by Jonathan Blais | Déc 16, 2012 | Critiques de Shows
Un vent glacial soufflait sur la ville en ce samedi soir, annonçant la venue de la saison morte. Ou peut-être était-ce aussi pour accueillir la venue de 3 grands noms du métal européen en sol québécois… L’équipe BCI avait choisi pour ce nouvel évènement la salle du mythique Club Soda, une magnifique salle du centre-ville, l’endroit rêvé pour apprécier la performance de Varg, Wintersun et Eluveitie.

C’est la toujours charmante (et débordée) Nathalie qui me reçoit et qui me remet mon entrée. Je me sens alors extrêmement prévilégie compte tenu du fait que le spectacle est à guichet fermé depuis près de 3 semaines. La salle est bondée, la bière coule à flot, certains sont maquillées et la table est mise pour une soirée à saveur nordique qui s’annonce mémorable.
Les loups germaniques de Varg ont déjà commencé leur massacre, le visage peinturé de rouge et de noir, à grand coup de black metal païen, teinté de touches moderne. Dans certains passages, on croirait entendre Rammstein, mais sans le côté techno. Cependant, la comparaison s’arrête là car c’est un métal belliqueux que nous livrent les allemands. La fureur est telle que les adeptes d’hymnes guerriers n’ont pas à se faire prier pour former le désormais incontournable »wall of death ». Le fait de voir cela en début de spectacle est de bonne augure, signifiant ainsi que la foule sera énergique et hautement participative. Freki, le frontman, hurle avec rage et se laisse aller à quelques chants gothiques sur la sombre et dénonciatrice »Was nicht darf », tirée de leur dernier album »Guten Tag ». On retourne ensuite vers le passé avec la violente mais entrainante »Rotkäppchen », et on »hail » à tout rompre dans la salle, des centaines de poings levés bien haut. Varg est sans contredit une machine de guerre redoutable et quelque chose me dit que nombreux seront les (nouveaux et anciens) fans à leur prochaine venue, surtout si ils sont en tête d’affiche.
Et si cela est vrai pour Varg, que dire de l’accueil réservé aux peu productifs mais oh combien talentueux Wintersun. Certe, certain diront que ce sont d’excellents musiciens qui profitent de leur (trop rare) performance pour démontrer leur virtuosité. Je suis tout à fait d’accord mais ce groupe a sa place au Panthéon de virtuoses. Leur death métal mélodique à tendance progressive m’a laissé bouche bée. La puissance de frappe du batteur est phénoménale et d’une rapidité équivalente aux jeu frénétique des guitaristes. Les notes mélodiques se superposent aux riffs black metal, tandis que Jari Mäenpää, le leader, hurle férocement, accompagné par la voix chaude du bassiste. Tels des ménestrels modernes, les membres entonnent en canon une triste balade qui s’électrifie progressivement pour devenir épique à souhait. Le son est glacial, comme un ruisseau crystallin qui coulerait dans les montagnes de leur Finlande natale. Mais celui-ci devient un violent torrent et la tempête se lève lors de l’intense »Battle Against Time ». Mon pauvre cerveau usé en a même de la difficulté à en absorber toute la complexité et la densité. Le chanteur est on ne peu plus enthousiaste, saluant les fans aussitôt qu’il le peut, un large sourire sur le visage. Il faut dire que la foule scandait »Wintersun » haut et fort avant même qu’ils n’embarquent sur scène. Plusieurs fans un peu trop tardifs se sont sûrement rongé les ongles au sang lorsque les billets se sont épuisés, comme celui, rencontré plus tard, et qui a déboursé 100$ pour assister à la première venue de son idole en sol canadien. Les musiciens nous ont généreusement 4 pièces de leur premier opus dont Starchild comme dernier morceau, après entre autre »Time », tirée de l’album du même nom paru plus tôt cette année. Une prestation sans failles, fidèle à l’album et qui risque fort bien de se retrouver dans mon palmarès des performances de 2012.
Les helvètes d’Eluveitie n’en étaient pas à leur premier arrêt à Montréal mais plusieurs amateurs s’étaient donné rendez-vous pour les recevoir à leur juste valeur. C’est sur un fond sonore majestueux que les 8 musiciens aguerris ont prit possession de la grande scène. Anna Murphy, armée de sa vielle à roue, nous invite de sa voix envoûtante à découvrir leur nouvel album qui sera joué dans son entier. Les riffs sont accrocheurs et quelques instant plus tard, Chrigel ajoute sa voix rageuse et rauque aux sons du violon, de la cornemuse, des guitares, de la basse et de la batterie. On passe aisément du death mélodique digne de l’âge d’or de Gothenburg pour ensuite se laisser aller sur les airs tradionnels pas étrangers à notre propre folklore. Tous les instruments sont en symbiose, aucun plus en vedettes qu’un autre. Excellente performance de la chanteuse qui entame une déchirante complainte, seule sous les projecteurs. Après s’être surement gorgés d’hydromel (ou de potion magique…), ses comparses la rejoignent et c’est avec furie que toute la troupe nous transporte des forêts sombres de Bretagne aux landes désolées d’Écosse. On a même droit à un moment de romantisme lorsque des roses sont disribuées dans la foule et même un collier à une demoiselle choisie par le chanteur. Je comprends alors l’engouement de cette formation chez certains adeptes de la gente féminine. La mer de monde se scinde en deux sur l’intense »The Uprising » et les fans se déchaînent furieusement, à la grande approbation du chanteur. S’en suit »Alesia », et la brutalité des champs de bataille se fait ressentir dans la voix de Mlle Murphy qui nous dévoile une autre facette de son talent en gueulant à plein poumons. Le retour de la trame sonore nous rappelle que la soirée tire à sa fin, l’album »Helvetios » en étant à sa dernière pièce. Mais les Suisses n’allaient pas nous laisser rentrer sans nous avoir offert quelque cadeaux en ce 10ième anniversaire d’existence. Ils nous livrent quelques pièces de leur imposant répertoire, dont »Inis Mona », meilleure interprétation de »Tri Martolod » depuis celle d’Alan Stivell il y a quarante ans, nous faisant oublier les infâmes Manau… Une fête celtique parfaitement réussi.
C’est une foule épuisée mais hautement satisfaite qui a par la suite envahi la rue St-Laurent et les bars de la rue Ste-Catherine, tous conscient d’avoir assisté à un moment magique. BCI vous invite à un autre évènement du genre au Foufs cette fois, l’année prochaine, alors que les barbares de Turisas viendront tout détruire le 8 février 2013. Ondes Chocs les remercie de tout coeur de la confiance qu’ils nous portent et on se revoit là-bas, peu importe si l’hiver s’installe pour de bon, le métal et l’alcool étant là pour nous réchauffer le coeur!

by Jonathan Blais | Déc 15, 2012 | Critiques de Shows
Les évènements de la journée m’avaient passablement marqué en ce vendredi 14 décembre 2012. À une semaine d’une fin du monde annoncée et hypermédiatisée, je me disais que le monde tournait vraiment tout croche. Surtout avec ces malades mentaux qui sévissent aux quatre coins de la planète, abattant de sang-froid des innocents par dizaines. J’avais plus que jamais besoin de me changer les idées, bien que ces images diffusées sur tout les médias allaient me rattraper le lendemain et les jours suivants.
Après un arrêt rituel au Foufs pour me faire un fond sans miner mes fonds, je me dirige vers les Katacombes pour assister au 5ième anniversaire des montréalais The Great Sabatini. La scène métal québécoise est fleurissante et diversifiée mais les groupes post-métal se font malheureusement timides. Depuis la disparition de groupes phares comme The Fallout Project, de Québec, d’autres formations sont apparues, dont The Great Sabatini, véritables ambassadeurs du genre.

Un autre groupe à surveiller, pour les amateurs de riffs longs, crus et hypnotiques, est sans contre-dit Luther Higgs. Les jeunes musiciens du West Island ont entamés la soirée à 22 h tapant, donnant le ton pour ce qui nous attendrait tout au long de la soirée. Quelques notes, jouées à répétition, lourdes et accrocheuses, qui prennent de l’ampleur au fil des mesures, tel un anaconda géant qui se mouvrerait dans un marécage glauque et qui grandirait à chaque mouvements en ingurgitant de plus en plus de proies. De superbes mélodies explosant dans un crescendo puissant. La batterie est cadencée, la basse ronde à souhait et les riffs de guitares joués à une vitesse supersonique. Les progressions sont subtiles et les pédales de reverb poussées à leur limites. La formation instrumentale nous offre un magnifique mur de son où notre esprit se laisse aller, oubliant les horreurs du monde extérieur. Une agréable découverte et j’ai bien hâte de voir ce qu’ils nous réservent dans l’avenir, qui me semble prometteur vu leur jeune âge. Leur démo et leur EP ont été placés sur ma liste de CD à écouter et je vous conseille, vous les fans de Isis, Neurosis, Pelican et Capricorns de ne pas manquer leur prochaine prestation car ceux-ci ne montent pas souvent sur scène.

Les Torontois Godstopper montent à leur tour sur l’estrade et c’est vers un son plus post-grunge que la soirée se dirige. Plusieurs influences marquent le travail des 4 musiciens. On y retrouve des traces de shoegaze à la Fugazi, des ambiances musicales à la Pixies, un son psychédélique à la Goblin et la voix du batteur/chanteur passe facilement du rauque au mélodique à la Josh Homme, des QOTSA. Un étrange melting pot, appuyé par une bonne grosse distortion et des »harmonies » de voix des guitaristes et celle plus douce de la bassiste. Pas désagréable comme prestation mais le mélange mériterait d’être un peu plus homogénéisé…

La trentaine de personnes présente au début avait plus que doublé pour assister au retour de ce véritable band culte qu’est devenu The Great Sabatini au cour de ses 5 années d’existence. Pour l’occasion, le groupe, qui revient d’une tournée dans l’ouest et aux États-Unis à jouer dans des lofts, des bars ou des maisons dans la plus pure tradition des bands hardcore des années 80 et 90, avait décidé d’offrir à ses fans inconditionnels leur album »Matterhorn » en version intégrale. 2 tv placées de chaque côtés de la scène projetaient des images en noir et blanc, passant du »white noise » au crânes et quelques images étranges et psych. L’éclairage partant du sol donnait au tout une ambiance bizzare et angoissante, à l’image de leur musique, véritable coup de poing dans la face et les trippes. Une totale absence de délicatesse, autant dans le son des guitares que dans les 4 voix saturées à l’extrême. Le drum furieux enchaîne savament les transitions et ici, pas de place pour les démonstrations de virtuositée, à grand coup de notes dans le but d’épater la galerie. Les guitares sont lourdes et les riffs serrés surfent sur les feedbacks controlés de main de maître. Les musiciens mettent leur talent à contribution pour créer des ambiances sombres, violentes et mémorables. Le beat se radoucit le temps de l’intro de »Sad Parade of Yesterdays », où tous et chacun dans la salle des Katacombes sont plongés dans une trance profonde avant d’être ramenés à la réalité par les cris de Sean et ses accolytes. Comme ces moments où l’on fait une sieste réparatrice et que l’on est réveillés en sursaut, perdant tous nos repères et nos moyens. 3 des musiciens descendents dans la salle en compagnie de leur ami de longue date Andy Kerr pour venir jouer sur un banjo, un xylophone Fisher Price, un »mélodica » et une petite harpe une douce chanson accompagné par la foule qui tape dans ses mains. Une ludique intermède qui est abruptement interrompue quelques minutes plus tard par le batteur qui se lance dans un sauvage solo, avant d’être rejoint sur scène par les autres afin de nous lancer en pleine face encore une fois leur post-métal teinté de grind.





C’est l’esprit embrumé par l’alcool et la musique forte et puissante à souhait que je me suis dirigé vers chez-moi, heureux et satisfait d’avoir découvert 3 excellentes formations, au son différent mais oh combien satisfaisant. Merci à Sean »Sabatini » Arsenian pour avoir permis à Ondes Chocs d’assister à son party d’anniversaire et on se revoit sans faute avant le 10ième!
by Jonathan Blais | Déc 12, 2012 | Chroniques de l'Étrange
Quel date on est donc? Je regarde sur mon calendrier pour le savoir et parmis les innombrables cercles sur celui-ci (c’est fou le nombre de shows à voir ces temps-ci encore!), un en particulier attire mon attention. Il est à l’encre jaune doré. Non, je n’ai pas de test d’urine prévu ce jour-là… Oh oui, c’est la première de »Bilbo, le Hobbit »!!! Je me suis juré d’aller voir ça au cinéma. Je sais, ça sera sûrement plein à craquer dans tous les cinémas de la métropoloe. J’attendrai quelques jours, je n’en crèverai pas. Il y a toujours la version pour adulte au Cinéma D’Amour: Dildo, l’aut’ bitte… Bon! j’entends déjà plusieurs d’entre vous hurler au sacrilège. »On ne niaise pas avec l’oeuvre du génie absolu, le plus Grand écrivain à avoir foulé le sol de notre misérable planète! Tolkien est un Dieu! » Hey, revenez en, c’est juste une joke (au goût douteux, je l’admet)!
Comme vous voyez, j’aime bien les récits de Tolkien mais je ne suis pas un fanatique non plus. Je ne connais pas le nom de tous les nains, nazgûls, ents et autres bebittes qui peuplent la Terre du Milieu. Je ne fantasme pas la nuit sur Galadriel non plus. Et j’ai d’autre chose à faire que d’apprendre l’elf afin de cruiser au prochain Comicon… N’empêche que j’ai tout de même hâte d’aller voir ce que Peter Jackson à fait de ce classique de la littérature.
Mais ne pensez pas que je méprise les »Tolkies ». Loin de moi cette idée. L’oeuvre de l’écrivain britannique est puissante et c’est sans surprise que l’on retrouve son influence même dans la musique. Le métal étant peut-être le style qui s’apprête le mieux à ce monde fantastique, bien que l’on peut retrouver son influence dans d’autre genre, comme des oeuvres folks, classiques et même dans la pop.
Dès les balbutiements du métal, plusieurs groupes se sont inspiré des personnages du Seigneur de anneaux pour nous pondrent des classiques. on n’a qu’à penser à Uriah Heep et Black Sabbath qui ont tous deux écrit une pièce intitulée »The Wizard » relatant les exploits de Gandalf. Led Zeppelin s’y est aussi mit avec ses pièces »Battle of Evermore », « Misty Mountain Hop« ‘, »Ramble On », « Over the Hills and Far Away » et même »Stairway to Heaven » contiendrait certains passages se référant à la quête de Bilbo et compagnie. Il faut cependant être prudent car certains fanatiques intoxiqués ont tendance à capoter aussitôt qu’un artiste chante les mots »ring » et »mountain »… D’autres comme Rush (Rivendell, The Necromencer) et Camel (Nimrodel-the Procession-The White Rider) ont laissées toute fois moins de place aux délires psychotiques.
Dans le cas de maints autres groupes, c’est dans leur nom que ressort l’influence tolkienne. Comme Marillion, le groupe progressif, qui vient du titre »Le Silmarillion’. De même que plusieurs autres comme Cirith Ungol, Burzum, Amon Amarth, Gorgoroth, Shagrath (Dimmu Borgir) et j’en passe. Même Black Breath tire son nom du pouvoir des infâmes Nazgûls. Un style particulier est même apparu au court des années, appelé le Tolkien Metal et son plus grand représentant est sans contredit Summoning. Les autrichiens, dès leur premier album en 1995, ont su composer un black metal à la fois épique et atmosphérique, fortement inspiré dans leurs paroles par l’univers de la Terre du Milieu.
Dans un style plus épique, on ne peut passer à côté des allemands de Blind Guardian et des finlandais Battlelore. Tout deux comptes un catalogue musical directement inspiré de Tolkien. Tellement qu’à une certaine époque, la bande dirigée par Hansi Kürsch était au coeur d’une rumeur qui disait qu’ils étaient préssentis pour composer la trame sonore de la première trilogie de Peter Jackson. J’admire ce qu’Enya a fait mais avouer que d’entendre la musique de Blind Guardian lors du générique, ça aurait été assez jouissif.
La liste des groupes de métal qui ont trouvé leur inspiration dans les péripéties de Bilbo, Aragorn, Gandalf et les autres est quasi infinie, quand on s’y attarde moindrement. On peut y retouver des traces dans jusque dans certains morceaux de Nightwish et même… Megadeth!
Pour les maniaques qui ne pourront s’empêcher de se déguiser en guerrier de Gondor, s’affubler de bottes en forme de pieds géants poilus ou de trainer un arc dans le métro, tel un Legolas urbain pour assister à la première du film ce vendredi, et bien aller jeter un coup d’oeil sur Tolkien Music List, vous y trouverez certainement de quoi remplir votre Ipod et ainsi vous jeter corps et âme dans cet univers fantastique, sous l’oeil malveillant de Sauron…
}:)~>
by Jonathan Blais | Déc 5, 2012 | Chroniques de l'Étrange
À vous tous, chers lecteurs et lectrices des Chroniques de l’Étrange, je tiens à m’excuser pour cette absence d’une semaine. Je suis sincèrement désolé pour tous les inconvénients que cela ai pu vous apporter. Plusieurs d’entres-vous ont sûrement souffert d’insomnie à force de venir sur le site pour voir si elle était enfin disponible des jours et des nuits entières. Et tout ça en vain… Mais j’ai une très bonne raison pour avoir failli à mes obligations: il n’y avait pas d’internet en 1974…
J’en voit plusieurs s’étouffer avec une gorgée de leur bière en lisant ces lignes. Non je ne suis pas fou. Pas encore du moins.
Tout à commencé il y a 2 semaines lorsque je me suis posé une question qui s’est insinué dans ma cervelle et qui m’a obligée à prendre des mesures risquées et téméraires pour y répondre. »Est-ce que les gens dans les années 70 n’avait que la poignée de bands qui passent à CHOM à écouter? Je n’ai rien contre Black Sabbath, Led Zeppelin, Blue Oyster Club, Deep Purple et Thin Lizzy, bien au contraire. Mais ça serait comme dire qu’en 80, les amateurs de beat heavy ne connaissaient rien d’autre que le Big 4, Voïvod et Guns and Roses… Je me suis donc rendu au pawn shop près de chez-moi afin de me procurer une machine à voyager dans le temps (usagée car je n’ai pas les moyens de m’en payer une neuve) afin de me rendre là-bas voir ce qui était offert aux amateurs de musique lourde.
Je m’installe confortablement dans mon fauteuil, débale mon achat et je cherche le mode d’emploi. Comme il n’y en a pas, il semble donc que je devrai me débrouiller par moi-même. Je pose donc le long tube de verre coloré sur la table, y insère la substance hautement odorante et instable et allume le tout. Et WOOOOOOOSSSHHHHHHHHHHHHHHH!!!!
J’ouvre les yeux et je me retrouve rue Ste-Catherine entouré de jeunes gens aux cheveux longs, habillés tout croches avec des pantalons en corduroy ou des jupes de bohèmiennes. N’étant cependant pas tout à fait sûr d’être parvenu à l’époque désirée, j’observe attentivement la foule de passants. Pas d’Iphones ni de tattoos pleins les manches. Yess, hello 1974!!! Je marche quelques rues et je tombe sur un établissement appelé »Sam the Recordman ». Ça me semble un très bon endroit pour débuter mes recherches. J’entre et me dirige vers les bacs remplis de 33 tours. Une pochette me saute alors aux yeux, autant pour son titre éloquant que pour son esthétique. Lucifer’s Friend, et surtout avec leur pièce »Ride the Sky » rappelle certes la bande à Robert Plant, mais sans ce côté Glam. Le rythme est rapide et la bass n’a rien à envier à celle qu’on peut entendre 40 ans plus tard chez nos contemporains.
Un autre album attire mon attention. Et surtout l’autocollant qui y est apposé, celui-ci indiquant que le groupe a été découvert et produit par un certain Tommy Iommi. Necromandus est un autre de ces bands qui ont su injecter une bonne dose de rock lourd à ce qui se faisait plus tôt. Les riffs sont pesants à souhait et les structures annonçaient bien ce que le Heavy Metal allait devenir au cour des prochaines années.
Dans la section Nouveautées, j’aperçoit le LP de Pentagram. J’enfile les écouteurs qui pendent et je place l’aiguille sur les sillons. Wow! On a ici droit à la naissance en direct au son Doom américain. La formation est toujours active de nos jours mais seul le chanteur a survécu aux multiples changements de line-up.
Le vendeur, au cheveux longs et la la barbe grise (non, ce n’est pas Lex…) voit à mon headbanging que j’apprécie au plus haut point ce son brut et puissant. Il s’approche et me dit de sa voix nonchallante: »Hey Man, si t’aime ça, check un coup d’oeil à Bedemon. C’est des freaks de c’te groupe-là pis y font du stock encore plus pêté, Man. » Il ajoute cependant que le band n’a rien enregistré encore mais que lorsqu’il les a vu en show le mois dernier en Californie, il pensait »flipper ben raide »tellement c’était sombre, autant dans la musique que dans les textes. J’ai découvert à mon retour que Bedemon était aussi toujours actifs, bien que des musiciens plus jeunes s’étaient intégrés au band.
Je continue ma recherche quand, à travers les speakers du magasin sort une musique beaucoup plus heavy que la pièce des Guess Who qui vient de s’achever. Je m’approche du comptoir et je m’apperçoit que c’est du Kansas. On oublie souvent que ces bands ont produits d’autre morceaux souvent plus obscurs, outre les surjoués classiques comme »Dust in the Wind ». Même chose ici avec Offenbach et leur puissant opus »Les Eaux qui Dorment », trop souvent occulté par des morceaux plus populaires. C’est comme si l’oeuvre de Metallica se résumait seulement à »Nothing Else Matter » ou »Until It Sleep ». Pour les amateurs de raretés, le guitariste Kerry Livgren, après avoir découvert Dieu, produisit un album appelé »Seed of Change » en 1980 et sur lequel apparait l’illustre Dio sur 2 pièces…
Avant de reprendre le chemin du retour, je me suis demandé si au Québec, on n’avait aussi que quelques groupes, tel qu’ Offenbach, Octobre ou Plume Latraverse. Je savait que Claude Dubois avait touché au rock un peu plus lourd avec »Chasse-Galerie » et »Manitou » mais encore là, il devait bien y avoir d’autres groupes un peu plus undergrounds. C’est alors que je vois, déposé sur une pile de disque, un album et surtout une des pièce intitulée »Le Monstre de la Main ». Je décide de tenter ma chance et quelle surprise! D’accord, ce n’est peut-être pas aussi heavy que ce qui se faisait de l’autre côté de la frontière ou outre-Atlantique mais on ne peut que constater qu’ici aussi, certains musiciens exploraient et tentait d’offrir quelque chose d’autre que les hippies de Beau Dommage ou Harmonium proposaient en 1971. Et Vos Voisins en est un bel exemple.
La tête remplie de nouvelle musique, j’entrepris mon retour en 2012, me promettant de revenir car je sentait que j’avais encore bien d’autre groupes à découvrir. Le retour se fit en douceur, malgré quelques détours au confin du temps et de l’espace. C’est ce qui arrive quand on achète une machine à voyager dans le temps usagée sans mode d’emploi…
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by Jonathan Blais | Déc 3, 2012 | Critiques de Shows
Dame Nature avait décidé de mettre les métalheads à l’épreuve ce vendredi 30 novembre. Un froid hivernal un peu trop hâtif sévissait au-delà des murs des Katacombes et quelques fervents amateurs de Death technique se les gelaient solide, attendant en trépignant que les portes ouvrent pour se réchauffer à grandes rasades d’alcool. Mais c’est une attente qui en vallait grandement la peine car Lex Ivian et ses Productions Kranium nous avait invité à une soirée spéciale en compagnie d’ Epiphany From The Abyss, First Fragment et Derelict.

J’avais plusieurs rôles à jouer ce soir là (critique, photographe et DJ) mais j’ai tout tout de même eu le temps d’apprécier le show, tout en discutant, entre deux bières et quelques cigarettes à -20 degrés celcius, avec entre autre notre boss Dave Rouleau, son bras droit Lex Ivian et David Regis Infernum, notre nouveau collaborateur. La salle de la rue St-Laurent était pleine, et ce malgré le grand choix de spectacles métal offerts ce soir-là, et tout le monde avait bien l’intention de s’amuser et d’headbanger furieusement en compagnie de ces 3 valeurs sûres.
Les ptits gars de Québec d’Epiphany From The Abyss amorcent leur prestation vers 21h30. C’est rapide et violent à souhait, les riffs s’enchaînent et les deux chanteurs »screament » leur frustation tour à tour, appuyé par des »beats de drum » entrainants. Si je ne parle pas de leur bassiste, c’est pour la seule et simple raison… qu’ils n’en ont pas encore. Leur Death-core, somme toute conventionnel mais efficace, en souffre un peu, surtout lors des breakdowns. Il manque ce son qui pogne au trippes mais l’énergie de la jeune formation compense entièrement. Les gars ont quand même eu la chance d’ouvrir ces dernières années pour de gros noms comme Beneath the Massacre, Ion Dissonance, Obscura, For the Fallen Dreams et je sens que si ils continuent à travailler et à parfaire leur identité musicale, leurs fans auront sûrement la chance de les voir comme headliners sur une grosse scène dans un avenir rapproché.


Les très polyvalents First Fragment, au sein duquel oeuvrent certains membres de Vengeful, Zealotry, Serocs, Spheres, Beyond Creation, Incandescence, Chthe’ilist, Décombres et Hypothesis (oufff!) sont venus par la suite nous jouer dans la tête avec leur riffs ultra-techniques. La performance des 5 musiciens est irréprochable et chacuns s’efforcent avec talent de d’exploiter leur instrument à son maximum, des cordes au toms, en passant par le larynx de chanteur. Un son puissant qui demandera une bonne écoute dans des écouteurs pour bien en décortiquer les subtilités. Manu, frontman de Vengeful, vient faire un tour sur scène pour une pièce en duo avec le chanteur, celui-ci ayant échangé son micro pour sa pompe à asthme quelques moment plus tôt, sans que toute fois sa voix hautement aggressive en soit affectée. On a droit ici à un combo qui prend sa job au sérieux mais qui s’amuse visiblement »live’. À voir et à revoir.


On passe enfin du cervical au viscéral avec les les montréalais de Derelict. D’une aussi bonne maitrise de leur art que leurs prédécesseurs, c’est cependant au niveau des mélodies que leurs efforts ont été concentrés. Les riffs sont longs et entrainants et Éric possède une voix brutale qu’il module avec rage. Tout est calculé au quart de tour et la foule, maintenant bien réchauffée, ne peut s’empêcher de se lancer violemment de tout bords tout côtés, malgré l’impardonnable poutre garnie de crânes. Un band aussi généreux dans sa prestation que dans ses remerciements pour les autres formations et le promoteur, et tout le monde est sorti de cette soirée hautement satisfait, conscients d’avoir eu la chance d’assister, en cette nuit glaciale, à une performance hors du commun des prochains poids lourds de la scène death-technique provinciale. 3 noms à surveiller, que votre allégance soit envers les riffs catchy, les hautes prouesses techniques, les beats intenses qui vous poussent à »slammer en malade » ou simplement apprécier le travail de musiciens dévoués et au potentiel incontestable.



Loin de moi l’idée de flatter Lex dans »l’sens du pwouêle » mais c’est tout un programme qui nous a été présenté, rempli de découvertes pour plusieurs d’entre-nous et on attends avec impatience ce qu’il nous réserve pour la rentrée post-temps des Fêtes. Cheers mon vieux et à l’année prochaine!