by Marryah Noch Mulligore | Juil 12, 2015 | Critiques, Critiques d'Albums

ORGAN DEALER
«Visceral Infection»
Horror Pain Gore Death Productions
Date de sortie: 14 Juillet 2015
J’ai toujours eu un peu de difficulté à vraiment comprendre l’utilité des tounes de deathgrind qui durent entre quarante secondes et 1 minute trente. Ma raison est simple; quand je procède à l’écoute d’un album et que j’ai même pas le temps de vraiment caler dans une pièce et me laisser submerger dans son essence créative, j’ai juste pas la chance de «grasper» ce qui se passe pantoute et la dernière note a déjà été jouée. Je comprends bien que le but du deathgrind est de subitement fracasser le cerveau du bonasse utilisateur. Ceci dit, ça me tape sur les nerfs quand on parle de vraiment sonder l’identité d’un groupe, surtout quand c’est leur premier album et qu’il semble assez important de cerner le but de leur approche avant d’interpréter l’efficacité des résultats, sinon on se ramasse avec pas mal de bullshit qui relève du mythe et de l’art d’assumer quand on a réellement juste rien compris.
C’est une pas pire description de comment je me sentais initialement en me claquant ce monumentalement confus amas de riffs qui ont pris un certain temps avant de se disperser pour révéler l’identité d’ORGAN DEALER et me donner mon occasion inespérée de vous décrire un peu à quel genre de dudes on a affaire sur «Visceral Infection». Ça fait du bien d’y voir clair… surtout quand t’as pas un temps fou pour le faire.
Les tracks les plus longues qu’on a ici donnent dans le deux minutes. Celles-ci sont les plus révélatrices à mes oreilles car j’analyse assez automatiquement ce que j’entends en termes de technicalité, et très organiquement ce que ça m’apporte en termes de feel. Ce type de grind est dans le même ordre d’idées que le NAPALM DEATH oldschool (on oublie la nouvelle ère; vous n’entendrez pas d’influences de la scène death doom ici, c’est pas mal plus straight pipe). Plusieurs influences deathblack sont aussi au menu. Avec un peu de perspective, je peux affirmer que la réelle originalité du placement des patterns diversifiés de drumming ainsi que l’aspect bleak des mélodies tranchantes et sensuellement essoufflantes fait également un peu penser à ce qu’on aime retrouver sur un album récent de CATTLE DECAPITATION.
Le fait que ces gars-là soient capables d’être ambitieux dans la manière qu’ils utilisent les apprentissages découlant de leurs influences, ça les aide dans leur quête d’identité et ça indique qu’ils ont réellement l’intention de pas être paresseux avec leur package, même avec des tounes aussi «narrow» en termes de réelles possibilités. Je manque pas de respect pour ça. On remarque ce type d’intention surtout à la mi-album car en entrant, on se fait juste massacrer solide. En reprenant un certain équilibre, ces gars-là sont mauditement capables de nous sacrer un plan de guerre dans la face et nous faire suivre leur lead. Ça me met de bonne humeur et ça risque d’être pareil pour la majorité d’entre vous si vous aimez le métal extrême. Sinon, je ne promettrai pas que vous êtes prêts.
Noch la Décapiteuse
I’ve always had a bit of difficulty in really understanding the utility of deathgrind songs which last between forty seconds and 1 minute thirty. My reason is simple. When I listen to an album and don’t even have time to really sink in a song and let me submerge in its creative essence, I just don’t have the chance to grasp what happened before the last note has been played. I understand that the aim of deathgrind is to suddenly shatter the brain of the innocent listener. That said, it gets on my nerves when it comes to really probe the identity of a band, especially when at its first album and I think it’s fairly important to identify the purpose of their approach before interpreting the effectiveness of results. Otherwise I could write a lot of bullshit in an occult style plainly showing in an assume way I just don’t really get it.
This is not a bad description of how I initially felt confronted with this monumentally confused mass of riffs that took some time before clearing out a bit to reveal the identity of ORGAN DEALER and give me my unexpected opportunity to describe just what kind of dudes we deal with on «Visceral infection». It’s good to see clearly … especially when you don’t have a lot of time to do it.
The longest tracks here round up in about two minutes. These are the most revealing to my ears because I quite automatically analyzes what I hear in terms of technicality, and feel it very organically. This type of grind is in the same vein as oldschool NAPALM DEATH (forget about the new era; you won’t hear influences of death-doom metal, here it’s quite a bit more straight pipe). Several death-black influences are also on the menu. With a little perspective, I can say that the really original offering of the diverse drumming patterns and the bleak atmosphere of the sharp and sensual melodies reminds me also a bit of what is to find on the recent CATTLE DECAPITATION album.
The fact that these guys are able to be ambitious in the way they use the learnings from their influences helps them in their search for identity. It also shows that they really intend NOT to be lazy with their package, even with songs as «narrow» in terms of real possibilities. I DO respect that. I sensed especially this type of intent at mid-album because from the start, I just got massacred. By reaching a certain balance, these guys are able to elaborate a hell of a warplan delivered right in the face and prompting us to follow their lead. It makes me happy and it might be the same for the majority of you if you like extreme metal. Otherwise, I will not promise that you are ready.
Noch la Décapiteuse
by Marryah Noch Mulligore | Juil 9, 2015 | Critiques, Critiques d'Albums

FIN’AMOR
«Forbidding Mourning»
Self-release/Indépendant
7 Juillet 2015
*English version follows
J’vais débuter en disant que FIN’AMOR, c’est un band New-Yorkais. J’entends cette information nulle part dans leur son. Ça se peut assez fort bien que même leur nom indique qu’ils savent ça pas à peu près. En passant le pas de la porte, la première affaire que j’entends, c’est des influences AMORPHIS et oldschool ATROCITY. C’est rafraîchissant à souhait, et beaucoup plus Finnois dans la nature de son attaque qu’Américain ou «blue collar».
Ce genre de funeral doom accentué de death-doom, ça prend un talent débordant pour l’exécuter correctement d’une manière qui va réellement me sacrer au feu en me poussant à en redemander. Ce qui fait que cet engagement est réellement et audiblement pris sur «Forbidding Mourning», c’est que les émotions exprimées à travers le musicianship ne sont pas filtrées ni embellies. Je me ramasse à trouver que sur trop d’albums en ce genre, un certain besoin de trop se contenir est facile à cibler dans l’approche du vocal autant que de la guitare ou du drum qui semble être pas mal trop loin du reste du band pour me donner l’impression qu’ils sont réellement rassemblés dans la même pièce. Le manque d’unification est alors facile à entendre et à imaginer et le résultat en termes de songwriting n’est peu, voire pas, compact. Ce que ça apporte réellement en termes de défoulement est vachement amoindri et c’est loin de calmer un craving.
Ici, les gars nous démontrent qu’ils sont écoeurés de ce genre d’unwritten rule of the modern times en nous sacrant une volée. Le vocal est percutant et bien calculé dans la progression de son approche pour réussir à nous emmener l’esprit dans un épais brouillard d’orgasmique libération de l’âme et de la rage qui peut nous posséder quand on se met à confronter des émotions qui ont été enfouies trop longtemps. La performance de ce frontman est une thérapie en elle-même. La guitare amène des riffs et leads qui ont un penchant folksy et déprimant à la fois comme AMORPHIS et une touche peut être plus present day en emmenant un mélange de post rock et death-doom ambient qui me fait penser plus à PARADISE LOST; ajoutez à cela une touche d’angoisse frénétique et engageante nappée d’en masse de vibes gothiques qui donnent à cela une touche un peu plus 80s et glauque. Le drum est diversifié et a un focus enflammé et dangereux. La basse sonne aussi macabrement sanglante que jamais.
Honnêtement c’est pas de refus. C’est tellement facile de se planter en tentant cette formule que quand c’est aussi bien fait, on en veut immédiatement plus. Je déconne pas.
Noch la Décapiteuse
I’ll start by saying that FIN’AMOR is a New York band. I can’t relate to this information anywhere in their sound. It may well be in their name that we’ll find clues that their inspiration comes from some other country. Stepping into the album, the first thing I hear is AMORPHIS and oldschool ATROCITY influences. It’s nicely refreshing, and much more Finnish in the nature of its attack than American or «blue collar».
This kind of funeral doom, accentuated by some death-doom, takes skillful musicianship to craft songs in a way that will really turn me on, leaving me craving for more. Proof that this commitment is actually taken on «Forbidding Mourning» is that the emotions expressed through the musicianship are not filtered or embellished. On too many albums in this genre, I feel the will to restrain the vocal approach as well as for guitars and also that often the drum sound afar from the rest of the band which gives me the impression that they are NOT actually in the same room together. Thus the lack of unification is easy to hear and the result in terms of songwriting is little or not at all compact. What it actually brings in terms of emotional release is then diminished and it is really far from satisfying my craving.
Here, the guys show that they are fed up with this kind of unwritten rule of the modern times by ramming their way in. The vocal is powerful and well calculated in the progression of its approach to successfully bring our minds into a thick fog of orgasmic freeing of the soul by releasing the rage that develops when confronted to emotions that were buried too long. The performance of this frontman is a therapy by itself. The guitar riffs and leads tends to be folksy and at the same time depressing as AMORPHIS with a more present day touch added by a mixture of post rock and death doom atmosphere that brings to mind PARADISE LOST; add some frantic anxiety flooded with Gothic vibes that give it a touch a bit more 80s and murky. The drum is diverse and has a fiery and dangerous focus. The bass sounds gruesomely bloody.
Honestly, I’d take this all the time. It’s so easy to fail by trying this formula but when it is done that well, I immediately shout for more. I’m not kidding.
Noch la Décapiteuse
by Marryah Noch Mulligore | Juil 9, 2015 | Critiques, Critiques d'Albums

IN VAIN
«The Little Things That Matter»
Pure Steel Publishing
Date de sortie: 31 Juillet 2015
*English version follows
Ça va avoir l’air d’une énormité presqu’inacceptable comme statement, mais j’vais le dire anyway; IN VAIN de Madrid, Espagne, c’est probablement le band de speed power metal aux touches pirates qui est encore dans l’underground qui me fait capoter le plus.
La minute que «The Little Things That Matter» se met à tirer, y’a pas un tata qui est épargné. Les twin guitars se garrochent dans du melodic speed riffing qui semble inépuisable en termes d’originalité et de style franchement décoiffant. Le drumming suit ce pattern complètement rushant en se démenant sans difficulté pour assurer un rythme enivrant et complètement enveloppant. On entend des influences néoclassiques dans la delivery de la basse qui ont une saprée belle touch, et le vocaliste, bien que parfois trop gutsy en essayant d’atteindre des notes vraiment pas évidentes vu les contrastes de tonalités qu’il tâche d’atteindre à tout bout de champ, a une énergie palpitante et prenante et un charisme qui risque de tourner pas mal de têtes. Préparez-vous pour une révélation s’ils finissent par avoir une chance d’avoir plus de visibilité, c’est sûrement un des prochains big name.
Ici, les tounes qui te restent pognées dans la tête vont te faire du bien pour les prochains mois. Cet album a pas besoin d’être parfait pour avoir le don de rester dans ta collection d’essentials. Tu veux un album de bière qui te mets sur le party avec la pertinence oldschool bien huilée de RUNNING WILD meets JUDAS PRIEST? Ben sers-toi, mon ami.
Noch la Décapiteuse
It’s going to sound like an unacceptable enormity but I’ll say it anyway; IN VAIN from Madrid, Spain is probably the speed power metal band with pirate allegeance still in the underground that turns me on the most.
The minute «The Little Things That Matter» starts shooting, there’s nowhere to hide, nowhere to run, noone is spared. The twin guitars burst in melodic speed riffing seems inexhaustible in terms of originality and frankly mind-blowing style. The drumming follows this pattern completely overwhelming without difficulty to ensure an intoxicating rhythm wrapping around us. We hear nice neoclassical influences in the bass delivery, and the vocalist, although sometimes too gutsy by pushing out of the obvious notes considering the contrasted tones he tries to reach at every turn, has a thrilling and captivating energy and charisma that could turn heads. Get ready for a revelation if they end up under the spotlight and attract more visibility, it is surely one of the next big name .
Here the songs that stay in your head will make you feel good for the coming months. This album does not need to be perfect to stay in your collection of essentials. You want a beer album that put you on a party mood with the well-oiled oldschool relevance of RUNNING WILD meets JUDAS PRIEST? Well help yourself, my friend.
Noch la Décapiteuse
by Marryah Noch Mulligore | Juil 8, 2015 | Critiques, Critiques d'Albums

ARAPACIS
«A Disturbing Awakening»
Ravenheart Music
OUT NOW
*English version follows
ARAPACIS est un band Québécois qui sonne Américain à en fendre l’air. Je dis ça sous forme de compliment. Ce qu’on entend sur «A Disturbing Awakening» en termes d’instrumentation, ça sonne assez proche de ce que des groupes comme BAD COMPANY et DEEP PURPLE ont assimilé de leurs influences des premières ères du blues et de l’école de pensée BLACK SABBATH, avec des influences doom plus modernes que j’associerais sans vraiment avoir besoin d’y repenser à des noms comme BLOOD CEREMONY et LUCIFER. Jusqu’à date ça me fait vraiment plaisir.
Je dois souligner que les riffs qu’on a ici, surtout les solos, sont vraiment des jams mémorables et entraînants qui ont le don de me surprendre; que le drumming apporte aussi sa touche éclectique pour soutenir l’originalité; ainsi que la pertinence du son qui refuse tout simplement de prendre trop ses aises dans un moule défini pour toute la durée de l’album, ce qui nous donne l’impression qu’on assiste ici à une session d’écriture vraiment tight. La production ajoute aussi à ce «rehearsal room feel». Ça peut sembler que je dis que ça manque de structure, mais c’est plutôt le contraire; c’est un tact tout naturel pour ce qui est efficace et ce qui l’est pas. Sur des albums de stoner rock et vintage doom, c’est facile d’identifier les tracks un peu plus lâches qui sont tellement «filler» qu’on arrive à se demander pourquoi ça se retrouve sur le produit fini. C’est un effort conscient pour garder le matériel réellement engageant et vraiment déployé par ce groupe de musiciens futés et recommendables.
La seule chose que j’aurais à redire est que la frontwoman pourrait s’accorder plus de crédit car elle a réellement un range all-encapsulating et gritty, avec une réelle personnalité qui sait me prendre complètement au dépourvu dans ses expérimentations- par contre j’entends un peu trop de retenue sur certaines pièces, et je pense que ce genre de talent devrait être pas mal plus imbu de lui-même, car ce n’est pas un défaut de vanter ses mérites quand ceux-ci sont remarquablement épatants.
Je crois qu’ARAPACIS as a whole ont du stock pour définir leur identité propre à partir d’ici car ils démontrent qu’ils osent monter le son et s’arranger pour que la ville au complet les entende pendant qu’ils s’affairent à leurs rituels d’exploration. Je dois lever mon chapeau; ce genre de bravoure est rare dans le rock and roll moderne et ça me ramène dans le temps avec une bonne dose d’appréciation nostalgique. Je pense que le but de «A Disturbing Awakening» est probablement ciblé ici. Ceci étant le premier album d’ARAPACIS que j’entends dans leur discographie, je suis curieuse d’aller voir leur back-catalogue pour sonder ce qui les a menés ici et avoir une meilleure idée de leurs débuts, en espérant qu’ils se gâteront encore plus avec leurs jams positivement éméchés prochainement.
Petite note à prendre en compte: Guy Leblanc et Don Airey sont des musiciens de session sur deux des tracks. Allez deviner lesquelles. 😉
Noch la Décapiteuse
ARAPACIS is a band from around Montreal that couldn’t sound more American. I say this as a compliment. What we hear on «A Disturbing Awakening» in terms of instrumentation, sounds pretty close to what bands like BAD COMPANY and DEEP PURPLE have assimilated from their early blues eras influences and from the BLACK SABBATH school of thought, with more modern doom influences that I would associate without second thoughts to names like BLOOD CEREMONY and LUCIFER. So far it really makes me happy.
I must emphasize that the riffs we have here, especially the solos are really catchy and memorable jams that have the knack to surprise me; the drumming also brings his eclectic touch to support the originality; and the relevance of the sound that simply refuses to take his ease too nor set in a mold for the duration of the album, gives us the impression that we are witnessing here a really tight writing session. The production also adds to this «rehearsal room feel». It may seem that I say it lacks structure, but rather the opposite; it is a natural tact to what is effective and what is not. On albums of stoner rock and vintage doom, it’s easy to identify the tracks which are fillers that makes me begin to wonder why it ended up on the finished product. It is a conscious effort to keep truly engaging material is really made by this band of smart and recommendable musicians.
The only thing I would put on the down side is that the frontwoman should give more credence to her voice because it actually has an all-encapsulating and gritty range, with a real personality who can take me completely by surprise in its experimentations. unfortunately I hear too much restraint on certain songs, and I think that kind of talent should be a lot more imbued with herself, because it is not a flaw to extol its merits when they are astonishingly remarkable.
I think as a whole ARAPACIS have plenty of good stuff to define their own identity because they demonstrate they dare to turn up the volume and make sure the entire city hear them while being busy at their exploration rituals. I have to tip my hat; this kind of bravery is rare in the modern rock and roll and it takes me back in time with a good dose of nostalgic appreciation. I think that the purpose of «A Disturbing Awakening» is probably targeted here. This being the first Arapacis album I hear of their discography, I’m curious to hear their back catalog to probe what led them here and have a better idea of their debut, hoping they’ll push forward their spaced out jams soon.
Guy Leblanc and Don Airey are session musicians on two of the tracks. Can you guess which?
Noch la Décapiteuse
by Marryah Noch Mulligore | Juil 4, 2015 | Critiques, Critiques de Shows

Ça allait faire probablement proche un an et demi que j’avais pas mis les pieds au Bar Le Magog avant ce mercredi. La soirée orageuse s’annonçait torride. Mon mood était, pour ainsi dire, aussi crissement ordinaire que la météo qui faisait pas mal dur depuis plusieurs jours. J’étais due pour un sapré bon show.
Depuis ma dernière visite sur place, de nouveaux propriétaires se sont installés et ont légèrement modifié l’arsenal de boissons offertes au bar, ce qui m’a définitivement ravi en partant. Un bon pichet de bière style Blue Moon à la main, je me suis pointée à l’entrée pour jaser avec un Jass (Waarpiig Extravaganza) toujours aussi souriant et empreint d’énergie- chose qui ne semble pas s’apprêter à changer. Ce mec-là fait belle figure dans le réseau de booking Sherbrookois et ramène des shows notables dans le circuit de bars de la ville, ce pourquoi je le salue de vive voix.
Dès mon arrivée, le côté «stage» était déjà empli d’une foule quand même assez notable, ce qui m’a surprise, non pas parce que le lineup me semblait mauvais (bien au contraire), mais plutôt car il demeure assez factuel que Sherbrooke ne dénombre pas nécessairement beaucoup de connaisseurs de black metal. Bien que plusieurs bienheureux buveurs se soient entassés près du stage plus par curiosité que dans l’intention de s’éduquer réellement sur la nature de ce légendaire sous-genre qui a influencé plusieurs continents à exploiter le côté plus sombre de leur spiritualité, cela demeure un peu mythologique pour certains «nouveaux initiés» de la scène qui semblent suivre les foules. Plusieurs spectateurs de cette catégorie étaient faciles à «spotter». Ça me rend tout de même enjouée de savoir que les préjugés semblent remplacés par un intérêt pour la nouveauté, ce qui emmène une nouvelle clientèle au bar, et de l’argent de «tickets» de plus dans les poches de ces groupes (et promoteurs) qui se démènent à la sueur de leurs fronts pour nous emmener des shows vraiment bien montés et extrêmement mémorables.
Je dis ça, et je ne suis pas facile à impressionner.
La première formation à s’emparer de la petite scène (les Sherbrookois ARKOS) s’est un peu tirée dans le pied à bout portant en investissant assez peu d’attention sur leur setup pendant le soundcheck, ce qui est assez tragiquement dommage pour bon nombre de raisons, l’une d’entre elles étant que leur approche est extrêmement définie par l’importance des leads mélodiques et élaborés d’un point de vue technique. La basse et le drum les enterraient tout le long du set, ce qui ne m’a pas rendu la tâche de la critique constructive et attentive nécessairement aisée ou même possible. J’en profite pour faire remarquer aux groupes que ce genre de passe-droit risque de ne pas les aider à long-terme (ceci semble faire de moi la Miss Captain Obvious de l’heure, mais sans vouloir être vexante, je souligne que ceci n’est pas une joke- ajustez votre set-up de façon à ce que le set se distingue et affiche vraiment ce que vous êtes, car ça ne pardonne pas). Ce que j’ai pu absorber de ce que j’ai clairement entendu et déchiffré de leur approche malgré ce problème est qu’ils ont un goût marqué pour l’expérimentation. Leurs influences sont définitivement Scandinaves et Françaises en termes de compartimentation d’idées un peu contradictoires dans chacune des pièces présentées, ce qui leur donne un flair qui se démarque avec de belles subtilités parfois, et qui semble essayer un peu trop fort d’aller speeder dans des zones »black or white » dans d’autres cas (ce qui pouvait être balancé par des leads machiavéliquement bien travaillés mais semblait un peu strippé de ce genre de back-up vu la sono assourdissante et mal balancée qui laissait fortement à désirer). Dans cet ordre d’idées, la setlist était un équilibre entre le black introspectif et le post-black dissonnant et dévergondé qui passe pas par quatre chemins pour extérioriser son véhément besoin de défoulement chaotique. Ça aurait pu être plutôt satisfaisant (sans plus, pour mes oreilles qui tâchent d’être tout de même fairplay) si j’avais pu absorber le tout dans son incarnation optimale, et ce set n’a tout simplement pas offert ce genre de tremplin au groupe vu ce hic technique dont l’énormité ne pouvait être niée.
Dans le cas de BLACKSCORN, j’ai aucune plainte en rapport avec le setup en tant que tel. Je dois aussi avouer que j’étais absolument clouée sur place par la force brute de leur delivery. Ces gars-là sont en feu et ont un besoin absolument palpable et même imposant de se pitcher dans leur art tête première en se foutant complètement d’à quel point ils peuvent virer une gig room à l’envers. Je dis ça avec optimisme et admiration. Ils ont le flair pour la présentation théâtrale, oldschool, et organique, en plus de se pointer avec un son définitivement black, mais aussi marqué par la présence d’influences provenant d’autres sous-styles qui ne sont pas forcément toujours alliés avec les racines scandinaves ou françaises des premières incarnations du genre, mais qui sont tout de même des segway qui valent la peine d’être exploités pour tout musicien qui a des goûts éclectiques- y’avait une certaine spirit thrash, avec un aspect relâché plus punk, et même NWOBHM jusqu’à un certain degré. Tout cela était peut être subtil en surface, mais pour une nitpicky capricieuse comme yours truly, ça ressortait et ça m’a propulsée dans un état de focus absolu dont j’avais réellement besoin en rentrant. J’appelle ça de la bonne job.
HOLLOW déplacent toujours de l’air. Ils sont présentement en tournée avec SETH à travers ce que je pensais être seulement le Québec jusqu’à temps que je commence à spotter des dates en Nouvelle-Zélande. J’avais pas mal hâte que les gars aient de la visibilité jusqu’à ce point parce que je savais, dès la première fois que je les ai vus il y a un sapré bail, qu’ils sont tout simplement et assurément un phénomène avec un avenir déjà établi par leur professionnalisme qui ne manque jamais. Je dis ça en termes de présentation, prestance, composition, promotion, et attitude. C’est mauditement rare que tous ces points sont couverts simultanément. C’est la deuxième fois que je les vois et je n’ai rien à redire. Bob Skelton s’est affairé avec son spray paint pour créer des maquillages toujours aussi décadents qui assurent un visuel mémorable, bien que les gars du band ne donnent déjà pas leur place en termes de charisme et magnétisme puissant. Ils ont assimilé l’art de la performance tels des acteurs sur un plateau de tournage ou sur les planches à jouer du Shakespeare. Peut être que certains pensent que c’est un détail, moi je dis «the devil is in the details» après en avoir vu pas mal d’autres (sans vouloir prétendre que je suis une All Knowing Guru). En regardant ce set, mes yeux étaient tels une «panning video camera». Chaque membre du groupe apporte sa «vibe» au stage et c’est facile de voir qu’ils tripent tous. L’album «Mandrake» est complexe, abstrait, et complètement désarçonnant en termes de hooks mémorables et réellement créatifs. Ceci était audible pendant le show, et joué d’une manière tellement flawless que c’est pas une exagération de dire que ces gars-là ce sont des machines de guerre. La setlist était agencée d’une manière telle qu’ils ont eu une chance de showcaser plusieurs aspects un peu contrastes de leur songwriting en osant intégrer une ballade en plein milieu de deux tracks death black qui n’ont pas manqué de créer des pits petits mais assez relâchés et percutants. Ce que je pouvais sentir dans la crowd autour de moi était une appréciation nette pour ce set, presqu’un point culminant qui était attendu avec une anticipation tel un «craving» littéralement physique qui avait besoin d’être satisfait par ce genre de show qui a le don de changer le mindset de n’importe quel metalhead qui passe le pas de la porte. Satisfaire des besoins réels dans l’esprit et le coeur d’un fan de musique, c’est ça être une entité qui va créer une legacy. Sur ce, je lève mon chapeau à ce groupe pour leur dévouement à cette cause qui est absolument unwavering et dangereusement (je dis ça avec un énorme sourire au visage) passionné.
C’était la première fois que je voyais SETH, mais j’avais une bonne idée à quoi m’attendre après avoir lu l’entrevue écrite par notre Black Metal Expert maison Louis-Olivier Brassard-Gélinas. Leur son est extrêmement bien tissé et composé de toutes les incarnations du black metal scandinave que j’ai entendues sur les nombreux labels qui me gardent en vie avec leurs Lessons of Carnage qui me démontrent les nombreux visages de l’exécution du BM moderne et d’autrefois (i.e. post black aux teintes shoegaze, death-black, technical black, viking black, même progressive black?). Y’a pas à dire, ce set n’était pas homogène et ceci est un compliment, coming from a freak like me. Leurs pièces les plus fracassantes et traditionnelles sont aussi efficaces que leurs expérimentations introspectives qui n’ont pas peur d’être glissantes dans leur ambition débordante. C’est correct d’avoir quelques zoneouts quand les riffs deviennent un peu plus abstraits car c’est le but de ces points culminant des compositions- créer des up and downs tels un gigantesque rollercoaster- en gros, ils savent doser les sensations fortes, tels des dealers de la mort. Ceci ne s’apprend pas en dedans d’une semaine (petit mot aux enthousiastes dans leur garage). Ça prend une tête dure et un courage qui s’accumule avec les années. En termes de prestance- j’avais l’impression de regarder un vidéoclip. Peut être même que c’était un peu trop adroit et contenu pour un set de black et que les gars pourraient lâcher un peu plus leur fou en prenant davantage d’espace sur le stage. Aussi, je dois dire que le »echo filter » sur la voix du frontman n’était pas nécessaire- quand ton vocal est déjà capable d’arracher la tête de qui bon lui semble, pas besoin d’auto-censure.
Si je récapitule, cette veillée fut révélatrice, et fascinante pour une consommatrice d’oldschool fûtée. Je suis loin d’être déçue, et je félicite Sepulchral Productions qui sont à l’origine de cette tournée ainsi que Killing-It Productions et Waarpiig Extravaganza de même que tous les autres organisateurs de ce genre de show qui devrait se faire plus fréquent à Sherbrooke question de rallier les troupes et les rafraîchir avec le genre de métal qui les fait ressortir l’esprit plus clair et mieux guidé. Un gros merci pour la passe VIP et l’opportunité pour Ondes Chocs!
–Noch