Critique d’album : Gaia Guarda – Anatomy of Fear (2020)


Gaia Guarda
Anatomy of Fear
6 novembre 2020

1- Anatomy of Fear
2- Cravings
3-Carefully Haunted
4- Hearbeat
5- Answer Me
6- Who We Are
7- At The Bottom
8- Nothing’s Hiding In The Lake
9- Drowning In Fear

Critique

Pour vous mettre en contexte, ça me fait tout drôle. Pour ceux qui me connaisse, je ne suis pas très fort sur l’écriture. Mon truc c’est surtout d’être derrière la caméra. Alors, imaginez ma surprise quand on m’a demandé de donner mon ressenti sur le projet solo de Gaia Guarda. De plus, cet album est vraiment différent de ce que j’ai l’habitude d’écouter dans mes temps libres, mais paradoxalement, je suis un fan total de violon et de harpe. Donc, évidement, avec mon caractère aventureux, je n’ai pas pu résister au cri de ce nouveau défi, j’ai accepté sans hésitation.

Si vous ne le savez pas qui est Gaia Guarda, je vous la présente rapidement. Elle est principalement connue pour être la chanteuse du groupe de metal melodique montréalais Uriel. C’est avec des inspirations un peu plus classique que Gaia a apprise, par elle-même, à faire parler la délicate mélodie d’une harpe. Sur cet album, Gaia a reçu un coup de main de ses amies Jessica Ricard (Uriel) au cello, Ari Ana (Uriel) au violon et de l’ex claviériste de Cradle of Filth, Lindsay Schoolcraft. N’oublions pas que Gaia et Lindsay ont partagé la scène en 2019. Sur ce, il serait temps pour moi de parler du vrai sujet

Tout d’abord, je vous préviens, comme j’ai mentionné plus haut, ne vous attendez pas à retrouver un projet similaire à Uriel. Si c’est le cas, alors désolé de péter votre bulle! Par contre, l’album vaut l’écoute peu importe le style que tu aimes.

Globalement, l’album est une sorte de théâtre mélangé avec de la douceur et un soupçon d’obscurité apparenté aux succès d‘Evanescence. Par ailleurs, Rocky Gray qui est justement l’ex-drummeur d’Evanescence, a collaboré sur cet album. Nous y retrouvons un violon très persan accompagné d’un vocal harmonieux. Si vous fermé vos yeux, il est facile de se laisser bercer et transporter dans un quelconque scénario. Étant un grand fan de cinéma, j’ai facilement eu 1001 images à l’esprit pendant ma première écoute. Maintenant, il est temps que je vous exprime mon expérience lors de mon aventure avec Anatomy of Fear.

Commençons évidement par la pièce éponyme, Anatomy of Fear. Du début à la fin, nous pouvons ressentir une monté musical avec une sensation d’avant combat. J’ai bien beau l’écouter encore et encore, j’ai le feeling, par quelques notes, d’entendre le thème de la matrix, mais plus mélancolique. Ce qui a du aidé au feeling épic que j’ai mentionné avant. La seconde pièce est, selon moi celle où la voix parle le plus. Le son de Cravings est comme une sorte de balade en forêt, dans le calme du clair de lune, en quête de réflexion. C’est là que toute la beauté de la voix prend son charme. Elle est comme un résonnement qui guide nos pas dans le boisé.

Avec la prochaine pièce, je ne sais pas si je suis le seul, mais j’ai le sentiment d’un rêve morbide et d’errer dans les rues sombres et brumeuses de l’emblématique ville de Silent hill. Dès les premières notes de piano de Carefully Haunted nous pouvons ressentir l’ambiance mystérieuse et sombre qui englobe la trame sonore de cette série culte. C’est une des raisons qui fait que cette pièce est une belle découverte.

Pour ce qui est de Heartbeat il a deux points qui, selon moi, valent l’écoute. La première est le genre de chorale/backvocals que nous pouvons percevoir quelques secondes après l’apparition du violon. Le mélange des deux est juste sublime. C’est comme si la chanteuse entrait dans une église et marchait vers l’autel en chantant ses sentiments vis-à-vis quelqu’un. Le vocal que l’on entend en arrière-plan résonne comme des anges qui l’accompagnent avec leur chant dans sa quête d’approbation. Le deuxième point marquant c’est quand Gaia lance sa dernière note vocale et qu’un violon s’enchaîne magnifiquement. Note pour Ari Ana, si tu lis cet article, tu as le droit de flatter ton ego avec toute mes amitiés. Tu m’as fait tripper dans cette pièce.

‘Who we are’ me laisse l’impression d’être piégé dans un rêve, ou plutôt, dans un mauvais rêve. La mini introduction aide à ressentir cette sensation, mais tout dans cette pièce m’oriente vers cette ambiance. Que ce soit les notes vocales ou les instruments. Rendu là, c’est à vous de vous laisser emporter et de me dire ce que vous voyez.

J’arrive à la pièce Nothing’s Hiding in the Lake. Elle débute avec une douceur que nous commençons à bien connaitre, mais BAM, surprise, nous retrouvons une différence que nous avons l’habitude d’entendre jusqu’à maintenant. Je dirais que ça a une petite saveur industrielle rythmée qui ne me déplait pas. C’est comme une petite danse auditive qui fait plaisir à entendre.

Je vais éviter de me répéter sur ce que j’ai pu déjà écrire. Par contre, je tiens à mentionner le ressenti celtique que j’ai eu vis-à-vis Drowning In Fair avec une finale digne, selon moi, de Game of Thrones ou Lord of the Rings. C’est tellement une de mes finales préférées. Je vois un spectacle avec un prolongement de cette partie-là. Je vais conclure sur le fait que j’ai eu un agréable plaisir à parcourir l’album.

Un vocal percutant et des mélodies à donner des frissons. J’ai eu l’impression d’avoir été le spectateur d’un voyage entre les différentes émotions de l’artiste. Je recommande l’album à ceux qui sont prêts à ouvrir les portes de leur esprit et entendre quelque chose de calme, mélancolique, différent et qui me semble être très personnel. De toute façon, je trouve ça toujours plaisant de pouvoir voir d’autre facette musicale de nos artistes locaux.

– Joé

P.S. Merci à Gaia de m’avoir proposé de partager mon aventure sur cet album. Tu m’as donné un gros défi et j’aime ça. Merci aussi à mes collègues Vicky et Max de m’avoir aidé un peu. Un peu comme j’ai dit au début, c’est une première pour moi.

Critique d’album: Outlying – «Frameworks For Repression»

Outlyng - Frameworks For Repression cover

OUTLYING
«Frameworks For Repression»
Independant/Self Release
Juin 2016

1- «Bloodflower»
2- «Futile»
3- «Paint You Dead»
4- «Land of Estranged»
5- «Alicia’s Tales»
6- «Crambled Dawn»
7- «A Break In The Frameworks»
8- «Reanimate»
9- «Toxidorphins»
10-«Fallen Fairy»
11-«This Mortal Blessing»

Ce super groupe de Trois-Rivières a été formé en 2003, mais ne répond au doux nom de OUTLYING que depuis 2007. Ayant changé de membres quelques fois au cours des années, c’est peu de temps après la sortie, en 2012, de son premier CD, «Scars of Daylight» que le chanteur et fondateur, Fred A. Dubeau, trouva les deux membres décisifs (Jean- Daniel Poirier, bassiste et ex-membre de End is Near et Martin «Frenchy» Reithler à la batterie), qui espérons-le, formeront OUTLYING, le VRAI, jusqu’à la mort.

Il y a plus de trois ans que j’attendais la sortie de «Frameworks For Repression». Lorsque j’ai reçu ma copie, je l’ai tout de suite mise dans le lecteur CD et j’ai joué à un jeu de table en pensant simplement l’écouter en background, mais la partie n’a pas duré longtemps! La musique a capté toute mon attention.

Déjà qu’avec la sortie «Scars of Daylight», je trouvais que la formation avait beaucoup mûri depuis le spectacle que j’avais vu en 2009 et qu’il avait déjà atteint le top. Eh bien, leur second CD m’a impressionné davantage.

Bien que le groupe joue du Death mélodique depuis ses débuts, j’ai comme l’impression qu’OUTLYING a accentué son côté mélodique. C’est peut-être juste une impression, mais en tout cas je préfère cette tournure qu’ils ont prise. L’album comporte des supers riffs accrocheurs et ceux qui ont suivi le groupe End is Near reconnaîtront sûrement la petite touche que l’ex-membre a apportée.

Mon attention a également été portée vers les voix. J’ai trouvé que les back vocals sont bien placées, notamment dans la chanson «Crambled Dawn» où les back sont, selon moi, solidement saisissants. Et que dire des lyrics! Ils sont vraiment «Wow!». De magnifiques métaphores avec des mots parfaitement choisis. Portez une attention particulière à la cinquième chanson, «Alicia’s Tales» et pour les amateurs de poésie, je suggère fortement «Fallen Fairy», surtout à la fin de la pièce 😉 . Je tiens à préciser que je suis mauvais avec l’Anglais et pour les besoins de la cause, j’ai demandé de me traduire quelque tounes pour être certain de bien comprendre ce que j’écoutais. Que voulez-vous, je ne fais pas les choses à moitié!

Ah oui! Dernier point que je veux absolument souligner. Je m’incline humblement devant Fred et son excellent travail d’enregistrement, de montage audio et même pour le montage des images de la pochette. Bref, pour tout le super travail.

Je vous suggère donc fortement de vous procurer, «Frameworks For Repression», le nouvel album d’OUTLYING.

Joé Lacerte (Rédaction)
Lex Ivian (Correction et édition)

This group from Trois-Rivières, Quebec was formed in 2003, but got the sweet name OUTLYING only in 2007. Having changed members several times over the years, it is not long after the release, in 2012, of its first CD «Scars of Daylight» that the singer/guitarist and founder, Fred A. Dubeau, found the two key members (Jean Daniel Poirier, bassist and former member of End is Near and Martin «Frenchy» Reithler on drums), who hopefully will form OUTLYING until death.

It has been more than three years that I have been expecting the release of «Frameworks For Repression». When I received my copy, I immediately put it in the CD player while setting myself to play a boardgame with friends. I thought it would be the perfect background soundtrack for the game but the game did not last long! The music caught all our attention.

Already with the release «Scars of Daylight», I thought that the band had matured a lot since the show I had seen in 2009 and for my taste, they had already reached the top. Well, their second CD impressed me more.

While the band plays Melodic Death Metal since its formation, I feel like OUTLYING upgraded its melodic side. It may be just an impression, but in any case I prefer this lane they have taken. The album features some great catchy riffs and those who followed End is Near surely recognize the touch that its former member brought here.

My attention was also attracted to the vocals. I thought that the backing vocals are well placed, especially in the song «Crambled Dawn» where the backvocals are simply stunning. And what about the lyrics! They are really «Wow!». Beautiful metaphors with perfectly chosen words. Pay a special attention to the fifth song, «Alicia’s Tales» and for poetry lovers, I strongly suggest «Fallen Fairy» especially the end of the song 😉 .

Oh yes! There is a last point I absolutely want to emphasize. Fred did an excellent work of recording, audio editing and even editing the sleeve images.

I strongly suggest that you get yourself a copy of «Frameworks For Repression» if you are looking for a very good Melodic Death Metal album.

Joé Lacerte

 

Une soirée de feu

12décembre2015 - Trois-Rivières - The Agonist - Affiche

C’est avec impatience que le monde attendait devant la porte du Rock Café Le Stage créant un line up qui était plus un tas d’attente qu’une file d’attente. Alors quand le responsable nous ouvrit enfin la porte, un bouchon se forma immédiatement à l’entrée et avec raison, ce n’est pas n’importe quelle soirée. C’est la soirée où l’un des meilleurs groupes Québécois anglophones débarque en ville, soit nul autre que The Agonist, un spectacle présenté par District 7 Production.

À mon entrée, j’ai pris le temps de chasser un futur trophée. À quoi bon aller à un show si on ne regarde même pas les t-shirts! Ensuite, je suis allé discuter avec les artistes et les gens dans la salle, histoire de bien entrer dans le mood.

À un moment donné, du monde fucké embarqua enfin sur scène: un scientifique fou, un mécano d’avion étrange, un évadé d’asile louche, un exhibitionniste et un plombier barbier crinqué. C’est à cet instant que HeadeXist nous alluma le party avec leur musique de feu. Pour faire court, cette formation d’origine shawiniganaise s’est fait remarquer pour avoir mis le feu à la foule en finale de l’Omnium du Rock 2014. Cela leur a donné la chance de faire la première partie d’Anonymus il y a peu. Ils ont su mouiller la foule en un temps record… eh oui, le chanteur a vidé un bidon d’essence sur le public avant de tomber dans le coma. À mon avis, les autres membres ont déjà vécu un moment comme celui-là, car ils ont prévu le coup. Un bon boost de batterie de char et voilà que le vocaliste est de retour sur pied pour enchaîner avec «Keep a Eyes». Pour finir, je pourrais dire que ce band a probablement tapé dans l’œil de plusieurs spectateurs présents.

12décembre2015 - Trois-Rivières - Le Stage - HeadeXist-28

Ensuite, ce fut le tour de l’un de nos précieux groupes locaux et j’ai nommé Outlying. Comme d’habitude, le trio a su garder l’étincelle allumée et donner un set intense. Pour moi, le moment le plus mémorable de cette partie ne fut pas musical mais plutôt l’hommage que le bassiste Jean-Daniel a fait à Martin, drummeur de la formation, vu les tragiques événements récents qui se sont produits dans sa région natale en France.

12décembre2015 - Trois-Rivières - Le Stage - Outlying-21

12décembre2015 - Trois-Rivières - Le Stage - Outlying-17

Après sa prestation, Martin m’a confié,

Honnêtement ça m’a beaucoup touché. Je n’ai perdu aucun proche et mes proches non plus, donc je suis chanceux, mais j’étais un grand habitué de la salle où a eu lieu la fusillade et la prise d’otage. Alors, ça m’a beaucoup touché de voir ces images et ça m’a énormément touché de tous vous entendre.

Enfin, le moment, CE moment tant attendu depuis des mois: The Agonist embarque sur la scène du Rock Café Le Stage. Sans plus tarder, ils débutent avec le succès «Thank You Pain». Déjà que l’endroit est dans le chaos absolu provoqué par leurs prédécesseurs – cris, thrash, bières, tout étaient là – j’ai cru que le petit bar allait éclater en morceaux. Vu les acclamations que The Agonist ont reçues et l’état dans lequel ils ont laissé les spectateurs, ils ont gravé leurs traces solidement à Trois-Rivières.

12décembre2015 - Trois-Rivières - Le Stage - The Agonist-12

12décembre2015 - Trois-Rivières - Le Stage - The Agonist-33

Anecdote comme ça… c’est toujours drôle de voir comment nous, Québécois, aimons apprendre aux gens d’ailleurs à sacrer car c’est avec fierté que le bassiste nous a présenté leur nouvelle chanteuse, la séduisante et impressionnante Vicky Psarakis et les quelques mots Québécois qu’elle a appris.

12décembre2015 - Trois-Rivières - Le Stage - The Agonist-2

Pour ma part, ce fut un honneur de pouvoir participer à ce show vu mon admiration envers cette formation et surtout de pouvoir présenter, une fois de plus, mes photos de la soirée que vous pouvez voir au complet en cliquant ce lien. Finalement, ce fut aussi ma chance d’écrire mon premier texte pour Ondes Chocs. Ah que d’émotions!!!

Merci à tous et surtout à District 7 Production pour l’opportunité gracieusement donnée!

Joé