Les évènements de la journée m’avaient passablement marqué en ce vendredi 14 décembre 2012.  À une semaine d’une fin du monde annoncée et hypermédiatisée, je me disais que le monde tournait vraiment tout croche.  Surtout avec ces malades mentaux qui sévissent aux quatre coins de la planète, abattant de sang-froid des innocents par dizaines.  J’avais plus que jamais besoin de me changer les idées, bien que ces images diffusées sur tout les médias allaient me rattraper le lendemain et les jours suivants.

Après un arrêt rituel au Foufs pour me faire un fond sans miner mes fonds, je me dirige vers les Katacombes pour assister au 5ième anniversaire des montréalais The Great Sabatini.  La scène métal québécoise est fleurissante et diversifiée mais les groupes post-métal se font malheureusement timides.  Depuis la disparition de groupes phares comme The Fallout Project, de Québec, d’autres formations sont apparues, dont The Great Sabatini, véritables ambassadeurs du genre.

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Un autre groupe à surveiller, pour les amateurs de riffs longs, crus et hypnotiques, est sans contre-dit Luther Higgs.  Les jeunes musiciens du West Island ont entamés la soirée à 22 h tapant, donnant le ton pour ce qui nous attendrait tout au long de la soirée.  Quelques notes, jouées à répétition, lourdes et accrocheuses, qui prennent de l’ampleur au fil des mesures, tel un anaconda géant qui se mouvrerait dans un marécage glauque et qui grandirait à chaque mouvements en ingurgitant de plus en plus de proies.  De superbes mélodies explosant dans un crescendo puissant.  La batterie est cadencée, la basse ronde à souhait et les riffs de guitares joués à une vitesse supersonique.  Les progressions sont subtiles et les pédales de reverb poussées à leur limites.  La formation instrumentale nous offre un magnifique mur de son où notre esprit se laisse aller, oubliant les horreurs du monde extérieur.  Une agréable découverte et j’ai bien hâte de voir ce qu’ils nous réservent dans l’avenir, qui me semble prometteur vu leur jeune âge.  Leur démo et leur EP ont été placés sur ma liste de CD à écouter et je vous conseille, vous les fans de Isis, Neurosis, Pelican et Capricorns de ne pas manquer leur prochaine prestation car ceux-ci ne montent pas souvent sur scène.

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Les Torontois Godstopper montent à leur tour sur l’estrade et c’est vers un son plus post-grunge que la soirée se dirige.  Plusieurs influences marquent le travail des 4 musiciens.  On y retrouve des traces de shoegaze à la Fugazi, des ambiances musicales à la Pixies, un son psychédélique à la Goblin et la voix du batteur/chanteur passe facilement du rauque au mélodique à la Josh Homme, des QOTSA.  Un étrange melting pot, appuyé par une bonne grosse distortion et des  »harmonies » de voix des guitaristes et celle plus douce de la bassiste.  Pas désagréable comme prestation mais le mélange mériterait d’être un peu plus homogénéisé…

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La trentaine de personnes présente au début avait plus que doublé pour assister au retour de ce véritable band culte qu’est devenu The Great Sabatini au cour de ses 5 années d’existence.  Pour l’occasion, le groupe, qui revient d’une tournée dans l’ouest et aux États-Unis à jouer dans des lofts, des bars ou des maisons dans la plus pure tradition des bands hardcore des années 80 et 90, avait décidé d’offrir à ses fans inconditionnels leur album  »Matterhorn » en version intégrale.  2 tv placées de chaque côtés de la scène projetaient des images en noir et blanc, passant du  »white noise » au crânes et quelques images étranges et psych.  L’éclairage partant du sol donnait au tout une ambiance bizzare et angoissante, à l’image de leur musique, véritable coup de poing dans la face et les trippes.  Une totale absence de délicatesse, autant dans le son des guitares que dans les 4 voix saturées à l’extrême.  Le drum furieux enchaîne savament les transitions et ici, pas de place pour les démonstrations de virtuositée, à grand coup de notes dans le but d’épater la galerie.  Les guitares sont lourdes et les riffs serrés surfent sur les feedbacks controlés de main de maître.  Les musiciens mettent leur talent à contribution pour créer des ambiances sombres, violentes et mémorables.  Le beat se radoucit le temps de l’intro de  »Sad Parade of Yesterdays », où tous et chacun dans la salle des Katacombes sont plongés dans une trance profonde avant d’être ramenés à la réalité par les cris de Sean et ses accolytes.  Comme ces moments où l’on fait une sieste réparatrice et que l’on est réveillés en sursaut, perdant tous nos repères et nos moyens.  3 des musiciens descendents dans la salle en compagnie de leur ami de longue date Andy Kerr pour venir jouer sur un banjo, un xylophone Fisher Price, un  »mélodica » et une petite harpe une douce chanson accompagné par la foule qui tape dans ses mains.  Une ludique intermède qui est abruptement interrompue quelques minutes plus tard par le batteur qui se lance dans un sauvage solo, avant d’être rejoint sur scène par les autres afin de nous lancer en pleine face encore une fois leur post-métal teinté de grind.

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C’est l’esprit embrumé par l’alcool et la musique forte et puissante à souhait que je me suis dirigé vers chez-moi, heureux et satisfait d’avoir découvert 3 excellentes formations, au son différent mais oh combien satisfaisant.  Merci à Sean  »Sabatini » Arsenian pour avoir permis à Ondes Chocs d’assister à son party d’anniversaire et on se revoit sans faute avant le 10ième!