by Jonathan Blais | Nov 29, 2012 | Critiques de Shows
Blue Skies Turn Black ne sont peut-être pas les promoteurs les plus actifs de la scène métal mais c’est tout un programme qu’ils nous ont offert mardi dernier. De la grande visite des States que plusieurs attendaient. High On Fire, GOATWHORE, Primate et Lo-Pan, tout un line-up et Ondes Chocs y était invités. Voici la discussion qui en est ressorti:
(Entretien coupé/collé parue sur FB. Bienvenu dans notre monde…)
Dave
-C’est en pensant qu’on avait manqué un band qu’on est arrivé vite à la très, très cool salle de spectacle La Tulipe sur Papineau et je m’en serais voulu de manquer Lo-Pan qui est embarqué sur la scène pour y rester, car avec le poids du chanteur, il se tasse quand LUI le décide.
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Jonathan
-Effectivement. Le band de stoner »ultra-pesant » vallait la peine qu’on court un peu. Ça groove pas à peu près et ça m’étonne toujours que le chanteur puisse avoir une si petite voix vu son gabarit imposant. Et je cherche encore l’utilité du »device » sur le bassdrum…
-Ouin fait chier de pas avoir pu parler aux boys du band pour le savoir. C’était un ‘speaker’ dans un snare installé sur la peau avant du bass-drum qui était dirigé vers la peau… weird! Une forme de distortion je crois. Je me serais cru, avec leur groove, à un show de Down où on cherche encore Phil, mais j’ai vraiment apprécié l’approche du chanteur. Qui était très statique d’ailleurs. Belle découverte.
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-Donne lui une chance! Je l’aurais mal vu se lancer partout sur scène…
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-Yeah, mais un peu de body-surfing par ce gars-là nous aurait lancé dans la stratosphère des vues YouTube si on l’aurait filmé! Anyway, c’était le fun de voir leur réaction devant l’accueil de la foule, celle-ci s’étant déplacée tôt… Ondes Chocs aurait-il enfin un impact? just saying…
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-Comme on était très près du stage, c’est une chance pour nous qu’il n’ait pas sauté car on ne serait pas là pour en parler… Blague à part, une courte mais excellente prestation d’un groupe qui gagne à être connu ce côté-ci de la frontière. Du stoner classique mais oh combien efficace!
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-Primate avait l’enviable job de continuer cette soirée très bien entamée, mais cette fois on avait la chance d’avoir Bill Kelliher de Mastodon sur une des deux guitares et Kevin Sharpde Brutal Truth au chant!
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-Deux gros noms de la scène d’Atlanta. Un »Super Groupe » qui mélange le sludge du premier avec le grind/hardcore du deuxième, et le résultat est assez surprenant. Le son est loin d’être linéaire. On croirait entendre par moment certaines vieilles pièces plus expérimentales de Brutal Truth, comme »Media Blitz » de leur album »Need to Control »…
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-Très vrai, man. Je me suis procuré leur album 2 jours avant le show et je suis impressionné par la diversité. Les boys ont l’air de tripper et ça paraît vraiment dans la musique. J’aurais dû essayer 2-3 spots durant leur set, car je trouvais le son moyen à la gauche du stage et près, la définition de celui-ci n’était pas super.
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-J’ai remarqué aussi. Même chose pour les 4 bands ce soir-là. Mais une fois qu’on est bien placés, le son est parfait. Sharp est une vraie bête de scène. Trippant de le voir essayer de sauter partout, nu pieds, et s’étrangler avec son fil de micro. Tout le band en fait était en grande forme et leur énergie compensait pour la foule (de plus en plus nombreuse) qui hésitait à partir un moshpit qui aurait été bien accueuilli par la bande de Primate.
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-Exact! Le public ne s’est comme pas adapté à la musique beaucoup plus entraînante que nous a emmené Primate. Une approche différente de la part du groupe et c’était un privilège de pouvoir les avoir en avant de moi.
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-Peut-être est-ce parce que c’était en début de semaine? La foule était plus vieille aussi que dans des shows de groupes de métal plus »modernes ». N’empêche, c’était quand même sold-out et tout comme nous, les gens présents ont trippé mais ce n’était rien comparé à ce qui s’en venait avec Goatwhore…
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-C’est effectivement une claque en plein visage que nous a réservé Goatwhore, un band de métal de la Nouvelle-Orléans qui est difficile à qualifier, excepté que leur son thrash, chaud, est bien propre au Sud des États-Unis. Le chanteur est vraiment le point fort de ce band sur scène avec son énergie et ses mimiques des solos de son guitariste!.
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-Mets-en! Un excellent hybride de black, de trash, de death, de métal… Fuck les appellations. Ça s’appelle du GoatWhore et ça torche en sale! La soirée prennait une allure de plus en plus sombre et le niveau d’aggressivité montait aussi dans la foule. On a presque eu droit à un slam en rond, gracieuseté d’une poignée de fans nostalgiques mais qui s’est terminé en bon vieux trash.
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-Oui et la bonne nouvelle? Pas de Karaté Kid en vue! Le drummer avait l’air un peu fatigué, avec des regards weirds au guitariste entre chaque pièces et des soupires… dure soirée à Toronto la veille? Anyway, la performance sur le stage en a pas souffert et j’étais content d’entendre plusieurs tracks de « Blood For The Master ». Le pic remis dans mes mains par le guitariste à la toute fin a aussi fait ma soirée je vais t’avouer.
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-Sale groupie lol! 😉
Je ne connaissait que quelques pièces du groupe mais je dois avouer que leur prestation m’a vraiment donné le goût de me procurer leurs albums. On peut dire qu’ils ont bien fait leur job.
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-La bière, la musique et la foule m’avait très bien réchauffé et j’étais fin prêt à recevoir High On Fire, un band que j’aime beaucoup, car dès qu’on entend leur son, ils sont reconnaissables et ça c’est la marque d’un bon band qui peut bien viellir. Tu les attendais depuis l’année 2000 Jon, si je ne me trompe pas?.
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-Ouaip et j’avais hâte de les revoir après leur première partie de Voïvod au Foufs. Je n’avait pas été convaincu à l’époque mais je suis devenu un inconditionnel avec les années. Et comme je les avait manqué en 2005 avec Buried Inside à la Sala Rosa et lors du Gigantour de 2008, je ne voulais absolument pas manquer leur retour, surtout qu’ils n’avait pu être au HeavyMtl dû à la désintox de Matt Pike, le virulent leader.
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-Virulent certain! J’aime son intensité, « he means business », mais j’aimerais savoir comment il s’en tire en tournée alors qu’il est entouré de temps de substances qui pourraient vraiment lui nuire dans son cheminement sobre. Étant un trio, c’est au bassiste que revenait la tâche de bien occuper la scène et effectivement, le gars est un pro!
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-Je connais un technicien qui avait affaire à remédier rapidement et efficacement à la situation quand le chanteur a éprouvé quelques problèmes de son au début du spectacle. Pike avait l’air bouffi et fatigué mais sa performance a été à la hauteur de mes espérances. On dirait Lemmy Kilmister qui viendrait d’apprendre que la prohibition a été réétablie. Une hargne aveugle qui se fond parfaitement au son lourd et violent d’High on Fire.
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-Très bon point. Un Motorhead des années 2000?
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-On peut dire, oui. Mais c’est sans aucun doute l’influence de Black Sabbath qui a forgé leur son. De gros riffs de 2 tonnes et une rythmique tribale qui poigne au tripes. Et le tout joué dans des amplis qui doivent avoir souffert ce soir-là, vu le haut niveau de décibels. J’ai l’habitude d’écouter mon Iphone en revenant chez moi après un show mais mardi dernier, un peu de silence a été du plus grand bien.
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-Ah! Bien dit, quelle belle soirée en général, il y avait beaucoup de monde, des passionnés et surtout, du beat différent de nos shows récents avec beaucoup de breakdowns…
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-Sans contredit un des évènements mémorable de 2012. Et la sournoise »Snake For The Divine » pour finir le tout! Pas de rappel mais tout le monde est parti à minuit, satisfait et un peu plus sourd. Mais c’est pas grave; c’est le prix à payer quand on se présente à un show d’High on Fire. Je m’étais pourtant promis de m’apporter des bouchons après ce que j’avais entendu en 2000…



by Jonathan Blais | Nov 27, 2012 | Critiques de Shows
Est ce la folie qui fait que ces groupes là sont bons ou est-ce parce qu’ils sont bons que leur musique est folle? Après une soirée en compagnie de PLoZ et Kids Eat Crayons, eh bien je me pose encore la question…
Les Productions Kranium avaient prit possession de l’Absynthe, rue St-Denis à Montréal, en cette froide soirée du samedi 24 novembre dernier pour nous offrir un spectacle littéralement haut en couleurs, autant pour les cornées, les tympans ou que pour les méninges. Le tout débute un peu vers 22h et une bonne cinquantaine de personnes ont réussi à se trouver une place dans cette salle »particulière » et »incontrolable » (ceux qui sont familliers avec l’endroit comprendront…). Beaucoups d’amis parmis eux car les 2 formations étaient de retour après une longue période d’absence. Mais bien que les années ont passés, cela ne signifie pas pour autant qu’ils se sont assagies. Loin de là!
Après 3 ans sans avoir foulé les planches, PloZ revenait en force offrir ses sonorités particulières, où basse, batterie, violoncelle, guitare, saxophone et voix s’entremêlent parfaitement, sans vedette ni crise d’égo. Les musiciens, tous costumés, nous invitent à les suivre dans ce carnaval de sons où sont aussi invités les Residents, Primus, Magma, Fantomâs et autres groupes qui, comme eux, ont décidés d’explorer et de faire fi des genres. Sous des projections psychédéliques, le chanteur déploit une poésie torturée, récitée en français, de sa voix nasillarde et plaintive, en duo avec les interventions lugubres du batteur. Celui-ci, derrière son masque sans expression, bat la mesure, dirige et impose le ton de cette musique imprévisiblement surprenante. Les accords frénétiques du cornu »super-guitariste » sont parfois tout droit sorti d’une époque où le LSD faisait partie des 4 groupes alimentaires et à d’autre moments directs et trash. Serait-ce Les Claypool sous ce masque et cette robe? C’est à s’y méprendre car les cordes de l’instrument de la bassiste sont respectueusement et habilement mises à l’épreuve avec la même technique que le maître. Le violoncelliste vient donner à cet ensemble une autre couleur, tantôt joyeuse, tantôt sombre et toujours au seuil de la folie. Fermez les yeux et imaginez une bête gigantesque, enfant illégitime entre un éléphant et un mille-pattes, qui gambaderait candidement sur une planète lointaine, parsemée de volcans et de forêts multicolores… C’est étrange me direz-vous mais je vous jure que ça existe. Je le sais, je l’ai vu de mes yeux vu et cette créature étrange s’appelle PloZ!

On tente par la suite de refroidir nos neurones chauffés à blanc à grande lappés de Boréale blonde en compagnie de Lex, l’hôte de la soirée et de Diane Messier, fidèle collaboratrice et gestionnaire DU groupe FB pour les amateurs de prog (http://www.facebook.com/groups/402140719859942/ ), après ce doux délire d’une heure qui passa trop vite.
Quelques minutes plus tard, ce sont 7 musiciens qui réussissent tant bien que de mal à se trouver une place sur la petite scène. Deux styles en particulier ressort de la musique de Kids Eat Crayons, où ici aussi, les structures classiques sont laissés de côtés. On sent la formation jazz des protagonistes, mais c’est une attitude totalement hardcore qui se dégage dans leur manière de jouer. Le batteur, complètement désarticulé, alterne les séquences rythmiques (et les mimiques) avec une intensité et une aisance déconcertante. Les enchaînements des pièces, dont il est un des principaux compositeur, nous invitent à mettre de côté nos repères musicaux. À la gauche, devant la scène, se tient un guitariste. De sa guitare part un fil qui serpente jusqu’à un ampli. Et de ses haut-parleurs, distortion mordante, accords fuzzy et rythmes groovy se battent pour sortir. Tous sortiront vainqueurs, triophant chacun leurs tour, et parfois dans la même mesure. À ses côtés, se foutant autant des genres que de la place où il doit se tenir devant le band, le chanteur parrait avoir de sérieux problèmes de personalité multiple. Nous avons droit, durant près de 45 minutes, à un leader hardcore, un poète maudit, un crooner de casino ou un chanteur heavy-métal qui pousse la note, menaçant de fissurer le verre du puit de lumière qui nous surplombe. Au piano, le pianiste fais voler les notes et les feuilles de partitions tandis qu’une section de cuivre, sobre dans leur attitude mais complètement déjantés lorsque leur souffle se fait violence, leur free-jazz devenant strident et saturé. Derrière les deux comparses, on peut apercevoir le long manche d’une contrebasse. Mais même s’il se fait plus discret, le musicien s’assure d’envelloper l’ensemble de ses notes chaudes et lourdes. Cacophonie fait bon ménage avec des passages plus structurés, et chez Kids Eat Crayons, telle une équipe de chirurgiens expérimentés, tous et chacun se chargent de mener à bout cette délicate opération, malgré les hémoragies et les arrêts cardiaques provoqués, non pas chez leur patient mais au sein de l’audience.

En résumé, c’est une soirée hautement écclectique qui nous a été offerte, et avec succès, remplie de styles pas nécessairement accessible pour une oreilles non initiées mais sans être pour autant hermétique. Il suffit seulement de rester l’esprit ouvert et le pire qu’il peut vous arriver, eh bien, c’est de rester complètement accro à cette folie… Ne restez pas tranquille trop longtemps, PloZ et Kids Eat Crayons car je sens que je vais avoir besoin de ma dose TRÈS bientôt!!!
by Jonathan Blais | Nov 25, 2012 | Critiques de Shows
Vendredi dernier, dans la petite salle du Café Campus, j’ai eu une grande révélation: Je suis un imbécile! Comment, en tant qu’amateur de métal progressif, ai-je pu passer à côté d’Heaven’s Cry? Le fait qu’ils aient été absents de la scène depuis 6 ans n’est pas une excuse. Et surtout au début des années 2000, où je passais mes payes et mes temps libres au Freeson (LA place à Montréal pour les amateurs de prog), pourquoi ne m’ai-je pas procuré « Primal Power Addiction » en même temps que j’achetais des albums d’Evergrey, de Pain of Salvation ou de Vaden Plas? Car, c’est les mêmes eaux que naviguent les musiciens d’Heaven’s Cry.

Lors du lancement (très attendu si je me fie à la bonne centaine de fans présents) de leur 3ième album, « Wheels Of Impermanence », c’est une bonne dose de rock progressif, additionné d’une épaisse couche de métal, qui nous a été offerte. La salle, petite et chaleureuse, offrait un sentiment d’intimité plus qu’appréciable, rehaussant le côté spécial de la soirée. Un peu avant 21h, les 4 musiciens chevronnées embarquent sur l’estrade et le charme opère dès les premières notes. De belles harmonies de voix entre Pierre St-Jean, guitariste, et Sylvain Auclair, le bassiste, tous deux fondateurs de la formation montréalaise. D’une grande aisance sur scène et jouant de leurs instruments de façon magistrale, leurs voix sont puissantes, dans des notes »supportables » à mon oreille et parcourent un impressionnant registre d’émotions, surtout dans le cas de St-Jean. C’est ce qui différencie Heaven’s Cry de beaucoup d’autres groupes du genre. C’est vers les textes et la manière de les chanter en duo que se démarque leur travail, bien qu’ils soient capable de produire de magnifiques mélodies, mémorables et très bien construites. De plus, ce sont des musiciens d’expérience et ça se sent. Un parfait équilibre entre le talent de composition et d’exécution. Les morceux joués ce soir-là, tirés de leurs 3 opus mais principalement du tout nouveau « Wheels Of Impermanence », sont interprêtées avec un savoir-faire et une maitrise plus qu’impressionnante, mais en ne tombant pas dans le piège de jouer le plus vite possible, dans le seul but d’épater la galerie. N’empêche que j’ai eu la mâchoire branlante et les yeux secs à force de fixer le jeu des musiciens à plus d’un moment au cour de l’heure et demi que dura leur prestation. René Lacharité est époustouflant derrière sa batterie, jouant ses partition avec une force sauvage, le regard fixe et concentré, tandis qu’ Éric Jarrin enchaîne les riffs, entre autre sur »Out of Me », sobrement mais d’une efficacité redoutable. Les structures, autant que les textures, sont explorés, modifiés, contournés et complètement imprévisibles. Du vrai bon prog!
Qui dit lancement dit aussi surprises. Après quelques pièces jouées sous la forme d’un quatuor, le groupe invite sur scène tour à tour deux claviéristes qui ont contribués à l’album: Sébastien Cloutier (Hamadryad) et Marek Krowicki(Unhuman Era, groupe qui comprends aussi Pierre St-Jean et d’autre membres d’Alcoholica). L’ajout de claviers, ou de piano pour Marek Krowicki (avec quelques clin d’oeil au »Rach 3 » et »My Way »…), apporte une autre dimension aux pièces. La magie opère sur scène et les invités se fondent au reste de la formation, qui démontrait déjà une parfaite synchronicité, entre autre sur la poignante »Remembrance ». Trois intenses morceaux plus tard, on revient à la formation de base, celle-ci continuant à se faire plaisir et satisfaire la foule avec des pièces tirées de leur répertoire, et même quelques accords de »Whole Lotta Love », lancés à la blague. Le tout s’achève sur un magnifique instrumental et »Gaia’s Judgement », grand classique tiré de leur premier disque »Food For Thought Substitute ». Je suis très curieux d’entendre ces pièces dans un tout autre contexte, comme assis dans mon fauteuil, mes écouteurs sur les oreilles et le livret dans les mains. Chose en fait qui sera très prochainement possible car leur label, Prosthetic Records, offrira des copies remasterisées de leurs 2 premiers albums en janvier prochain!
Ondes Chocs leur souhaite tout le succès et la reconnaissance qu’ils méritent, en tant que fiers étandards de la scène progressive québécoise et respectés mondialement. Et un gros merci à l’équipe de Brave Concerts International, pour m’avoir permis d’assister à l’évènement et ainsi découvrir une excellente formation qui se doit d’avoir sa place dans ma bibliothèque musicale. Et dans la vôtre aussi, si ce n’est déjà fait…

by Jonathan Blais | Nov 22, 2012 | Critiques d'Albums
Unbeing, goupe montréalais fondé en 2006 et composé de 5 jeunes musiciens hyper-talentueux, nous a offert en 2011 leur premier opus éponyme. Plusieurs changements au sein de la formation à abouttit au line-up actuel, dont l’essai à l’époque d’un chanteur, élément qui a été mis de côté pour laisser d’avantage de place aux mélodies et aux explorations techniques.

À la première écoute, l’auditeur est précipité dans un voyage inter-sidéral et inter-dimensionnel. Sans être réellement un album-concept, une certaine trame est mise en place, invitant le voyageur à suivre les péripéties de cette formation de métal-progressif. Un décollage en puissance avec la première pièce Octo8 où tous les musiciens se donnent corps et âmes sur des riffs complexes. Le thème d’introduction, joué en douceur, est par la suite enrichi de solos lancinants, appuyé par une batterie d’une précision chirurgicale. Le son est d’une clareté organique et le clavier, passant du son clair du piano au synthétiseur plus discret laisse amplement de place aux guitares acoustiques et distortionnées. La basse quant à elle est sobre, d’une texture feutrée, donne une agréable profondeur à l’ensemble. 8 minutes de pur progressif, à la fois hypnotique et acrobatique.
Les deux (trop) courts morceaux qui suivent explorent un peu plus les univers électros, dans le cas de 15 years in space et nous propose un déchainement de riffs rapides et concis sur Structube.
Un long cri digitalisé ouvre la quatrième pièce, Mercury, et ses accords secs et courts, tel un message subliminal écrit en morse. D’autre effets de distortions et de textures sont explorés, à la fois plus sinistre et envellopants. Une des pièces les plus lourde de l’album, nous emportant dans un univers angoissant et austère mais en même temps chaleureux.
La deuxième partie de l’album nous accueille par la voix de Chuck Norris, signe qu’on risque de se faire tabasser solidement, et tel est le cas. C’est rapide, puissant précis, comme un coup de poing du Texas Ranger, bien que quelques éléments plus jazzy viennent alléger l’ensemble, nous permettant de retrouver notre souffle après cette série de kicks.
Une épique Interlude s’en suit, grandiose crescendo de rythmes et d’imposant piano.
Les structures explosent enfin sur Versus 10 Behemoth, pièce à réécouter, tout comme le reste de l’album d’ailleurs, pour en saisir toutes les complexités.
L’aterrissage se fait en douceur avec la courte Zomb! et son dialoguerépétitif entre guitares et clavier fait écho à celui lointain de la batterie et de la basse fretless. Quelques minutes de silence nous amène à une outro vombrissante et minimaliste, nous redonnant l’envie de repartir l’album pour retourner sur la planète de cette singulière entité qu’est Unbeing.
Un voyage musical qui m’a ramené à l’age d’or du métal progressif du début des années 2000, où les Gordion Knot, Zero Hour et Aghora tournait sans cesse dans mon disc-man. Période où les musiciens prévilégiaient autant les prouesses techniques que les mélodies, pari qu’Unbeing gagne haut la main.
L’album est disponible en format physique ou digital, ainsi que leurs t-shirts sur leur site http://unbeingmusic.com/fr_main.cf à un prix franchement honnête pour un produit de cette qualité.
by Jonathan Blais | Nov 21, 2012 | Chroniques de l'Étrange
Eh misère! Si j’avais reçu une piasse à chaque fois que j’ai entendu ça, je peux vous dire que je pourrais continuer à m’occuper d’Ondes Chocs à temps plein sans avoir à me préoccuper de savoir si mon loyer est payé ou si j’ai assez de bière dans mon frigo. C’est vrai par contre que la maladie mentale a toujours été un sujet de prédilection pour plusieurs bands métal. On n’a qu’à penser à Schizophrenia des brésiliens de Sepultura, à l’évocatrice pochette de Piece of Mind d’Iron Maiden, à B.A.R.F. et sa pièce Je suis le Fou ainsi qu’une centaine d’autre morceaux, tous en lien diret ou indirect avec les problèmes de santé mentale.

Un band parcontre peut donner raison aux détracteurs du genre métal. Stalaggh est un projet obscur crée au début des années 2000 en Hollande. Constitué d’un ou plusieurs musiciens (même à ce jour, leur identité n’a jamais été révélée), la formation black metal/noise/ambiant utilise des instruments traditionnels et la voix… de 7 patients d’une institution pour malades mentaux! Trois »Projekt » (Nihil, Terror et Misanthropia), enregistrés dans une chapelle ou dans un entrepot, ont été rassemblé dans un coffret ainsi qu’un vidéo. Stalaggh est par la suite devenu Gulaggh, suite toute aussi psychotique que sa première incarnation. Tympans et esprits fragiles s’abstenir…
Mais la maladie mentale n’est pas quelque chose à prendre à la légère. Parlez en à Dan Spitz, ex-Anthrax, père de deux jumeaux autistes. Avec l’aide de son ami Dave Mustaine, il format le band Red Lamb au début de l’année. Le vidéo Puzzle Box se veut un cri du coeur et un moyen d’exprimer la réalité à laquelle est confrontée des milliers de parents à travers le monde. Aidé par Chris Vrenna (ex-Marilyn Manson) et réalisé par le producteur Johnny K (Disturb), Red Lamb est auto-financé et tous les profits sont versé à une fondation qui vient en aide au parents d’enfants autiste et à la recherche. Qui a dit que le métal n’abordait que des sujets superficiels et puérils?
Les problèmes de santé mentale sont souvent traitables mais quelques fois, certaines personnes ne peuvent continuer à vivre dans ces conditions difficiles. Steve McDonald, de la formation québécoise Gorguts était un de ceux-là. Au sein du même band, le guitariste Steeve Hurdle souffrait lui-même de dysthymie, caractérisée par des symptômes dépressifs chroniques, plus légers, mais persistant. Jusqu’à sa mort prématurée en 2012 (due à une complication post-opératoire), il s’est énormément impliqué dans sa région, devenant même porte-parole de la Semaine de sensibilisation aux maladies mentales. Il a donné aussi beaucoup de son temps auprès des sans-abris et des toxicomanes, étant ancien consommateur.
Pour moi, c’est devenu comme une urgence, une urgence de donner – j’ai été aidé, il y a des gens qui m’ont ramassé, j’étais en morceaux – d’être peut-être l’artisan du rétablissement de quelqu’un
Un exemple à suivre, autant pour le musicien hors-pair qu’il a été que l’humain qui a su confronter et terrasser ses démons.
Oui, c’est du beat de fou qu’on écoute. Parfois cette folie est constructive et d’autre fois destructrice mais l’important, c’est de rester ouverts et d’être là quand un appel à l’aide se fait entendre.
Bon, je vous laisse là-dessus pour cette semaine et je vous reviens avec un sujet plus »léger » mercredi prochain, promis!
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