by Dave Rouleau | Juin 2, 2014 | Critiques, Critiques d'Albums

Darkaeon
« Nihilism »
2014
Darkaeon de Montréal nous accueille dans son univers avec une couverture artistique qui représente bien le titre de son 1er album, « Nihilism« , cette doctrine qui invoque que l’existence humaine est dénuée de sens, de buts ou même de valeurs.
C’est la pièce-titre de l’album qui sert d’introduction pour leur attaque de sept pièces de Death metal mélodique et progressif et j’ai toujours été craintif par rapport aux introductions comme celle-ci pour la simple et bonne raison que les bands les utilisent un peu trop souvent sans même leur donner une raison d’être. On en est encore une fois témoin avec cette aventure de 2:35 qui ne mène nulle part. On peut entendre une porte qui s’ouvre pour laisser passage à un piano et un crescendo dramatique, mais qui mène ensuite vers un coït interrompu avec l’arrivée de « Beautiful Illusion« . Pourquoi un coït interrompu? Parce que j’aurais préféré que cette pièce soit dans le prolongement de l’intro et construise à partir de celle alors que plutôt nous sommes confrontés à une pièce qui débute tout doucement avec la guitare et le chanteur… une autre intro…
Une fois ce moment passé et maintenant refocusé sur « Beautiful Illusion« , on est tout de suite confronté à tous les éléments qui font de cet album une très belle réussite: mélodie, technique, structure intéressante et une voix qui se veut diversifiée. Plus que tout, je crois que le band a réussi à intégrer la voix parfaitement avec leur style de metal, soit en la laissant de côté par moment pour laisser «parler» la musique et l’introduire ensuite pour arriver à des moments encore plus forts et intenses. Hugo McSween est clairement un atout pour cette formation et le petit dernier arrivé dans le lot en plus de ça.
Un autre as est sans contredit Émile Sylvestre avec qui j’avais eu la chance de parler de l’album en entrevue. Sans bien sûr oublier le travail de Michael Ménard à la guitare rythmique, Émile y va d’envolée inspirée et inspirante, surtout quand on considère que le band en est à son premier album. À vrai dire, tout le monde dans le band se démarque musicalement et c’est difficile de trouver du négatif dans leur performance respective, les commentaires étant plus concentré sur les pièces en général étant donné le travail magistral de chaque membre avec son arme.
Pour toutes les subtilités et le travail retrouvés sur cet effort, dont des pièces telles que « Collapsing Skies » et « Beneath the Fading Sun« , j’aurais aimé entendre la troupe nous sortir une composition un peu plus directe et in your face, car ils ont tous les atouts (lire musiciens) pour le faire. Ceci dit, ce commentaire n’est pas totalement objectif car il est dicté par mes préférences, mais il y a aussi une ligne directrice à cet album qui aurait dû être brisée à mi-chemin pour surprendre l’auditeur et lui donner une perception différente avant d’enchaîner avec le reste de l’opus. Ceci dit, Darkaeon a le mérite de ne PAS tomber dans le piège que plusieurs bands plus techniques se tendent; leur talent sert à composer des chansons accrocheuses et intéressantes, pas à démontrer leur capacité à faire le plus de notes à la minute.
Glen Robinson (Voivod, Annihilator) a été retenu pour la production, le mixage et mastering, mais c’est encore plus impressionnant lorsqu’on pense que c’est ce réputé producteur qui a demandé au band de travailler avec eux en studio. Une bonne production est offerte sans toutefois être à tout casser. Ce qui est le plus satisfaisant est que tous les instruments respirent très bien dans le mix, ce qui est essentiel avec leur approche créative. Cette sortie québécoise devrait plaire à tous les fans de Nevermore et Dream Theater, quoique surtout pour le style qu’ils se sont forgés, car bien qu’on peut nommer des influences, c’est plus difficile de les comparer et c’est tout à leur honneur.
8.5/10
Dave
by Stéphan Levesque | Mai 31, 2014 | Critiques, Critiques d'Albums, Les "Elles" du Métal

Il y a quelques semaines, je vous confiais que le nouvel album de Delain, « The Human Contradiction« , était à mes yeux un sérieux candidat pour être mon album de l’année. La compétition sera toutefois féroce alors que nous arrive la nouvelle offrande de Diabulus in Musica. Afin de respecter la thématique de cette chronique qui vise aussi à vous présenter des albums moins récents, on revient en 2011 et on se jase du groupe mexicain Dramatvm. Bonne lecture! – Steph
_______________________________

Diabulus in Musica
« Argia«
Napalm Records
2014
Originaire du pays basque espagnol, Diabulus in Musica nous présente son troisième album, « Argia« , mot signifiant «lumière» en langue basque. Première constatation avant même d’introduire le CD dans le lecteur, le groupe a été passablement remodelé. En effet, on note l’arrivée de nouveaux musiciens à la basse, à la guitare et à la batterie, ces nouveaux éléments venant se greffer aux deux seuls membres originaux restants: le claviériste Gorka Elso et la chanteuse Zuberoa Aznarez.
Malgré ce changement, on constate assez rapidement que cette révolution de palais n’aura pas vraiment entraîné de changements majeurs dans la musique de Diabulus in Musica, compte tenu que les deux musiciens restants sont en fait le noyau du groupe. On retrouve donc un menu similaire à ce que le groupe nous offrait sur « Secrets » (2010) et « The Wanderer » (2012), c’est à dire un power metal symphonique qui se déploie dans les mêmes territoires qu’Epica avec son aspect musclé et l’incorporation de chant masculin guttural ici et là. Toutefois, les Basques le font à leur manière et avec brio, avec le résultat qu’on se retrouve malgré la comparaison devant une œuvre personnelle qui met bien en valeur ce que le groupe sait faire de mieux.
Ce savoir-faire passe principalement par Zuberoa Aznarez qui nous dévoile ici toute l’étendue de ses talents. En plus de posséder une voix très mélodieuse qu’elle peut pousser dans les hauteurs lorsqu’elle le désire, la dame signe ou cosigne la musique de presque toutes les pièces; généralement, les chanteuses de ce type de groupe s’affairent surtout à l’écriture des paroles. Pour compléter le tout, notons qu’elle n’hésite pas à nous démontrer sa capacité à manier la flûte et la harpe, ajoutant ainsi une autre dimension aux compositions.
Sur toute la durée de l’album, nos oreilles sont appelées à apprécier des morceaux musclés bien enrobés par des interludes plus calmes qui viennent abaisser la tension et contribuent à créer une belle variété. Après la douce introduction qu’est « Et Resurrexit« , « From the Embers » nous bouscule avec son rythme soutenu bien agrémenté par les choeurs à voix multiples – composante très bien utilisée sur plusieurs pièces – et par le grunt du claviériste, lui qui se révèle être très compétent dans ce registre, surtout que ses interventions sont bien dosées et ne viennent pas retirer le projecteur de l’endroit où il doit être, c’est à dire sur l’excellente chanteuse.
Ensuite, « Inner Force » nous montre le côté symphonique de Diabulus in Musica, cette pièce nous entrant immédiatement dans la tête avec sa mélodie entraînante et ses claviers très luxuriants. « Furia de Libertad« , augmentée de la participation vocale d’Ailyn Gimenez de Sirenia, s’inscrit grosso modo dans la même lignée, mais avec des arrangements plus lourds. C’est ensuite l’aspect celtisant qui se manifeste avec l’entrée de la flûte et de la guitare acoustique en introduction sur « Maitagarri » (qui signifie «conte de fées»), pièce très riche.
Afin de calmer le jeu, la harpe fait merveille sur l’interlude « Sed Diabolus« , mais cette accalmie est de courte durée car « Spoilt Vampire » s’avère être le morceau le plus musclé de l’album avec sa musique pesante, son chant masculin rageur et des choeurs qui font encore merveille; la comparaison avec Epica prend ici tout son sens. Nous sommes ensuite frappés par un autre contraste avec la ballade « Eternal Breeze« , pièce absolument magnifique qui contient tous les éléments qui vous donneront envie de coller l’être cher: rythme lent, jolie voix, choeurs et très beau solo de guitare.
Bien calmés, on repart en vitesse avec « Mechanical Ethos« , musclée, avant d’enchaîner avec la très réussie « Encounter at Chronos’ Maze« , qui met en vedette Thomas Vikström de Therion dans une pièce aux ambiances variées où tous les types de chant y passent. Fidèle au plan, « Indigo » fait baisser la tension avec harpe et flûte avant la finale épique qu’est « Healing« , où les claviers et le chant sont à la fête, particulièrement en conclusion lorsque la chanteuse pousse sa voix à la manière d’une cantatrice d’opéra pour ensuite faire place à un dernier soubresaut instrumental de haute voltige.
Bref, au final, rien d’ennuyant sur cet album. Les ambiances sont variées et riches, l’instrumentation y est solide, le tout soutenu par une production impeccable. Ce « Argia » risque fortement de se retrouver sur plusieurs listes des meilleurs albums de l’année, Diabulus in Musica s’imposant de plus en plus comme un incontournable dans son genre.
_______________________________

Dramatvm
« The Prophecy of Mhisty: A Prelude of Chaos«
Autoproduction
2011
Il est très rare, dans mes aventures musicales, que je croise du death metal. D’emblée, je suis obligé d’admettre que ce n’est pas forcément ma tasse de thé et que je suis plutôt néophyte en la matière. On a toutefois pris soin de m’aviser que le groupe mexicain Dramatvm fait du death «mélodique». Ah, ça pique un peu plus ma curiosité. Je scrute ensuite le nom des membres du groupe. Tiens, une chanteuse! Me voilà mieux disposé à entrer dans cet album, le premier complet du groupe de Guadalajara, si on fait exception d’un EP (« Index« ), publié en 2004 et d’un album en spectacle sorti en 2008.
Les premières notes de « The 9 Signs » m’annoncent sans la moindre cachette que je ferai affaire avec du muscle. L’introduction est lourde avec sa batterie effrénée, sa guitare bien appuyée et la voix non moins lourde du chanteur Roberto Perez. On fait ensuite connaissance avec la voix de Cecilia Ledesma, très juste et puissante. Ce premier morceau me laisse une excellente impression avec son instrumentation riche et d’intéressants changements de rythmes; en effet, Dramatvm produit une musique fidèle au style mais sait le faire avec finesse.
La pièce-titre, elle, est introduite différemment, c’est à dire par une douce voix qui permet ensuite aux autres instruments de se joindre à la parade. Le moins que l’on puisse dire, c’est que personne ne chôme au travail, la section rythmique étant particulièrement active, cette qualité sera constante sur toute la durée de l’album. Tel que mentionné plus haut la musique est pesante mais les claviers d’Angela Ramirez (elle a depuis été remplacée par Uriel Ramirez) font merveille et viennent justement donner cette touche symphonique qui vient un peu adoucir le tout.
« Fire of Fury » mélange ensuite habilement les deux types de vocaux, ma préférence allant bien sûr au chant féminin mais je me dois de donner à César ce qui revient à César: dans le registre guttural, Roberto Perez fait le travail, réussi à imprégner l’album de son agressivité et de son énergie et se révèle un parfait complément aux envolées lyriques de Cecilia Ledesma. « Mhisty: The Universe » et « Web of Bifurcations » me confortent dans mon opinion, la chanteuse est sublime mais je souligne encore une fois l’aspect complémentaire des vocalistes qui fait merveille.
C’est ensuite la guitare et la basse qui prennent les commandes sur « My Domains (The Black Desert)« , chanson bien construite où la mélodie est bien complétée par des passages où les solistes peuvent s’illustrer. « The Possession » voit encore une fois le guitariste Al Tobias se tailler la part du lion, mais la section centrale de la chanson nous permet de respirer un peu alors que le rythme ralentit un peu tout en faisant place aux claviers. Cette pause est toutefois de courte durée: death metal oblige, on repart en grand vers une conclusion particulièrement lourde et chargée. Quant à l’introduction de « Battlefront« , elle se fait atmosphérique grâce aux claviers, mais la guitare lourde et la très efficace section rythmique viennent reprendre leur place dans ce qui s’avère le morceau le plus complexe du disque, alors que l’on peut facilement le diviser en trois sections bien distinctes et bien reliées entre elles.
« The Ancient Moon – Aaranun Dea » vient conclure comme il se doit, c’est à dire en suivant le plan suivi tout au long du parcours par le groupe: guitare déchirante, rythmique solide et vocaux variés. Je suis bien obliger d’admettre que le grunt me causera toujours un peu de fil à retordre, mais lorsqu’il est appuyé par une musique efficace comme c’est le cas ici, la pilule passe beaucoup mieux.
En bout de ligne, j’en tire la conclusion d’avoir élargi mon champ musical et d’avoir surtout fait un pas de plus dans mon désir «d’apprivoiser» ce genre musical. En fait, au fil des écoutes, nul doute que l’on a affaire à un groupe qui ne se contente pas de «bûcher» pour le plaisir, mais qui a bien pris le temps de peaufiner sa musique, l’exécution et le travail d’écriture étant de calibre professionnel. Bref, cet album saura contenter tout un chacun.
by Lex Ivian | Mai 26, 2014 | Critiques, Critiques d'Albums

Vastum
« Patricidal Lust«
20 Buck Spin
2013
Liste des pièces
Seasons in the Claustrum (The Libidinal Spring)
Enigma of Disgust
3 A.M. in Agony
Incel
Patricidal Lust
Repulsive Arousal
Formé en 2009 dans le San Francisco Bay Area, Vastum ont sorti leur 2ème album, « Patricidal Lust« , en 2013, 2 ans après « Carnal Law » (2011).
C’est sur un slow pounding que débute l’album avec « Seasons in the Claustrum (The Libidinal Spring)« . Dès les 1ères notes, on constate que la production nous offre un son plus plein que sur « Carnal Law » ce qui naturellement ajoute à la pesanteur de l’ensemble. On ne peut non plus se tromper, le son, le rythme, les riffs, la pesanteur du slow pace, on est en plein old school death, le bon vieux beat death pré-extravagance technique, celui des débuts, pas trop vite et surtout pesant… des fois à la limite du doom. Quand la voix de Daniel Butler, gutturale avec juste ce qu’il faut d’effets, vient s’ajouter après une minute de cette intro musicale, on sait que tous les ingrédients requis pour que la recette soit un succès sont présents mais réussiront-ils à justement ne pas s’en tenir à la recette générique et faire un album qui se démarquera aussi bien de leur 1er que de la pléthore d’album de ce style. Et bien quand à 3:45, ils nous amènent une voix un peu creepy qui nous fait une déclamation quasi spoken words, on se dit que oui, ils ont des idées. Bon, ce procédé reviendra dans « Incel » mais ce n’est pas grave car les 2 occasions sont appropriées. La 1ère pièce a aussi le mérite de parfaitement donner le ton à l’album. What you hear is what you’ll get. Je ne m’étendrai donc pas en long et en large sur toutes les pièces mais vais plus souligner les moments particuliers.
Je n’avais pas réussi, à la 1ère écoute à distinguer la voix féminine dans la 1ère pièce mais je dois dire que j’ai été agréablement surpris par sa contribution à la suivante « Enigma of disgust » alors que Leila Abdul-Rauf, aussi guitariste, nous envoie des couplets solos avec une voix aussi gutturale que Butler mais avec juste une coche un peu plus aigüe. Maintenant que je l’avais identifiée dans le mix, vous pouvez être sûr que je suis naturellement retourné à la 1ère pièce et oh que je l’ai spottée tout de suite cette fois à 3:25. Quelle voix. Je dois dire qu’elle torche pas mal de gars.
L’intro de la dernière pièce « Repulsive arousal » est une autre démonstration de leur intention de nous surprendre alors qu’un humming en choeur est rejoint par les cris de Butler sur le pounding pesant qui caractérise leurs pièces pendant qu’en sourdine, la guitare offre un trémolo black-ish pas mal.
Pour le reste, comme c’est rendu plus souvent qu’autrement le cas de le dire, Vastum ne réinvente pas le death metal puisqu’ils s’inspirent de ses sources et on y reconnait même des riffs standard. Ils ont tout de même une façon de le faire, à l’aide de petits moments particuliers qui parsèment leurs pièces, qui m’a gardé intéressé, malgré que la majorité des pièces frise les 6 minutes. Car justement, bien que les pièces sont relativement longues, finalement, avec seulement 37 minutes et des poussières au compteur pour 6 pièces, c’est un album qui coule bien et qui m’a fait apprécier la légère évolution que les gars ont acquis depuis l’album précédent. Je dis légère évolution car oui il y en a une mais je dois souligner que pour tout ceux qui connaissent Vastum mais n’ont pas eu la chance d’écouter leur nouveau, vous ne serez pas dépaysés car Vastum puise dans le même filon que précédemment pour nous le concocter et je dois dire que j’ai bien apprécié.
C’est donc avec plaisir que j’ai parcouru « Patricidal lust » bien que je n’y ai pas noté de chef d’oeuvre inoubliable. C’est pesant, c’est groovy et organique, c’est menaçant, c’est old school death metal et c’est surtout bon.
Une note positive aussi pour les solos qui, comme le veut le style, servent de bridge au centre de toutes les pièces mais qu’ils ont su garder courts et pas trop à l’emporte-pièce – ou sinon encore pire «envoyé à l’épouvante» – comme c’est souvent le cas. Par contre, finir un album sur un fade out me fait toujours un peu bizarre. Est-ce parce qu’ils nous laissent comme si ce n’était pas fini et qu’ils nous reviendront bientôt? Bah, quand c’est le seul inconfort que procure un album, ce doit être parce qu’il a réussi sa job.
Lex
Voici la pièce titre tirée du soundcloud de Earsplit PR.
by Chris Wheeler | Mai 24, 2014 | Critiques, Critiques d'Albums

Scarlet Embrace
« Talio »
Self-Released/Independent
2014
Forming in 2009, the Ukrainian unit, SCARLET EMBRACE, has recently released their debut album, « Talio » and upon first listen one would be remiss to dismiss the band for being cliché or singularly predictable. Yes, they have their feet firmly planted in the «typical» melo-Death domain, but offer more than the average group of this genre, especially for a debut. Intro, « Talio » really sets the mood for romantic, grandeur and charming melancholy with violin and lullaby-esque keyboards before « Earth’s Sigh” bombards with Swedish style guitar riffing and subtle violin touches. Deep death growls abound as well making it impossible for one not to acquaint SCARLET EMBRACE with many other bands in the same vein. However, « Blood-Tied Rose » sets the band apart in its slow, morose pedigree, punctuated by beautiful piano. Fans of PETALLOM or ESTATIC FEAR would not be remiss to give the Ukrainians a listen.
Professional sounding and even a little over-produced gives « The Obscure Hermetics » a rich, haunting atmosphere aided by more background atmospherics, but including traditional Heavy Metal vocals, courtesy of bassist, Kirill Grinevich. « King of Wonders » meanders in Middle Eastern waters while « Three Coasts » dramatically embellishes the «medieval» aspects SUIDAKRA are known for, helped notably by singer, Alevtina Berger. Ultimately, « Talio » is a fine debut for SCARLET EMBRACE and yet while the band wade through Melodic Death Metal clichés somewhat, the songs are strong examples of a band trying to find their place in an otherwise crowded genre. What redeem the album are the performances that clearly indicate musicians who’ve done their homework and who aren’t afraid of taking chances. Perhaps on future releases, the five-piece can capitalize on experimentation and not rely on convention?
Standout Tracks: Blood-Tied Rose, King of Wonders, Three Coasts
7/10
Chris
by Chris Wheeler | Mai 18, 2014 | Critiques, Critiques d'Albums

Goatholocaust
« Satan Jugend »
Infernus Rex Records
2006
Now officially split up, the Belgian Black/Death troupe of GOATHOLOCAUST may have only released one full length in « Satan Jugend » but the results are audibly vicious! Honing their skills on a split with VOCIFERIAN in 2004, the dual of LeathergoatSSkull (vocals, all instruments) and NunSSlutgoat (vocals) may have bowed out way too early….
Raw, untamed and garage sounding low-fi Black Metal is what GOATHOLOCAUST primarily sound like but they do offer much more in terms of infectious riffs and a brutal delivery! « Millennium of Satanized Debauchery » doles out militaristic rhythms and rough pedigree and continues the pattern on « Totenziegekopf » as well. Both numbers dwell firmly within the fast fury of unpolished Black Metal, all the while having one foot in the Death Metal genre as well. Deep, guttural vocals positively look to Norway’s, AETERNUS for inspiration as the tempo runs the gambit between blitzkrieg and mid-paced rolling thunder. Lyrically, « Satan Jugend » boasts exactly what the name implies… a deep seeded praise for the Unholy One with a penchant for deviant sexual innuendo. « Deep Crossfucking on Sepulchral Decay » and « Cheap Whore Molestation » succeed in commanding corrosive riffs and Blackened Death stylings while « Butchered Christ » celebrates the Last Supper with all the delicacies of consuming flesh and spilling blood against the backdrop of simple riffs that leave an indelible impression.
Belgium’s GOATHOLOCAUST makes clear the intention of combining stylized melodies that are hummable yet brazenly raw and filthy! Nodding to both sides of the extreme underground, « Satan Jugend » is more than one would expect from a two-man band toting the “I’m so Evil that even my band name has «goat» and «holocaust» in it” label! For fans who like the underground «noise» of minimalist Black Metal but can appreciate the melodic croon of MORKER or HADES, then GOATHOLOCAUST’s sole record is for you!
Standout Tracks: Pale and Impaled, Cheap Whore Molestation, Butchered Christ
8.5/10
Chris
by Stéphan Levesque | Mai 17, 2014 | Critiques, Critiques d'Albums, Les "Elles" du Métal

Dans ma chronique précédente, je vous amenais dans la contrée de Dracula, la Transylvanie. Afin de rester un brin dans la thématique des pays de l’Est, la moitié de cette nouvelle édition des «Elles du métal» portera sur un groupe d’un pays qui faisait aussi partie du bloc communiste: la Pologne. En fait, je consacre mes textes de cette semaine à deux groupes qui n’ont pas encore publié un album. Si les Français de Midnight Sorrow ont un EP de cinq chansons à leur actif, les Polonais d’Hegemony eux, publient les éléments de leur répertoire au compte-gouttes. Place à cette chronique de la relève… – Steph
________________________

Hegemony
EP « Awakening » (2013) + deux chansons (2014)
Autoproduction
La genèse d’Hegemony remonte à l’été 2012 lorsque le guitariste – et principal compositeur – Wojciech Muchowicz a décidé de réunir autour de lui des musiciens pour rallier son projet qui vise à mélanger metal et rock progressif. Au départ, afin de se faire la main et de jeter les bases de son style, le groupe s’est concentré à jouer des pièces de poids lourds du prog metal tels qu’Opeth et Dream Theater. Après un certain temps ont émergé trois compositions, réunies sur le EP « Awakening« .
C’est en décembre 2013 que ce premier essai a été offert au public, et je dois l’admettre, le chroniqueur a été frappé de plein fouet par ce qu’il a entendu. « Dirge – Asylum Part II » ouvre la marche et c’est la sonorité très progressive qui se fait remarquer d’entrée de jeu. Pièce très planante, l’instrumentation minimaliste est bien renforcée par le violoncelle qui, mélangé à la guitare acoustique, confère une certaine mélancolie à l’ensemble. Cette entrée tout en douceur est suivie de « Torment – Asylum Part IV » (on attend toujours les parties I et III…), dont l’introduction n’est pas sans rappeler Porcupine Tree. Plus énergique, cette chanson permet à la section rythmique de faire sentir sa présence et à la guitare d’imposer le tempo.
C’est toutefois « Into the Sacred Woods » qui s’avère être la perle de ce premier enregistrement. Introduite par la guitare acoustique, l’entrée en scène graduelle des autres instruments confère à cette pièce une grande complexité, mettant pleinement en valeur le mélange de progressif et de metal préconisé par le groupe. De plus, la musique est littéralement enveloppée par le chant de Valyen Songbird qui épate par sa puissance et sa grande force évocatrice. Ayant entendu des centaines de voix féminines plus étourdissantes les unes que les autres, l’auteur de ces lignes doit pourtant s’avouer presque «troublé» lorsqu’il entend la chanteuse s’exécuter. Aucune explication rationnelle n’est possible ici, j’ai seulement l’étrange impression que la dame vient tout simplement s’emparer de mon âme avec sa voix. Cherchez à comprendre…
Une chose est sûre: c’est avec brio qu’Hegemony s’introduit à nous avec ce court essai. Voici d’ailleurs le lien où vous pouvez encourager le groupe, pour moins cher que le prix d’un grand latte chez Starbucks…
Depuis le début de l’année 2014 le groupe nous a également gratifié de deux nouvelles pièces: « Orison » et « Labyrinth« . Si Hegemony puise une partie de son inspiration chez des groupes modernes, on constate sur la première de ces deux chansons que les années 1970 n’ont pas été oubliées. En effet, « Orison » évoque un géant de cette décennie: King Crimson. Sur ce morceau, le jeu du leader à la guitare contient une petite touche du grand Robert Fripp, mais c’est surtout la présence du saxophone soprano en surimpression qui force cette comparaison avec «Crimso»; ainsi, on se retrouve vaguement projeté à l’époque de « Lizard » et de « Islands« , mais avec une touche bien particulière conférée par le chant de la sirène qui se fait ici plus posé, en parfaite harmonie avec la simplicité exprimée par la musique.
Avec « Labyrinth« , publié à mi-avril, Hegemony signe toutefois son morceau le plus solide. La complexité des éléments mis en valeur par le groupe y est ici à son sommet; l’entrée lourde à la guitare bien appuyée par un chant puissant (cette voix! j’en suis bouche bée) fait ensuite place à une brillante séquence instrumentale, bien augmentée par des vocalises discrètes, où la guitare acoustique et la section rythmique volent la vedette. Cette petite pépite vient se terminer tout en lourdeur dans la plus pure tradition metal prog. Nul doute, après seulement cinq chansons, il faut savoir reconnaître qu’un soleil brillant se lève en Pologne.
À suivre de très près…
________________________

Midnight Sorrow
« At First » (EP)
Autoproduction
2014
C’est de Strasbourg, en Alsace, que nous arrive Midnight Sorrow, groupe formé à la fin de l’année 2011 par des maniaques de metal symphonique. Le temps de stabiliser la formation, de se faire connaître sur scène et de peaufiner certaines compositions, c’est finalement en février de cette année que le groupe a pu publier son premier EP, nommé « At First« .
C’est avec « Crystal Drops« , une courte pièce instrumentale, que sont lancées les hostilités. On peut immédiatement déceler le fort penchant symphonique des Français qui mélangent avec grâce piano et claviers orchestraux. On enchaîne avec « Waterfall« , chanson très power metal qui joue habilement dans les plate-bandes de Therion avec son rythme effréné qui, une fois de plus, place les claviers à l’avant-plan.
Vient ensuite « Between Sun and Moon« , qui vient nous confirmer notre première impression: le tempo est rapide et on nous gratifie de nouveau de belles envolées aux claviers. On relève l’ajout de chant guttural sur ce morceau; celui-ci se fait discret et vient bien seconder le travail de la chanteuse Maureen Morvan qui nous livre ici sa meilleure interprétation de l’album, bien qu’elle s’exécute également avec beaucoup d’aplomb sur les deux autres plages chantées. Son registre haut et lyrique fait merveille et s’avère un appréciable complément à l’ensemble hautement symphonique.
Si les trois premières chansons s’avèrent très agréables, c’est toutefois la chanson-titre qui vient nous en mettre plein les oreilles en nous offrant un programme varié. Le tout débute avec une jolie entrée au piano, qui introduit le morceau sur un tempo lent. On sent la pièce gagner en intensité à mesure de sa progression, le growl venant amener une belle dimension agressive au tout, qui ensuite se poursuit avec un excellent passage rapide où tous les instruments sans exception ont l’occasion de se faire valoir. Le thème introductif revient ensuite s’imposer pour clore la marche. Définitivement, « At First » est un morceau complexe et extrêmement bien construit.
Le EP vient ensuite se terminer comme il a débuté, c’est-à-dire avec une pièce instrumentale. Toutefois, on a ici affaire à une reconstitution orchestrale librement inspirée de la chanson « Waterfall« . Les arrangements sont si bien ficelés qu’on croit à s’y méprendre que « Behind the Waterfall » met en vedette un véritable orchestre symphonique! Ces arrangements, qui sont l’oeuvre d’Émilien Bontz de Light & Chaos, viennent conclure l’ensemble de manière majestueuse
Le moins que l’on puisse dire, c’est que Midnight Sorrow débute sa carrière sous les meilleurs auspices. On sent une belle maîtrise instrumentale et vocale et, plus important, on sent le groupe en mesure d’offrir des compositions complexes et bien ficelées, qui seront bien appuyées par une appréciable puissance sonore. C’est avec impatience que l’on attend la sortie du premier véritable album qui est présentement en chantier, bien qu’aucune date ne peut être avancée pour l’instant. Entre temps, on se délectera de cette entrée prometteuse.