La Décapiteuse # 8

Décapiteuse Marryah Noch

 

La Décapiteuse # 8

 

Je me suis pas gênée de le dire en ondes cette semaine, Metal Blade ont des périodes un peu douteuses en terme de marketing. Y’a certaines périodes où ils me donnent le très bon feeling ultra calmant qu’ils sont déterminés à s’accrocher à l’aspect oldschool des débuts de la carrière de Slagel en nous dévoilant des bands obscurs avec une bonne dose d’éléments complètement bizarres à l’appui; ce sont d’ailleurs eux qui ont largement contribué au revival du psyrock, influençant des labels majeurs comme NUCLEAR BLAST et même NAPALM RECORDS (eh oui, j’ai bien dit NAPALM) à faire de même. Sauf que pendant la grosse majorité de Février et Mars, ils me semblaient complètement obsédés avec l’idée loufoque de releaser du stock hardcore à fendre l’air en semblant se foutre complètement de leurs racines. Y’a 30 ans, c’est pas des cassettes de nu-core que Slagel copiait et re-copiait en quantités industrielles dans son garage; il faisait des compilations thrash et il backait des bands comme SLAYER (dans le temps que SLAYER était un band pertinent et non pas une espèce de mauvaise farce commerciale leadée par un Kerry King complètement abruti par son ego).

 

PYRITHION – Burden of Sorrow (Single)

Malgré ce fait assez évident pour les promoteurs qui suivent la progression de ce que cette compagnie nous sort comme farces et attrapes par bouts, une anecdote particulière règne: même si certaines releases (du genre BEYOND THE SHORE) les font parfois caler un peu en terme de crédibilité, ils se reprennent toujours en convaincant des espèces de têtes dures comme moi qu’il est très possible de backer des projets à saveur commerciale en nous faisant réaliser que certains individus de la scène « mallcore » ont un paquet de surprises à nous garrocher en pleine face pour nous faire descendre de nos grands chevaux deux minutes. Ceci dit, vous connaissez tous AS I LAY DYING et vous savez que de manière générale, ces gars-là ont le don de mettre l’emphase sur la mélodie et l’accessibilité. Avec PYRITHION, Lambesis nous prouve, à tous, qu’il a également le don de méditer sur d’autres avenues de possibilités. En fait, je crois fermement qu’il vient de mettre au monde un band qui va casser des gueules d’emblée dans les prochaines années, au même titre que les BLACK DAHLIA MURDER et les ARSIS de ce monde. Il a réuni des musiciens qu’il admire dans son studio personnel pour bosser sur un projet death metal brutal qui incorpore des influences de certains autres sous-styles de violence sonique. Sa gang aborde le mélodique tout aussi bien que le chaotique à saveur technique et ultra progressive avec une précision tout à fait foudroyante et enivrante. Son guitariste est un dude de ALLEGAEON et il admet en entrevue qu’il avait des doutes sur l’outcome de ce projet en terme de production autant qu’en terme de songwriting mais après avoir passé une longue fin de semaine avec ses confrères du band à écrire le single « Burden of Sorrow », il est convaincu que ce projet va être un staple de la scene en bout de ligne. Je suis amplement d’accord; ce single, je lui donne un 9/10. Imaginez à quel point l’album va brasser la planète quand y va être en circulation. C’est une release qui va changer bien des perspectives et vous êtes mieux d’être prêts parce que ça va barder et pas comme de la p’tite bière. Chapeau, Metal Blade, pour votre don de me surprendre avec des énormités de renom dans ce style.

 

PYRITHION – THE INVENTION OF HATRED

 

EMPYRIOS – Zion

Un autre label que je qualifierais d’ambivalent dernièrement, et de manière totalement ahurissante, est Scarlet Records. Ils sont responsables de ma découverte d’MPIRE OF EVIL (avant leur déménagement sur une sous-division de CLEOPATRA), autant que de l’institution prog (que je qualifie d’immensément plus pertinente que DREAM THEATER) – DGM. Autant ils peuvent me sortir un produit thrash ou oldschool heavy metal sale à souhait (dans le bon sens) qui me rend accro quelque chose de rare, autant ils me noient parfois dans une mer de power metal cucul et atrocement surfait. D’une manière ou d’une autre, j’adore leur manque complet de predictability. Après tout, t’as pas le goût de savoir exactement c’que tu vas entendre quand tu rentres dans une session d’écoute le matin; tu veux être surpris, pour le meilleur, et pour le pire (certains d’entre vous vont me contredire là-dessus mais croyez-moi qu’après des mois et des mois à passer vos matinées sur de l’analyse d’albums, vous voulez être incapable de prédire les tournures de vos escapades – le suspense est un allié). Ils sont un peu hit and miss en matière de progressif; cette semaine, disons qu’avec EMPYRIOS, j’aurais voulu être tenue en haleine plus longtemps que pour l’espace de quatre ou cinq tounes (ce qui n’est pas une prouesse à ignorer tout compte fait). Leur approche est ultimement efficace; lourde comme FEAR FACTORY et STRAPPING YOUNG LAD, tranchante, multi-dimensionelle – tout aussi charmante que complexe. Ça, c’est jusqu’à temps que leur son se mette à intégrer des éléments électroniques jusqu’à outrance complète (i.e. en se mettant à sonner comme du dubstep avec des espèces de passes breakcore qui ruinent complètement la qualité et la crédibilité de leur delivery). Le dubstep ne devrait pas être mélangé avec le métal d’aucune façon. Laissez ça aux bands comme LIMP BIZKIT – allez pas salir un produit fini mathématiquement précis et efficace comme ce EMPYRIOS avec du maudit sampling technocore aussi intimidant qu’une gang de farfadets qui jouent à la marelle sur un trip d’acide en hurlant  »It’s The Circle of Life!! ».

 

EMPYRIOS – MASTERS

 

TOMBSTONE HIGHWAY – Ruralizer

V’là un groupe de southern rock avec une touche doom noyée dans le blues débarassé de toute trace d’attitude diplomate que vous avez tout simplement besoin d’entendre à travers leurs multiples incarnations. Je m’explique; un album comme  »Ruralizer », c’est tout sauf linéaire. C’est de la musique de party qui va vous donner le goût de boire du whiskey sur le bord d’une piscine en fumant des Prime Time, ou aller vous acheter un « muscle car » pour vous promener dans l’état de New-York pendant un bon deux semaines. Les riffs qu’on a ici sont du génie pur dans leur simplicité – c’est du BLACK LABEL SOCIETY on-steroids, mettons que Zakk Wylde serait encore du genre à se la jouer badass au lieu d’écrire des livres pour enfants et faire des albums de covers. Ajoutez des touches stoner rock/doom à la Texanne et un certaine brise provenant de la Louisiane à cette recette et vous savez assez bien c’que TOMBSTONE HIGHWAY ont en tête comme plan d’attaque. Les pièces swingy sont démentiellement mémorables – celles qui sont plus plodding et lancinantes sont aussi débilement hypnotiques. D’un bord à l’autre de l’album, les hooks en finissent pas de se multiplier. Les tripeux de vieux rock vont adorer l’aspect éclectique des structures des tounes – ceux de métal vont vouloir abuser de la grosse Fuck You vibe et de la lourdeur de la prod à outrance totale. Si vous êtes pas convaincus encore – j’peux vous garantir que le nouveau CLUTCH se retrouve dans la même pile, ou même catégorie, que ça.

 

TOMBSTONE HIGHWAY – BITE THE DUST (AND BLEED)

 

Des découvertes, j’en fais à tour de bras. J’vous emmène 24 tounes que j’considère être d’une pertinence irréfutable chaque semaine dans mon show « C.R.O.C. Underground Metal » en plus de vous piquer une jasette crissement honnête sur les derniers faits saillants de l’actualité métal – j’apporte également le input des bands sur divers sujets pertinents qui font grouiller la scene, en y ajoutant, bien entendu, mon grain de sel. C’est brutal comme show – et je changerai jamais. Soyez-là touts les dimanches soirs à 20h sur Ondes Chocs.

Noch

 

La Décapiteuse # 7

Décapiteuse Marryah Noch

 

La Décapiteuse # 7

Bovine – The Sun Never Sets on the British Empire

2013, jusqu’à date, c’est un ramassis de progressif technique, de jazz fusion meets blues flourishes, et de power metal théâtral. Ces trois styles sont ceux qui dominent le plus mon radar ces temps-ci en terme de nouvelles releases et honnêtement peu importe à quel point j’peux commencer à trouver que certains des albums correspondant à ces trois catégories réussissent à me convaincre assez fort pour que j’analyse leur potentiel en m’étalant sur les détails à en plus finir (si vous écoutez mon show, vous l’savez en masse; j’suis obsédée et vraiment pointilleuse) j’suis contente en sale quand j’finis par me ramasser sur des albums qui abordent des sous-styles qui sont moins dans le spotlight depuis Janvier. BOVINE, c’est une formation de Birmingham (UK) qui a été emmenée sous mon oeil scrutateur par Scott Alisoglu de Clawhammer PR plus principalement. Il m’a convaincue de porter attention à ce que je considérais au début être un espèce de post-rock assez plate et prétentieux merci. En ce sens, vous allez facilement vous imaginer ma surprise quand, suivant son conseil, je suis allée me claquer leur 2e promo track  »Thank Fuck I Ain’t You », et que j’ai découvert un espèce de version réinventée du grunge des plus primitifs des années 90 qui est tout simplement plus renversant et ahurissant que le ALICE IN CHAINS moderne que j’ai pu entendre et apprécier sur  »Black Gives Way to Blue ». L’énergie qui émane de chacune des tracks de l’album me fait aussi penser à ce que j’apprécie particulièrement de  »Bleach » de NIRVANA; le frontman s’époumonne comme un damné autant qu’il sait s’armer d’un sens de la mélodie expérimentale mais absolument spot-on. Le drummer est en psychose totale en vargant sur son kit comme s’il jouait du death metal mais en prêtant son agressivité au contexte, harmonieusement. Notez que cet album-là est releasé par FDA Rekotz, label qui back habituellement du death metal oldschool totalement dépourvu du sens des compromis (en d’autres mots, si vous êtes un accro du DM, vous devriez savoir que cette compagnie va vous rendre muets comme des carpes à force de vous faire découvrir du stock de malade que vous connaissiez pas avant qu’ils se fassent signer par eux). C’est pas rare que je donne des 10/10 au matos promotionnel qu’ils m’envoient, dans ma tête ils sont parmi l’élite des labels underground. BOVINE, c’est une preuve assez solide qui mérite ce rating et absolument rien de moins.

 

 

Flotsam and Jetsam – Ugly Noise

Étant pas totalement familière avec le vieux stock de F&J, j’me suis ramassée à écouter  »Ugly Noise » à travers un filtre assez clean slate merci; étant quelqu’un qui suit l’actualité et qui entend toutes les nouveautés à mesure qu’elles font surface sur Blabbermouth, je savais aussi que ces gars-là sont pas du tout obsédés avec l’idée folle de faire la même affaire pendant des années de temps en boudant leurs besoins créatifs, peu importe à quel point ceux-ci peuvent devenir loufoques et éloignés de leur style de base. Pour ceux qui l’savent pas, ces dudes-là sont un band de thrash de renommée qui ont déjà travaillé avec Jason Newsted. Quand j’ai entendu un preview de leur nouveau stock une coupe de semaines avant d’entendre l’album, je trouvais leur approche assez timide, sauf que j’avais un bon feeling que chacune des tracks aurait une identité unique au lieu d’être un espèce d’arrache-pied qui sonne comme la même toune garrochée dans ma face douze fois d’affilée. Là-dessus, j’avais pas tort – ils perdent pas leur côté thrash mais y intègrent des hooks catchy et accessibles. Jusque là, ça sonne comme un cauchemar des plus merdiques mais attention; c’est le genre de hooks qui sonnent années 80 en masse. Le desesperado dans la voix du chanteur est absolument sincère et charismatique mais il essaye pas d’emmener une vibe Beauty & The Beast – il réussit plutôt à avoir un vocal plus on-the-dial que Chuck Billy par example, et parlant de ça, les tounes mid-tempo qu’on a ici font très TESTAMENT. La production est un peu dans le même style que leur vieux stock, étant assez thin et airy, mais ici c’est une maudite bonne affaire, ça se prête au contexte un peu libertin du songwriting. Pratiquement la moitié de l’album nous garroche des tounes qui sont assez débiles pour être considérées comme des gros hits; la deuxième partie devient un peu worn out et gossante à écouter vu que le mood des lyrics et la musique semblent pas fitter ensemble et la note est visiblement plus forcée. L’authenticité des premières tracks est telle que si l’album au complet était aussi bon que le début l’est, ça s’aurait mérité un beau gros dix, mais je reste sur le 7.5 ici. Cet album-là a une grosse valeur pour moi sur le plan personnel et ça risque d’être pareil pour ceux qui aiment le thrash mélodique fâché et sombre à souhait, mais techniquement, je l’aurais raccourci pour assurer une efficacité qui se plante pas face la première sur le ciment à mi-chemin.

 


Memory Garden – Doomain

Comme j’disais plus tôt cette semaine sur mes heures de travail en me promenant sur Face de Book pendant mes petits breaks entre mes listening sessions matinales, c’est fou à quel point CANDLEMASS s’est cassé la gueule solide avec leur dernier album (presumably leur espèce de swansong). J’ai pas du tout catché leur intention avec le feel ou la direction du songwriting sur ce CD et je suis tout de même encore et toujours adepte de  »Death Magic Doom ».  »DmD », c’est un album qui m’a fait commencer à apprécier ce qu’on appelle communément le Epic Doom Metal et ceci est la raison qui explique pourquoi j’ai commencé à adopter CANDLEMASS et à me claquer cet album-là un bon quinze fois par mois dans ma début-vingtaine. Le fait qu’ils aient quitté la scène sur une note plus fétide m’a carrément déçue et surprise. N’empêche que y’a moyen de se consoler; MEMORY GARDEN nous arrivent sur Metal Blade avec  »Doomain », qui prouve de façon draconienne qu’ils sont juste dix fois mieux que l’idée qu’on peut se faire d’eux à la première écoute de leurs promo tracks. Leurs riffs sont lugubres et cassants, leurs hooks sont du génie qui impressionerait probablement Tony Iommi, leurs mélodies donnent des frissons dans le cerveau, et leurs expérimentations sont toujours des maudites bonnes idées. Je m’explique sur ce dernier point; les projets scientifiques au coeur d’un style qui se prête pas vraiment aux tournures de songwriting bizarres, c’est souvent hit and miss et surtout honnêtement loin d’être nécessaire, mais sur un album comme  »Doomain », les gars ont un sixième sens – ils détectent pratiquement toujours ce que la personne qui écoute veut entendre à mesure que l’album avance. L’élégance de leur approche est tellement notable et expérimentée que c’est facile de dire que ces gars-là sont le signe principal que ce style-là est pas en train d’étouffer cette année, enfoui en dessous des soundtracks de laboratoire prog qui ont le don de remplir l’espace de stockage de ma inbox de manière presque surreal dernièrement.

 

 

En gros, je suis satisfaite de ma semaine; ces trois albums-là vont marquer tout le monde sans exception. Si vous prétendez vous en sacrer complètement c’est que vous avez mal écouté.

Pour entendre des extraits, branchez-vous sur mon show,  »C.R.O.C. Underground Metal », que ce soit directement sur Ondes Chocs, ou en téléchargeant en suivant mon lien Podomatic cette semaine.

-Noch

La Décapiteuse # 6

 Décapiteuse Marryah Noch

La Décapiteuse # 6

Qu’on se le cache pas – peu importe le sous-style abordé de bord en bord sur un album (même si ça s’adonne à être du progressif avec une âme d’une puissance capable d’arracher la tête à n’importe quel sceptique, ou du death métal assez morne pour être la meilleure soundtrack à traîner par une journée hivernale dégueulassement frette comme les dernières que le Québec a enduré au coeur de ce touchant faux début de printemps auquel on a eu droit cette année) si les ingrédients de la recette sont mal dosés, on se retrouve avec le genre de CD qu’il est particulièrement tricky de pas vouloir garrocher au bout de nos bras. Aussi, certains sous-styles fittent pas ensemble, et par souci d’expérimentation (ou encore d’adhération un peu trop automatique aux modes courantes) certains bands insistent pour mettre de l’eau dans leur vin et le résultat est loin d’être avantageux. J’entends beaucoup de stock récemment qui est ruiné par cette caractéristique en particulier – pas besoin de faire des courbettes quand t’as un bon son. Comme y disent, parfois,  »less is more ».

Les bands qui ont le plus d’impact sont ceux qui restent fidèles à leurs influences et à leurs racines – j’ai eu l’honneur de jaser de ça avec nul autre que Tony Dolan (The Demolition Man) au courant de la semaine passée. Si vous savez pas, ce gars-là est dans MPIRE OF EVIL (VENOM ré-inventé, rien de moins). C’pas pour rien que des bands légendaires comme eux refont surface et sonnent comme exactement les mêmes dudes qu’au début de leur carrière, au lieu de se cacher sous une façade mainstream cernable par touts les connaisseurs. Ceci dit, surveillez la sortie de  »Crucified », leur petit nouveau, le 7 Mai. C’pas mal le meilleur stock que j’ai entendu dans les sept derniers jours; et j’ai entendu une seule promo track,  »Taking it All », et c’est exactement ça que j’passerais mes journées à écouter comme type de métal pour me rafraîchir l’esprit et m’aérer la patience; c’est complètement dépourvu de prétention, et même la production est loin d’être surfaite. Si vous aimez ce que c’te gang-là nous emmène, vous comprenez exactement pourquoi du monde comme moi sont aussi mordus de musique. Écoutez-moi c’te vocal-là – on jurerait Lemmy. Si vous l’saviez pas déjà (faites vos devoirs, batince) leur premier album  »Hell to the Holy » est sorti le 26 Mars 2012 et c’était c’que j’appelle du oldschool thrash vraiment crass (dans mon monde, c’est un VRAI compliment) meets du heavy metal complètement enragé plus traditionnel avec une touche légèrement Texanne qui me donne l’impression que PANTERA c’est un des bands fétiches des gars. Ça s’entend assez facilement – si vous êtes toujours pas convaincus, laissez-moi vous promettre qu’en passant assez de temps avec l’album, vous allez entendre même du fucking BLUES (parce que oui, c’est possible d’intégrer cette approche à du métal violent; si vous connaissez votre affaire anyway, vous savez que trop bien que le métal ça aurait jamais existé si le blues avait pas autant pogné back in the day). J’espère assez vivement que tous ces éléments vont clairement refaire surface sur  »Crucified » – jusqu’à date j’me fais dire par Tony que ça va être brutal, presque plus que Hell to the Holy, à en juger par son enthousiasme assez énergisant merci. Les tounes brutales sur l’album d’avant le sont vraiment beaucoup – ça va être assez dur à topper en terme d’agressivité complètement incontrôlée. Ceci dit, MPIRE OF EVIL a le don pour créer des riffs mémorables, et des mélodies complètement macabres qui sont tellement badass que j’dois dire que j’espère en savourer un peu plus parmi les tounes plus thrash qu’ils promettent de nous servir. Voici « Hellspawn » de leur 1er album.

 

 

Parlant de blues, y’a moyen de faire fusionner ça avec une touche de jazz et avoir comme résultat un espèce d’album de hard rock « on steroids » qui fait penser un peu à c’qui serait arrivé si Santana et, disons, ZEPPELIN ou DEEP PURPLE avaient décidé de se réunir dans un petit chalet perdu dans le fin fond des fin fonds pour jammer pendant une coupe de semaines en enregistrant pas mal tout sans se soucier de remixer ou remasteriser comme des obsédés complètement finis. Si vous surveillez pas mal la scène rock and roll ces temps-ci, vous savez que des albums de même, y’en sort de plus en plus – c’est une esti de belle vague celle-là. CLUTCH sont rendus sur cette avenue-là avec  »Earth Rocker », un de mes albums fétiches de 2013 qui va sûrement être dans mon top 10 en fin d’année. PINNICK GALES PRIDGEN ont fait surface sur Magna Carta avec un blues plus accessible mais quand même assez entraînant par bout, ce qui a probablement fait de leur Self-Titled, une certaine inspiration pour des nouveaux bands qui se ramassent sur mon radar de plus en plus souvent dernièrement – honnêtement, quand j’pense à CLUTCH et  PINNICK GALES PRIDGEN, j’ai pas mal de misère à pas avoir l’impression que DOUBLE TREAT sont accros à ces deux albums. Ça vous donne une assez bonne idée à quoi vous attendre en vous claquant leur prochaine release sur Sleaszy Rider Records,  »Wander Thirst ». Je vous avoue qu’à partir de la première toune j’étais pas nécessairement vendue – c’est un CD qui doit être écouté d’un bout à l’autre, comme si c’était un film, pour être vraiment  »catché » par la personne qui écoute. Le format est un road rock assez safe et flat en commençant mais ça devient un espèce de blues vs. jazz facedown assez rapidos – plusieurs guest guitarists (incluant celui d’ACID DEATH qui est, soit dit en passant, un band grec dont pas assez de monde connaissent l’existence, dig it up) s’échangent le spotlight ici pour forger un album auquel je risque d’être accro tout l’été. J’avais mauditement hâte de découvrir un projet qui me donne l’impression d’être tombée pile dans une vibe 70s qui relève autre chose qu’un vintage doom macabre ou du progressif – je m’attendais pas à ça mais ces gars-là m’apportent le morceau manquant du puzzle avec la touche Santana que j’attendais et faut se le dire, ce dernier est pas tellement impliqué dans le rock and roll ces temps-ci mais encourage surtout la pop; y’a moyen de se consoler avec DOUBLE TREAT qui réussissent à invoquer sa vibe dans un contexte pas mal plus intéressant à écouter.

 

 

Dans un tout autre ordre de pensée, j’ai été surprise en sale quand j’me suis claquée  »Cube 3 », de SUPURATION. Listenable Records ont le don d’endosser des bands qui osent pousser le vice en terme de son obscur et profondément inaccessible et EXTRÊMEMENT propice à une digestion progressive plutôt qu’instantanée chez ceux qui se sentent assez aventuriers et ouvert d’esprit pour écouter avec un enthousiasme assez geeky merci. La bio du band me dit qu’ils sont du genre à se faire discrets sur de longues périodes entre chaque album et disons que c’est assez comprenable – l’album au complet est plus que progressif – la complexité à laquelle j’ai eu droit en écoutant, c’est du stock d’une rareté frappante, même avec la trolée de bands de prog qui ont fait surface tout l’hiver. Ce qui me gosse un peu, je l’ai résumé assez amplement sur ma page Facebook tout de suite après avoir tenté fortement d’apprécier l’approche – tentative qui m’a échappé en bout de ligne, j’ai vraiment pas réussi à accrocher autant que je l’aurais voulu.

 »Mettons que j’réalise que j’aime pas mal plus les albums qui dénombrent un paquet de tounes complexes qui contiennent environ 80 revirements de songwriting structure versus une approche qui privilégie la répétition méditative d’une même part au coeur d’un ramassis de riffs assez mathématiques pour faire badtripper un prof d’algèbre. Pas grave si une toune est méconnaissable rendue aux 2 dernières minutes de sa durée totale de 8 minutes; au moins on a droit à du rebondissement. Un zone-out total au coeur d’un paysage déjà abstrait et plus toff à digérer, ça rend un album, qui aurait pu être phénoménal, assez monotone et platonique. Dommage, le nouveau SUPURATION, j’aurais aimé ça embarquer dedans un peu plus. Next time maybe. »

Je pense pas que y’a moyen de mieux résumer  »Cube 3 » que par une longue phrase incrédule dans le genre. J’adore le prog – disons juste que faut savoir bien balancer les assets de ce style pour l’exécuter de façon mémorable. Voici « Consumate » tiré de « Cube 3 ».

 

 

J’suis un être assez abstrait (et parfois même dur à suivre, j’en conviens) avec des goûts très finement ciblés et j’suis difficile comme dix mais je pense qu’en critique musicale, c’est important d’être conciliant, et de savoir éviter de généraliser, et de se dire qu’at the end of the day, le cas par cas, c’est la seule manière objective de savoir analyser chacun des albums, bands, et sous-styles qui se présentent à nous, gens très choyés des médias. En ce sens, TOUS les styles sans exception ont des surprises à offrir, des jambettes à faire à ceux qui pensent qu’ils connaissent chacun des trilliards de bands qui font un type de métal en particulier. C’est impossible de tout connaître. Vous voulez en savoir plus sur mes analyses personnelles, mon regard sur l’univers du métal, et vous avez pas peur des opinions tranchantes?

Écoutez mon show tous les dimanches sur Ondes Chocs à 20h.

Noch

 

La Décapiteuse # 5

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La Décapiteuse # 5

On se le cachera pas – l’ère moderne au sein de la scène métal mondiale, que ce soit au niveau underground ou mainstream, est aussi victime de hypes, et également d’overhypes. Ma définition d’une mode qui pogne trop (même dans le contexte d’une scène dont je fais partie avec beaucoup de fierté et avec un sentiment d’appartenance tout naturel) c’est quand un sous-style de métal en particulier apporte des caractéristiques à un son pour le rendre plus accessible au grand public, au grand détriment de sa crédibilité et de son efficacité. Des modes plus ou moins viables (et aussi assez modérément nécessaires) ont pris le dessus au courant des dernières années, et c’est un phénomène assez facile à observer quand t’es le genre de personne qui se claque des centaines d’albums par année. Y’a eu la vague folk y’a un bout de temps, suivie de près par la grosse trolée de bands qui se disent  »pirates » ou  »viking ». Certains ont réussi à intégrer de la flûte, de la cuillère, du maracas, et de la mandoline à leur album sans ruiner leur identité métal (i.e. ELUVEITIE), d’autres ont succombé à l’aspect cheesy dicté par le courant populaire et ont fini par cracher du stock qui sonne à peu près aussi heavy qu’un album de swing (i.e. ALESTORM). Ensuite, in comes the thrash revival. Un peu plus tard, on a eu droit à un très émouvant retour en arrière avec la réapparition du vintage rock et l’appréciation un peu plus marquée du public face au psyrock et au doom (cette phase était pas mal ma préférée et a duré jusqu’à début 2013). Cette année, le prog fait virer tout le monde à motié fou, et j’avoue que j’embarque quand même dans le bateau et je trouve qu’il y a quelque chose d’intéressant à voir. J’ai par contre un mauvais feeling pour la trend qui vit en parallèle complet avec l’univers du métal mathématique au même moment – dans une dimension éloignée, mais dont l’existence est assez flagrante pour exaspérer les oldschoolers comme moi qui apprécient un musicianship qui a de la substance – le fucking metalcore et la manière dont trop de types de bands (death metal en passant par le thrash jusqu’au hardcore) intègrent les tough guy breakdowns dans leur approche de manière étouffante, voire risible. Honnêtement, le trip Trolls Dansants me gossait pas mal moins et les raisons sont assez comprenables.

 

BEYOND THE SHOREGhost Watcher

J’ai récemment eu l’heureuse occase toute particulière d’entendre Alex Webster tergiverser sur son point de vue concernant l’approche moderne à l’enregistrement et la production d’albums métal.  »Si t’écoutes un album rock ou heavy metal des années 80, peu importe t’es qui, tu vas te rendre compte assez vite que c’est facile d’entendre les erreurs (i.e. cues manquées, notes qui sonnent faux, vocals pas tout à fait au niveau, etc.), » affirme-t-il, et ce qu’il faisait ressortir avec ce statement aussi, c’est que dans le temps, la musique sonnait comme un band qui pratique dans son petit local, avec la vibe un peu dirty et oldschool qui y règne, faisant ressortir la chimie du band, ou, dans certains cas, son manque assez marqué de talent – c’était un traitement qui définissait l’enregistrement en studio, pour le meilleur, et pour le pire, back in the day. Y’avait pas de Pro Tools. Les producteurs (jusqu’à temps que des têtes de linotte comme Bob Rock rentrent dans le décor – je sais que y’en a d’autres qui privilégient une approche plus clean et pop, mais je mentionne ce gars-là parce que beaucoup vont mieux saisir mon point de vue avec un example connu) insistaient pas pour que le band utilise des click tracks, des autotuners, des FX qui brouillent pratiquement les pistes des riffs sur lesquels les guitaristes ont travaillé fort (mais qui finissent par sonner comme un espèce de blender futuriste à cause d’une production qui abuse le treble)… tout ça, ça existait pas, dans le temps.  »De nos jours, les bands se donnent des cheveux blancs à force d’essayer de corriger toutes les erreurs entendues sur leurs maquettes, et à un certain degré, c’est eux qui s’imaginent des affaires, parce que souvent, tout sonne assez bien sans que y’ait un besoin d’aller faire de l’editing presque sadique, » ajoute-il, un sourire en coin, affirmant lui-même être un perfectionniste pratiquement insomniaque. N’empêche qu’en soutenant qu’aujourd’hui, c’est particulièrement difficile d’entendre un album qui sonne pas complètement synthétique et artificiel quand tu plonges dans certains sous-styles qui ont l’air d’être principalement caractérisés par l’abus total de whipped cream en studio, il est loin de mâcher ses mots et d’avoir tort. L’album « Ghost Watcher » de BEYOND THE SHORE, par example, aurait pu être un phénomène hardcore presque potable si c’était pas du fait que l’ordeal au complet sonne comme le genre de CD qui a été écrit par un band qui s’est dit  »même si l’effet de nos compos est pas tellement viable quand on l’entend sur notre petit démo enregistré dans le garage, un coup rendus en studio, on va entendre la différence – avec 67 000 touch-ups de notre producteur, même nos half-riffs et nos 60 breakdowns par toune vont sonner comme du matos pertinent, et tout le monde va se garrocher pour acheter ça chez Archambault. » C’est vraiment dommage – surtout que ledit album est endossé par Brian Slagel de Metal Blade qui a sûrement backé ce band-là en se disant qu’ils auront un succès commercial de fou et je suis convaincue qu’il a raison. Néanmoins, c’est exactement le genre de son que j’espère entendre le moins possible dans une semaine vu que ça me donne une réaction allergique qui a tendance à durer 6 mois. Ces gars-là veulent être UNEARTH mais sont pas sortis du bois encore – ils auraient déjà un meilleur street cred avec des mélodies à peu près aussi efficaces et moins d’emphase sur leur approche DJ Lethal qui me donne l’image mentale d’une gang de trend huggers qui font du breakdancing dans un parc de skateux. Très peu pour moi, désolée.

 

 

THY ART IS MURDERHate

L’Australie marque habituellement pas mal de points en terme de consistence. C’est assez rare que j’entend du stock venant du pays (le plus under-rated en terme de bons vins, selon moi – essayez le Notting Hill si vous catchez pas de quoi je parle, c’est une perle) qui sonne faux, ou pas assez appliqué. Un peu avant qu’ils se fassent signer sur Nuclear Blast Entertainment, j’ai pu entendre et apprécier l’approche extrêmement tranchante de THY ART IS MURDER. En fait, je l’ai assez appréciée pour avoir envie de leur offrir un deal sur Mulligore, le label pour lequel je bosse et dont je suis co-propriétaire avec mon Beau, mais peu de temps après y avoir pensé, j’ai vu que Nuke Blast avaient fait leurs devoirs et avaient vu leur potentiel avec une longueur d’avance. Ceci dit, le label m’a envoyé leur album directement, vers la fin du mois passé, et j’ai été assez ouvertement déçue. Make no mistake, leur son est colossal – avec le volume au fond, c’est assez facile d’avoir le goût de dire un cossin du genre  »bordel que ça choppe » en entendant la prod totalement on-the-dial qu’on a ici; le drum sonne comme une machine de guerre, on entend tous les riffs à merveille (même qu’ils sont assez cassants) et le tout est crystal clear, mais d’une manière bien sondée pour le style présenté, qui correspond à du brutal death avec une touche mélodique. Jusqu’ici, tout va bien – jusqu’au moment ou ça devient assez absurdement facile de mettre le doigt sur le Modus Operandi répétitif et méchanique de l’évolution des compositions. Tous les paris sont axés sur les élément suivants: une suite de breakdowns qui vont à l’encontre de toute impression de structure concrète dans chacune des tounes, du hyperblast qui est assez constant pour devenir redondant et innoffensif, du hypershred qui étouffe complètement l’épanouissement des riffs et des grooves de la rhythm section, et la soudaine apparition de certains licks et solos plus techniques et recherchés, présentant occasionellement une twist mélodique assez efficace pour être une maigre consolation qui compense un peu pour l’énumération un peu décourageante que j’viens de déblatérer. Inutile de vous dire que je m’attendais à du stock de qualité qui casse tout – j’peux affirmer que ma patience est la seule chose qui est un peu brisée suite à l’écoute du dit album. J’espère avoir droit à un coup de poing dans la face plus concis la prochaine fois parce que c’est clair que ces gars-là sont en train d’explorer leur propre approche et de gauger les proportions de leur zone de tir.

 

 

Sur une note un peu plus légère et encourageante, si vous voulez un example assez pertinent d’un band qui sait intégrer des breakdowns aux bonnes places et faire de cet élément un avantage marqué plutôt qu’un handicap axé sur la mode dernier cri dictée par les poodles qui contrôlent la scène commerciale et mainstream, écoutez « Leading the Blind« , de YEARS OF TYRANTS, qui sort sur Kaotoxin (un excellent label de death métal Français) prochainement. Ces gars-là ont pas peur d’avouer qu’ils sont influencés par le deathcore *un peu*, mais leur approche est assez technique, et leurs mélodies sont efficacement mélancoliques. C’est assez ahurissant d’entendre un album qui fait penser à un mélange des meilleurs aspects de NECROPHAGIST, BRAIN DRILL, WHITECHAPEL, et HATEBREED du même coup. J’appelle ça de la créativité qui peut se permettre d’avoir un certain tantinet d’influence des modes courantes puisqu’elle n’en abuse pas de manière déraisonnable.

 

 

Pour savoir exactement de quoi je parle, y’a pas meilleur moyen que de se brancher à mon show hebdomadaire,  »C.R.O.C. Underground Metal ». Suivez-moi sur Facebook pour suivre toutes mes updates en direct.

 

Noch

La Décapiteuse # 4

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La Décapiteuse # 4

 

Pour moi, prendre un break du travail pendant une semaine et demi, c’est pas évident. J’avoue avec une certaine fierté être une workaholic; j’adore passer un temps fou à analyser toute la musique que je reçois de mes confrères des médias. Me séparer de ma job pendant un 48 heures (et plus) est pour moi un défi de taille assez difficile à relever. Y’avait pas de Décapiteuse la semaine passée – et c’est pas parce que ma tête était pas à la rédac’. J’ai passé un temps à pas avoir de net chez nous, ce qui rendait ma documentation de l’actualité métal (ainsi que mon repêchage de copies promos d’albums qui sortent bientôt) complètement impossible – j’étais devant un beau gros barrage qui ruinait ma productivité habituelle et ça me frustrait de façon quasi-obsessive. C’est avec un long soupir de soulagement que j’ai fini par pouvoir me replacer les flûtes et revenir sur le réseau mardi passé en fin de journée, en me garrochant immédiatement dans un multi-tasking appliqué pour Mulligore Production. Néanmoins, pendant le temps que j’aurais pu me réserver pour savourer des vacances imprévues, j’ai décidé de rester fidèle à mes patterns en tâchant de me créer des horaires de travail autour du contenu promotionnel que j’avais déjà sur mon hard disk, ce qui me promettait un bon nombre d’heures d’écoute d’albums organisées en petites portions au cours de mes journées – j’ai entendu certains albums assez durs sur le système digestif, et d’autres qui ont donné une douce et gentille volée (eh oui, encore – c’est pratiquement le thème de l’année cette histoire-là) à ma vieille définition du progressif (quelque chose dans le style  »on dirait un exam de maths avec un live band dans le fond de la classe »). Toutefois, y’a plusieurs types de progressif, ce qui nous présente une nouvelle opportunité d’inventer des termes pour de nouveaux sous-styles parmi la liste qui finit déjà pas. Progressif Accessible/Commercial, Progressif Mélodique, Progressif Abstrait. Des labelling, y’en fleurit mille et une sortes depuis que l’année s’est entamée. Vous êtes pas sûr de catcher de quoi je parle? Attendez deux minutes.

 

RADIANCE – « Undying Diabolyca » (MY KINGDOM MUSIC)

C’est avec une joie que j’ai fortement mise en surbrillance au courant de la semaine passée sur ma page Facebook, que j’ai constaté que la famille MY KINGDOM MUSIC accueille du bon black epic que j’endosse depuis extrêmement longtemps sur leur label (avec l’addition de REVELATION’S HAMMER sur leur roster). En piquant une jasette enthousiaste avec le propriétaire de ce label underground qui fait converser les connaisseurs un peu partout dans la sphère du journalisme métal, on a fini par tomber sur le sujet de la distribution d’albums aux promoteurs sur Haulix, et j’ai reçu des accès pour jeter un oeil au stock qui sortira prochainement sur le label. Ceci dit, même en étant fan de ce que ce label entreprennent de façon globale, je dois dire que j’ai pas arrivé à accrocher au Modus Operandi d’une de leurs prochaines releases. La description sur le Haulix m’a communiqué un certain engouement de taille assez draconienne en comparant l’approche de RADIANCE à un pattern qui en apprend largement des gars de CRIMSON GLORY, que je respecte fortement, en ajoutant à ceci des influences évidentes provenant de RUSH et, attachez vos tuques parce que ça va saigner – CYNIC. Ledit band, pour ceux qui le savent pas, font du progressif assez méditatif, spirituel, et uplifting, et ça, c’est pas le bag de tout le monde. Personnellement je catche pas le kick, même si je reconnais que ça prend de la colonne et un musicianship désarçonnant pour parvenir à mettre dix tounes de ce style sur *un* album sans se claquer un burn-out mental total – surtout que dans plus de cas qu’autrement, ces tounes qui me font radicalement penser à des formules algébriques scientifiques et badtrippantes à souhait durent proche de dix minutes chacune. RADIANCE démontrent toutes ces caractéristiques de façon qui semble assez surnaturellement smooth sur l’album qu’on a ici. Écoutez « Towards doom/Another way« .

 

 

En d’autres mots, si vous tripez CYNIC et considérez Masvidal comme un dieu, vous êtes à la bonne adresse. Sinon, si j’étais vous, je me pencherais sur un autre type d’approche au progressif pour vous habituer au style sans vous faire des idées plates ou des généralismes; si ceci est pas votre tasse de thé, c’est pas vrai que vous pouvez pas triper sur le reste de cette région de la scène, parce que comme je soulignais au début, y’a plusieurs types de prog. Le glamour flamboyant et un peu World Music de RADIANCE, c’est une chose (j’embarque pas pour une raison assez claire: en cherchant des hooks auxquels m’accrocher dans l’océan d’expérimentation introvertie que présente leur son, je me suis rivée le nez assez longtemps pour commencer à trouver le temps long, malgré la qualité irréfutable du musicianship et l’enthousiasme palpable émanant de chacune des tounes); se claquer du SOILWORK, du DGM, ou du CHOSEN, ça en est trois autres. Je m’étends là-dessus.

 

DGM –  »Momentum » (SCARLET RECORDS)

Y’a pas meilleur moyen, dans le contexte Actualité En Direct de mes chroniques, de vous faire comprendre ce que j’veux dire par Progressif Accessible qu’une référence détaillée à l’approche de DGM. Leur nouvel album « Momentum » est abstrait; y’a pas à dire, il dénombre des tracks qui ont dû être du sport à composer, et le keyboardist, suivant la tradition implantée par des bands carrément power metal et speed metal avant que le prog emprunte l’élément et se l’approprie, se la joue lead guitarist en faisant des solos électroniques et synthétiques mais tellement décoiffants, rapides, et intricate, que c’est dur de pas les aimer – c’est un peu saoulant par bouts, mais tout de même très impressionnant et ça rend quelqu’un accro assez vite à mesure que l’album s’épanouit. Ce que je trouve radicalement appréciable ici, surtout, c’est le fait que j’entends des hooks même au coeur des passages les plus cosmiques de toutes les tracks sur cet album en particulier (j’ai pas entendu le reste du matos de ces gars-là encore mais ça tardera sûrement pas bien plus longtemps). Les refrains pourraient être appliqués à un style plus rock commercial mais apportent une touche émotive assez recherchée, et le message des paroles est bien traduit par le musicianship, qui incorpore des mélodies accrocheuses à la recette prog qui me fait penser autant au nouveau SOILWORK qu’à, disons, « Dark Matter Dimensions » de SCAR SYMMETRY. Le chanteur, par bouts, sonne comme Todd La Torre (eh, oui, je suis vendue à sa version de QUEENSRYCHE et ça changera pas demain) et j’me suis même retrouvée sur la pensée que « Momentum » rend l’attente pour le prochain QR plus facile à endurer dans un sens que vous allez réussir à déchiffrer seulement en vous claquant le stock (parce que je sais que vous savez pas comment j’fais pour entendre du ‘RYCHE sur un album de DGM – avant de m’enterrer de questions, écoutez  »Reason », toujours au moins, et allez voir les samples du prochain QR Team Todd). Satisfaits?

 

 

CHOSEN –  »Resolution » (Indépendant)

J’en parle de plus en plus souvent – Asher Media Relations est une compagnie de promotion basée à Montréal qui me donne des frissons dans l’dos ces temps-ci. Ils ont le don de ramasser des bands Canadiens qui me font constamment ré-écrire mes impressions sur la scène du pays d’un ton de plus en plus fier et ambitieux avec chaque mois qui passe en m’introduisant à des bands qui refusent catégoriquement de céder leur place en termes de formules et approches à peu près aussi remarquables qu’un tremblement de terre qui fait crouler dix villes en même temps. Je pense particulièrement à CHARIOTS OF THE GODS, MORTOR, EDGE OF ATTACK – j’en passe. C’est alors avec un sourire confiant en coin que j’ai approché « Resolution« , de la formation CHOSEN (Bon, ils sont irlandais mais ils ont séjourné à Vancouver pendant un an ce qui les a fait connaître et entrer dans le roster de Asher Media – NDLR). J’ai un intérêt assez limité pour MESHUGGAH, mais j’étais (et serai toujours, malgré le fait que le band est enterré, peu importe ce que Warrell Dane peut dire sur la question vu que sans Loomis, c’est loin d’être le real deal) une fan mordue de NEVERMORE. La press release que j’avais devant les yeux avant de faire gracieusement exploser les speakers du studio me dévoilait que le son de cet album faisait pas mal penser à un mélange bien tissé d’influences provenant de ces deux groupes. Pour être honnête, je suis pas entièrement d’accord avec la référence à MESHUGGAH – je penche plus vers NEVERMORE (c’est vrai que les riffs sonnent Jeff pas à peu près) avec un type de structures de tounes qui sort tout droit des techniques d’écriture de la lignée Ron Jarzombek. Cet album est d’une créativité époustouflante (parfois même un tantinet essouflante, mais ça vaut le coup d’endurer certains zoneouts présentés ici pour mieux apprécier les peaks de renom qui sauvent les meubles assez rapidement pour rendre l’album concis et efficace). La touche KATATONIA de la palette de gris que ce band utilise pour peindre leur big picture est assez évidente aussi dans les moments les plus mélancholiques (et, soit dit en passant, toujours placés stratégiquement dans les labyrinthes cosmiques que représentent la structure de chacune des complexes pièces) est facile à remarquer. La seule chose que je déplore est que chacune des pièces tente d’incorporer tellement de variations de patterns qu’il est parfois difficile de digérer le tout (less is more, comme on dit parfois) mais overall, cet album est essentiel à la collection d’un Prog Maniac et pour faire court, c’est du solide malgré les petites imperfections. Regardez un petit vidéo promotionnel.

 

 

Si vous voulez m’entendre élaborer un peu plus sur le stock promo que je reçois, écoutez mon show  »C.R.O.C. Underground Metal » tous les dimanches 19h sur Ondes Chocs.

-Noch
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La Décapiteuse # 3

La Décapiteuse

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par Noch

 

Mettons que ma semaine est définie par un concept qui rend le rating compulsif d’albums assez délicat à faire sans constamment revenir sur mes décisions. Deux mots: opinion partagée. You know, quand t’écoutes un album que tu trouves complètement abasourdissant pour l’espace de cinq tounes mais que les cinq autres ont l’air de provenir tout droit de nulle part et ont juste pas leur place sur l’album, et qu’en bout de ligne tu finis par passer pas mal de temps à tourner et retourner ta dernière session d’écoute dans ta tête, à regarder tous les angles de c’que t’as aimé et détesté de l’heure qui vient de passer pis que finalement tu réussis pas du tout à te décider entre un 6.5 sur 10 ou le 3 sur 10 un peu trop subjectif que ton keyboard te supplie d’entrer dans ta banque de données infernale (i.e. liste d’albums à écouter qui fait environ 7 pages). C’est un aspect de l’analyse musicale qui rend l’importance d’être un journaliste qui s’affirme (et qui a une espèce de tête dure d’la mort) une qualité d’une importance tout à fait suprême. J’ai entendu neuf albums en l’espace de cinq jours, et y’en a un seul dans toute la liste qui représentait exactement l’idée que j’me faisais de mon dernier verdict: « Unborn« , de SIX FEET UNDER.

J’vais donc commencer en expliquant exactement pourquoi avant de me claquer l’album, je savais que l’idée de le releaser aussi rapidement (environ un an après la sortie de « Undead » seulement) était loin d’être productive pour Barnes et son line-up, aussi pertinent et prometteur soit-il. Qu’on se le tienne pour dit, Chris est un homme rudement tenace. Ça, je lui accorde. Pour qu’il se soit esclaffé devant les yeux des critiques en se fouttant complètement de leurs commentaires sur ses horrifiants albums de covers qui avaient l’air d’être devenu le seul et tristement ultime but de l’existence de SIX FEET UNDER pendant un trop long bout de temps – fallait qu’il soit particulièrement insensible, tenace, et fort. Ce gars-là porte une veste pare-balles sept jours sur sept et j’admire sa solidité d’esprit. « Undead » est un retour aux sources qui donne pas sa place – chacune des tracks de l’album est remplie de hooks, de riffs mémorables, et la structure de l’approche du band au complet est vraiment très dynamique d’un bout à l’autre du CD. J’dois avouer que je m’attendais à détester même la version revampée de SIX FEET UNDER tout simplement parce que j’avais arrêté de croire que Barnes aurait la tête complètement froide et aurait une approche sérieuse et forward-thinking avec son nouveau stock – ceci dit, je me suis ramassée à écrire une chronique sur « Undead« , d’un enthousiasme étourdissant et qui rentre dans les détails les plus petty de l’excellence de cet album (que j’ai écrite pour Teeth of the Divine) et j’ai même jasé de Barnes  dans un court article rédigé pour le magazine Le Backstage, anciennement distribué à Sherbrooke et dans les environs de l’Estrie et la Montérégie. C’est donc avec un arrière-goût amer comme souvenir de ma fin d’avant-midi passée à me claquer son petit dernier que je me dois d’être tout à fait honnête: « Unborn » n’est pas un album qui aurait dû voir le jour, en tout cas, pas à l’intérieur de ce court délai complètement étouffant. C’est assez ridiculement simple de remarquer que la grosse majorité du matériel qu’on retrouve ici est du stock recyclé qui a passé un temps à prendre la poussière dans le coin d’un tiroir de bureau. Je vais m’étendre sur la question un brin: les riffs sur cet album ne sont pas travaillés du tout. Le feeling est absent même des licks complètement assommants qui se multiplient à travers chaque pièce qui manque radicalement de pep (i.e. huit tracks sur onze semblent tout à fait non nécessaires). L’impression que la totalité des compositions a été assez vulgairement assemblée à la course…c’est jamais une affaire qui passe inaperçue, surtout quand ça passe par les oreilles d’une fille comme moi qui entend BEAUCOUP d’albums de death metal de touts les types sur une base très fidèlement régulière. L’approche vocale de Barnes est monotone à souhait – j’avais passé une sublime année complète à penser qu’il avait vraiment retravaillé son attaque, mais voici que je me rends compte qu’il laisse un travail à moitié fait voir le jour sur un gros label comme Metal Blade sans même le peaufiner ou prendre le temps de l’étoffer. Je trouve ça ahurissant et tout à fait dommage; ce band-là m’avait prouvé avec « Undead » qu’il était entièrement capable d’avoir un bon produit – ça aurait valu la peine qu’un peu plus de considération ait été apportée à l’importance de prendre le temps de rendre leur stock crédible avant de se dépêcher pour le lancer dans la foule qui, soit dit en passant, s’attendait probablement, autant que moi, à un album adorablement dément de leur part. (Vous pouvez également lire la revue de Maxime en cliquant ce lien)

 

Malgré cette déception (plus ou moins secouante vu que je la voyais venir, mais qui m’a quand même laissée un tantinet déconfite), j’ai quand même découvert une belle grosse gang de bands cette semaine qui donnent pas leur place et disons que les approches que j’ai entendues sont assez sauvagement variées. Si vous connaissez pas le label Pavement Entertainment, pensez un peu aux débuts de KREATOR – ce label bossait pour eux voilà quelques lunes, bien avant qu’ils déménagent sous le colossal toit de Nuclear Blast. Ceci est un seul de la tonne de gros noms qui sont mentionnés dans les médias et associés à cette compagnie. Quelque chose me dit que y’est temps que j’fasse mes devoirs et que j’garde un oeil sérieusement attentif braqué dans leur direction. FLESHGOD APOCALYPSE (dont je suis une fan finie) ont aussi fait leur trolée de pub pour les Italiens de THE MODERN AGE SLAVERY depuis quelques semaines et ça avait piqué ma curiosité assez royalement merci – n’empêche qu’à travers le flux de travail que je me tape dans une semaine, j’avais oublié de checker leur stock jusqu’à ce que Pavement Entertainment me shippe leur prochain album, « Requiem for Us All« . Croyez-moi, j’ai eu droit à une méchante expérience badtrippante en me tapant ce CD; ces gars-là concoctent un mélange de brutal death, deathcore, death metal mélodique, et même technical death avec des touches progressives, sans une seule fois s’étourdir ou se perdre dans une espèce de brume fatale dont personne sort vivant. Vous allez vous dire que ça sonne comme un band qui pète plus haut que le trou; j’vous renchérirai que vous avez l’esprit fermé et que ces gars-là vont vous le prouver. Ils ont déjà eu un feedback immensément positif en faisant des shows avec des anciens de la scène tels que CANNIBAL CORPSE, et admettent eux-mêmes qu’observer le mode de travail et de pensée de leurs idoles lors de cette tournée, est un procédé qui les a aidés à préparer leur matériel pour « Requiem for Us All »; ils reconnaissent la valeur de toutes leurs expériences au sein du groupe et semblent enthousiastes à l’idée d’apprendre de leurs confrères et cette mentalité est assez malade; mettez ça en tandem avec à quel point ils sont réellement capables d’impressionner sur CD. Essayez de me dire qu’ils ont pas un futur vraiment rempli de rebondissements. Ces gars-là vont me faire tripper longtemps, I can feel it. Voici le lyric video du 2ème single du nouvel album.

 

 

 

Un autre band qui m’a laissée complètement muette dans ma surprise tout à fait sincère: les Danois, ILLNATH. J’étais pas tellement familière avec Pitch Black Records avant d’entendre leur première promo track provenant de « 4 Shades of Me« . J’avais déjà fait une chronique pour le dernier album de MARAUDER (qui sont, soit dit en passant, sur le même roster) et le type de power metal présenté m’avait généralement laissée de glace, malgré que j’ai eu guère le choix d’admettre que quelques pièces réussissaient à me convaincre quand même de la pertinence de leur statut d’influence un peu partout à travers la scene power metal mondiale. J’ai entendu cette semaine un autre album correspondant à ce même style, « The Yonder Answer » de la formation VALOR. J’ai eu exactement le même feeling qu’en me claquant le stock de MARAUDER – une pensée surgissant dans ma tête à la vitesse de l’éclair qui sonne assez proche de  »j’accroche pas pantoute – next ». Reste que, même en n’étant pas fanatique de ces deux bands et albums, loin de moi était l’idée de qualifier ce label d’impertinent – je suis pas généraliste à ce point-là (disons que l’être autant m’enlèverait pas mal de mérite et de crédibilité, j’en conviens). Le staff est vraiment énergique et friendly – et les bands qu’ils signent forment une famille des plus éclectiques. Pour revenir à ILLNATH, vous allez pas me croire, mais selon moi, leur prochain album (qui sort le 12 Mars) clenche le stock le plus récent d’ARCH ENEMY en termes de riffs qui font perdre la tête. J’en revenais pas d’à quel point leur approche est relentless, et tout simplement hors de contrôle et même animale. La frontwoman possède une panoplie de tonalités des plus colossales, et elle sait rendre un growl extrêmement dynamique – en fait, comme je l’ai mentioné en ondes durant ma dernière émission, et je me DOIS de le souligner une deuxième fois – j’ai été rarement aussi impressionnée par une vocaliste durant les dix dernières années. Cette femme est un phénomène de la nature. J’dois ajouter que ce band était anciennement fort sur le contenu symphonique – sur « 4 Shades of Me« , tout ce qu’on entend, c’est du death thrash pur, et tout-à-fait cataclysmique. Y’a pas une trace de keyboard sampling – le son est complètement nu et authentique. Cet album-là va sûrement finir dans mon top 20 de fin d’année, et j’vous dis ça sans aucune trace d’impression que j’ai parlé trop vite. On vous laisse avec « Blood warrior » du nouvel album.

 

 

 

Je tergiverserais sur 9 albums dans les détails si ça donnerait pas un roman en bout de ligne – et comme vous le savez, vous êtes coincés en ma gracieuse compagnie tous les dimanche pendant un bon 2-3 heures à partir de 19h alors que je prends possession d’Ondes Chocs pour ma revue d’actualité métal hebdomadaire, « C.R.O.C. Underground Metal« . Dans le deuxième bloc d’animation de l’émission du 10 Mars, vous pouvez entendre mon rant sur les albums que j’ai entendu cette semaine, et même quelques pièces de ceux que j’adore au plus haut point. Soyez-là, je me gêne pas pour dire les choses comme je les pense, et pour vous étourdir un peu avec une playlist qui va vous brasser quelque chose de rare. Si vous manquez l’émission du dimanche, gardez un oeil sur le Facebook de la station pour mon lien de téléchargement – vous avez pas d’excuses pour passer à côté. HORNS UP!

 

-Noch

 

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