout en présentant un raffinement technique certain. En effet, bien que Immortal Bird opte pour une approche directe et sans détour, le groupe sait aussi intégrer des rythmiques originales et variées ainsi que des passages poussés qui ajoutent des couleurs à l’ensemble. Ainsi, après le coup de poing en plein visage de la première pièce, on passera d’un assaut tout aussi brutal, mais plus varié et technique avec un passage progressif plus posé au centre sur « Ashen Scabland« , à une pièce lente aux vibrations très Doom laissant ensuite place à un assaut central avec « Akratic Seminar » avant un retour à un Death Metal puissant et lourd, mais aux accents plus groovy sur « The Pseudoscientist« .
Immortal Bird présente donc des compositions très solides et suffisamment variées pour maintenir l’intérêt de l’auditeur éveillé et cela est complété à merveille par une production exemplaire de Kurt Ballou (mixage) et Brad Boatright (mastering) qui rend le tout encore plus intéressant. Effectivement, la production est moderne, superbement définie, résolument lourde tout en conservant le petit côté sale et méchant qui donne une aura bienvenue de méchanceté et de folie à l’ensemble, en évitant l’écueil de la propreté stérile. Avec un accent sur les basses et une qualité qui magnifie la performance individuelle des musiciens. On sera donc en mesure d’apprécier avec panache les superbes motifs de guitares saturés, la basse lourde et puissante et le jeu de batterie varié et technique de Immortal Bird. La voix hurlée aiguë et râpeuse à souhaits de Rae Amitay sera aussi un des aspects forts de ce EP, ajoutant au côté plus Black Metal de la musique du trio.
Seules deux petites faiblesses seront aussi malheureusement à relever. En premier lieu, sur une sortie aussi bien produite et exécutée que « Akrasia« , les quelques voix claires douteuses en qualité et étouffées dans le mix de « Akratic Seminar » détonnent un peu sans trop endommager le résultat final. Deuxièmement, la très courte durée de l’effort opposée à sa qualité excellente fera certainement que plusieurs amateurs souhaiteront en avoir beaucoup plus à se mettre sous la dent.
En conclusion, le tout premier effort de Immortal Bird présente un Death Metal original et varié en moins de vingt minutes de musique, ce qui est déjà un exploit en soi en cette ère très générique pour le courant musical en question. Avec une production impressionnante et des compositions superbes, le groupe aura tout pour ravir les amateurs à la recherche de nouveauté dans un genre saturé. Seule la courte durée de l’EP et des voix claires un peu moins réussies sur une des quatre pièces de l’effort seront à signaler au chapitre des points à améliorer sur cet EP fort intéressant. À écouter en boucle en hochant la tête frénétiquement!
8/10
Louis-Olivier « Winterthrone » B. Gélinas
by Louis Olivier Brassard Gelinas | Mai 21, 2014 | Critiques, Critiques de Shows

Après une défaite décevante de la Sainte-Flanelle devant les Rangers de New-York, ma métallique déesse et moi étions assoiffés d’une bonne dose de musique ultraviolente, mais recherchée. Qui aurait-il de mieux dans ce cas que la puissante affiche de la soirée proposée par Karl-Emmanuel Picard de District 7, combinant mort et progression musicale dans un ensemble cohérent, comprenant : le spectaculaire hommage à la légende dénommée Death, appelé Symbolic, les piliers locaux du Death Metal de la vieille école de Kaotik et les virtuoses de la progression métallique de Contemplator. Nous nous empressâmes en conséquence vers l’habituelle Agitée en cette belle soirée de mai.
Arrivants sur les lieux vers 19 heures, une chaleur renfermée régnait déjà à l’intérieur et l’astre du jour déversait généreusement ses rayons sans épargner la sympathique terrasse de l’endroit, sur laquelle nous décidâmes donc de profiter de quelques cervoises en bonne compagnie. Puis, vers 19 h 30, Contemplator entama sa prestation devant un public déjà plutôt nombreux compte tenu de l’heure précoce et du beau temps qu’il faisait à l’extérieur.
Contemplator est un projet de Metal progressif entièrement instrumental initié et mené musicalement et spirituellement par le bassiste Christian Pacaud, autrefois connu, entre autres, comme le bassiste d’Augury de 2010 à 2011. La formation de scène du groupe est complétée par Antoine Guertin à la batterie, Antoine Baril et Maxime Rochefort aux guitares. La musique du groupe, telle que présentée sur leur album éponyme paru l’an passé, présente des similitudes avec Gorguts dans ses moments les plus lourds et King Crimson, parmi tant d’autres influences lors de ses aventures les plus progressives. Sur scène, le groupe parvint sans grande peine à communiquer ses atmosphères, et ce, malgré l’absence de vocal qui peut parfois en refroidir certains en spectacle. Effectivement, la prestation fut musicalement impeccable malgré certains problèmes de console causés par une mise à jour incompatible de cette dernière, à ce que j’ai pu comprendre. Ainsi, on perdit l’amplificateur de la salle vers le milieu de leur performance, ce qui passa plutôt bien grâce à la réaction expérimentée des protagonistes du groupe et de la sonorisation autrement très bien calibrée de François C. Fortin. La foule s’agrandissant au fur et à mesure de la performance manifesta à plusieurs reprises son approbation à grands cris et hochements de tête, tout en démontrant une écoute respectueuse lors des moments les plus doux. En somme, la mission d’ouvrir la soirée fut accomplie de main de maître par les vétérans de Contemplator, ce qui laissait présager une formidable soirée de Métal. D’ailleurs, le groupe sera de retour sur scène en ouverture pour Anciients le 6 juillet prochain à l’Agitée.


Après une pause-terrasse fort agréable, c’était maintenant au tour de Kaotik de venir s’exécuter sur scène. Fort connue sur la scène locale, la troupe de Death Metal de la vieille école peut maintenant se passer des présentations d’usages et monta sur scène avec un peu de retard en raison d’un problème de pédale de distorsion refusant de collaborer. Malgré ledit problème qui fut réglé par la simple mise au rancart de la pédale, on put constater dès le «line-check» que le son n’en serait pas moins décapant et violent. Effectivement, c’est avec un son puissant et une précision millimétrique que Kaotik entrepris une œuvre de destruction massive devant une Agitée déjà pleine à craquer et une sueur suffocante. Hautement efficace, le vocal guttural de Pierre-Luc Simard arrachait tout, pendant que les musiciens livraient leurs compositions issues de l’album « Starving Death » (2011) et de son successeur à paraître avec une conviction communicatrice et une qualité d’interprétation de calibre international. Le tout provoqua la violence de la fosse et une réaction déchaînée des spectateurs qui ne furent en rien amoindries par les problèmes de console précédemment évoqués. En somme autant les assauts rapides que les pièces au côté groovy plus lent et Death n’ Roll de Kaotik nous ravirent et firent monter d’un cran l’intensité de la soirée. On attend donc leur nouvel album avec impatience!


Après une autre pause prise à l’abri de la chaleur tropicale de l’intérieur, c’était maintenant au légendaire hommage à Death appelé Symbolic de venir gratifier les nombreux spectateurs de leurs reprises tant attendues des classiques du fameux groupe phare. Composé de Matthew Sweeney (guitares et voix), Michael Sweeney (guitares), Antoine Baril (batterie) et le célèbre nouveau venu au sein de la formation, Dominic «Forest» Lapointe (basse), le groupe hommage était en effet très attendu suite à une longue absence des planches à Québec, après le lancement tant attendu, fin 2010, du DVD tourné lors du spectacle très spécial de 2007 qui célébrait la mémoire de Chuck Schuldiner. C’est donc devant une salle pleine à la limite du possible et une foule complètement déchaînée que Symbolic se mit en œuvre avec la superbe « Overactive Imagination« . Aussitôt l’intensité de la soirée se retrouva à son comble, alimentée par une fosse de fous en liberté qui ne relâcha pas avant la toute dernière note de la soirée. Les musiciens nous livrèrent une performance d’anthologie marquée par la virtuosité de Forest sur sa basse fretless, la batterie hallucinante d’Antoine Baril et le jeu de guitare impeccable des frères Sweeney. On eut même droit à la présence, pour une pièce, de Christian Pacaud, ancien bassiste de l’hommage. Généreuse, la formation nous offrit absolument tous les classiques de l’ère plus progressive de Death, reculant même à la période plus Death Metal à la toute fin, avec l’incontournable « Pull The Plug » de l’album « Leprosy » (1988). En somme, ce fut donc un spectacle complètement débile qui nous fut offert par le quatuor en cette belle soirée de mai.


Setlist de Symbolic (de mémoire) :
«Overactive Imagination»
«Suicide Machine»
«Jealousy»
«Nothing Is Everything»
«Mentally Blind»
«Spirit Crusher»
«Living Monstrosity»
«Symbolic»
«Zero Tolerance»
«1,000 Eyes»
«Without Judgement»
«Trapped In a Corner»
«Lack of Comprehension»
«The Philosopher»
«Pull the Plug»
Pour conclure, ce fut donc un spectacle enlevant, varié et mené par des groupes tous aussi expérimentés et professionnels les uns que les autres qui nous fut présenté à l’Agitée en ce samedi soir torride. Si les Canadiens de Montréal nous avaient déçus en après-midi, nous eûmes donc droit à un match musical parfait en soirée! Un gros merci à Contemplator, Kaotik et Symbolic pour la qualité phénoménale du spectacle offert et à District 7 pour l’organisation et pour l’accès à l’équipe de Ondes Chocs constituée d’Alex Deleon-Cativo à la capture d’image (voici le lien pour toutes les photos d’Alex) et de votre humble serviteur au rapport. Espérons que les problèmes de console de l’Agitée seront réglés sous peu et un salut à François C. Fortin pour son excellent travail à la sonorisation, malgré les aléas de son outil de travail.
Louis-Olivier «Winterthrone» B. Gélinas
by Louis Olivier Brassard Gelinas | Mai 14, 2014 | Critiques, Critiques d'Albums

Eternium
« Repelling a Solar Giant »
Blast Head Records
2013
Liste des pièces
«Aura Titian: Obsidian Dressed His Eyelids»
«Aura Infernum: The Flight over Massless Soul»
«Aura Amethyst: Her Gaze Cast Obsidian Death»
«Aura Sentium: Concord of Ember and Zephyr»
«Aura Rubicon: Apotheosis of Solar Flares»
«Aura Noir: Repelling a Solar Giant»
Jeune homme âgé de 18 ans, originaire de Ternopil en Ukraine et déménagé à Saint-Louis, Missouri, Markov Soroka nous présentait en septembre passé le premier album complet de son projet solo, momentanément incarné sous la forme d’un quintette (de 2012 à 2013), nommé Eternium. Fortement influencé par le Blackened Death Metal mélodique suédois à la Dawn et Dissection, mais aussi par un côté symphonique grandiloquent à la Cradle of Filth et Dimmu Borgir, le projet avait comme tâche ambitieuse de revitaliser un style ayant connu une gloire fertile, mais courte dans la seconde moitié des années 1990, c’est-à-dire le Symphonic Death Black Metal. Y sera-t-il parvenu? Telle est la question de départ de cette exploration de ladite œuvre.
Tout d’abord, après avoir admiré la magnifique pochette, l’auditeur sera confronté rapidement à ce qui constitue la première faiblesse dudit opus; sa production brouillonne, œuvre de Matthew Koch. En effet, dès la pièce d’ouverture, nos oreilles sont assaillies par un mélange plutôt indigeste qui enterre des motifs de guitare que l’on devine élaborés et de très grande qualité, sous une batterie beaucoup trop prédominante de Cole Sandel, des couches de claviers aux sonorités plastiques et des épaisseurs de voix étourdissantes. Les pièces épiques, longues et puissantes présentées par le jeune prodige sont donc handicapées par un format sonore qui les rend dures à discerner et à apprécier. En outre, seconde ombre au tableau, les voix de Markov Soroka sont très inégales en qualité et celui-ci à une tendance à la mégalomanie lyrique. Il est donc très efficace lorsqu’il se cantonne à une approche plus traditionnelle pour le genre composée de voix aiguë râpeuse mêlée de voix gutturales occasionnelles. Toutefois, l’ajout omniprésent de voix chuchotées et de ricanements superposés de manière apparemment aléatoire est beaucoup moins réussi et ressemble malheureusement au travail que l’on attribuerait à un clone bas de gamme de Dani Filth.
Cela dit, « Repelling a Solar Giant« comporte aussi son lot de qualités. Notamment la composition des pièces qui sont impressionnantes par leur richesse et leur élaboration compte tenu du jeune âge de leur compositeur. Les amateurs du genre auront ainsi droit à un album concept musicalement très bien conçu et aux chapitres particulièrement évocateurs. L’album s’appréciera donc mieux en tout qu’en partie puisque chacun des morceaux s’imbrique vraiment bien autant en ce qui concerne les paroles que la musique et qu’il sera très difficile de pointer du doigt une pièce qui sort de l’ensemble tant l’offrande présente une approche homogène. En outre, on notera un travail très intéressant du point de vue des paroles qui présentent une certaine richesse poétique qui rappellera sans doute le style développé encore une fois par Dani Filth sur des albums tels que « Dusk And Her Embrace » , « Cruelty And the Beast » ou « Midian« . En conséquence, malgré les défauts précédemment évoqués, l’œuvre pourrait comporter assez de qualités pour accrocher l’oreille des amateurs du genre à la recherche de nouvelle nourriture spirituelle à se mettre sous la dent.
En somme, la première offrande complète d’Eternium présente un concept élaboré et aux qualités de composition très intéressantes malgré une production manquant cruellement de définition, notamment en ce qui concerne les guitares et une surenchère de voix plus ou moins convaincantes. L’ensemble aura donc la force d’impressionner les amateurs d’un genre souvent tombé en disgrâce après une courte période fertile, principalement en raison du jeune âge de son compositeur qui n’avait que 17 ans au moment de la sortie de l’album, mais sera insuffisant pour convaincre les auditeurs plus sceptiques envers la démesure inhérente à ce même genre. Eternium est maintenant redevenu un projet solo de Markov Soroka qui jouera tous les instruments sur un nouveau EP qu’il a annoncé comme étant différent musicalement de « Repelling a Solar Giant« , espérons qu’il aura apporté les améliorations voulues…
Pièces favorites: Aucune en particulier cette fois-ci, l’album s’écoute mieux en entier qu’en partie.
6,5/10
Louis-Olivier « Winterthrone» B. Gélinas
by Louis Olivier Brassard Gelinas | Mai 12, 2014 | Critiques, Critiques d'Albums

Cvinger
« Monastery of Fallen »
(2013)
Indépendant
Liste des pièces
«Chapter 1: Into the Depts of Arcane Sanctuary»
«Blaspherion»
«Among the Crucified»
«Salvation in the Darkest Wrath»
«Chapter 2: Of Ashes and Dust»
«In Thy Kingdom’s Shadow»
«Monastery of Fallen»
«Chapter 3: Amen»
Formé en 2012 dans les sombres forêts de Slovénie, le trio de Black Metal cru et brutal Cvinger nous offrait l’été passé un EP titré « Monastery of Fallen« . Toujours friand de sombres nouveautés, je me proposai donc gracieusement pour décortiquer l’offrande. En effet, la découverte d’un tout nouveau groupe issue d’une contrée si lointaine et musicalement peu visitée par moi dans le but de vous en livrer mes impressions avait tout d’une affaire intéressante pour votre dévoué scribe. Cependant, après seulement quelques écoutes attentives ladite offrande se retrouva aux tréfonds de ma liste de priorité d’écoutes bien qu’elle présenta quelques caractéristiques intrinsèques qui auraient pu en faire un EP intéressant. Voici pourquoi.
De prime abord, Cvinger nous présente sur cette sortie un vingt minutes et des poussières de musique principalement constituée de Black Metal ultrarapide à la Marduk de l’ère « Panzer Division » dans un enrobage sonore lo-fi, cru, barbare et méchant. Sans être forcément ennuyantes, les compositions du trio slovène comportent une certaine redondance inhérente au genre préconisé par la troupe qui se tient à une utilisation très orthodoxe des codes de celui-ci. Les pièces sont en effet constituées de motifs cycliques typiques agencés sur un tonnerre de batterie frénétique suivant toutes les consignes issues du Petit Black Metal scandinave Illustré. Le vocal n’apporte rien de nouveau au moulin et se contente d’une approche râpeuse typique, elle aussi, de la seconde vague du Black Metal.
Ils parviendraient ainsi facilement à accrocher les oreilles des fanatiques les plus stricts et puristes, si ce n’était de leur volonté apparente de montrer qu’ils ont plusieurs tours dans leur sac après tout. Effectivement, probablement dans le but de montrer une certaine diversité ou tout simplement de rallonger la sauce, Cvinger entrecoupe son assaut de brutalité d’introductions et d’interludes de guitare classique maladroitement exécutés appelés chapitres et de chants grégoriens terriblement hors contextes, tous placés de façon apparemment totalement aléatoire selon toute forme de logique musicale. Cela dure plus de cinq minutes, si on les met bout à bout, n’apporte aucune progression ou aucune pertinence supplémentaire à l’ensemble et brise totalement le flot d’un album qui aurait gagné en cohérence en leur absence.
En somme, ce n’est certainement pas avec cet EP que Cvinger se démarquera dans la catégorie saturée du Black Metal cru et brutal. En effet, bien que le trio sache se conformer avec un certain brio à une approche très visitée, son album est fortement handicapé par un remplissage incohérent et inefficace de passages sans intérêt. Le tout donne donc un résultat à la fois disjoint et redondant qui ne mène malheureusement nulle part tout en présentant quand même quelques bons moments de dévissage de cou.
Pièce favorite: Monastery of The Fallen
5/10
Louis-Olivier « Winterthrone » B. Gélinas