La Décapiteuse # 8
Je me suis pas gênée de le dire en ondes cette semaine, Metal Blade ont des périodes un peu douteuses en terme de marketing. Y’a certaines périodes où ils me donnent le très bon feeling ultra calmant qu’ils sont déterminés à s’accrocher à l’aspect oldschool des débuts de la carrière de Slagel en nous dévoilant des bands obscurs avec une bonne dose d’éléments complètement bizarres à l’appui; ce sont d’ailleurs eux qui ont largement contribué au revival du psyrock, influençant des labels majeurs comme NUCLEAR BLAST et même NAPALM RECORDS (eh oui, j’ai bien dit NAPALM) à faire de même. Sauf que pendant la grosse majorité de Février et Mars, ils me semblaient complètement obsédés avec l’idée loufoque de releaser du stock hardcore à fendre l’air en semblant se foutre complètement de leurs racines. Y’a 30 ans, c’est pas des cassettes de nu-core que Slagel copiait et re-copiait en quantités industrielles dans son garage; il faisait des compilations thrash et il backait des bands comme SLAYER (dans le temps que SLAYER était un band pertinent et non pas une espèce de mauvaise farce commerciale leadée par un Kerry King complètement abruti par son ego).
PYRITHION – Burden of Sorrow (Single)
Malgré ce fait assez évident pour les promoteurs qui suivent la progression de ce que cette compagnie nous sort comme farces et attrapes par bouts, une anecdote particulière règne: même si certaines releases (du genre BEYOND THE SHORE) les font parfois caler un peu en terme de crédibilité, ils se reprennent toujours en convaincant des espèces de têtes dures comme moi qu’il est très possible de backer des projets à saveur commerciale en nous faisant réaliser que certains individus de la scène « mallcore » ont un paquet de surprises à nous garrocher en pleine face pour nous faire descendre de nos grands chevaux deux minutes. Ceci dit, vous connaissez tous AS I LAY DYING et vous savez que de manière générale, ces gars-là ont le don de mettre l’emphase sur la mélodie et l’accessibilité. Avec PYRITHION, Lambesis nous prouve, à tous, qu’il a également le don de méditer sur d’autres avenues de possibilités. En fait, je crois fermement qu’il vient de mettre au monde un band qui va casser des gueules d’emblée dans les prochaines années, au même titre que les BLACK DAHLIA MURDER et les ARSIS de ce monde. Il a réuni des musiciens qu’il admire dans son studio personnel pour bosser sur un projet death metal brutal qui incorpore des influences de certains autres sous-styles de violence sonique. Sa gang aborde le mélodique tout aussi bien que le chaotique à saveur technique et ultra progressive avec une précision tout à fait foudroyante et enivrante. Son guitariste est un dude de ALLEGAEON et il admet en entrevue qu’il avait des doutes sur l’outcome de ce projet en terme de production autant qu’en terme de songwriting mais après avoir passé une longue fin de semaine avec ses confrères du band à écrire le single « Burden of Sorrow », il est convaincu que ce projet va être un staple de la scene en bout de ligne. Je suis amplement d’accord; ce single, je lui donne un 9/10. Imaginez à quel point l’album va brasser la planète quand y va être en circulation. C’est une release qui va changer bien des perspectives et vous êtes mieux d’être prêts parce que ça va barder et pas comme de la p’tite bière. Chapeau, Metal Blade, pour votre don de me surprendre avec des énormités de renom dans ce style.
PYRITHION – THE INVENTION OF HATRED
EMPYRIOS – Zion
Un autre label que je qualifierais d’ambivalent dernièrement, et de manière totalement ahurissante, est Scarlet Records. Ils sont responsables de ma découverte d’MPIRE OF EVIL (avant leur déménagement sur une sous-division de CLEOPATRA), autant que de l’institution prog (que je qualifie d’immensément plus pertinente que DREAM THEATER) – DGM. Autant ils peuvent me sortir un produit thrash ou oldschool heavy metal sale à souhait (dans le bon sens) qui me rend accro quelque chose de rare, autant ils me noient parfois dans une mer de power metal cucul et atrocement surfait. D’une manière ou d’une autre, j’adore leur manque complet de predictability. Après tout, t’as pas le goût de savoir exactement c’que tu vas entendre quand tu rentres dans une session d’écoute le matin; tu veux être surpris, pour le meilleur, et pour le pire (certains d’entre vous vont me contredire là-dessus mais croyez-moi qu’après des mois et des mois à passer vos matinées sur de l’analyse d’albums, vous voulez être incapable de prédire les tournures de vos escapades – le suspense est un allié). Ils sont un peu hit and miss en matière de progressif; cette semaine, disons qu’avec EMPYRIOS, j’aurais voulu être tenue en haleine plus longtemps que pour l’espace de quatre ou cinq tounes (ce qui n’est pas une prouesse à ignorer tout compte fait). Leur approche est ultimement efficace; lourde comme FEAR FACTORY et STRAPPING YOUNG LAD, tranchante, multi-dimensionelle – tout aussi charmante que complexe. Ça, c’est jusqu’à temps que leur son se mette à intégrer des éléments électroniques jusqu’à outrance complète (i.e. en se mettant à sonner comme du dubstep avec des espèces de passes breakcore qui ruinent complètement la qualité et la crédibilité de leur delivery). Le dubstep ne devrait pas être mélangé avec le métal d’aucune façon. Laissez ça aux bands comme LIMP BIZKIT – allez pas salir un produit fini mathématiquement précis et efficace comme ce EMPYRIOS avec du maudit sampling technocore aussi intimidant qu’une gang de farfadets qui jouent à la marelle sur un trip d’acide en hurlant »It’s The Circle of Life!! ».
EMPYRIOS – MASTERS
TOMBSTONE HIGHWAY – Ruralizer
V’là un groupe de southern rock avec une touche doom noyée dans le blues débarassé de toute trace d’attitude diplomate que vous avez tout simplement besoin d’entendre à travers leurs multiples incarnations. Je m’explique; un album comme »Ruralizer », c’est tout sauf linéaire. C’est de la musique de party qui va vous donner le goût de boire du whiskey sur le bord d’une piscine en fumant des Prime Time, ou aller vous acheter un « muscle car » pour vous promener dans l’état de New-York pendant un bon deux semaines. Les riffs qu’on a ici sont du génie pur dans leur simplicité – c’est du BLACK LABEL SOCIETY on-steroids, mettons que Zakk Wylde serait encore du genre à se la jouer badass au lieu d’écrire des livres pour enfants et faire des albums de covers. Ajoutez des touches stoner rock/doom à la Texanne et un certaine brise provenant de la Louisiane à cette recette et vous savez assez bien c’que TOMBSTONE HIGHWAY ont en tête comme plan d’attaque. Les pièces swingy sont démentiellement mémorables – celles qui sont plus plodding et lancinantes sont aussi débilement hypnotiques. D’un bord à l’autre de l’album, les hooks en finissent pas de se multiplier. Les tripeux de vieux rock vont adorer l’aspect éclectique des structures des tounes – ceux de métal vont vouloir abuser de la grosse Fuck You vibe et de la lourdeur de la prod à outrance totale. Si vous êtes pas convaincus encore – j’peux vous garantir que le nouveau CLUTCH se retrouve dans la même pile, ou même catégorie, que ça.
TOMBSTONE HIGHWAY – BITE THE DUST (AND BLEED)
Des découvertes, j’en fais à tour de bras. J’vous emmène 24 tounes que j’considère être d’une pertinence irréfutable chaque semaine dans mon show « C.R.O.C. Underground Metal » en plus de vous piquer une jasette crissement honnête sur les derniers faits saillants de l’actualité métal – j’apporte également le input des bands sur divers sujets pertinents qui font grouiller la scene, en y ajoutant, bien entendu, mon grain de sel. C’est brutal comme show – et je changerai jamais. Soyez-là touts les dimanches soirs à 20h sur Ondes Chocs.
Noch





