by Louis Olivier Brassard Gelinas | Jan 28, 2016 | Critiques, Critiques d'Albums

MAGISTER DIXIT
«Opus Astral»
Scum Productions
(Édition limitée à 100 copies sur vinyle 33 1/3 RPM)
2016
Liste des pièces
Face A:
«My Name Is Forbidden»
«Hall of Pain»
«Reaching the Throne of Aeruul the Mighty»
«Respirer la mort»
Face B:
«Earthcore Lava Reincarnation»
«Pulveryzator»
«Elder God» (Kataklysm cover)
«A Deadly Compass»
*Scroll down for English version
MAGISTER DIXIT, formation de la grande région montréalaise œuvrant depuis 1997, fait partie de la catégorie enviable des pionniers du Black Metal au Québec. De plus, elle a réussi à se forger une identité sonore propre caractérisée par le terme de «Mystical Black Metal» au cours de ses nombreuses années d’existence, marquées par la sortie d’une démo et de cinq albums pleine longueur. Avec une musique chaotique et agressive, tout en restant mélodique, élaborée sur des thématiques lyriques occultes et mystiques, MAGISTER DIXIT à effectivement laissé sa marque sur le Black Metal Québécois et récidive en 2016 avec son cinquième opus complet en carrière intitulé «Opus Astral». Décortiquons donc ce nouveau venu dans la carrière de la formation.
Tout d’abord, votre humble serviteur ne peut passer sous silence la première chose que le fanatique du groupe pourra admirer lorsqu’il tiendra le long-jeu dans ses mains, soit la superbe présentation graphique de Charles Benoît (chanteur du groupe de Black Metal de Québec Haeres). Représentant le chaos cosmique dans toute sa splendeur en y ajoutant des influences mystiques, l’œuvre visuelle est colorée, moderne et superbement soignée, contribuant à l’attrait du produit dans son ensemble.
Cet aspect passé, l’auditeur qui disposera le douze pouces sur son tourne-disque est immédiatement accueilli par un tourment de «blastbeats», de motifs de guitare en trémolo épiques et de symphonies de claviers ajoutant l’aspect plus grand que nature recherché par la formation. Contrairement aux opus précédents du groupe, la production sera ici plus aérée, beaucoup moins saturée, ce qui tempèrera le côté parfois plus chaotique de la musique de MAGISTER DIXIT pour en faire ressortir les aspects mélodiques qui rehausseront la cohérence des pièces présentées sur cet effort.
De surcroît, MAGISTER DIXIT nous offre ici une belle variété de pièces rapides ou plus tempérées tout en conservant son identité musicale se rapprochant de groupes tels que Emperor et Obtained Enslavement. Le tout est donc bien cohérent, bien consistant et tous les éléments sont bien exécutés et mixés avec soin, que ce soit les voix hurlées, les voix claires, les chœurs occasionnels, les claviers éthérés et aériens, la basse bien ronde, les guitares ravageuses ou les percussions programmées qui nous font facilement croire à un vrai batteur. Le groupe nous offre même une reprise de vieux Kataklysm avec «Elder God» si bien apprêtée à la sauce MAGISTER DIXIT qu’elle en devient méconnaissable, hormis pour le passage du refrain et j’oserais même dire qu’elle est meilleure que l’originale à mon goût.
En somme, l’album «Opus Astral» se révèle une entrée majeure dans la discographie de MAGISTER DIXIT. En effet, il s’avère être une œuvre mature et soignée produite par une formation qui semble plus que jamais savoir ce qu’elle veut. Réussi tant au point de vue de la présentation graphique, du format, que du contenu musical et de la production, l’effort aura tout pour plaire à ses aficionados de longue date autant qu’aux amateurs de Black Metal mélodique et symphonique en général. À consommer sans modération!
Pièces favorites: «My Name Is Forbidden», «Respirer la mort», «Earthcore Lava Reincarnation», «Elder God» (Kataklysm cover), «A Deadly Compass».
8,5/10
Louis-Olivier «Winterthrone» B. Gélinas
MAGISTER DIXIT, a group from the greater Montreal area working since 1997, is part of the enviable category of the pioneers of Black Metal in Quebec. In addition, it has managed to forge its own musical identity characterized by the term «Mystical Black Metal» during its many years of existence, marked by the release of a demo and five full-length albums. With a chaotic and aggressive music, while remaining melodic, elaborated on occult and mystical lyrical themes, MAGISTER DIXIT effectively left its mark on the Black Metal Quebecers and is back in 2016 with its fifth full album titled «Opus Astral». So let’s see what this new release is made of.
First, your humble servant can not ignore the first thing the fanatic of the group will be able to admire when the long-play gets in his hands is the beautiful graphical presentation by Charles Benoit (singer of Quebec Black Metal band Haeres). Representating cosmic chaos in all its glory while adding mystical influences, the visual work is colorful, modern and beautifully neat, contributing to the attractiveness of the product as a whole.
As the listener will put the twelve inches on his record player he will immediately be greeted by a torment of blastbeats, epic guitar tremolo patterns and symphonic keyboards adding the larger than life appearance sought by the band. Unlike their previous releases, the production will breath more and be less saturated which tempers the sometimes chaotic side of MAGISTER DIXIT‘s music to bring out the melodic aspects that will enhance the coherence of the compositions presented on this effort.
Moreover, MAGISTER DIXIT offers us a great variety of fast and more temperate songs while maintaining its musical identity approaching bands such as Emperor and Obtained Enslavement. Everything is therefore coherent, consistent and all elements are well executed and mixed with care, be it howled vocals, clean vocals, occasional choruses, ethereal and aerial keyboards, the well-rounded bass, devastating guitars and even the programmed percussion that makes us easily believe in a real drummer. The group offers a cover of Kataklysm «Elder God» so well blended in their musical realm that it becomes unrecognizable, except for the passage of the chorus and I dare say it is better than the original for my taste.
In sum, the album «Opus Astral» is proving a major entry in MAGISTER DIXIT‘s discography. Indeed, it turns out to be a mature and careful work produced by a formation that seems more than ever to know what it wants. Successful from the point of view of graphic presentation and format as much as musical content and production, the effort will have everything to please the longtime fans as well as those of melodic and symphonic Black Metal in general. To consume without moderation!
Favorites Tracks: «My Name Is Forbidden», «Respirer la mort», «Earthcore Lava Reincarnation», «Elder God» (Kataklysm cover), «A Deadly Compass».
8,5/10
Louis-Olivier «Winterthrone» B. Gélinas
by Louis Olivier Brassard Gelinas | Jan 21, 2016 | Critiques, Critiques de Shows
Ancestors Revenge (leur retour après un an d’absence), Phosphorus et Virulys à L’Anti Bar & Spectacles à Québec le samedi 16 janvier 2016, une présentation de Phosphorus et de L’Anti Bar & Spectacles.

Cela faisait déjà un an que les brutes locales du Death/Black Metal mélodique d’Ancestors Revenge n’avaient pas donné de concert en raison du départ d’Édouard Desaulniers (guitare) qui avait lui-même remplacé Jérôme «Jay» Boucher pendant une période relativement brève. Cependant, depuis quelque temps la troupe avait annoncé que le candidat idéal avait été trouvé en la personne de Mathieu Pettigrew, déjà connu sur la scène locale pour son rôle de batteur dans Valknacht, mais d’abord et avant tout guitariste dans ses activités musicales. Leur retour sur scène, tant attendu, avait donc été fixé au samedi 16 janvier en compagnie de l’excellente formation Blackened Thrash Metal de Québec Phosphorus et du groupe de Death mélodique de Montréal appelé Virulys que je n’avais jamais eu la chance de voir en concert. C’est donc avec enthousiasme que ma féline métalleuse, portant notre progéniture diabolique et moi prîmes la direction de L’Anti Bar & Spectacles.
Vers 20 h 30 Virulys entama sa prestation devant une salle déjà raisonnablement bien garnie en spectateurs. Malgré le fait qu’il officie dans un sous-genre de Metal très saturé, soit le Death Metal mélodique, et que le groupe ne se démarque pas nécessairement par son originalité musicale, ceux-ci réussirent facilement à aller chercher l’approbation d’une bonne part de la foule grâce à un jeu solide et démonstratif, rehaussé par une sonorisation puissante de David Lizotte à la console. L’exécution fut effectivement au rendez-vous pour tous les membres du groupe, notamment le bassiste, avec un jeu bien «groovy» et les guitaristes avec des solos très intéressants sans jamais tomber dans l’excès. Côté vocal, l’approche proposée par James Death, chanteur de la troupe, combine des hurlements très aigus, qui ressemblent à s’y méprendre à un jeune Dani Filth, avec des grognements d’outre-tombe et une voix râpeuse de moyen registre tous très bien exécutés. Toutefois, sa livraison semblait parfois être plus une démonstration de ses capacités vocales qu’être vraiment un agencement logique en fonction des variations musicales proposées par les musiciens de la troupe, ce qui fit en sorte de rendre le tout un peu bourrin par moments. Qu’à cela ne tienne, Virulys livra une très bonne ouverture des hostilités en cette soirée destinée à être mémorable.
Après une courte pause permettant aux esprits déjà échauffés de s’aérer un brin, c’était maintenant aux psychopathes de Phosphorus de venir nous offrir quelques minutes de déchaînement occulte à l’ancienne. Avec son attitude purement Thrash, ses motifs oscillant entre le Thrash, le Black et le Death et leur énergie débordante, le quintette de Québec permit aux spectateurs maintenant nombreux et bien réchauffés, de laisser libre cours à leur folie. Enthousiaste, la troupe livra ses assauts à une vitesse souvent largement supérieure à ses enregistrements, permettant à la fosse de s’agiter dans des excès de camaraderie violente. Après nous avoir livré des pièces de son album «Assassinat» (2014) et de son EP «Crépuscule» (2010)», la formation déjà âgée de presque 9 ans nous présenta même une toute nouvelle pièce, «Dévastation III», qui se retrouvera sur un EP à paraître bientôt. Celle-ci présenta des influences à la Darkthrone très importantes, la rendant différente des œuvres précédentes du groupe et laissant entrevoir une évolution intéressante de leur son. Enfin, le groupe termina sa performance avec une reprise hommage de «Overkill» de Motörhead, pour laquelle Pierre-Luc Blanchet (chant) revêtît un chapeau semblable au célèbre chapeau de cowboy noir de Lemmy, grand disparu de la fin de l’année 2015. Ce fut donc une finale déjantée, pour une prestation hautement Thrash qui s’acheva sous les acclamations d’un public encore une fois conquis.
Un ultime entracte et c’était maintenant le grand moment du retour d’Ancestors Revenge sur scène devant son fidèle public. Visiblement prête à tuer avant même la première note jouée, la bande de Bob Girard Jr. (chant) se lança dans un véritable assaut musical bénéficiant de la sonorisation impeccable de la soirée devant un Anti plein à craquer de métalleux en extase. Dans une forme olympienne et avec une chimie renouvelée par la présence dynamique de son nouveau guitariste, le quintette entama sa prestation avec des succès de son album de 2013 «The Archaic Return», avant de nous proposer de toutes nouvelles pièces. Richard-William Turcotte (batterie) nous rappela pourquoi il est certainement un des plus grands virtuoses de son instrument au Québec avec une performance époustouflante et souriante. Les deux guitaristes se lançaient des motifs et solos à la figure, rendant sans grandes difficultés les passages plutôt complexes de la musique d’Ancestors Revenge, alors que Pascal Moses (basse) s’assurait avec talent de compléter les fondations rythmiques bien solides. Il ne restait donc à leur chanteur qu’à s’assurer de chapeauter le tout de hurlements et de grognements dévastateurs et à animer la foule avec charisme, ce qui pour Bob Jr est d’un naturel impressionnant, lui qui fêterait d’ailleurs ses 42 ans bien sonnés le lendemain de cette prestation. En somme, ce fut un retour sur scène extrêmement bien réussi pour la troupe qui termina elle aussi sa prestation par une reprise superbe de «Overkill» de Motörhead, par un pur hasard métallique!
En conclusion, ce fut un excellent premier concert Metal de l’année 2016 pour votre humble scribe et un superbe retour en selle pour les cinq cavaliers d’Ancestors Revenge. De plus, Virulys et Phosphorus livrèrent tous deux des prestations très solides et divertissantes pour entamer la soirée de belle façon. En terminant, je remercie chaleureusement Phosphorus pour l’accès à la salle. Enfin, ne manquez pas un autre concert d’Ancestors Revenge, cette fois accompagnés du groupe Black Metal Dépérir lors du dix-neuvième anniversaire du Scanner le 13 février prochain pour cinq douleurs à l’entrée seulement!
Louis-Olivier «Winterthrone» B. Gélinas
by Louis Olivier Brassard Gelinas | Déc 8, 2015 | Critiques, Critiques de Shows
La Messe Des Morts V Psaume II (Satanic Warmaster/ Ondskapt/ Vemod /Kommandant (annulé)/ Sortilegia/Infernal Stronghold/Svalbard) au Théâtre Plaza à Montréal le samedi 28 novembre 2015, une présentation de Sepulchral Productions.

L’essaim d’âmes perdues des deux jours précédents se reformait, grossi de nouvelles manifestations fantômatiques, dès les premiers signes de pénombre à l’extérieur. Il était encore tôt, mais déjà la fébrilité envahissait l’air et les goules se dirigeaient lentement, mais sûrement vers le même temple que la veille. Le Théâtre Plaza serait le lieu du troisième service morbide, soit du second véritable Psaume de la Messe Des Morts auquel participeraient finalement six entités maléfiques puisque Kommandant des États-Unis aura fait les frais de la lenteur bureaucratique de Immigration Canada et n’aura malheureusement pas pu entrer au Canada comme nous l’indiqua un message sur la page de l’évènement en début d’après-midi le samedi. Les prestations de Satanic Warmaster, Ondskapt et Vemod serait donc plus longues et la soirée commencerait une dizaine de minutes plus tard que prévu avec Svalbard. Bientôt, cette première entité se manifesta devant une poignée d’âmes égarées tout de même plus imposante qu’à la même heure la veille, fin de semaine aidant, à l’heure précoce de 17 h 30.
Svalbard, de Québec, formation pionnière du Black Metal québécois œuvrant depuis 2002 entama son sermon avec un caractère théâtral plus développé qu’à son habitude. Goat, le chanteur, était dissimulé sous un cloaque, mettant toutefois son éternel crucifix inversé géant bien en évidence, alors que la scène était décorée de têtes de porc empalées sur des supports métalliques. Avec son Raw Black Metal violent et marqué par des changements de tempos efficaces, Svalbard livra une excellente prestation bien maîtrisée et démontrant toute son expérience. Ce fut donc une superbe entrée en matière malgré le caractère réservé des spectateurs à cette heure précoce.
Infernal Stronghold, de Philadelphie, s’installa rapidement sur scène à la suite de ses prédécesseurs afin de nous présenter leur Blackened Thrash Punk ultrarapide et scabreux. Heureuse de jouer sur une scène aussi vaste que celle du Théâtre Plaza, la formation livra une prestation solide et très énergique. Évitant les temps morts, Infernal Stronghold s’employa à nous lancer au visage ses pièces blasphématoires et irrévérencieuses les unes après les autres dans une tradition purement punk. Les hochements de tête se firent assez abondants et les spectateurs semblaient se réveiller tranquillement, signe que leur sermon a atteint sa cible.
Après une pause un peu plus longue, c’était au duo de Toronto appelé Sortilegia de faire son entrée en scène. Existant depuis cinq ans seulement, formé par la prêtresse d’origine russe Koldovstvo (guitare, hurlements) (voir aussi Sylvus) et son acolyte Haereticus (batterie), la formation pratique un Black Metal cru et primitif qui rappelle le Darkthrone de «Transylvanian Hunger» (1992) avec des motifs de guitare cycliques complets remplissant l’atmosphère d’un vent glacial et provoquant l’hypnose des spectateurs envoûtés. Sermon rituel présenté par une prêtresse en véritable transe au visage ensanglanté derrière un podium orné de crânes et diffusant les volûtes d’un encens bien odorant, leur performance fut accueillie par une foule aux yeux écarquillés dans un moment de communion occulte parfait.
Après cette hypnose collective, c’était au tour des Norvégiens de Vemod de nous proposer un sermon astral avec leur «métal sombre éthéré». Le groupe qui porte le nom de «tristesse» en norvégien nous présenta sa musique glaciale et atmosphérique de façon musicalement et visuellement impeccable. Leur performance fut hautement précise et bénéficia d’un son magnifique. De plus, des projections du cosmos agrémentèrent à merveille leur sermon sur la nature, la philosophie et la transcendance. Cependant, je fus un peu déçu par le manque d’interaction avec le public et d’énergie dégagée par le chanteur-guitariste provoqué en partie par le fait que celui-ci chante et joue devant un lutrin avec ses paroles déployées devant lui. Néanmoins, ce fut une excellente prestation pour les Norvégiens et une bonne partie du public déjà très nombreux dans la salle sembla conquise.
Après ce sermon plutôt doux de Vemod, la salle comble était prête à faire place à un sermon beaucoup plus agressif avec les représentants du Black Metal orthodoxe suédois de Ondskapt. Le quintette luciférien, après une introduction inquiétante, se lança dans une prestation puissante d’un Black Metal sans compromis de forme ou de fond. Sur des rythmiques lourdes et martiales, Ondskapt nous livra un sermon satanique de destruction, de chaos et d’apocalypse. Bestiale, leur présence scénique ne parvint cependant pas à faire brasser les spectateurs attentifs, mais plutôt calmes dans l’ensemble, malgré quelques interventions du chanteur en ce sens vers la fin de la prestation. Peut-être est-ce le fait d’avoir entrecoupé leur prestation de plusieurs interludes atmosphériques pendant que les musiciens retournaient en arrière-scène qui aura contribué à briser le «momentum» de leur assaut? Probablement! Toutefois, je fus tout de même satisfait d’avoir vu cette excellente formation sur scène pour la première fois et de recevoir la puissance de leurs hymnes à Satan en plein visage.
Pour bien des fidèles, c’était maintenant le grand moment des trois jours de cérémonie, sois le moment d’accueillir le loup-garou finlandais et sa troupe de Satanic Warmaster. S’étant fait désirer par les amateurs de Black Metal d’ici depuis la toute première Messe Des Morts en 2011, le grand représentant du True Black Metal fut accueilli par une foule en délire qui ne cessa de tourbillonner dans une fosse circulaire infernale tout au long de son sermon occulte sur la «vraie» noirceur. Menée avec énergie, fougue et une précision musicale à tout casser, la prestation de Satanic Warmaster nous prouva que le groupe ne fait pas dans la demi-mesure. Lorsque la troupe interpréta l’immense «The Vampiric Tyrant» l’intensité s’éleva encore d’un cran avec un véritable massacre sur le parterre et ce n’était encore rien, comme les Finlandais nous le prouvèrent avec la reprise classique finale de Bathory «The Return of Darkness and Evil». Le groupe se retira finalement de scène après plus d’une heure d’extase musicale, ne laissant que des corps morts sur son passage.
Le cerveau rempli d’images de mort et de destruction, les âmes perdues poursuivirent leur infernal festin de destruction à l’ultime fête d’après-concert, rentrèrent momentanément apaisées dans l’abysse de leur existence habituelle ou encore s’excitaient déjà à la promesse d’un quatrième service dédié aux arts noirs le lendemain à Québec. La Genèse et les deux Psaumes passés, les fervents attendaient déjà la prochaine Messe avec impatience! Effectivement, avec une participation exemplaire des amateurs de Black Metal sur trois soirs remplis à pleine capacité et des prestations de grand calibre et superbes en variété, cette cinquième Messe fut une réussite sur toute la ligne. On ne peut que rêver de la prochaine édition et des artistes qui en feront partie. Un gros merci à Martin Marcotte de Sepulchral Productions et à toute son équipe pour ces superbes festivités!
Louis-Olivier «Winterthrone» B. Gélinas
by Louis Olivier Brassard Gelinas | Déc 5, 2015 | Critiques, Critiques de Shows
La Messe Des Morts V Psaume I (Lifelover/Hypothermia/Akitsa/Blacklodge/Brume d’Automne/Neige Éternelle/Verglas) au Théâtre Plaza à Montréal le vendredi 27 novembre 2015, une présentation de Sepulchral productions.

L’essaim d’âmes perdues de la veille se reformait, grossi de nouvelles manifestations fantomatiques, dès les premiers signes de pénombre à l’extérieur. Il était encore tôt, mais déjà la fébrilité envahissait l’air et les goules se dirigeaient lentement, mais sûrement vers un temple plus richement décoré et plus grand que celui de la veille. Le Théâtre Plaza serait le lieu de la seconde cérémonie, soit du premier véritable Psaume de la Messe Des Morts pendant lequel sept entités maléfiques invoqueraient visions apocalyptiques et venimeuses. Lifelover, Hypothermia, Akitsa, Blacklodge, Brume d’Automne, Neige Éternelle et Verglas seraient leurs noms. Bientôt, la première entité se manifesta devant une poignée d’âmes égarées à l’heure précoce de 17 h 30.
Verglas, trio existant déjà depuis environ neuf ans, avait l’ingrate tâche d’ouvrir la soirée à une heure où la salle pouvant contenir un peu plus de 400 personnes n’était peuplée que de quelques dizaines de fervents. Qu’à cela ne tienne, malgré une attitude un peu blasée sur scène, probablement intentionnelle compte tenu de leur style aux frontières du Punk, ceux-ci s’appliquèrent à nous livrer leurs courts hymnes Blackened Punk avec véhémence. En très peu de temps, ceux-ci purent nous livrer une quantité impressionnante de pièces, puisque celles-ci sont généralement très brèves. Simple et efficace, leur musique atteignit la cible notamment en raison du chant déchiré et puissant du chanteur-guitariste de la formation.
Neige Éternelle s’installèrent ensuite rapidement sur scène pour rompre avec leur jeûne de toute activité musicale qui aura duré près de 4 ans. Avec leur attitude irrévérencieuse, la troupe menée par Sti (chant) et ses éternels «Allez chier!», se lança dans un set composé de leurs meilleures pièces en carrière qui nous prouva qu’ils n’ont rien perdu de leur fougue légendaire. Cependant, malgré les nombreuses provocations du chanteur de la formation, le public resta plutôt tranquille et observateur jusqu’à ce que votre humble serviteur ne se dévoue pour enclencher une fosse circulaire. Ma seule déception fut l’absence des proverbiales branches de sapin (à la demande du Théâtre Plaza) que la formation aime lancer dans la foule pour déclencher des échauffourées. Toutefois, Sti avait amené quelques panaches d’animaux chassés par lui pour menacer les spectateurs!
Le temple commençait à se remplir de façon décente et les deux premiers sermons avaient fait leur effet, aidés par le houblon et autres substances. C’était maintenant le moment d’accueillir Brume d’Automne et leurs ceintures fléchées et chemises carottées sur scène pour une des toutes premières fois en douze ans d’existence. Leur sermon à teneur nationaliste québécoise prit une ampleur musicale impressionnante sur scène. Effectivement, bien que leurs deux albums soient d’excellentes œuvres de Métal Noir Québécois, leur musique aux mélodies de guitares longues et mélancoliques prit encore plus de sens et en imposa au public maintenant dans une grande communion. Je fus aussi agréablement surpris par la prestance de «frontman» de Nordet, lui qui est habitué à monter sur scène en tant que guitariste pour Blackscorn. En somme, ce fut un passage extrêmement bien réussi pour Brume d’Automne.
Blacklodge de France était la prochaine formation à fouler les planches du Théâtre Plaza et leur arrivée imposerait un changement drastique d’ambiance et de style, car la troupe française œuvre dans le Black industriel et monte sur scène sans batteur. Effectivement, la rythmique pure de leur musique est assurée par des séquences Techno/industrielles lourdes sur ordinateur, alors que les trois membres du groupe s’occupent des instruments à cordes. Saint Vincent (guitare, chant) et ses deux acolytes se lancèrent avec aisance dans leurs compositions parfois très complexes avec une assurance, une énergie et un brio démontrant toute l’expérience de la formation. Cependant, le technicien de son de la salle n’arriva jamais à mettre les bandes sonores de rythme et de sons industriels assez en avant pour qu’on puisse pleinement expérimenter la puissance dévastatrice que Blacklodge a sur album. Leur passage à Québec deux jours plus tard à l’Anti fut nettement plus réussi côté son. Qu’à cela ne tienne, les spectateurs de Montréal semblèrent au moins favorablement intrigués par ce qu’ils venaient de voir et d’entendre.
Après ce sermon apocalyptique et futuriste de Blacklodge, c’était maintenant à Akitsa de venir donner son premier concert depuis 2008. Œuvrant dans l’univers dangereusement sale et haineux du Raw Black Metal, Akitsa crache son fiel en Français depuis 1999 et sortait cette année son cinquième album complet en carrière. Plusieurs, dont votre humble serviteur, attendaient donc ce moment avec impatience. Sur scène, leur prestation fut solide, malgré un ou deux accrochages mineurs, misanthropique à souhait et froide, mais ce que me surpris le plus, fut la propreté de leur son et de leur visuel en spectacle, comparativement à la saleté malsaine de leurs enregistrements. Principalement composée de ses titres au tempo plus lent et binaire inspiré du Punk, leur prestation sembla ravir la foule et conserva une aura martiale souhaitée dans le genre choisi.
Après ce sermon haineux, élitiste et misanthropique, c’était maintenant à Hypothermia de Suède de nous emmener sur les terres glacées de la négativité avec leur post-Black Metal éthéré et introspectif. Le trio mené par Kim Carlsson (guitare, chant), aussi de Lifelover qui jouerait immédiatement après et de Kall qui jouait la veille, se lança dans ses longues et lentes pièces. Majoritairement instrumentale, si ce n’était d’une pièce jouée vers la fin de leur set, leur performance fut musicalement impeccable, mais ne fit pas l’unanimité chez les spectateurs dont certains trouvèrent la musique ennuyante dans le contexte d’un concert. De plus, cet effet un peu soporifique fut augmenté par la longue durée de leur performance qui dépassa de plus de dix minutes le temps alloué par l’organisation du Festival. Pour ma part, connaissant et appréciant déjà leur musique depuis quelques années, je fus ravi par leur performance musicale solide, mais un peu déçu qu’ils étirent la sauce un peu trop longtemps, ce qui priverait Lifelover de quelques minutes de jeu.
Lifelover s’installa donc à très grande vitesse sur la scène du Plaza et entama sans cérémonial l’ultime sermon de la soirée sur un «It’s cold out here or is it me?» retentissant de Kim Carlsson. Défunte formation ayant cessé ses activités suite à la mort de son compositeur principal en 2011, la célèbre troupe suédoise de Black Metal dépressif est reconnue comme un symbole d’ouverture musicale intégrant toutes sortes d’influences rock, hard rock et alternatives à sa musique imprévisible et elle sut nous le démontrer avec une sélection variée et magique. Contrairement à Kall la veille, leur prestation fut aussi précise et hautement énergique. Kim Carlsson nous démontra même ses talents de danseur sur certaines pièces, exacerbant ainsi le côté ironique et sarcastique contenu dans le nom même de la formation disant être amante de la vie alors que ses thématiques lyriques flirtent avec la plus profonde dépression et le suicide. De plus, celui-ci portait un sarrau blanc maculé de sang pour bien illustrer l’atmosphère unique de Lifelover. Contrairement à Hypothermia et probablement en raison des nombreuses variations stylistiques de Lifelover, leur prestation sembla passer en un éclair et laissa bien des spectateurs pantois alors que d’autres, probablement moins ouverts aux variations musicales, restèrent sceptiques.
Le cerveau rempli d’images de mort et de destruction, les âmes perdues poursuivirent leur infernal festin de destruction ou encore rentrèrent momentanément apaisées dans l’abysse de leur existence habituelle. La Genèse et le premier Psaume passés, les fervents attendaient le second Psaume avec impatience!
Louis-Olivier «Winterthrone» B. Gélinas
by Louis Olivier Brassard Gelinas | Déc 4, 2015 | Critiques, Critiques de Shows
La Messe Des Morts V: Genèse avec Bölzer/Kall/Gevurah/Garotting Deep/Basalte, à la Coop Katacombes à Montréal, le jeudi 26 novembre 2015, une présentation de Sepulchral Productions.

Telles des chauves-souris sortant de leurs sombres tanières seulement la pénombre venue, les âmes perverses, mélancoliques et perdues, affluaient petit à petit dans les Katacombes, suite à la promesse renouvelée pour une cinquième fois par Sepulchral Productions, d’une triple célébration de la Messe Des Morts. En cette soirée glauque et froide aurait lieu la sombre Genèse de cette cérémonie marquée par des incantations d’une quinte d’entités maléfiques. Bölzer, Kall, Gevurah, Garotting Deep et Basalte sont leurs noms. Bientôt, l’obscurité envahit le temple peuplé de cadavres possédés par la flamme noire et la première entité se manifesta.
Basalte, de Montréal, avait la lourde tâche d’entamer la grande cérémonie des arts noirs et s’employa à présenter son sermon métal noir atmosphérique avec une ferveur pleine de concentration. Malgré son style musical éthéré et contemplatif plutôt qu’agressif, la troupe parvint à capter l’attention d’une bonne part des nombreux spectateurs. Toutefois, un groupe plus intransigeant pratiquant une forme plus violente de Black Metal aurait sans doute eu un peu plus d’impact en début de soirée. Basalte s’en tira par contre très bien en livrant une performance concise et précise dont le seul point faible, quant à votre humble serviteur, fut les répétitions parfois excessives de certains motifs musicaux quelque peu monotones. En somme, il s’agit d’une entrée en matière réussie bien que j’aurais personnellement préféré recevoir un coup de poing au visage plutôt qu’une caresse de mélancolie pour commencer trois jours d’arts noirs.
C’était maintenant au tour de Garotting Deep de Vancouver de venir nous donner le second sermon de la soirée et cette fois nous naviguerions dans les eaux d’un Death Metal bien gras et méchant de la vieille école interprété avec des atmosphères occultes dignes du Black Metal. Alternants passages rapides et brutaux et introspection douloureuse, Garotting Deep fit fort belle impression aux morts-vivants nombreux qui occupaient la salle. Le trio interpréta effectivement avec précision et intransigeance ses hymnes, quoiqu’il aurait parfois pu en donner un peu plus côté énergie et mouvement. Toutefois, pour votre scribe, leur musique fut une très belle découverte et leur prestation amena déjà un peu plus d’agression et de violence à une soirée jusqu’ici plutôt calme. Après leur courte et excellente prière maléfique, la troupe se retira sous les acclamations de la foule pour laisser place à Gevurah.
Gevurah, de Montréal, est un duo de Black Metal occulte s’incarnant sous la forme d’un quatuor sur scène. Leur musique est d’une lourdeur extrême, assemblant à merveille influences Black et Death. Sur scène, Gevurah prit tout son sens avec une prestation extrêmement solide et visuellement impeccable. Dans la noirceur totale à l’exception, de la lumière de chandelles sur des candélabres de part et d’autre de la batterie, les membres du groupe nous livrèrent avec aplomb leurs odes mystiques à Satan. Hypnotisant, notamment grâce à des volutes insistantes d’encens, leur sermon fut sans doute le premier moment de communion totale de la soirée, soit où la musique, le visuel et l’olfactif se combinèrent dans une symbiose parfaite. Convaincu, votre humble scribe fut incapable de trouver une faiblesse objective à cette prestation de maîtres. Trop vite, leur sermon prit fin et ce fut autour des suédois de Kall d’entrer en scène.
La formation censée être la continuation spirituelle de Lifelover faisait face à de grandes attentes de certains membres du public. Effectivement, le fait que Kall ait été fondé par Kim Carlsson (chant) et Fix (guitare) et H (guitare) suite à la fin tragique de leur illustre projet précédent, ainsi que le fait que Lifelover venait commémorer le dixième anniversaire de leur fondation le lendemain au Théâtre Plaza pour leur tout premier spectacle à Montréal étaient deux raisons suffisantes pour être au moins intrigué par la prestation de la bande complétée par Phil A. Cirone (basse) et AQC (batterie). Malheureusement, après un départ de prestation quand même réussi notamment au point de vue de l’énergie déployée sur scène, Kall sembla s’engluer dans ses excès de drogue et d’alcool. En effet, certains membres, notamment le bassiste, semblaient totalement perdus sur scène et multiplièrent les imprécisions évidentes et les erreurs. De plus, la musique du groupe me laissa plutôt sur ma faim, ressemblant à une pâle copie de ce que Lifelover faisait avec beaucoup plus d’aplomb jusqu’en 2011, soit un Black Metal dépressif teinté d’une forte dose de rock alternatif. En somme, ce fut le moment le plus ennuyant de la soirée pour moi et le public sembla largement perdre son attention, profitant de ce creux de soirée pour parler ou sortir dehors.
Suite au passage à vide de Kall, nous nous préparions pour le Black/Death abrasif et lourd de Bölzer. Bölzer est un duo originaire de Suisse et formé par l’imposant KzR à la guitare et au chant et le brutal HzR à la batterie. Malgré le fait que la formation n’ait que deux EP et un Demo à son actif en sept ans d’existence, elle s’est taillée une solide réputation en raison de sa musique d’une lourdeur et d’une puissance extrême malgré son minimalisme instrumental. J’avais beaucoup entendu parler de Bölzer suite à leur passage à Montréal au festival «Wings of Metal 2014» et j’étais donc impatient de les voir pour la première fois sur scène de mes propres yeux. Avec un talent qui me rappela inévitablement les géants de Inquisition, ceux-ci parvinrent effectivement à transporter la foule qui remplissait les Katacombes à pleine capacité dans son univers païen et occulte avec seulement trois éléments: des motifs de guitare superbes et complets, une batterie puissante et sans compromis et des incantations vocales hurlées et parfois claires. Pour la première fois de la soirée, les cadavres s’entrechoquèrent inlassablement dans un maelström décadent tout au long de la performance où l’on put apercevoir un certain bassiste de Kall qui semblait se battre avec un ennemi intérieur. Après une prestation extrêmement solide et mouvementée, Bölzer acheva donc son sermon devant une salle comblée, mettant ainsi fin à Genèse de la Messe des Morts V…
Le cerveau rempli d’images de mort et de destruction, les âmes perdues poursuivirent leur infernal festin de destruction ou encore rentrèrent, momentanément apaisées, dans l’abysse de leur existence habituelle. La Genèse passée, ils se préparaient au premier Psaume…À suivre pour les Psaumes I et II!
Louis-Olivier «Winterthrone» B. Gélinas