by Caro Roy | Juin 12, 2014 | Critiques, Critiques d'Albums

Shatters
« L’abysse des pensées«
(2014)
1- Planeshift
2- L’erreur Originelle
3-Les murs de ma folie
4- Seaside homicide
5- Open eyes (never lie)
6-Dim the lights
7-The hound
8- L’abysse des pensées
Shatters est une formation de Québec qui a fait face à plusieurs modifications de son line-up depuis l’ébauche du projet en 2005. Le line-up actuel est composé de Martin Poirier (voix et guitares), François Boivin (basse), Marc-Antoine Guay (guitares et voix), Stéphane Moisan (batterie) et Mathieu Houde (claviers et piano). Cette formation de post-prog-métal de Québec mélange bien les moments ambiants, acoustiques et calmes à d’autres moments beaucoup plus intenses et lourds. Ils ont par ailleurs offert une prestation récemment dans le cadre de la finale du Challenge Parkinson Metal, s’étant déroulée à Québec. Influencé par des groupes tels que Opeth, Porcupine Tree ou Anathema, le groupe enchaîne, dans une même pièce, des parties bien distinctes, nous faisant ainsi voyager dans des intensités et émotions différentes au sein d’une seule pièce. Shatters aborde le thème de la psychologie humaine, d’où le nom du groupe qui signifie «éclatement»… faisant ainsi référence à l’éclatement, en 1000 morceaux, de l’esprit humain, si fragile. Le groupe est plutôt versatile et pourrait autant jouer avec des groupes rock progressif qu’avec des groupes plus métal.
L’album débute en nous plongeant directement dans un univers intriguant, lourd et cafardeux avec la première pièce de l’album intitulée « Planeshift« , qui en est une instrumentale. Dès le début, on remarque que la basse occupe une place notable dans l’instrumental et qu’elle y est très présente, prenant parfois un rôle très mélodique en jouant dans les notes plus hautes. La seconde pièce, « L’erreur originelle« , débute avec un enchaînement d’accords de guitare acoustique et une voix clean plutôt chambranlante et fragile. L’instabilité de la voix est très appropriée aux propos des textes et à ce qu’on veut en faire ressortir comme émotion. La 3e pièce, « Les murs de ma folie« , est assez répétitive quoique efficace, avec un picking qui revient constamment à la guitare et des paroles empreintes d’angoisse. Pour les pièces « Seaside homicide » et « Open eyes (never lies) » l’intensité monte d’un cran et la guitare acoustique douce retrouvée en début d’album prend moins d’espace, au profit d’une guitare électrique plus imposante et d’une instrumentation moins paisible. L’album se poursuit avec la pièce « Dim the light » qui offre une très belle progression de l’intensité et ensuite « The hound » qui est une des pièces les plus chargées au niveau musical. Finalement, l’album se termine avec une 3e pièce française, soit « L’abysse des pensées« , pièce titre de l’album
Je dirais qu’une des forces de la formation est de bien gérer l’intensité de ses pièces. Débutant par des moments calmes et acoustiques et enchaînant avec des mouvements plus pesants qui donnent de la profondeur aux pièces… Ou encore, en terminant un riff sur un power chord plaqué, avec plein de distorsion, qui continue à sonner derrière le picking de guitare acoustique, apportant ainsi une transition subtile entre les différents mouvements. Bref, L’abysse des pensées est un album avec des riffs répétitifs et une ambiance plutôt dépressive comme l’impose généralement ce style musical. Ce n’est donc pas un album que tu écoutes en t’attendant à avoir des sensations fortes ou à baver en entendant une passe de guit impossible à repiquer mais plutôt un album qui pousse à la réflexion et à l’introspection via une musique ambiante très intrigante, attrayante et qui plongera ton esprit fragile dans un univers de vulnérabilité et de doute.
\m/ C@w0o0o \m/
by Dave Rouleau | Juin 11, 2014 | JamSpace Series

Soothsayer a marqué la jeunesse de beaucoup de métalleux au Québec et c’est trop cool de savoir que ce samedi, 14 juin 2014 à la Salle Unisson, ils seront sur le stage pour une soirée endiablée.
En vue de promouvoir cette évènement, Ondes Chocs a réalisé un autre épisode de la populaire JamSpace Series avec une entrevue vidéo et aussi l’enregistrement de 4 tracks dans leur espace de pratique original à Beauport, près de Québec.
Voici donc cette discussion menée par Bob Girard d’Ancestors Revenge, qui seront aussi sur le lineup de samedi, ‘Where We Are’ de leur album « Troops of Hate » sortit en 2013 et une compilation de trois classiques de la formation établie en 1985. Enjoy, fuckers!
by Dave Rouleau | Juin 11, 2014 | Articles Divers/Primeurs/Annonces

On me présente aujourd’hui un band de Tel Aviv, Black Sachbak, qui fait dans le Crossover Thrash et les boys ont du fun en esti à faire leur beat, c’est évident. Bien que l’originalité n’est peut-être pas de mise, on parle ici de beat de party avec « No Pain No Gain » qui sort le 23 juin sur Stormspell Records.
Le band a été fondé en 2010 et c’est leur première sortie officielle, une musique inspirée de D.R.I., Metallica et Nuclear Assault. La voix offre parfois certaine faiblesse au niveau de l’agencement et des tons, mais en général le tout passe très vite et très bien dans un enregistrement organique qui ne laisse pas respirer avec sa vitesse d’exécution et enchaînement de riffs pluggés sur le 220 volts!
C’est surtout leur petit côté humoristique que j’aime bien en plus de leurs paroles anti-capitaliste et le tout se mix bien comme en témoigne le vidéo de ‘Haircut I Never Got’ que je vous mets sous le lecteur Bandcamp ci-dessous.
by Stéphan Levesque | Juin 11, 2014 | Critiques, Critiques d'Albums

Merkabah
« Ubiquity »
2014
Maple Metal Records
Très belle idée que ces Parkinson Metal, ces spectacles bénéfices pour amasser des fonds pour soutenir la recherche contre cette maladie qui touche bien des gens. Le quatrième concert de la série, ce vendredi 13 juin à L’Agitée de Québec, sur Dorchester, vous permettra d’entendre Heroik, Warder et, surtout, pour le lancement de leur troisième album, Merkabah, qui y présentera officiellement « Ubiquity« , déjà disponible depuis mars sous l’étiquette Maple Metal Records.
C’est plus d’une cinquantaine de minutes de musique que nous offre Merkabah et le piano qui introduit « Mythomania » nous suggère d’entrée de jeu que l’on flirtera avec le rock progressif. Cette première impression ne s’estompe pas, avec l’ajout de la guitare et des claviers. Cette première pièce prend ensuite des allures typiquement rock, particulièrement lors de l’entrée en scène de la chanteuse Jacinthe Poulin, qui complète bien la musique en chantant avec beaucoup d’assurance. Un solo de claviers en fin de chanson nous confirme bien qu’on a affaire à un metal prog bien ficelé, les sonorités étant particulièrement bien choisies.
Sur « Divine Speaks« , la section rythmique s’illustre en introduction pour ensuite faire place une guitare très présente, solos et riffs se faisant bien mordants. Plus rock, cette pièce nous montre davantage le visage metal du groupe de Québec. Nous renouons ensuite avec le prog sur « Red Letter Days« , pièce plus nuancée où l’énergie musicale fluctue habilement, bien que la voix de la chanteuse fasse davantage merveille sur les passages plus musclés. Quant aux claviers, ils arborent ici une sonorité plus vintage pour imprégner la pièce d’une ambiance différente.
Sur « Circles of Despair« , ce sont d’abord les claviers qui tirent leur épingle du jeu, grâce entre autres à un bon solo en milieu de pièce. La guitare reprend toutefois ses droits quelques secondes plus tard; il est décidément intéressant pour l’auditeur d’entendre tous les instruments voler la vedette à l’intérieur d’un même morceau, résultat évident d’un travail d’équipe au niveau des arrangements. Il est toutefois décevant que l’excellent solo de guitare en fin de chanson s’estompe en fade out, pratique qui m’a toujours laissé froid.
Ajout apprécié en introduction de « Brothers from the Seeds of Cain » que celui du son de flûte, son typiquement associé au rock progressif. Un passage acoustique fait ensuite place à la montée des éléments rock, avant que le piano ne revienne pour ajouter une texture sur les riffs offerts. C’est toutefois la batterie bien pesante qui s’avère la vedette de cette chanson. Encore une fois, on ne peut que constater la belle passe d’armes entre les musiciens avant que le jeu se calme en conclusion, gracieuseté de la guitare acoustique.
Difficile ensuite de ne pas penser à Deep Purple en entendant l’énorme son de Hammond qui se répand sur « Deadly Prophets of the Printed Page« . La fusion entre prog et metal vit encore ici de belles heures avec en plus un très bel arrangement vocal en milieu de chanson. Il fait ensuite bon de relaxer un brin avec « Agartha« , chanson plus calme qui vient un peu contredire ce que je prétendais plus haut: Jacinthe Poulin fait ici flèche de tout bois avec une très belle interprétation qui prouve qu’elle peut aussi s’illustrer lorsqu’elle chante plus en douceur.
C’est avec la pièce-titre que les hostilités sont finalement conclues, un morceau de douze minutes totalement instrumental divisé en trois parties bien distinctes où encore une fois, l’esprit de groupe se fait bien sentir. En effet, aucun instrument ne réussit réellement à en éclipser un autre. C’est l’amateur de progressif en moi qui est ici ravi en étant confronté à de belles variations sonores et à d’habiles cassures rythmiques. La section centrale, dominée par le piano et les claviers, s’avère particulièrement brillante, surtout pour faire le pont entre les parties introductive et finale qui sont plus lourdes. Difficile de demander mieux pour fermer l’album avec panache.
Ce qui saute aux oreilles, en bout de ligne, c’est de constater à quel point la qualité est constante sur toute la durée du disque. Voici un groupe qui offre un son très professionnel et qui, élément qui fait toute la différence, augmente ses qualités instrumentales de grandes qualités d’écriture. Les huit chansons sont complexes, bien arrangées, bien jouées, bien chantées. Il est fort dommage d’ailleurs que je ne puisse assister au spectacle, obligations professionnelles obligent… Si le groupe démontre sur scène les mêmes qualités que l’on peut entendre sur disque, votre vendredi soir risque d’être mémorable. Bon spectacle!
Stéphan
by Dave Rouleau | Juin 10, 2014 | Articles Divers/Primeurs/Annonces

Je suis tombé aujourd’hui sur deux trucs intéressants concernant les bands locaux et l’avenir des shows en général et je voulais m’assurer de prendre quelques minutes de votre temps pour en discuter.
Premièrement, le blogue « Life Of A Young Musician » a publié le 2 mai dernier ces 7 règles concernant les bands locaux et la promotion des shows. Les deux éléments qui sont les plus marquants et vrais dans ce texte sont « Les bands qui ne font pas la promotion de leur show » et « Les bands qui jouent trop dans leur marché ».
Premièrement, c’est vrai que les bands pensent qu’étant donné le fait qu’il y a un promoteur, la job sera faite comme par magie. Ils se doivent toutefois de faire AUSSI de la promo de leur côté à travers les médias sociaux, mais aussi avec des flyers dans les shows et endroits propices de rejoindre leur public et quand c’est possible. Bien que ces réseaux soit efficaces et rejoignent beaucoup de gens à moindre coût, il ne faut jamais oublier que ce n’est pas tout le monde qui y passe beaucoup de son temps et plusieurs n’acceptent ou ne tiennent pas compte des innombrables demandes diverses envoyées à chaque jour. Ça avait un impact évident au début de l’existence de ces plateformes, mais le monde est rendu insensible à cette propagande et je peux parfaitement les comprendre.
Les médias aussi se doivent d’être contactés, il ne faut pas toujours attendre que ceux-ci tombent sur votre évènement comme par hasard. Une multitude de raisons peuvent être à l’origine de ce manque de visibilité et la pro-activité est définitivement de mise dans une situation comme celle-ci et ce commentaire va autant pour les bands, les promoteurs et les fans.
Ceci dit, je fais aussi face à une problématique quand à cette implication des bands: les promoteurs qui se fient aux BANDS pour que le monde viennent aux shows. Big mistake. Avec tout le respect que je leur dois, c’est VOTRE job de faire venir le monde à votre évènement, les bands ne sont que des pièces supplémentaires à utiliser pour cette promotion. À quoi ça sert d’avoir un promoteur si le band doit tout faire seul? C’est d’ailleurs pourquoi on voit de plus en plus de bands entrepreneurs qui bookent leur propre show maintenant afin d’enlever un intervenant et je dois dire que après avoir entendu des histoires d’horreurs, cette façon de faire peut effectivement aider certains dans la scène underground. Ça ne veut pas dire que ce devrait être toujours fait comme ça, mais oui, certains bookers semblent avoir oublié leur place dans la pyramide.
Deuxièmement, on est confronté à des bands de la scène qui font trop de shows dans leur marché et ça ne peut être que négatif dans le long terme. Ceci dit, un promoteur qui est à son affaire et surveille de près ce qui se passe sur son terrain ne fera pas cette erreur. Du côté du band, créé un effet de rareté (sans tomber dans l’exagération) semble être un plan gagnant. Donner le goût à votre monde d’aller vous voir et pas une excuse de plus pour passer à côté d’une occasion.
Je ne suis pas booker personnellement, mais oui je me fais plaisir à organiser des évènements que je veux des « happenings » en y créant un facteur « wow ». Ce que ça veut dire est de faire venir un band qui n’a pas joué depuis longtemps, un nouveau band ou un lancement quelconque. Vous savez ces soirées qu’on se rappelle longtemps et qu’on veut revoir, mais qu’on doit attendre…. c’est ÇA un happening!
Anyway, il y a une discussion intéressante à y avoir sur ces deux points de l’article mis en lien plus haut et c’est toujours cool de les analyser afin d’améliorer certaines situations et guider les artisans de la scène dans la bonne direction.
Ça m’amène à mon deuxième texte sur lequel je suis tombé ce matin et il est produit par Mélissa Pelletier sur le site Baronmag.com avec les propos de Hélène McKoy de l’agence de spectacles « L’écurie » (Hugo Mudie étant l’autre partenaire). On change un peu de sujet, mais un de ses deux points me semblaient particulièrement évident dans notre industrie de la musique en plein chavirement et il va comme suit:
«On aime beaucoup les groupes qui n’attendent après personne. Qui ont déjà tourné, enregistré. Pas de subvention? Pas grave, ils font un nouvel album quand même. Les artistes qui ne créent plus quand il n’y a pas d’argent, ça me dépasse. L’idée, c’est de ne pas pouvoir se passer de la musique, non? Et de jouer, jouer, jouer. L’avenir de la musique est dans le spectacle!» Et à travers la centaine de démos reçue par année, peu sont dans les élus. «On en choisit 10%, même pas.»
Effectivement. L’article en parle un peu plus de leur approche et de ce qu’ils recherchent à travers les bands qui soumettent leur musique à l’agence. Je vous conseille de le lire car ce sont des propos que j’entends très souvent par d’autre intervenants de la scène.
J’aime parfois faire un parallèle entre Ondes Chocs et son modèle de couverture/entreprise et celui des bands underground: Ondes Chocs dépense de l’argent pour faire ce qu’il fait pour n’en récolter aucun, mais on croit en notre produit et on le fait à notre manière car c’est le procédé qui nous plaît. Je vais donc vous laisser avec ces paroles et je remercie Dany Roberge pour son lien qui m’en a fait prendre connaissance.
«Ça peut être très dur de continuer à poursuivre son projet musical quand on est découragé et sans le sou. Je vois plein de petits groupes qui abandonnent très vite. C’est dommage, mais normal: ça peut devenir difficile de faire face à l’attente du succès, qui ne viendra peut-être jamais, en parallèle avec les exigences de la société. Souvent, l’entourage ne comprendra pas ou peu la réalité des artistes. Le défi, c’est de rester fixé à son but. Peu importe la lourdeur que ça peut prendre quotidiennement parfois…»
Dave