Critique d’album: The Black Heart Rebellion – « Har Nevo »

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The Black Heart Rebellion

« Har Nevo »

2013

 

Liste des pièces
Avraham
The woods I run from
Circe
Animalesque
Crawling low & eating dust
Ein avdat
Gold and myrrh
Into the land of another

 

Ce groupe de la Belgique, a commencé dans la scène punk en 2004. Depuis leur début, ils ont réussi à conquérir l’Europe et une partie de l’Asie. Ils disent d’eux qu’ils sont constamment à la recherche de nouvelles impulsions, de nouveaux concepts visuels, graphiques et musicaux. Ils mentionnent que le nouvel album reflète bien leur stabilité musicale. À ma plus grande déception, j’ai trouvé très peu d’informations sur le groupe. La seule description sur laquelle j’ai pu me baser, est celle de la FanPage de Facebook.

Vu que je n’avais aucune idée à qui j’avais à faire, je suis allée faire un survol de leur album précédent. Merci beaucoup Lex d’avoir pensé à moi, c’est en plein dans mes cordes. Pour moi, c’est un coup de cœur musical. Une musique décousue, agressive et authentique. J’ai eu mon summum d’inspiration en écoutant leurs différentes sorties. Ils en sont à leur deuxième album et ont deux singles en plus.

Ce groupe a une grande qualité et c’est ce que j’aime globalement de l’album. Il est capable de mélanger plusieurs types musicaux totalement différents et dans faire un excellent amalgame; les variations entre différents styles étant parfaitement orchestrées. On se surprend même à penser qu’on est passé à une pièce différente et pourtant non, c’est toujours dans la même chanson. Les sonorités sont tribales, jazzy, batcave, industrielle, alternative et même parfois folk tout en restant dark avec un fond d’agression hardcore. L’une des pièces qui m’a le plus marqué est Crawling low & eating dust. Cette pièce a une forte présence des percussions dans un beat militarisé pour partir la pièce pendant que les voix que l’on entend font penser à un chant sacré. Il y a un côté très rituel dans la musicalité et même groovy tribal pour terminer.

Ce groupe est, pour moi, très mystérieux et très authentique et une certaine discrétion et humilité se sentent dans ses différentes pièces. Il me rappelle plein de groupes comme Bauhaus, The CureJoy Division, Killing Joke, etc. La 3ème pièce Circe, est pour moi un bel hommage aux années 80 tout en étant de pleins pieds dans le son et l’agressivité qui teintent cette musique aujourd’hui. Malgré la nostalgie du mood batcave, ils réussissent à nous transporter dans leur univers bien à eux. Dès le début de l’album, l’utilisation de carillons et d’un son grondant indéfinissable qui nous amène vers les trompettes nous bernent dans leur gentillesse éthérée pour nous transporter dans un beat oppressant ponctué de halètements. Est-ce des chaînes de prisonniers que l’on entend dans Ein avdat alors qu’on se laisse transporter dans une pièce aux ambiances psychédéliques? Pour terminer l’album, du banjo nous invite au voyage Into the land of another.

Côté parole des pièces, bien que je n’ai pas vraiment cherché à toutes les capter, des titres comme Avraham, Gold and Myrrh me suggéraient d’entrée des références bibliques. L’atmosphère de l’album s’y prête bien.

J’ai vraiment apprécié l’inspiration que l’ambiance de l’album m’a donné. C’est le genre de musique que je vais écouter dans mes moments de créativité car j’ai eu plein d’émotions tout au long de l’album. Tellement que pour une rare fois, j’ai eu de la difficulté à exprimer mon opinion suite à l’écoute d’un album. Je conclue tout de même en clamant que j’aime vraiment ce groupe.

Marie-Noëlle

Critique d’Album: Vesterian – “Anthems for the Coming War”

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Vesterian

“Anthems for the Coming War”

Glorious North Productions

2013

 

It’s surprising that California’s VESTERIAN haven’t attained more exposure since the band’s previous moniker, CENTURION, began in 1994 and released two demos. Following a name change, VESTERIAN have released a total of five demos before attracting the attention of Glorious North Productions this year with their first full-length. “Anthems for the Coming War” marks a solid entry for the label and propels the group into the pantheon of Black Metal’s adept elite!

Moving from North Carolina to Los Angeles has done nothing to “brighten” the musical vision of this quintet as Under the Red Moon can attest. Here, furious drums foster a rampaging momentum and frigid atmosphere is punctuated by the grim opening riff. About the two minute mark, VESTERIAN embark upon a journey of epic proportions highlighted by an emotional, longing riff before background keyboards enhance the guitar solo that is simply breathtaking! Quite similar to early 90’s Norwegian Black Metal, VESTERIAN opt for melodically, feral rhythms and blasting beats. Comparisons to Troll or early Covenant may be appropriate, especially on Dead Kings of Tyranny, a song that bears all the hallmarks of these bands and, Ancient Bloodthirst an equally stunning example of well thought out riffs and a striking solo! If there’s any criticism to “Anthems for the Coming War”, the sound of the record seems to rely heavily on the thundering drums (which could use a bit more variation) and guitar, whereas the bass is virtually absent from the final mix save for Dark Oceans Roar During the Cosmic Upheaval where it’s lurking in the distant background in the opening riff. Though a cold, threatening aura is achieved, overall, the sound could be “thicker”.

Anthems for the Coming War” certainly lives up to its name as VERTERIAN storm out of the mellifluous realm of extreme Metal to serve up traditional fare, albeit with panache! Not straying too far from the blueprint of Norwegian 90’s Black Metal, the band aptly performs icy numbers with epic zeal and soaring solos! With one full length under their belt, the future looks “dark” for the five some, if they can include a bit more foundation to the sound and vary the drum tempos. However, this arguably is a solid listen nonetheless!

Standout Tracks: Under the Red Moon, Dead Kings of Tyranny, Blasphemous Sorcery of a Witch King

7.5/10

Chris

Les "Elles" du Metal

Vous avez peut-être eu la chance de découvrir Stéphan au cours des derniers mois alors qu’il nous a offert quelques petits textes qui nous ont fait découvrir ce qui le fait tripper dans le metal: les groupes qui utilisent de douces voix féminines lyriques. Le voici maintenant avec sa chronique bimensuelle régulière dont j’ai le plaisir de vous présenter ici la 1ère offrande. – Lex

 

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Après avoir offert aux lecteurs de Ondes Chocs quelques collaborations, dont un récit de mon passage au Metal Female Voices Fest XI en Belgique l’automne dernier, l’idée de vous parler de ma passion sur une base plus régulière a fait surface. Voici donc « Les elles du metal« . « Elles » parce que les albums que je vous présenterai mettront toujours en vedette une voix féminine; « elles » aussi parce que, nous, fans de metal, irons bien sûr tous en enfer. Publiée sur une base bimensuelle, j’espère que cette nouvelle chronique vous permettra de faire d’intéressantes découvertes. Bonne lecture et, surtout, bonne écoute!

 

La période des Fêtes étant passée, c’est le temps de digérer toutes ces victuailles ingurgitées en trop. Pour ce faire, rien de mieux que quelques séances intenses d’entraînement avec, à la clé, de la bonne musique pour donner du rythme! Voici donc ma première chronique de l’année 2014, qui inaugurera le format que je veux désormais donner à ma collaboration chez Ondes Chocs: tout d’abord je vous présenterai une nouveauté ou une parution relativement récente, avant de fouiller ensuite dans mon coffre aux trésors pour vous suggérer un album un peu moins nouveau (2012 ou plus âgé) qui vaut la peine d’être (re)découvert.Steph

 

 

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Sorronia

« Words of Silence »

Bakerteam Records

2013

 

Dans la vie, à la quantité de musique que l’on écoute, il est parfaitement normal de tomber sur un album qui nous plaît moins; Words of Silence, premier essai du jeune groupe hongrois Sorronia, se classe dans cette catégorie. Première déception dès l’entrée du CD dans le lecteur : la durée totale n’est que de 32 minutes. Payer le prix régulier pour ce qui est un EP déguisé s’apparente à de la fausse représentation. Par contre, je me disais que si les 32 minutes étaient mémorables, ce serait une consolation. Malheureusement ce n’est pas le cas.

La première pièce, la courte instrumentale Intro, est fort prometteuse. C’est avec un mur de claviers symphoniques que l’on entre dans l’album et ceci annonce les couleurs de la musique de Sorronia qui est dominée par ces claviers despotiques qui enterrent les autres composantes sur toute la (courte) durée de l’album. La sonorité de ces derniers est agréable, ce qui constitue le principal point fort de Words of Silence. En fait, la guitare réussit à ne sortir du lot que lorsqu’un solo est prévu, sinon elle se retrouve totalement enterrée, ce qui est décevant car le guitariste Laszlo Szabo s’en tire très bien sur son instrument.

Pour ce qui est du reste, ces 32 minutes s’avèrent plutôt décevantes. La deuxième chanson, Fallen Angel, est fort bien construite mais la production qui étouffe tous les instruments sous les claviers, ainsi que l’insupportable narration dévaluent considérablement ce qui aurait pu être une pièce franchement solide. Le reste de l’album est à l’image de cet extrait: Sorronia nous souffle le chaud et le froid en gratifiant ses chansons de bons moments malheureusement masqués par un parti-pris de la production et certaines mélodies linéaires. Ces mélodies n’accrochent pas l’oreille, la guitare – à l’exception des solos plutôt intéressants – et la section rythmique sont virtuellement absentes et le chant de Anna Kiraly, pas forcément mauvais, manque d’aplomb et de force et ne suffit pas à servir d’arbre pouvant cacher la forêt.

Words of Silence n’est pas, au final, un ratage majeur, mais il ne passera pas non plus à l’histoire. Bref, il manque cet ingrédient, ce petit quelque chose parfois indéfinissable qui nous rendrait ce premier tour de piste beaucoup plus agréable. Ce ne serait donc pas erroné de dire que Sorronia s’est précipité trop vite au studio pour enregistrer un album qu’il aurait pu améliorer grandement s’il avait pris le temps de peaufiner son art.

 

 

 

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Victorians

« Revival »

auto-production

2012

 

Il est toujours surprenant de constater que certains groupes, malgré un talent remarquable, se retrouve obligé de publier sa musique de manière indépendante car aucune maison de disques n’a cru bon de lui faire signer un contrat. Ceci n’a pas empêché le groupe polonais Victorians de frapper un grand coup avec son premier album, Revival, publié en 2012.

Voici un album taillé sur mesure pour les mélomanes qui aiment la musique grandiose et théâtrale. Le premier élément qui aide Victorians à se démarquer est la voix de la chanteuse Eydis, qui possède non seulement beaucoup de puissante, mais aussi un timbre bien particulier plus grave que la moyenne des chanteuses oeuvrant dans le même créneau musical. Elle utilise cette voix à bon escient, explorant la large palette de ses capacités en se montrant apte à s’élever dans les hautes notes lorsque nécessaire tout en étant capable d’offrir un chant rock avec efficacité. Il n’y a nul doute qu’une voix comme celle-ci ajoute une grande chaleur à la musique.

Parlons-en de la musique, justement. Comme tous les groupes de metal symphonique, ce sont les claviers qui occupent la place principale. Ceux-ci, reproduisant souvent des sons de cordes, sont bien choisis et arrangés avec soin. Malgré cette grande présence des claviers, les autres instrumentistes ne sont pas relégués au rôle de figurants, grâce à la production claire qui donne à chaque instrument la juste place qui lui revient. La section rythmique, solide, formée de V. à la basse et de Mr. Nice (!) à la batterie s’illustre particulièrement sur la pesante Who Never Loved et sur la très enjouée Servants of Beauty. Quant à lui, le guitariste Utis soutient bien le jeu grâce à des riffs efficaces et il a la chance de démontrer son habileté à la six cordes lors de quelques solos bien exécutés, même si Victorians ne mise pas sur l’aspect performance pour se démarquer. C’est davantage la belle unité affichée par les instrumentistes que leur habileté individuelle qui apporte à la musique toute sa puissance.

Si j’avais une réserve mineure à émettre au sujet de Revival, c’est l’absence d’un ou deux titres instrumentaux qui viendraient varier un peu le cours des festivités. En effet, les 11 chansons sont construites relativement de la même manière et sont d’une durée sensiblement identique, ce qui a pour conséquence que la musique cesse de nous surprendre en milieu de parcours malgré sa grande qualité. Cette objection peut être toutefois rapidement balayée sous le tapis car, fait rare pour un groupe à son premier album, aucun morceau ne s’avère faible. Pourtant, le groupe démontre sur Siren et sur Juliet’s Tale qu’il peut ajouter ici et là un élément de surprise en ajoutant un court passage instrumental se détachant de la mélodie ou bien une narration colorée. Souhaitons que Victorians se montre un petit plus aventureux sur ses essais futurs car le talent de ses musiciens, sa riche palette sonore et la voix unique de sa chanteuse l’autorisent à se permettre toutes les audaces. Les éléments sont là, prêts à être maximisés.

Ce n’est donc pas exagéré de prétendre que Revival s’avère une réussite quasi-totale, l’inspiration étant constante de A à Z. Ces Polonais au look hors de l’ordinaire ont entamé l’écriture de nouveau matériel qui pourrait, selon mes informations, donner naissance à deux nouveaux albums qui seraient publiés à la fin de cette année et au début de 2015. Voici une bonne nouvelle car il n’y a nul doute que la musique colorée du groupe se prête très bien à l’exercice de l’album concept qui, conformément au souhait que j’ai exprimé au paragraphe précédent, résulte souvent en une musique plus aventureuse.

Stéphan

 

 

 

Les « Elles » du Metal

Vous avez peut-être eu la chance de découvrir Stéphan au cours des derniers mois alors qu’il nous a offert quelques petits textes qui nous ont fait découvrir ce qui le fait tripper dans le metal: les groupes qui utilisent de douces voix féminines lyriques. Le voici maintenant avec sa chronique bimensuelle régulière dont j’ai le plaisir de vous présenter ici la 1ère offrande. – Lex

 

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Après avoir offert aux lecteurs de Ondes Chocs quelques collaborations, dont un récit de mon passage au Metal Female Voices Fest XI en Belgique l’automne dernier, l’idée de vous parler de ma passion sur une base plus régulière a fait surface. Voici donc « Les elles du metal« . « Elles » parce que les albums que je vous présenterai mettront toujours en vedette une voix féminine; « elles » aussi parce que, nous, fans de metal, irons bien sûr tous en enfer. Publiée sur une base bimensuelle, j’espère que cette nouvelle chronique vous permettra de faire d’intéressantes découvertes. Bonne lecture et, surtout, bonne écoute!

 

La période des Fêtes étant passée, c’est le temps de digérer toutes ces victuailles ingurgitées en trop. Pour ce faire, rien de mieux que quelques séances intenses d’entraînement avec, à la clé, de la bonne musique pour donner du rythme! Voici donc ma première chronique de l’année 2014, qui inaugurera le format que je veux désormais donner à ma collaboration chez Ondes Chocs: tout d’abord je vous présenterai une nouveauté ou une parution relativement récente, avant de fouiller ensuite dans mon coffre aux trésors pour vous suggérer un album un peu moins nouveau (2012 ou plus âgé) qui vaut la peine d’être (re)découvert.Steph

 

 

Sorronia-Words-of-Silence

 

Sorronia

« Words of Silence »

Bakerteam Records

2013

 

Dans la vie, à la quantité de musique que l’on écoute, il est parfaitement normal de tomber sur un album qui nous plaît moins; Words of Silence, premier essai du jeune groupe hongrois Sorronia, se classe dans cette catégorie. Première déception dès l’entrée du CD dans le lecteur : la durée totale n’est que de 32 minutes. Payer le prix régulier pour ce qui est un EP déguisé s’apparente à de la fausse représentation. Par contre, je me disais que si les 32 minutes étaient mémorables, ce serait une consolation. Malheureusement ce n’est pas le cas.

La première pièce, la courte instrumentale Intro, est fort prometteuse. C’est avec un mur de claviers symphoniques que l’on entre dans l’album et ceci annonce les couleurs de la musique de Sorronia qui est dominée par ces claviers despotiques qui enterrent les autres composantes sur toute la (courte) durée de l’album. La sonorité de ces derniers est agréable, ce qui constitue le principal point fort de Words of Silence. En fait, la guitare réussit à ne sortir du lot que lorsqu’un solo est prévu, sinon elle se retrouve totalement enterrée, ce qui est décevant car le guitariste Laszlo Szabo s’en tire très bien sur son instrument.

Pour ce qui est du reste, ces 32 minutes s’avèrent plutôt décevantes. La deuxième chanson, Fallen Angel, est fort bien construite mais la production qui étouffe tous les instruments sous les claviers, ainsi que l’insupportable narration dévaluent considérablement ce qui aurait pu être une pièce franchement solide. Le reste de l’album est à l’image de cet extrait: Sorronia nous souffle le chaud et le froid en gratifiant ses chansons de bons moments malheureusement masqués par un parti-pris de la production et certaines mélodies linéaires. Ces mélodies n’accrochent pas l’oreille, la guitare – à l’exception des solos plutôt intéressants – et la section rythmique sont virtuellement absentes et le chant de Anna Kiraly, pas forcément mauvais, manque d’aplomb et de force et ne suffit pas à servir d’arbre pouvant cacher la forêt.

Words of Silence n’est pas, au final, un ratage majeur, mais il ne passera pas non plus à l’histoire. Bref, il manque cet ingrédient, ce petit quelque chose parfois indéfinissable qui nous rendrait ce premier tour de piste beaucoup plus agréable. Ce ne serait donc pas erroné de dire que Sorronia s’est précipité trop vite au studio pour enregistrer un album qu’il aurait pu améliorer grandement s’il avait pris le temps de peaufiner son art.

 

 

 

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Victorians

« Revival »

auto-production

2012

 

Il est toujours surprenant de constater que certains groupes, malgré un talent remarquable, se retrouve obligé de publier sa musique de manière indépendante car aucune maison de disques n’a cru bon de lui faire signer un contrat. Ceci n’a pas empêché le groupe polonais Victorians de frapper un grand coup avec son premier album, Revival, publié en 2012.

Voici un album taillé sur mesure pour les mélomanes qui aiment la musique grandiose et théâtrale. Le premier élément qui aide Victorians à se démarquer est la voix de la chanteuse Eydis, qui possède non seulement beaucoup de puissante, mais aussi un timbre bien particulier plus grave que la moyenne des chanteuses oeuvrant dans le même créneau musical. Elle utilise cette voix à bon escient, explorant la large palette de ses capacités en se montrant apte à s’élever dans les hautes notes lorsque nécessaire tout en étant capable d’offrir un chant rock avec efficacité. Il n’y a nul doute qu’une voix comme celle-ci ajoute une grande chaleur à la musique.

Parlons-en de la musique, justement. Comme tous les groupes de metal symphonique, ce sont les claviers qui occupent la place principale. Ceux-ci, reproduisant souvent des sons de cordes, sont bien choisis et arrangés avec soin. Malgré cette grande présence des claviers, les autres instrumentistes ne sont pas relégués au rôle de figurants, grâce à la production claire qui donne à chaque instrument la juste place qui lui revient. La section rythmique, solide, formée de V. à la basse et de Mr. Nice (!) à la batterie s’illustre particulièrement sur la pesante Who Never Loved et sur la très enjouée Servants of Beauty. Quant à lui, le guitariste Utis soutient bien le jeu grâce à des riffs efficaces et il a la chance de démontrer son habileté à la six cordes lors de quelques solos bien exécutés, même si Victorians ne mise pas sur l’aspect performance pour se démarquer. C’est davantage la belle unité affichée par les instrumentistes que leur habileté individuelle qui apporte à la musique toute sa puissance.

Si j’avais une réserve mineure à émettre au sujet de Revival, c’est l’absence d’un ou deux titres instrumentaux qui viendraient varier un peu le cours des festivités. En effet, les 11 chansons sont construites relativement de la même manière et sont d’une durée sensiblement identique, ce qui a pour conséquence que la musique cesse de nous surprendre en milieu de parcours malgré sa grande qualité. Cette objection peut être toutefois rapidement balayée sous le tapis car, fait rare pour un groupe à son premier album, aucun morceau ne s’avère faible. Pourtant, le groupe démontre sur Siren et sur Juliet’s Tale qu’il peut ajouter ici et là un élément de surprise en ajoutant un court passage instrumental se détachant de la mélodie ou bien une narration colorée. Souhaitons que Victorians se montre un petit plus aventureux sur ses essais futurs car le talent de ses musiciens, sa riche palette sonore et la voix unique de sa chanteuse l’autorisent à se permettre toutes les audaces. Les éléments sont là, prêts à être maximisés.

Ce n’est donc pas exagéré de prétendre que Revival s’avère une réussite quasi-totale, l’inspiration étant constante de A à Z. Ces Polonais au look hors de l’ordinaire ont entamé l’écriture de nouveau matériel qui pourrait, selon mes informations, donner naissance à deux nouveaux albums qui seraient publiés à la fin de cette année et au début de 2015. Voici une bonne nouvelle car il n’y a nul doute que la musique colorée du groupe se prête très bien à l’exercice de l’album concept qui, conformément au souhait que j’ai exprimé au paragraphe précédent, résulte souvent en une musique plus aventureuse.

Stéphan

 

 

 

Critique d’Album: Valknacht – « Le Sacrifice d’Ymir »

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Valknacht

« Le Sacrifice d’Ymir »

PRC Music

2014

 

Dans la mythologie nordique, Ymir était un géant de givre, le premier des êtres vivants qui fut sacrifié par Odin. Celui-ci, horripilé par la brutalité du géant, le tua et le jeta dans Ginnungagap, un gouffre béant, où sa chute et le déluge de sang qui s’en suivit provoquèrent la mort de presque tous les géants. De son corps, Odin et ses deux frères fabriquèrent la Terre. C’est précisément de ce thème parfait pour un groupe de Pagan Black Metal que s’est inspiré la horde de guerriers locaux de Valknacht pour intituler son nouveau méfait ainsi que sa pièce titre. Fondé en 2005, ce groupe a connu une formidable ascension sur la scène locale, laissant au passage deux excellents albums et s’apprête maintenant à dévaster l’Europe en tournée avec ce troisième opus. La question est donc de savoir si leur nouvel attirail de guerre conviendra à une telle aventure. Laissez-moi d’ores et déjà vous répondre que oui!

S’amorçant sur une obligatoire introduction évoquant un drakkar fendant les vagues bientôt couverte par les chants guerriers des Vikings qu’il a à son bord et une orchestration grandiose, l’album fonce ensuite tête baissée avec l’épique Bataille de Maldon. Aussitôt l’auditeur attentif remarquera une production impressionnante, œuvre de François C. Fortin, des mélodies extrêmement accrocheuses soutenues par des guitares en trémolo et des orchestrations puissantes rehaussant de façon très efficace l’aspect symphonique de la musique de Valknacht. En effet, les orchestrations, entre autres, sont d’une qualité sonore imposante qui n’a rien à envier aux plus grandes productions européennes du genre. C’est un élément que votre humble serviteur a remarqué rapidement puisqu’il n’est pas rare que des groupes du même genre musical présentent des orchestrations au son synthétique peu convaincant.

Puis, plus on avance dans l’écoute de l’album, plus c’est la richesse des compositions qui se fait remarquer avec des pièces majoritairement au-dessus de la barre des cinq minutes remplies de motifs de guitare puissants, d’un jeu de batterie aux intéressantes variations et des voix gutturales puissantes de Thorleif qui se marient parfois avec brio aux cris plus aigus de Vervandi. Parlant de ce dernier aspect, la pièce Sur les Ruines de Rome, s’ouvrant sur un cri de guerre impressionnant, donne toute la place à l’excellent vocal hurlé de cette dernière qui s’illustre aussi avec ses flûtes bien utilisées pour apporter des mélodies typiques du genre musical pratiqué par la formation. Il est donc dommage que Vervandi ait quitté la formation suite à l’enregistrement de l’album.

Ce qui est intéressant aussi avec la musique présentée par Valknacht est que, bien qu’elle contienne son lot de mélodies et d’éléments typiquement pagan, elle reste toujours très agressive et ancrée fermement dans un Black Metal sans pitié, ce qui fait qu’à aucun moment l’album ne perd de son mordant et de son potentiel d’agression. La pièce titre est un formidable exemple à cet effet. Seuls quelques courts passages plus atmosphériques permettent à l’auditeur de reprendre son souffle avant de replonger dans l’ardeur du combat.

Enfin, même l’auditeur le plus difficile aura grand peine à trouver de véritables faiblesses à l’album tant son contenu a été, de toute évidence, peaufiné avec le plus grand soin. Tout en restant dans la continuité du style qu’ils ont développé sur leur deux premiers opus et sans réinventer la roue, Valknacht ont simplement réussi, avec Le Sacrifice d’Ymir, à nous offrir l’album le plus abouti, le plus efficace et le plus puissant qu’ils pouvaient. Avec un tel armement, la horde païenne de Québec n’aura aucun mal à conquérir le vieux continent cette année et un futur glorieux lui est certainement promis.

9/10 (Brillant)

Mes pièces favorites : Chants de guerre, Le sacrifice d’Ymir, De murmures et de givre et Le carmin des anges.

Louis-Olivier « Winterthrone » B. Gélinas

 

 

Critique d’Album: Warfather – « Orchestrating the Apocalypse »

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Warfather

« Orchestrating The Apocalypse« 

Greyhaze Records

2014

L’apocalypse est à nos portes! C’est le 21 janvier prochain que paraîtra le tout premier œuvre du groupe de death metal américain Warfather, sous la tutelle de Greyhaze Records. Orchestrating The Apocalypse, nouveau projet mené par nul autre que Steve Tucker (ex-Morbid Angel), nous offre la possibilité d’assister au retour de ce vocaliste/bassiste de renom sur les planches de la scène death metal. Bien que cet ancien frontman du groupe floridien ait participé à la création de l’opus In The Flesh de Nader Sadek en 2011, un selfreleased project regroupant de nombreux artistes de renommée (Flo Mounier, Rune ‘Blasphemer’ Eriksen et Marcin ‘Novy’ Nowak), son retour en tant que membre actif d’un groupe était grandement attendu de tous. L’artwork de l’album, réalisé par Ken Coleman, illustre à merveille les émotions ressenties à l’écoute de l’œuvre. Cet ouvrage artistique, à mon humble avis, crée à lui seul un pont entre les effets old school et avant-gardiste que dégagent les pièces de Orchestrating The Apocalypse. Ces deux genres bien distincts semblent se livrer bataille chez Warfather.

« XII » débute avec des blast beats exécutés très adroitement par Deimos. La sonorité globale de Warfather semble influencée par le old school, auquel on aurait ajouté une teinte de violence extirpée du brutal death. La marque qu’aura laissée Morbid Angel sur Tucker lors de son passage dans le groupe s’immisce dans chacune des pièces de Orchestrating The Apocalypse.

« My Queen Shall Not Be Mourned » débute brutalement, mais à cette pièce est intégrée une touche musicale plutôt déroutante en comparaison aux titres qui précédaient celui-ci. Néanmoins, cette enivrante mélodie et ces chants clairs effectués en background viennent fortement soutenir la trame fantaisiste de la pièce. Ce sont sans aucun doute ces extraits musicaux inusités qui élèveront Warfather à un tout nouveau rang dans la lignée du death metal.

Après un petit interlude de 34 secondes composé de voix claires et de tambours de guerre avec « Taunting The Deity » (nous en retrouvons trois au total sur l’album avec « Summoning The Warfathers » et « The Chaos Of »), le morceau « The Shifting Poles » débute et c’est alors que je constate la forte influence entre Warfather et nos bien-aimés polonais de Behemoth. Autant en ce qui a trait au chant qu’à l’instrumental ou aux types de pauses marquées à certains moments précis par les musiciens, force est de souligner cette foudroyante ressemblance entre certains de ces aspects que possèdent les deux groupes. Cet effet semble davantage créé par le côté blackened death paré de mélodies employé par Armatura à la guitare.

La pièce « Ageless Merciless » présente des progressions inhabituelles dans les riffs, à la guitare comme au drum et à la basse (Avgvstvs). Ces riffs, désarticulés et lourds, font immanquablement honneur au travail de Tucker tel que nous y sommes accoutumés. De plus, les faibles râles entendus dans la pièce me rappellent ceux que l’on peut apprécier chez Cattle Decapitation. Définitivement, il y en a pour tous les goûts!

« Gods And Machines » est une véritable déclaration de guerre. Les changements fréquents dans le tempo est une caractéristique prenante de Orchestrating The Apocalypse. D’ailleurs, ce trait démontre la dextérité et le talent de ces musiciens à rendre ces effets tout en créant un enchaînement qui semble couler de source. Le lead guit sur ce morceau s’intègre à merveille au reste de l’ouvrage et fait valoir un travail de maître.

« Ashes And Runes » présente une approche un peu plus simpliste dans laquelle s’enchaînent des riffs lents et d’autres drastiquement plus rapides. Malheureusement, ce morceau de 5 :15 minutes donne l’impression de durer une éternité et brise le rythme qui s’était installé dès les premières mélodies de l’album.

« We Are The Wolves », agressif, est le coup de grâce de Orchestrating The Apocalypse. Il résume bien l’ambiance dominante de l’album en plus de mettre à l’avant-plan, un Tucker dont la voix est à son apogée.

Violent, saccadé, laborieux et apocalyptiquement chaotique, Orchestrating The Apocalypse est en quelque sorte un reflet de la renaissance de Formulas Fatal To The Flesh, Gateways To Annihilation et Heretic à travers lesquels, pendant plus de quarante minutes, résonne l’écho d’un death metal américain qui tend vers le renouveau du genre. Sans aucun doute, Warfather charmera les fans de Morbid Angel, mais aussi de certains bands tel que Nile, effet provoqué par l’atmosphère enivrante retrouvée tout au long de l’album. Warfather méritera une écoute attentive, mais les amateurs du genre sont dorénavant mis en garde. Certains éléments sont désappointant, bien qu’à mon avis Warfather gagnera à développer ce côté mélodique et brutal. Ne vous attendez pas à une œuvre de death metal de la même trempe que celles bien connues du genre! Pour ma part, je suis pressée de jeter une oreille à ce qu’ils feront dans le futur, question de voir jusqu’à quelle limite ils sauront maintenir ces particularités qu’ils ont établies dans Orchestrating The Apocalypse!

 

8/10

 

Avorton

 

Extrait de « My Queen Shall Not Be Mourned » sur Decibel.