Voici le compte rendu de Jean-Daniel Poirier et les photos prises par Vicky Fillion lors du spectacle de Fallujah présenté par Heavy MTL aux Foufounes Électriques de Montréal le 11 juillet 2024 et qui mettait également à l’affiche Persefone, Vulvodynia et Dawn Of Ouroboros.

 

Dawn Of Ouroboros

C’était la première fois que j’entendais leur musique et je tiens à dire que ça rentre au poste. Ce sont de très bons musiciens qui nous servent ce que je qualifierai de mélodeath bien structuré. Les guitaristes ont des riffs vraiment accrocheurs et vraiment intéressants à écouter. J’ai réellement aimé l’effet de surprise dans les structures de leurs chansons. C’est imprévisible ce que le groupe nous livre. Le bassiste a des partitions plutôt intéressantes et de ce que j’ai été en mesure de constater, il prend sa place. Ce dernier livre des partitions groovy quand la musique le permet, sinon il supporte très bien les guitares. Le batteur a vraiment une belle drive, c’est-à-dire, rapide, précis et efficace. La chanteuse, tant qu’à elle, elle a une bonne prestance sur scène, elle a un scream plutôt impressionnant, mais sa voix clean n’était pas au top, cependant ce n’est qu’un détail si on regarde l’ensemble de la performance. J’ai adoré ce groupe.

 

 

Vulvodynia

La première chose qui m’a frappé, c’est de voir le guitariste habillé avec un costume rempli de melon d’eau. Par contre, quand je l’ai vu jouer, j’ai reçu une claque au visage. Son jeu est réellement technique et il y a beaucoup de riffs pesants et lents, autant qu’il y a des riffs rapides remplis de sweep picking impressionnants. Le bassiste a une belle prestance sur scène et il a des partitions qui accompagnent bien le reste du groupe. Le chanteur est une bête de scène qui nous martèle à grands coups de pig squeal. Il a une voix qui est plutôt versatile, mais il se concentre beaucoup sur les gros growls. La grosse lacune de leur concert se situe au niveau de la batterie, les partitions sont vraiment bien construites, c’est rapide et violent, mais par contre, le tightness au niveau des basedrum n’était pas là du tout. Heureusement, ça s’est replacé pendant le concert. Si on regarde l’aspect général du concert, le groupe a livré la marchandise. Les fans de slam deathcore seront ravis de les découvrir.

 

 

 

Persefone

Persefone est le groupe que je voulais voir depuis des années il était enfin devant moi. Les membres du groupe sont arrivés sur scène avec une énergie palpable. Les guitaristes ne laissaient rien au hasard. Les partitions compliquées étaient jouées à la perfection. Le drum et le vocal étaient justes et majestueux.
 
Ils ont débuté avec Sounds And Vessels suivi de One Word tiré de leur dernier EP. Par la suite, ils nous ont servi du matériel plus ancien. Stillness is timeless était une pièce incontournable qu’ils devaient faire à tout prix et mon vœux a été exaucé. Ensuite, un saut du côté de l’album Spiritual Migration pour terminer le concert avec The Great Reality, Flying Sea Dragon/Minds as Universe. Ce fut un setlist vraiment bon, mais malheureusement VRAIMENT TROP COURT. J’aurais aimé avoir Prison Skin, Katabasis et bien entendu Merkabah qui manquait réellement à leur setlist.
 
Une autre déception a été de voir un demi-band. Il manquait le claviériste chanteur (il y avait un gros manque du côté voix) et le bassiste était aussi absent. Le soundman n’a d’ailleurs pas réalisé que le groupe avait des séquences, car on ne les entendait vraiment pas. Possiblement que si cet aspect avait été correct, on aurait moins senti le manque des autres musiciens. Malgré les points négatifs de leur prestation, j’ai adoré mon expérience Persefone et j’espère vraiment les voir avec un line up complet un jour.

 

 

 

Fallujah

Je savais que les musiciens de ce groupe étaient des machines pour en avoir écouté quelques fois, mais je ne m’attendais pas à recevoir une leçon à ce point. Les guitaristes ont des riffs ultra-techniques et brutaux, mais ne laissent pas de côté l’aspect mélodique. Le bassiste est tout simplement fou, ses partitions sont vraiment bien écrites et c’est vraiment impressionnant à voir. Le chanteur a une voix plutôt versatile, il se promène du fry scream au growl sans problème et a une présence de scène irréprochable. Au drum, avec Kevin Alexander, la précision et la vitesse n’ont pas le choix d’être au rendez-vous. Le groupe nous a livré une performance haute en rapidité et en justesse. Les gens sur place étaient en feu. Le gros thrash, le body surfing, tout y était. J’ai vraiment apprécié leur set.

 

-Journaliste: Jean-Daniel Poirier
Photographe: Vicky Fillion