by Jonathan Blais | Jan 13, 2013 | Critiques de Shows
Toute la journée de samedi, j’ai tenté de ménager mon ouïe au maximum car je savais que le soir-même, un véritable massacre sonore m’attendait. Avec un line-up composé de CADAVERINE, Obsolete Mankind, Crosstitution et Dehumanized , il était à prévoir que le taux de décibels et de violence risquait d’atteindre un niveau incomparable. Et ce fût le cas!
Si il y a quelqu’un à pointer du doigt pour ces courbatures, mal de cou et sillements dans les oreilles, et bien c’est Nick et Michelle de Dungeon Works Productions. Ce sont eux qui ont eu la machiavélique idée de rassembler cette bande de psychopathes ayant pour seul but de nous aggresser à grands coups de riffs assassins, de blastbeats meurtriers et de cris hargneux. Mais si vous croyez que je m’en plaint, détrompez-vous. Peut-être est-ce mon côté maso ou simplement mon besoin naturel de canalyser ces frustations quotidiennes, qui sait. Mais une chose est sûre, c’est que la centaine de metalheads qui s’étaient aussi rassemblés aux Katacombes savaient à quoi s’attendre et en ont eu pour leur argent…

Les premiers sévices nous sont infligés par Cadaverine vers 21h. La jeune formation montréalo-néobrunswickoise nous entraine dans un univers Doom/death/thrash lugubre à souhait. Les riffs du guitariste sont par moments hypnotiques, teintés d’accents orientaux et se déchainent par la suite dans des passages plus rythmés et aggressifs. Le drum est très groovy, bien adaptée aux différents passages. La bass lourde et sourde vient ajouter une touche psychédélique assez intéressante. Un peu plus de précision et de »punch » aurait été préférable mais comme le band est relativement jeune et qu’ils avaient la lourde tâche d’ouvrir la soirée, on leur pardonne aisément les petits défauts. Un court set mené par le chanteur, espèce d’émule d’Al Jourgensen encore plus thrash, qui s’assure de façon théatrale de relever le niveau de violence par ses féroces cris et beuglements. Cadaverine possède sa propre identité, mélangeant assez bien les genres, vieux et nouveaux, et ils risquent de faire parler d’eux dans un avenir rapproché…

La présence dans la salle ce soir-là de plusieurs visages connus de la scène Death Métal québécoise n’est pas un hasard. C’est un genre encore assez underground et ses plus vieux membres ont dévellopés un fort esprit de clan au cour des années. Et comme plusieurs vétérans ont décidé l’an dernier de former Obselete Mankind, il était de mise qu’ils viennent supporter leurs vieux chums pour leur première apparition publique. Les 5 musiciens, issus de groupe phare comme Neuraxis, Vengeful, Atheretic, Paroxysm, Vociferation et j’en passe, qui ont connu les hauts et les bas des spectacles à travers la province (et partout en fait) et ont fréquenté les locaux de pratique depuis longtemps déjà. Et ça se voit. L’assaut est immédiat, Boréale, Jägermeister, pas de tabarnak de niaisage… Un bon gros Death Old School, brutal, sinueux et insidieux. Le son est dense et pesant, autant au niveau des riffs que de la rythmique. Ici, pas de compromis commerciaux ni de prouesses accrobatiques. Exit les long solos ou les prévisibles breakdowns. Non, juste de gros riffs sales, extrêmement bien maitrisés et joués sans relâche. Le jeu puissant du batteur mets à l’épreuve la solidité du kit tout au long de la prestation, tandis qu’au devant de la scène, Marie-Hélène lance son fiel d’une voix en plein contrôle. Que ce soit dans les »growls » caverneux ou les cris sauvages, aucuns sons sortant de sa gorge est inutile ou décalé. L’ensemble punch efficacement et on sent l’expérience. Les transitions entre les morceaux sont cependant un peu hardus et la foule un peu trop statique, bien qu’une jeune femme tente d’initier le slam (tiens, c’est Louise du défunt Sang Frais!) mais je crois que le tout se replacera à leur prochain show, maintenant que la glace est brisée. À ce sujet, j’espère que le band a prévu en masse de marchandise car la table risque de se vider lors de leur lancement d’album.

Des sonorités 70, 80 et 90, on saute en pleine ère moderne avec Crosstitution. Bien que leurs influences Death dites classiques se font entendre, le groupe montréalais incorpore à son son abrasif des éléments de Grindcore, créant ainsi une ambiance d’une violence inouïe. Tel une machine de guerre déchainée, le drum est dans le tapis (bien que les cymbales, elles, soient presque au plafond…) tout comme la bass, parfois tapée avec force ou grattée frénétiquement. Au niveau des guitares, les pics sont usés à la corde, défilants les riffs à un rythme démentiel où se superpose ici et là quelques solos stridents et totalement psychotiques. Parlant de psycho, on a droit à tout un spécimen au niveau du frontman. Le corps couvert de sang, le misanthrope assumé lance sa hargne contre tous les êtres vivants présents (et même ceux qui ne le sont pas), vociférant avec force sur chaque morceaux délivrés à une vitesse folle. Le chanteur de Dark Century à droit à sa part de regards haineux et d’insultes verbales et gestuelles quand celui-ci va jusqu’à monter sur scène pour le pousser encore plus à bout ou cet autre spectateur qui pousse l’audace jusqu’à aposer un Tampax géant sur le sang qui dégouline sur le T-shirt du leader de Crosstitution. Je ne sais pas ce que les membres du groupe a fait après le show mais un gros merci à l’Institut Pinel pour les avoir laissé sortir pour cette intense performance.


Je me rappelle il y a quelques années avoir eu une discussion avec mon collègue Lex sur la différence entre le beat qui »rentre » et le beat qui »sort ». Dans le cas de Dehumanized, nul doute qu’ils font partie de la première catégorie. C’est terriblement lourd et pesant. Le son est compact, presque replié sur lui-même. 5 tonnes de riffs brutaux, qui sentent à la fois l’énergie brute de la scène de Tampa et la violence sauvage du hardcore new-yorkais. Au cour de la dizaine de pièces, les américains ont montré leur talent indéniable pour la composition de riffs simples mais terriblement accrocheurs, variant les tempos de main de maîtres. Que ce soit celles issues de leur premier album paru en 1997 ou celui sorti cette année, une chose ressort: le désir malsain de vouloir tout détruire. Quelques secondes avant les premières notes, tous se placent sur scène en position d’attaque, les pieds biens ancrés. Et le carnage commence! Leur musique est aussi tranchante et froide qu’une lame de machette et les martèlements incessants de la batterie nous frappe aux tripes comme des coups de masse. Les guitares et la basse sont poussées à l’extrême, allant du tempo lourd aux explosions de riffs infernaux. Au micro, le chanteur exprime sa rage de sa voix gutturale ou dans de puissants »screams ». 3 pieds plus bas, devant lui, la foule explose dès les premiers accords, jouant violement du coude, allant même jusqu’à se lancer de la scène au travers des fans fous et très nombreux (par chance). Du côté de la scène où je suis placé, je peux voir certains photographes, comme notre ami Alain de Québec-Métal, qui tentent au péril de leur vie d’immortaliser cette rare visite en sol québécois. Mais à entendre les commentaires du chanteur, on risque de les revoirs plus tôt qu’on ne le pense… Alors si vous avez le goût de vous taper un vrai bon show de Death brutal et »comme dans l’temps », préparez-vous à marquer la date de leur retour prochain d’un gros X rouge sang…


Ondes Chocs et moi-même tenons à féliciter l’Équipe de Dungeon Works Productions et les Katacombes pour le succès de cette soirée et un gros merci à Nick et Michelle de nous avoir permis d’y assister.
by Jonathan Blais | Jan 10, 2013 | Chroniques de l'Étrange
Hein? Déjà mecredi!!! Batinsse que les semaines passent vite… Cette semaine, pas de sujets profonds, de recherches approfondies. Cette semaine, place à la déconnade!
Comme nous, à Ondes Chocs, vous travaillez fort pour pouvoir aller voir des shows et encourager vos bands préférés en achetant leurs albums. Oui, plusieurs d’entre-vous aiment s’assoir dans un bon fauteuil, une bière, un joint ou même du rosé (oui oui, y en a qui vont juste que là!) à la main, les écouteurs sur les oreilles afin de déguster chaque notes des derniers prodiges de la scène métal. Mais des fois, calvaire que ça fait du bien de se laisser aller, mettre son cerveau à off et se taper quelques pièces d’une gang hurluberlus qui veulent juste avoir du fun.
Et des bozos, on en a… Mais de l’autre côté de l’Atlantique, une gang de jeunes français ne donne pas sa place dans la catégorie »débile-métal ». Auto-proclamés grands Vizir du Rock, étant même la principale inspiration d’Elvis Prestley, Ultra Vomit saccage le métal (et bien d’autres genres) depuis 1999. Après 5 démos, c’est finallement en 2004 que paraît leur premier album, M. Patate. Avec des titres comme » From The Dark Depths Of Long Eternity In My Old Ages Of Emptiness I Shall Reign In Chaos On My Bloody Throne Of Relegation Of The Weak » ou encore »People = Frite », les Nantais ont gardé leurs racines GrindCore des débuts (surtout dans la longueur des pièces qui dépassent rarement 2 minutes, mais leur désir de tout tourner en dérision les a amené à paufiner leur style, en ajoutant de l’orchestration et une multitude de samplers. Reprenant souvent les clichées du Métal, peu ont été épargnés chez les bands cultes. De Immortal à Motorhead, en passant par Marilyn Manson et Guns n Roses. Qui aurait pensé un jour un mix de Brassens et… Morbid Angel? C’est ce que ces cons ont osé faire sur l’album suivant, Objectif: Thunes, commis en 2008. Rien de mieux pour oublier sa ptite routine quotidienne qu’un succès de Radio Rock Matante à la sauce Thrash…
Côté ridicule, on ne peut passer à côté de Cryptic Coroner, le band de Death brutal qui vendit son âme pour la prospérité au début des années 90. Au cours d’une tournée canadienne, les polonais subirent quelques problèmes techniques qui les obligèrent à changer leur son de fa¨con radicale. Que faire quand quelques cordes pêtent sur vos instruments et que le chanteur perd la voix? Rien de plus simple: on fait du punk-rock! Ce fût une décision ultra profitable car le groupe finit par rencontrer les plus grands producteurs de la planète, ce qui les amena quelques temps plus tard sur la scène des Grammy pour aller décrocher le prix du Meilleur Band de l’année. Plus rien ne pouvait arrêter les fabuleux Punky Brüster, en route pour le succès planétaire, devant refuser les groupies par centaine devant leurs loges à tout les soirs. Des honneurs qui valaient à coup sûr de renier ses origines métal qui les auraient obligé à rester dans l’ombre pour toujours…
Ça ne vous dit rien? Ben voyons donc! Tout le monde en a parlé. Ils furent une véritable inspiration pour tout les Simple Plan et Blink 182 de ce monde… Ben non, je vous niaise. Toute cette histoire est sortie de l’esprit tordu de Devin Townsend en 1995. Après ses débuts en compagnie de Steve Vai, le canadien décide de partir solo afin de déconner solide sur ce premier projet. Sur l’album »Cooked on Phonics », il nous raconte littéralement l’histoire complètement farfelue de ce band imaginaires, de ses déboires à ses succès, mélangeant savament les styles métal et punk. Et pour complèter ce trio de débiles, il pourra compter sur deux amis, soit son ex-collègue d’Ocean Machine, JR Harder et Adrian White, ex-Frontline Assembly, ex-Reset et ex-Simple Plan (!?!). Je vous offre cet extrait de l’album, la pièce d’ouverture en fait, qui vous donnera une bonne idée de ce qui vous attendra si vous réussissez à mettre la main sur cet OVNI musical.
Comme le temps presse et que je vois les dernières minutes qui me séparent de mon échéancier, je vous offre en rafale 3 vidéos de véritable délire parodique. J’aurais bien continué mais mon boss m’a menacé de m’envoyer couvrir le lancement de Pierre Lapointe si je ne sortais pas ma chronique aujourd’hui… Donc, amusez-vous bien et on se revoit la semaine prochaine avec un sujet un peu moins futile. Mais avouez que ça fait du bien de lâcher son fou de temps en temps 😉
Et quand même Jorn Lande décide de ne pas se prendre au sérieux…
}:)~>
by Jonathan Blais | Jan 4, 2013 | Chroniques de l'Étrange
Un autre Temps des Fêtes de passé… Le foie se remet tranquillement, quelques caisses de bières vides sur la galerie qui vont aider à payer le compte de Visa durement éprouvé, quelques reflux gastriques à la seule vue des restants de tourtière dans le frigo, un gilet de laine trop grand et d’une couleur que je ne connaissais même pas l’existence et que je devrai ressortir la prochaine fois que je reverrai Mémère… Une chance que ça n’arrive qu’une fois par année, burp!
Mais alors que le sous-sol de Mononc’ Roger et les bars de la Province étaient remplis de fêtards assoiffés, une révolution sociale se mettait en mouvement dans plusieurs villes et villages partout au Canada. Appuyés par des milliers de gens à travers la planète, Idle No More se veut le penchant autochtone du Printemps Érable ou du Occupy Wallstreet. C’est en réponse au projet de loi C-45 du gouvernement Harper, qui met en jeu les droits et acquis des Traités signés à l’époque et qui est en violation de la Déclaration des Droits des Peuples Autochtones de l’ONU, que les Premières Nations se sont mobilisées et ont marchés dans les rues de plusieurs ville canadiennes. Leurs revendications sont hautement justifiées et les répercussions sur toute la population de cet autre projet de loi »Mammouth » pourraient être catastrophiques, compte tenu du fait qu’il touche la gestion et l’avenir des cours d’eau et lacs à travers le Canada.
»Hey, c’est ben beau tes affaires de politique mais c’est quoi l’ostie de rapport avec la musique, Chose? »
Attends, Bâtard, j’y arrive… L’image des amérindiens a été rudement mise à l’épreuve après la Guerre d’Oka et toutes les crosses qui sévissent sur les réserves mais c’est un peuple fier qui, malgré les drames du passé, sait se tenir debout et qui a à coeur de préserver ses traditions. Cependant, les plus jeunes se tournent souvent vers le Hip Hop pour exprimer sa colère et ses préoccupation. Tout le monde connait ou a entendu parler de Samian ou Anodajay, mais malheureusement, rares sont ceux qui ont explorés le Métal comme moyen d’expression, du moins au Québec. 4 jeunes de Pikogan, en Abitibi, ont par contre décidé de former un groupe au milieu des années 2000. Après quelques années à se faire la main sur le répertoire de Metallica, Megadeth et Iron Maiden, les 4 cousins Ruperthouse ont formé Realityet c’est en mars 2010 qu’ils produisent l’album »Screaming My Rage ». Le style y est cependant conventionnel et chanté en anglais. C’est au niveau de l’écriture que Brandon et ses compères nous racontent leur réalité d’autochones.
Du côté de la Colombie-Britannique, Gyibaaw se sont quant à eux inspiré du Black Metal et, à la manière de plusieurs groupes Pagan européens, y ont inclus des sonorités indigènes ainsi que des textes dans leur propre langue, soit le S’malygax, parlé par le peuple Tsimshian. Un parallèle peut facilement être fait avec ce qui se fait en Norvège, ceux-ci prônant également un retour aux valeurs pré-colonialistes. Sur leur album »Ancestral War Hymns », ils font l’éloge de ces batailles sanglantes où, bien avant que l’Homme Blanc ne vienne souiller leur Terre et leur croyance avec sa croix et ses Saints, les Dieux animistes prenaient soin des vainqueurs et des vaincus tombés au combat. Le band est toujours actif après 6 ans d’existence, bien qu’il n’ait produit qu’un album en 2009 ainsi qu’un démo et un split. À découvrir pour les amateurs d’histoire, de Black primitif et d’ambiances guerrières.
Du plein coeur des Appalaches, Nechochwen nous transportent eux aussi grâce à leurs atmosphères envoûtantes, en ces temps anciens, véritable hommage à la beauté majestueuse des Montagnes et l’esprit shamanique y est très présent. Utilisant quelques instruments traditionnels, c’est la guitare qui y est cependant à l’honneur, tantôt classique et progressive, tantôt flirtant avec le black metal dans de puissants passages sur leurs 3 albums, dont »Oto » qui vient tout juste de parraître à la fin de 2012 sur l’étiquette Bindrune Recordings. Celle-ci distribut également Blood of the Black Owl, un autre groupe américain à saveur amérindienne, mais dans un registre plus près du Funeral Doom metal.
Bien que le »Native Metal » semble un style plus qu’underground, certains musiciens autochtones ont toutefois réussis à avoir un succès planétaire. On n’a qu’à penser à Chuck Billy, lui-même de la tribu Pomo, qui nous a offert au cour de sa longue carrière des titres comme »Trail of Tears », »Allegience » et » Native Blood », véritable hommage à ses origines. Les peuples amérindiens étant assez unis, c’est cependant du Mexique que ce genre a eu un de ses plus grand allié, et ce, en la personne de Jesse Pintado. Le regretté guitariste participa à la fin des années 80 à la création de »Resistant Militia », groupe quasi-mythique de Grind californien. La formation devint par la suite Resistant Culture et produisit 2 albums. les 2 co-fondateurs Anthony “Wolf” Rezhawk et Katina Culture, 2 autres membres de Terrorizer et au sang amérindien, continueront leur combat sur le 3ième effort et sur lequel on pourra aussi entendre leur ami de longue date Pete Sandoval. Il est certain que le groupe gardera sa touche particulière sur le très attendu »Shamanic Healing ». Avec un nom comme Dan Swano derrière la console, les chants traditionnels et les instruments tribaux comme la flûte et le tambour trouveront le parfait équilibre avec le son aggressif des instruments dits plus modernes.
En conclusion de ce voyage au pays de la »Musique de Sauvage », (comme disent certains esprits obtus), il ne faudrait pas oublier de mentionner l’influence que la culture autochtone Nord-Américaine a eu sur plus d’un musiciens, que ce soit dans le son ou encore la thématique. On n’a qu’à penser à »Indians » d’Anthrax, »Run to the Hill » d’Iron Maiden, le look d’Ian Astbury de The Cult, l’oeuvre quasi-complète de Crows, band allemand power métal des années 80… Un autre a ne pas négliger est sans contredit l’album »Anonymous » de Tomahawk, autre projet complètement disjoncté de Mike Patton ainsi que d’ex-musiciens de Jesus Lizard,Battle, Helmet et Mr Bungle. Basé sur des enregistrements datant du 19ième siècle, ce troisième CD du groupe américain tire son titre du fait qu’aucun crédits n’y était inscrits. Un excellent album pour découvrir un son trop souvent parodié ou ignoré mais qui fait tout de même parti de notre histoire collective.
Intérressant de voir que ce peuple décide de se lever et, par des actions concrètes, faire oublier cette réputation de buveurs et de crosseurs. Tout ce qu’ils demandent, c’est le respect qui leur est dû en tant que Première Nation et de ne plus être ce Peuple invisible .
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by Jonathan Blais | Déc 24, 2012 | Critiques de Shows
Lieu: Club Soda
Jour: 22 décembre 2012
Heure: 20h
Profs: Beyond Creation, Ghoulunatics, BARF
Sujet du cour: Kickage de culs, riffs de la mort, hymnes indémodables, persévérance et discipline
Nombre de crédits: 666!!!!!!
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Si une École du Métal existait au Québec, c’est le genre de convocation que risqueraient de recevoir les éventuels étudiants. En attendant que ça arrive un jour, c’est une formation accélérée qui a été offerte à la plusieurs centaines de fans de courte et longue date qui s’étaient retrouvés, malgré la température de cul ou les party des Fêtes, au 1225 St-Laurent pour festoyer et lâcher son fou.
La première leçon a été offerte par un des groupe-phare de la scène Métal Technique d’ici: Beyond Creation. Depuis 7 ans, la formation bosse fort pour se faire une place au soleil afin de se faire connaitre au Québec et ailleurs dans le monde. Le goupe suit les traces d’Augury et Gorguts et n’a rien à envier aux Obscura, Theory in Practice ou The Faceless de ce monde. Avec la dure tâche d’ouvrir une soirée attendue depuis longtemps, Simon, Kevin, Dominic et Phillipe nous ont démontré l’étendue de leur talent, relevant le défi de main de maître. La force première de ces montréalais, c’est qu’au-delà des prouesses techniques plus qu’impressionnantes, ils réussissent à créer des ambiances complexes mais aussi mémorables. Les riffs restent longtemps dans la tête, bien qu’ils soient extrêment diversifiés. Un son qui demande tout de même un minimum de concentration, ne serait-ce que pour apprécier le jeu extrême des guitaristes, du bassiste et du batteur. Complètement hallucinant (et hautement décourageant) de voir ces quatre musiciens manier leurs instruments, torturant sauvagement et habilement les innombrables cordes alors que la rythmique explose dans un fracas constant, violent mais remplis de subtilités. Le tout joué avec un évident plaisir et une symbiose parfaite. La foule, complètement subjugué par tant de notes défilant à très haute vitesse, pianotées en totale synchronicité, se laisse tout de même aller en se défoulant sur certaines pièces ou passages plus brutaux tirés de leur courte discographie. Les nouveaux morceaux joués samedi nous démontre une fois de plus que Beyond Creation est en voie de devenir une référence dans le genre, autant auprès des musiciens que pour les fans de métal extrême. Une preuve que les fortes mélodies et les prouesses de virtuoses peuvent faire très bon ménage.

Un autre enseignement allait nous être promulgué au retour de l’entracte: Fouttez-vous des étiquettes, trouvez votre style et un jour vous aurez la reconnaissance qui vous est due. Et qui mieux que les Ghoulunatics pour nous en faire la preuve. Depuis 1994, les 5 musiciens, Pat Mireault, Gary Lyons, Pat Gordon, Francis Dubois et Brian Craig ont tenté de créer un son original et reconnaissable. Et l’effort a porté fruit car, aujourd’hui encore, peu de formations ont réussi le pari. Il est cependant plutôt ardu de définir leur style. On y retrouve une bonne dose d’Hardcore, surtout dans le son et le débit de la voix du chanteur, rappelant l’époque de »Just Look Around » de Sick of it All et aussi quelques vestiges de Carcass. Du côté musical, c’est d’avantage le Thrash, le Death et même le Rock and Roll. Le tout donne un produit unique à la fois groovy, accrocheur et violent. Véritable vétérans du métal québécois, leur force tenait aussi au fait d’avoir utilisé les deux langues officielles, comme quelques uns à l’époque, démontrant avec brio que l’on peut écrire de l’excellent métal en français. Outre le talent de composition, un autre élément a permis aux Ghoulunatics de se démarquer: le côté »théatrale » et hyper énergique de leurs prestations. Un show des »Kings of the Undeads » est une expérience à voir et à revoir au moins une fois dans sa vie. Ceux qui ont suivi de près leur carrière au fil des années ont été marqués par la présence sur scène du frontman. Imitant à certains moments une gargouille de cathédrale ou prenant la pose du Christ sur »Sabacthany », Pat saute, danse, et exploite tout l’espace disponible, tel un Elvis Presley sorti de sa tombe et étant retombé sur sa réserve de speeds. Et en ce show de retrouvailles, plusieurs ont pu voir que les vieux fans avaient raison de jubiler lorsque leur retour tant attendu fut annoncé. Peu avait eu la chance de les revoir sur scène durant les 5 dernières années, leurs apparitions se faisant rare comme un bon film de d’horreur. Ils nous ont lancé au visage un set solide, composé des oeuvres marquantes tirés de leurs 5 albums. Une retrospective joué avec un bonheur évident, enlignant les »Nature Morte », »Mélodrame », »Plénitude », »Monstrueusement Vôtre », »Red Shovel », »Grave Concern » et bien d’autres morceaux où le sang, le meurtre, la décadence et la folie sont mis bien en évidence. Mais les Ghoulunatics, malgré les thèmes sombres de leur répertoire, ne se prennent pas au sérieux et c’est ce qu’on aime d’eux. On a droit à quelques pas de Gangnam Style et de saut à la corde et même un »Wall of Zombies »! Non, les Ghoulu n’ont pas perdus la main, même s’il est vrai que plusieurs des musiciens (Pat Gordon, Gary Lyons et Brian Craig) ont ou sévissent toujours au sein des Ékorchés et Buffalo Theory Mtl. Un retour à la vie réussi et pour ceux qui voudrait recommencer l’expérience, rendez vous au DRUMMOND METALFEST 5 le 9 février 2013.

Les vétérans de la scène québécoise, Barf, avaient aussi un message à passer aux plus jeunes: les musiciens et les fans vieillissent, mais le Métal lui, n’a pas d’âge. C’est à la demande de Marc Vaillancourt, le charismatique »gueulleux » que Denis Lepage a décidé de reprendre sa guitare et de reprendre le chemin du local de pratique. Appuyé par deux nouveaux membres, Dominic »Forest » Lapointe et Carlos Araya, les Blasting All Rotten Fuckers ont rouvert la porte à cette vague de retour de vétérans du métal québécois que l’on a pu voir cette année. Mais alors que les Ghoulunatics, Overbass, Groovy Aadvark, Hidden Pride, Paroxysm, Decerebration n’ont fait que quelques rares apparitions, Barf s’est relancé dans une longue tournée qui les a amené aux quatre coins de la province et même en Ontario. Un retour aux sources pour les deux membres fondateurs qui ont sillonés les routes, se produisant dans des bars de régions et même des sous-sols d’église depuis près de 26 ans. Et cette tournée, c’est au Club Soda qu’elle se terminait. Une réelle célébration de violence brute. Marc a été fidel à lui-même, hurlant sa hargne légendaire avec sa voix puissante et déchirée, comme si il avait encore 20 ans. Denis a plus que jamais cette facilité à jouer ces riffs mémorables qui ont aggrémentés plus d’un party de »pouêles », nous faisant revivre autant les albums »Tumultes » que »Catharsis ». Dès leur premier démo, »Social Disorder » (1986), les textes étaient dénonciateurs et Marc a profité de plusieurs moments pour nous cracher sa rage contre les injustices sociales. Tout y est passé: le Printemps Érable, le départ de Charest et les frasques du matricule 728… Leur hardcore brutal s’apprêtant on ne peut mieux à ces dénonciations, et quel défoulement collectif cela a créé! Avec un Carlos puissant derrière la batterie (malgré l’inconfort d’une gastro…), et un Dominic qui avait eu la chance de bien se réchauffer avec sa formation Beyond Creation en début de spectacle, Barf a enchainé ses vieux succès et tout la foule chantait ces refrains connus par coeur: »Artificial Peace », »Wo Wo Tabarnak », »Life », »Television », »Intoxicated », etc… Étrange d’entendre ces pièces cultes avec une telle production, dans une salle 10 fois plus grande que ce qu’ils avaient l’habitude de faire il y a 15 ou 20 ans. Mais c’est une place qui leur est due, vu leur talent comme musiciens et faisant partie à part entière du paysage musical québécois. Et si il y a quelque chose que Barf n’a jamais renié, c’est bien ses racines nationales. Ce qui nous a amené à la traditionnelle »Bastringue », encore plus puissante que dans les souvenirs, avec ce retour en force et les nouveaux collaborateurs. Un beau moment qui nous rappelait que nous étions en plein temps des Fêtes. Et qui dit Fêtes, dit cadeaux. Et les enfants chéris du Métal d’icitte nous en ont fait tout un en nous annonçant un retour en studio pour 2013!!! Donc, pour les nostalgiques, les amateurs de métal authentique et les autres qui attendaient impatiement le retour définitif de ces monuments, ce sera votre chance de les voir, ou revoir, dans une salle près de chez-vous dans un avenir rapproché. Après nous avoir joués l’essentiel de leur répertoire, dont les incontournables reprises »Le Ptit Poisson » de Damnation et »Mouton Noir » de Plume, les musiciens ont pris une légère pause pour revenir nous offrir en rappel la sombre »Hymne à la Mort ». S’en suit, comme dernière offrande »Minuit Chrétien », totalement de circonstance et, en bonus, la présence sur scène des amis de longue date Oscar Souto et Stéphane Audet, venu joindre leur voix à celle de Marc, Denis et de la foule en liesse. Un grand moment qui restera à jamais gravé dans nos mémoires de métalleux, jeunes et vieux.



Une excellente soirée et je crois que plusieurs personnes présentes auront à reconsidérer leur palmarès des shows de 2012, moi le premier. Et espèront que les membres de formations qui y ont assisté et qui veulent percer et se démarquer ont pris beaucoup de notes car ces 3 maîtres du métal qui sont venues nous montrer qu’ils ont encore beaucoup à offrir. Suivez leur exemple et peut-être aurez vous la chance d’avoir aussi votre place au Hall of Fame du Métal Québécois…
*Ondes Chocs remercie chaleureusement Marc et Barf pour nous avoir permis d’assister à ce spectacle et CHEERS! à tout les amis, musiciens et partenaires rencontrés en cette froide soirée d’hiver.
by Jonathan Blais | Déc 21, 2012 | Chroniques de l'Étrange
Bon, je le sais, une fois de plus j’ai procrastiné… Mais mettez-vous à ma place! Faire une Chronique sur le thème de Noël, eh bien ça s’avère un peu plus compliqué que prévu… Surtout que dans ma tête, ça sonne plus comme »Now Hell ». Si il y a bien un sujet qui a été SURexploité, et ce, dans tous les styles musicaux, et bien c’est bien les (criss) de tounes de Noël. Le nombre de chansons, d’albums ou de spectacles est quasi infini. Du gros nom comme Lemmy, Korn, Twisted Sister, August Burns Red ou à d’autres plus modestes comme Hidden Pride, une autre formation Death montréalaise qui a effectué aussi un retour cette année, après 14 ans d’absence. En parlant de retour, c’est complètement malade le nombre de groupes, d’ici et d’ailleurs, qui sont revenuent du Monde des Morts, non? À ce rythme là, il faudra bientôt que Daimon réécrivent ses Chroniques Nécrologique de Hellstorm…
On peut s’entendre que la plupart des bands ou artistes qui s’adonnent à une telle bassesse ne le font pas sérieusement (à quelques exceptions près… ). C’est souvent pour déconner mais ne pas se prendre au sérieux n’empêche pas d’avoir bon coeur. C’est le cas de plusieurs bands d’ici qui ont enregistré 3 albums de Noël dans les années 90. Distribués par les défunts Disques Kafka, les »Noël dans la rue » étaient une merveilleuse façon de découvrir de nouveaux groupes et d’aider les plus démunis, les profits étant généreusement offerts à l’organisme »Dans la Rue » qui vient en aide aux sans-abris. Et on viendra me dire que les métalleux sont des méchants individus qui ne pensent qu’à faire le party…
Les informations au sujet de ces véritables perles sont plutôt difficiles à retrouver mais voici ce que j’ai pu recueillir:
Volume 1
Volume 3
- We Da People – Le Jour De L’an
- Buildings – White Christmas
- Watcha – X-Mas
Rainmen – Minuit Chrétien (Rockrap)
- Union Made – Ave Maria (Vocals – Denis Bélanger, Marc Vaillancourt, Sébastien Croteau)
- Mental Disorder – Le Petit Renne Aux Yeux Rouges
- La Cage De Bruits – Le Tambour
- Quo Vadis – So This Is Christmas (War Is Over)
- Deadly Pale – Mrs Grinch
- Minds – The Last Noël
- Witz – Adesles Fidèles
Si certains ont encore une copie du 2ième volume, ça serait bien de nous faire parvenir le line-up, histoire de se rappeler de vieux souvenirs. 😉
D’autres formations ont quant à elles utilisé le thème de Noël seulement comme sujet, sans toutefois utiliser ces mélodies trop entendues. Comme dans le cas de Macabre, qui à part l’intro, ne fait que relater un party qui vire (criss’ment) mal dans »Holidays Of Horror » paru sur »Gim of Reallity » ou encore Sadist, formation death progressif italienne (dont je vous parlerai un de ses quatres, si Pat ne me shift pas dans une de ses excellentes Rubriques On Arrête Pas l’Prog!, chaque dimanche sur Ondes Chocs ) qui, à part le titre, n’utilise aucune clochettes ni de références à un traineau ou à une dinde farçie, et encore moins à la naissance du ptit Christ…
Impossible de terminer cette Chronique du temps de Fêtes sans glisser un mot sur Trans-Siberian Orchestra. La formation, qui compte dans ses rangs Jon Oliva, chanteur et clavieriste de Savatage, à littéralement construit sa carrière en s’inspirant et en reprenant les grands classiques de Noël, en utilisant une impressionnante orchestration, des chants d’opéra ainsi qu’une bonne dose de riffs puissants. Il semblerait que leur prestation est un spectacle à haut déploiement à voir absolument, mais comme aucune date n’est prévue au Canada cette année, les fans devront se rabattre sur les States…
C’est ainsi que ce termine cette hebdomadaire chronique. Faites des provisions de Tums et de PeptoBismol, si vous comptez vous goinfrer dans la tourtière et le gateau au fruits et, si les Mayas se sont trompés, on se revoit la semaine prochaine pour d’autres découvertes ou souvenirs du passé.
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