Critique d’album (FR/EN): Archetype – «Mission»

Archetype - Mission cover artwork

ARCHETYPE
«Mission»
Indépendant
2016

Liste des pièces
1. «Welcome»
2. «Declaration»
3. «Ambitious»
4. «Foundation»
5. «Surprise»
6. «Episode»
7. «Glimpse»
8. «Valediction»
9. «Ouverture Ambitieuse» (Bonus Track)

*Scroll down for English version. Translation by Lex Ivian
La scène Metal québécoise a toujours été un terreau fertile à l’exploration musicale. En effet, que l’on parle des pionniers de Voivod et leur façon totalement révolutionnaire d’interpréter le Thrash Metal, des aventures techniques de Cryptopsy, Obliveon et Kataklysm au début des années 1990 ou d’artistes plus récents comme Unexpect et leur musique de cirque métallisée et psychotique, la Province a toujours regorgé de projets musicaux extrêmement originaux qui repoussent les limites de leur genre de prédilection.

ARCHETYPE, groupe formé en 2013 à Montréal, se veut l’héritier de cette tradition québécoise d’innovation musicale dans un contexte Metal et nous présente cette année son tout premier effort complet conséquemment nommé «Mission». Menée par Pash-Khaal, chanteur et compositeur à la formation musicale académique classique, la troupe nous y présente un Death/Thrash Metal progressif complètement hors normes qui laissent place à une expérimentation quasiment sans borne avec les structures musicales. La question, comme avec toute expérimentation, est de savoir si ces savants fous arrivent à un résultat probant pour leurs auditeurs ou si ces derniers se sentiront complètement largués à l’écoute de l’opus. Décortiquons donc ladite galette.

Tout d’abord, «Mission» consiste en huit «chansons» de durées variant entre trois minutes et treize minutes auxquels ils ont ajouté une pièce «cachée» de musique classique d’un peu plus de huit minutes intitulée «Ouverture Ambitieuse». Dès la consultation du livret, l’auditeur constatera que ARCHETYPE ne fait pas les choses comme les autres, puisque plutôt que d’y retrouver les paroles des chansons, celui-ci y lira plutôt une courte description de celles-ci rédigée en Français, alors que les paroles des chansons sont en Anglais.

Comme mentionné en introduction, la musique qui y est présentée se base sur un Thrash Metal vindicatif dont l’agression peut se rendre aux frontières du Death Metal et parfois de certains accents Black Metal, dans la pièce «Glimpse» et «Valediction» principalement. La musique est donc basée sur les traditionnels motifs d’un duo de guitares sur une section rythmique lourde et agressive complétée par les voix psychotiques hurlées, râpées, grognées et parfois chantées en falsetto du chanteur. Là où ARCHETYPE se distingue radicalement de la masse des autres formations Metal, c’est surtout dans les structures complètement déjantées sur lesquelles les pièces sont construites. Les influences de groupes tels que Strapping Young Lad et System of a Down transpirent donc dans la musique.

Prenons la pièce introductive, «Welcome», en exemple. Bien loin d’une introduction orchestrale traditionnelle, il s’agit d’une pièce à part entière qui se veut une description de l’exercice auquel se livrera ARCHETYPE sur le reste de l’album. Clairement, il s’agit d’une pièce dans laquelle chaque motif part d’un point et se transforme pour ensuite laisser la place à une nouvelle idée qui elle aussi part dans une autre direction et se métamorphose. Celle-ci me fait penser à un serpent qui ondule dans toutes les directions ne semblant jamais trouver de repos et ne trouvant jamais vraiment l’endroit où il se dirigeait. En somme, la pièce s’avère très réussie si l’idée est de déstabiliser l’auditeur et de lui montrer à quoi il peut s’attendre sur le reste de l’album. Cependant, l’amateur moyen de Metal s’y retrouvera probablement un peu perdu et laissé en chemin dans les dédales d’un labyrinthe qui ne mène finalement nulle part.

La seconde pièce, «Declaration», si elle est tout aussi originale que la première en ce qui à trait à la structure, se révèle tout de même beaucoup plus accrocheuse et clairement dirigée. En effet, ARCHETYPE nous y laisse plus le temps d’apprécier les motifs complexes et les rythmiques atypiques employés tout en y intégrant de très intéressantes influences néo-classiques convergeant vers une finale apogée circassienne et psychotique.

ARCHETYPE poursuit encore avec «Ambitious», déluge d’agressivité qui semble cependant se perdre en efficacité dans ses propres dédales un peu comme «Welcome». C’est donc sur le trio: «Foundation», «Surprise» et «Episode» que ARCHETYPE retrouve la vitesse de croisière prise dans «Declaration» avec une virtuosité impressionnante et le côté néo-classique posé dans une structure psychotique. Le tout poursuit donc en grand sur «Glimpse», la plus longue pièce de l’album et la plus ambitieuse basée sur des influences importantes de Strapping Young Lad et qui laisse transparaître un certain côté Black Metal symphonique.

Puis, le groupe conclut avec «Valediction», une pièce qui touche principalement au Death mélodique à la Children of Bodom stylistiquement parlant, mais dont l’approche vocale «narrée» détonne et surcharge peut-être inutilement la pièce autrement très bien construite. Enfin, la pièce cachée «Ouverture Ambitieuse» termine l’opus dans la grâce et la majesté de la musique classique interprétée par L’Orchestre de l’Université de Montréal. En somme, l’album est une série d’expérimentations plus ou moins réussies qui rendent le tout difficile à cerner. Il réclamera donc de nombreuses écoutes pour être apprivoisé, s’il l’est, car certaines pièces se révèlent être un défi à l’auditeur.

Enfin, j’aimerais glisser un mot sur l’excellente production du studio El Tonio (enregistrement et mixage) et de Silver Wings Studio (mastering) qui confère à la musique un côté très organique, notamment à ce qui à trait aux percussions, tout en lui conférant puissance et précision.

En conclusion, «Mission» est un premier album dense et touffu aux structures défiant toute logique de base pour ARCHETYPE. Si les expérimentations de la troupe montréalaise laissent parfois l’auditeur loin derrière par un certain manque de concentration et une absence de motifs accrocheurs, la majorité de celles-ci se révèlent tout de même très intéressantes et riches après de nombreuses écoutes attentives. Je conclurai en me rappelant une bribe de conversation que j’ai eue avec la formation suite à leur passage au challenge Parkinson Metal 2014: «Est-ce que le monde est prêt pour ARCHETYPE?» À vous d’y répondre, mais soyez prêts à travailler autant que le groupe pour comprendre leur délire!

Pièces favorites: «Declaration», «Foundation», «Glimpse».

7/10

Louis-Olivier «Winterthrone» B. Gélinas

The Metal scene from the Province of Quebec has always been a fertile ground for musical exploration. Indeed, we can speak of the pioneers Voivod and their totally revolutionary way to interpret Thrash Metal, or of the technical adventures of Cryptopsy, Kataklysm and Obliveon in the early 1990’s and even of more recent artists like Unexpect and their extreme psychotic circus music; the Province has always been full of highly original musical projects that push the boundaries of their chosen genre.

ARCHETYPE, group formed in 2013 in Montreal, wants to be the heir of this Quebec tradition of musical innovation in a Metal context and presents this year its first full-length aptly titled «Mission». Led by Pash-Khaal, singer and composer who has a classical music background, the group plays a Progressive Death/Thrash Metal completely out of standards that leaves room for experimentation with almost boundless musical structures. The question, as with any experiment, is whether these mad scientists arrive at a successful outcome or if the listeners feel clueless listening to the album. Let me tell you how I felt.

First, «Mission» consists of eight songs lasting between three minutes and thirteen minutes to which they added a hidden song of classical music of a little over eight minutes titled «Ouverture Ambitieuse». Upon consultation of the booklet, the auditor will find that ARCHETYPE do not do things like others, since there rather than finding the lyrics, it is rather a short description of the songs written in French, while the lyrics are in English.

As mentioned in the introduction, the music that is presented here is based on a vindictive Thrash Metal aggression which leans towards Death Metal and sometimes add some Black Metal accents, as in «Glimpse» and «Valediction» mainly. The music is based on the traditional patterns of a guitar duo on a heavy and aggressive rhythm section supplemented by a psychotic vocal yelled, screamed, growled and also sometimes sung in falsetto. Where ARCHETYPE is radically different from the mass of other Metal groups is in the completely crazy structures on which the songs are crafted. Influences of groups such as Strapping Young Lad and System of a Down therefore transpire in its music.

Take the introductory song, «Welcome», as an example. Far from a traditional orchestral introduction, this is rather a full song that is intended as a description of the exercise in which will engage ARCHETYPE for the rest of the album. Clearly, this is a composition in which each pattern starts from a point, transforms itself and then is replaced by a new idea that goes in another direction through its metamorphosis. This brings me the image of a snake undulating in all directions never finding rest and never really finding the place where it was heading. In short, the song is very successful if the idea is to destabilize the listener and show him what he can expect for the rest of the album. However, the average Metal amateur will probably find it a bit confusing and be left clueless in the corridors of a labyrinth that ultimately lead nowhere.

The second song, «Declaration», if it is as original as the previous regarding structures, is more catchy and clear heading. Indeed, here ARCHETYPE allows more time to appreciate the intricate patterns and atypical rhythmic played while the song integrates very interesting neo-classical influences converging in a circassian and psychotic apogee.

ARCHETYPE continues with «Ambitious», a flood of aggressivity which however seems to lose its efficiency in its own maze, a bit like «Welcome». With the next three songs: «Foundation», «Surprise» and «Episode», ARCHETYPE finds back that momentum built in «Declaration» with impressive virtuosity and a neo-classical approach set in a psychotic structure. It get to the next level with «Glimpse», the longest and most ambitious track of the album based on important influences from Strapping Young Lad and incorporating a certain Symphonic Black Metal touch.

Then, the album concludes with «Valediction», a song that primarily falls stylistically in the Melodic Death Metal of Children of Bodom, but the narrated vocal clashes and may unnecessarily overload this song which otherwise is very well crafted. Finally, the hidden song «Ouverture Ambitieuse» ends the album with the grace and majesty of classical music performed by the Orchestra of the University of Montreal. In short, the album is a serie of more or less successful experiments that make it all a bit elusive. So it will need many listenings to be digested, if it is, because some songs are definitely challenges to the listener.

Finally, I would like to add a word about the excellent production by the studio El Tonio (recording and mixing) and Silver Wings Studio (mastering) that gives the music a very organic feel, particularly for the drum, while giving the whole power and precision.

In conclusion, «Mission» is a dense and intricate first album with structures that defy basic logic. If the experiments of the Montreal group sometimes leave behind the listener cause of a lack of cohesiveness and of hear-catching patterns, the majority of songs will reveal themselves to be very interesting and rich after many careful listenings. I will conclude by recalling a sentence from a conversation I had with the group following their performance at the Parkinson Metal Challenge 2014: «Is the world ready for ARCHETYPE?». It is now up to you to figure out, but be prepared to work as much as the group to understand their madness!

Favorite songs: «Declaration», «Foundation», «Glimpse».

7/10

Louis-Olivier «Winterthrone» B. Gélinas

 

Critique d’album (FR/EN): Deviant Process – «Paroxysm»

Deviant Process cover artwork

DEVIANT PROCESS
«Paroxysm»
PRC Music
Mars 2016

Liste des pièces:
1. «Unconscious»
2. «Narcissistic Rage»
3. «Persecution»
4. «As the End Begun»
5. «Obsolete»
6. «Paroxysm»
7. «Dysfunctionnal Therapy»
8. «»

*Scroll down for English version. Translation by Lex Ivian
Le Death Metal progressif et technique est un genre où l’excès de virtuosité et l’absence de souci de musicalité peut souvent venir saturer l’auditeur au point que celui-ci se sente complètement largué. Ce style musical peut donc être facilement victime de ses qualités lorsque ses artisans se mettent sans vergogne à fabriquer des grappes de notes dépourvues d’âmes et n’arrivent pas à formuler ce qu’on pourrait simplement appeler une chanson ou une pièce musicale qui transporte une ou des émotions. Cela étant dit, les virtuoses locaux de DEVIANT PROCESS nous livraient enfin leur premier effort complet intitulé «Paroxysm», cinq ans environ après leur premier EP. Votre humble serviteur se posait donc la question suivante lorsqu’il ouvrit l’emballage de ladite galette: est-ce que l’attente de près de trois ans depuis le début du travail sur cet album en aura vraiment valu la peine ou est-ce que DEVIANT PROCESS tombera dans le piège de son style musical précédemment évoqué?

Dès les premières notes de l’introduction de basse de «Unconscious», les doutes se dissipent dans l’esprit de l’auditeur qui assistera à un véritable déluge de motifs de guitare, de basse et de batterie, tous plus renversants les uns que les autres par leur virtuosité, mais conservant des structures suffisamment aérées et «groovys» pour conserver l’attention et donner une direction claire à l’ensemble. Le tout est surplombé des grognements gutturaux et hurlements d’usage, s’égosillant sur les travers psychosociologiques d’une humanité en perte de repères.

Le quatuor formé de Jean-Daniel Villeneuve (guitares, chant), Stéphane Simard (guitares, chœurs), Pierre-Luc Beaulieu (basse) (sur l’album, depuis remplacé par Philippe Cimon) et Antoine Baril (batterie) (sur l’album, depuis remplacé par François C. Fortin), évite donc de tomber dans le travers de bien des groupes du genre qui en faisant flèche de tout bois, tirent vers toutes les cibles, mais n’en atteignent aucune. Ils savent donc intégrer des passages aériens de guitares acoustiques, des interludes de basse pour entrecouper les passages chaotiques tout en contretemps et soli divergents superposés afin d’éviter la saturation trop rapide de nos oreilles chastes.

De plus, la section rythmique et le chant contribuent à rendre plus cohérent ce tout si éclaté et dense à prime abord, en conservant jalousement la direction de la chanson. L’album est donc une véritable leçon de composition de Death Metal progressif et technique sur laquelle certains «gros noms» du genre pourraient même prendre exemple.

Au chapitre de la production, le travail exécuté en partie par Antoine Baril (capture sonore et édition) et complété par François C. Fortin (édition, mixage et mastering) est tout simplement formidable. En effet, évitant de tomber dans la surproduction et les sonorités plastiques qui sont une des plaies qui affectent souvent le genre, ceux-ci sont parvenus à conférer à l’effort un son profond, clair et précis tout en étant organique. La batterie sonne comme une vraie batterie et non comme un moulin à coudre, les guitares déchirent et la basse dévaste tout.

Enfin, je me dois de souligner la qualité de la présentation graphique de l’effort créée par Sébastien Bouchard, car l’image psychotonique de la pochette traduit merveilleusement bien la musique démente et superbe de DEVIANT PROCESS.

En conclusion, DEVIANT PROCESS s’impose avec «Paroxysm» comme une référence de son genre musical de prédilection et va rejoindre, que dis-je, peut-être même déstabiliser des idoles du genre telles que Unhuman, Necrophagist et Obscura. Effectivement, les compositions présentées sont non seulement solides, mais complètement d’un autre monde en matière de virtuosité, tout en étant superbement efficaces sur le plan de la musicalité. La seule réserve possible au matériel présenté sur cet album sera reliée à sa densité qui exigera des auditeurs quelques bonnes écoutes attentives avant de faire son chemin dans leurs synapses. En somme, les gros noms du Death Metal progressif et technique n’ont qu’à trembler, DEVIANT PROCESS arrive!

9,5/10

Louis-Olivier «Winterthrone» B. Gélinas

Lex Ivian (Édition)

The progressive technical Death Metal is a genre where excess of virtuosity and lack of concern about musicality can often saturate the listener to the point that he feels completely clueless. This musical style can be easily victim of its qualities when musicians shamelessly create notes clusters devoid of souls and unable to formulate what might be just called a song or music that transports emotions. That said, local virtuosos DEVIANT PROCESS finally delivered their first full length effort entitled «Paroxysm» five years after their first EP. Your humble servant therefore was wondering when he opened the package if waiting for nearly three years since the beginning of the work on this album would be well worth it or would DEVIANT PROCESS fall into the aforementioned trap of its musical style?

From the first notes of the bass introduction of «Unconscious», doubts dissipate into the mind of the listener who will attend a deluge of guitar, bass and drums patterns, each more stunning than the others by their virtuosity, but nonetheless allowing the song to breathe and retaining enough groovy structures to keep the attention and give a clear direction to all. The whole is topped with guttural grunts and howls of use in the style, singing about humanity’s mishaps through the loss of its psychological and perceptual benchmarks.

The quartet of Jean-Daniel Villeneuve (guitars, vocals), Stéphane Simard (guitars, backvocals), Pierre-Luc Beaulieu (bass) (on the album, since replaced by Philippe Cimon) and Antoine Baril (drums) (on album, since replaced by François C. Fortin), as I said, avoid to fall into the same trap as many groups of that style which  frantically shoot at all targets, but miss most of them. So they know how to integrate aerial passages of acoustic guitars and bass interludes to intersect the chaotic offbeat passages with divergent solos, all set to avoid a too rapid saturation of our chaste ears.

Furthermore, the rhythm section and the vocals contribute significantly to keep it coherent, jealously preserving the direction of the song even though it is all exploded and dense at first. The album is a true lesson in composition in the realm of technical progressive Death Metal on which some «big names» of the style could even take example.

In terms of production, the work performed in part by Antoine Baril (recording and editing) and completed by François C. Fortin (editing, mixing and mastering) is just great. Indeed, avoiding to fall into overproduction and plastics sounds that often badly infect the style, they have managed to give the result a deep, clear and precise sound while being organic. The drum sounds like a real drum, not like a sewing machine, guitars are ripping and the bass destroys everything.

Finally, I must emphasize the quality of the graphic presentation of the album created by Sébastien Bouchard, because the psychotonic artwork of the album cover depicts wonderfully the demented and superb music of DEVIANT PROCESS.

In conclusion, with «Paroxysm», DEVIANT PROCESS sets itself as a reference to its genre and joins, perhaps even destabilizes idols of the style such as Unhuman, Necrophagist and Obscura. Indeed, the compositions presented are not only strong, but are completely out-of-this-world in terms of virtuosity, yet superbly effective in terms of musicality. The only setback facing the material presented on this album will be its density that will require from listeners some good attentive listenings before making its way into their synapses. In short, the «big names» in technical progressive Death Metal should be aware and brace themselves, DEVIANT PROCESS is coming!

9,5/10

Louis-Olivier «Winterthrone» B. Gélinas

 

Le triomphe du mal

Monarque (retour sur scène à Québec après 5 ans d’absence), Brume d’Automne et Цар Стангра à L’Anti Bar & Spectacles de Québec le samedi 9 avril 2016. Une présentation de Les Productions Hérétiques.

9 avril 2016 - Québec - Monarque affiche
Ô sombre félicité! Ô morbide joie! Après 5 ans d’absence des planches de la Belle Province, ponctuée seulement par la sortie de son dernier effort complet, l’excellent «Lys Noir» (2013), Monarque annonçait récemment son retour sur scène à Montréal, Rouyn-Noranda et ensuite Québec avant de s’envoler pour la France et le Festival Ragnard Rock à la fin juillet où il jouera en compagnie de grosses pointures telles que Belphegor, Amorphis, Graveland et Nokturnal Mortum. Connaissant les intérêts occultes de votre humble serviteur, vous comprendrez qu’il était hors de question qu’il ne manque le retour du grand artisan du mal et de la noirceur dans sa ville natale, qui plus est en compagnie des païens bulgares de Цар Стангра et des traditionalistes québécois de Brume d’Automne! C’est donc avec hâte et fébrilité qu’il se faufila parmi les rues et ruelles glauques de la Basse-Ville de Québec pour se diriger vers les lieux de la Messe noire annoncée.

Arrivant sur les lieux peu avant l’heure prévue de début du concert, soit 20 h 30, votre scribe eut l’agréable surprise de constater que la salle était déjà presque remplie à pleine capacité et qu’il y régnait une atmosphère fébrile qu’on ne ressent que dans ce genre d’occasions très spéciales où une formation extrêmement marquante pour un courant musical fait un retour après plusieurs années sans représentations scéniques. Après quelques minutes de retard qui sont la règle dans tous les concerts, Цар Стангра prit d’assaut la scène pour entamer les hostilités.

Création de deux Québécois d’origines bulgares, Stanislav Stefanovski (basse, chant, composition) et Dobrin Stoyanov (guitares, composition), Цар Стангра (se prononce Tsar Stangra) évolue depuis environ un an en tant que quintette avec l’addition de Raphaël Raymond (guitares), Mike Raymond (batterie) et Marc-André Houle (claviers). Après la sortie de deux démos et un premier concert l’an passé, il s’agissait d’un grand moment pour la jeune formation qui partageait maintenant la scène avec deux grosses pointures du Métal noir québécois. Avec leurs compositions longues, mélodiques et élaborées avec des idées et des paroles provenant du folklore bulgare, le quintette capta assez aisément l’attention des très nombreux spectateurs présents. Avec leur présence belliqueuse et dynamique et leurs costumes de guerriers païens revenus d’outre-tombe, les membres du groupe eurent même droit à des échauffourées assez importantes dans la fosse. Musicalement, leur performance fut très intéressante, pour un groupe qui n’en était seulement qu’à sa deuxième prestation sur scène, mais ne fut pas dépourvue de quelques passages ardus sur le plan du synchronisme musical. Il y a donc encore place à l’amélioration, mais la reprise de «Perun’s Celestial Silver» de Nokturnal Mortum en fin de parcours aura suffi à marquer la mémoire des nombreux amateurs de Black Metal présents, j’en suis sûr! Enfin, la sonorisation de David Lizotte fut impeccable après un ajustement au cours de la première pièce de leur prestation.

Après un court entracte, c’était au tour des vétérans de Brume d’Automne de venir nous présenter leur Black Metal teinté de nationalisme québécois, de folklore et d’histoire. Active depuis 2003, la formation a marqué la scène Black Metal avec deux albums: «Fiers et Victorieux» (2005) et «Brume d’Automne» (2012), mais ne s’est dirigé vers la scène que l’an passé. Muni de ceintures fléchées et de quilles de Labatt 50, le quintette mené par Nordet (chant) se lança dans une interprétation intense et énergique de son Métal noir cru, mélodique et teinté de passages à saveur folkloriques. Malgré quelques problèmes avec le son de guitare sur scène qui semblèrent mettre à l’épreuve la patience des membres du groupe en début de parcours, leur son fut tout à fait clair et défini pendant tout le reste de leur performance. La bande en profita pour nous livrer de nombreux classiques comme «Tels des béliers», «Quand les morts s’agitent» ou « La Mort d’un patriote» et en fin de parcours, une toute nouvelle pièce à paraître sur leur prochain album: «La grande noirceur». Musicalement très solide, leur performance leur attira les réactions enthousiastes des nombreux spectateurs et le houblon se répandit en douche dans la fosse. Ce fut donc un excellent moment de Métal noir québécois!

Après une pause un peu plus longue que la précédente, c’était maintenant le grand moment tant attendu du retour de Monarque devant son fidèle public de Québec. Outre Monarque (chant), la nouvelle incarnation scénique de ses hymnes malsains se complète de Bardunor (Basse), Atheos (guitare), Anhidar (guitare) et Sulphur (batterie). La quinte infernale s’installa sur scène au son de la narration introductive de l’album «Lys noir» avant de nous assaillir de ses motifs de guitare glaciaux et de ses «blastbeats» démoniaques avec «L’appel de la nuit». Bénéficiant d’un son admirablement bien balancé et des violentes réactions des partisans du mal présents, la performance musicale de la formation fut précise, puissante et malicieusement charismatique. Enchaînant les succès tels que «La quintessence du mal» et «Fier Hérétique», Monarque nous offrit même en fin de parcours une participation vocale de Thorleif (Délétère, Valknacht) et une reprise magique de «Under a Funeral Moon» de Darkthrone avant de quitter sur un moment particulièrement épique avec «Marches funèbres ». Après plus d’une heure d’une performance particulièrement réussie et relevée, la troupe de damnés put donc se retirer sous les acclamations d’une horde reconquise, ayant triomphé dans un retour de conquérant!

En conclusion, ce fut un concert et un évènement unique comme la scène Black Metal québécoise en connaît trop peu depuis quelque temps déjà, à l’exception de l’annuelle Messe des Morts. Monarque aura réussi le pari de son retour sur scène après cinq ans avec une majesté diabolique et aura su s’entourer de vétérans, comme de nouveaux venus afin de le faire avec encore plus de panache. Enfin, je me dois de dire un gros merci au Monarque en personne pour m’avoir donné accès aux trésors de Satan en cette soirée de magie noire.

Louis-Olivier «Winterthrone» B. Gélinas

 

Le trône de drogue dans un Cercle sous influence…

Dopethrone, Evil Can Evil, Black Khox et Cyanide Eyes au Cercle à Québec, le samedi 2 avril 2016. Une présentation de Let Live Productions et Productions Rock City.

2 avril 2016 - Québec - Dopethrone affiche

Il y a quelque chose d’un peu spécial, à retourner aux chroniques métalliques sur Ondes Chocs, après l’arrivée dans la vie de votre humble scribe d’une enfant magnifique. Voici donc, ma toute première revue de concert Metal après une absence relativement longue motivée par ladite naissance de ma fille et je tiens à dire que c’est un grand plaisir de m’adresser à vous à nouveau, chers lecteurs assidus d’Ondes Chocs!

La désormais célèbre formation montréalaise de Doom/Sludge/ Stoner Metal Dopethrone s’amenait à Québec en ce doux samedi de printemps et serait accompagnée d’un trio de formations locales: les rockeurs stones de Evil Can Evil, les gelés métalleux de Black Khox et les «Sludgeux postmétalliques» de Cyanide Eyes. C’est donc laissant ma progéniture maléfique aux mains de ma lionne d’acier favorite, pour quelques heures de défoulements herbacés, que je pris le chemin de la sombre rue Saint-Joseph et du Cercle en solo.

Arrivé sur les lieux quelques minutes après l’heure théorique de début du concert, soit 8 heures, j’eus la double satisfaction de constater que la salle était déjà très bien peuplée et que Cyanide Eyes n’avait pas encore entamé le voyage astral prévu. J’eus donc le temps de saluer plusieurs connaissances présentes avant que le trio ne se mette à exécution.

Cyanide Eyes est une formation de Québec œuvrant dans une stylistique Sludge et Post-Metal depuis 2011. Celle-ci se compose de Math (basse), Dave (guitare/voix) et Crocko (batterie). En étant à ma deuxième prestation de Cyanide Eyes, je fus encore ravi par leur optique exploratoire qui nous transporte dans des atmosphères tantôt astrales, tantôt infernales. Cependant, à l’exception du chanteur-guitariste, je fus un peu déçu par le caractère statique de la prestation, même dans les parties plus intransigeantes et mouvementées de leurs pièces. De plus, leur prestation ne fut pas toujours solide sur le plan musical, plusieurs transitions semblant manquer de synchronisme et quelques passages carrément incertains au rendez-vous. Ce fut donc une prestation somme toute agréable, mais un peu inégale et manquant d’entrain.

Après une pause permettant aux odeurs de cannabis de se répandre à l’extérieur, c’était maintenant à Black Khox  de venir s’exécuter. Quatuor local composé de Maxime Gélinas (guitares), Francis Beausoleil (guitares), William Lapointe (basse, chant) et Christian Plante (batterie), la bande a deux sorties à son actif soit: «Demo» (2012) et le LP «A.K.A.B.» (2014). Sur scène, leur son Stoner Rock/Metal énergique fut admirablement bien porté à son meilleur par une sonorisation puissante. De plus, du côté de la présence scénique, ils s’exécutèrent avec un dynamisme qui mit le feu aux poudres parmi les nombreux spectateurs présents et fit donc ombrage à la prestation du groupe précédent, semblant d’autant plus passif. Il faut aussi mentionner que leur musique est beaucoup plus agressive et directe que celle de Cyanide Eyes, ce qui leur donna nécessairement un avantage dans un contexte scénique. En somme, ce fut une prestation très professionnelle tant au point de vue musical, qu’au point de vue de l’action sur scène pour Black Khox.

La soirée avançait à bon train et c’était donc maintenant à Evil Can Evil de Québec de prendre place sur la belle scène du Cercle. Avec leur Stoner Rock de la vieille école aux accents blues, la formation composée de Jean-François Fortier (guitare/chant), Manuel Grenier (basse/chœurs), Sébastien Harvey (guitare/chœurs) et Mathieu Henri (batterie) parvinrent sans peine à maintenir le niveau d’énergie et de qualité musicale imposé par le groupe précédent. Leurs compositions fidèles au style choisi par le quatuor furent néanmoins accrocheuses et portées par la voix rauque et juste du chanteur-guitariste, ainsi que par les guitares puissantes. La sonorisation de leur performance fut tout aussi puissante et solide que celle de la prestation de Black Khox, ce qui contribua à rehausser la qualité d’ensemble de celle-ci. En fin de compte, ce fut donc une performance de haut niveau pour Evil Can Evil.

Le grand moment de la soirée était donc arrivé avec l’entrée en scène des têtes d’affiche de Dopethrone munis leur mélange unique de Doom/Sludge/Stoner Metal lourd à souhait chapeauté par le chant râpeux et démoniaque de Vincent Houde (guitare, chant). Le trio complété par Vyk (basse) et Big Borman (batterie), s’amenait à Québec avec le dernier de ses quatre albums intitulé «Hochelaga» (2015) et une estime de plus en plus grande de la part des amateurs de Metal québécois, donc le vent dans les voiles. Sur scène, leur prestation fut d’une lourdeur sonore sans pareil qui envoyait valser les canettes de bière encore pleines du chanteur-guitariste, placées directement devant son moniteur. La bande performa aussi de façon très dynamique, y allant même d’interventions humoristiques et divertissantes entre ses assauts musicaux. On eut même droit à la présence du parolier Uncle Costa, s’allumant une clope et aspergeant la foule de vin blanc tout en interprétant une «Scum Fuck Blues» endiablée. De plus, la réaction du public nombreux se révéla être la meilleure de la soirée. En conclusion, ce fut une performance orgiaque et de la lourdeur d’un rouleau compresseur pour Dopethrone.

Pour terminer, je dois remercier les organisateurs du concert: Nico Reymond de Let Live Productions et Chucky Macdonald des Productions Rock City, pour l’accès à la soirée. Je dois aussi les féliciter pour avoir sélectionné une affiche aussi bien calibrée et logique sur le plan des genres musicaux. Enfin, tous les groupes de l’alignement ont su tirer leur épingle du jeu à des degrés divers, ce qui indique la grande qualité de notre scène locale et fit de la soirée un succès sur toute la ligne.

Louis-Olivier «Winterthrone» B. Gélinas

 

Décapitation de masse…

Decapitated, Theories, Unbreakable Hatred et Soiled By Blood au Cercle, le mardi 2 février 2016. Une présentation de District 7 Production.

2 février 2016 - Decapitated - Quebec

 

Decapitated est l’un de ces groupes longtemps considérés comme faisant partie de l’élite du Death Metal Technique moderne, avant une tragédie routière en 2007 qui coûta la vie à son batteur original, Vitek, et handicapa son second chanteur, Covan, de telle façon qu’il ne fut plus en mesure d’assumer son rôle. Le groupe connut donc une seconde incarnation avec Krimh, puis Młody à la batterie, Rafał Piotrowski au chant et une succession de bassistes, ne laissant que Vogg (guitare) comme membre original. Ce changement se traduisit aussi dans leur musique qui évolua vers un hybride de Death Metal et de Groove Metal qui leur fit perdre des plumes auprès de leurs fanatiques de la première mouture de la formation polonaise qui avait produit quatre excellents albums.

Deux albums et quelques 8 ans après leur reformation de 2009, votre humble scribe n’avait pas encore eu la chance de voir ce groupe sur scène et comptait bien se reprendre lorsque le concert de Québec fut annoncé il y a quelques semaines. De plus, après un premier alignement sans groupes locaux, le retrait de Black Breath de la tournée provoqua une refonte de l’affiche avec l’ajout des brutes locales du Death brutal de Unbreakable Hatred, dont j’avais raté le lancement d’album en septembre et de Soiled By Blood qui furent invités par District 7 Production pour entamer les hostilités. Ce fut donc avec excitation que ma douce moitié métallisée et moi-même enfilâmes bottes et manteaux pour nous diriger vers Le Cercle.

Soiled By Blood, jeunes prodiges de la scène Death Metal de Québec entrèrent en piste à l’heure prévue de 20h tapantes pour nous livrer un assaut brutal composé de pièces de leur très bon album «Serving The Bowels of God» (2014), ainsi que de quelques nouveaux morceaux. Bénéficiant de la sonorisation experte de François «Franky Blastbeat» C. Fortin, mais, contraint de s’exécuter dans un espace très restreint en raison de la présence de la batterie de tournée de Decapitated, en plus de la leur, sur scène, le quintette nous livra une prestation honnête et droite, mais peut-être un peu moins mouvementée qu’à leur habitude en raison du fait évoqué précédemment. Quoi qu’il en soit, la troupe fut encore extrêmement efficace dans sa livraison et réussit non sans insistance, mardi soir oblige, à déclencher quelques échauffourées en fin de set. Ce fut donc une très belle entrée en matière pour une soirée relevée de Death Metal.

Après une pause rallongée par des problèmes techniques avec l’amplificateur de basse, Unbreakable Hatred put enfin entrer en scène avec une vingtaine de minutes de retard sur l’horaire. Le trio de brutes locales se lança donc sans plus de délais dans une prestation de Death brutal et technique comme eux seuls savent le faire. Techniquement époustouflante et musicalement ravageuse, leur prestation fut marquée par le rendu monumental de la pièce titre de leur nouvel opus «Ruins» (2015), lancé en septembre dernier. Malheureusement, en raison des retards évoqués précédemment, leur prestation fut écourtée et ils ne purent que jouer une vingtaine de minutes sur les 45 minutes prévues d’entrée de jeu. Malgré cela, ils eurent le temps de déclencher la folie des spectateurs relativement nombreux pour un mardi soir dans la vieille Capitale.

C’était maintenant au tour de Theories de Seattle de venir nous montrer leur savoir-faire en matière de Death/Grind abrasif. Avec une agressivité palpable, le quatuor nous défonça les tympans de manière très professionnelle, tout en faisant étalage d’une belle présence scénique dynamique. Bien que leur musique ne soit pas nécessairement la plus complexe qui soit, les musiciens firent montre d’une excellente maîtrise des tempos élevés et d’une très bonne agilité sur leur instrument respectif. Je fus néanmoins plus ou moins ravi par le côté linéaire de leurs morceaux assez similaires entre eux et contenant assez peu de variations, ce qui est souvent le cas chez les groupes à tendance Grind, cependant. De plus, j’aurais apprécié que Rick, leur chanteur, descende plus dans un registre gras qui aurait, selon mon humble avis, mieux convenu à leur musique brutale et malpropre. Celui-ci resta en effet plutôt ancré dans un hurlement de registre moyen typiquement «core» qui n’apporte pas plus de variations et de couleur à l’ensemble. Toutefois, leur prestation fut tout de même agréable et divertissante avec quelques brisures de rythme intéressantes dans les deux dernières pièces de leur manche.

Le grand moment de la soirée était maintenant arrivé et Decapitated s’installa assez rapidement en selle pour nous démonter les vertèbres cervicales. Après une brève introduction sonore, le quatuor commença son massacre à la précision chirurgicale et à la lourdeur titanesque. Sans surprise, beaucoup de matériel plus récent fut au menu, surtout au début de la prestation, ce qui me laissa un peu sur ma faim, mais en seconde moitié de parcours le groupe remédia à la situation en sortant l’artillerie lourde avec l’interprétation de pièces plus anciennes, notamment l’incontournable «Spheres of Madness», de l’excellent album «Nihility» (2002). De plus, je fus captivé par le bassiste de tournée, nul autre que celui de Decrepit Birth, Sean Martinez avec son son unique et son jeu sublime. Malgré quelques réserves en ce qui à trait au manque d’intensité du chanteur entre les pièces, à ses grognements plus génériques que ceux de ses prédécesseurs (principalement les voix gutturales inhumaines de Sauron, vocaliste original du groupe), au fait que ce ne sera jamais comme quand Vitek était aux tambours avec son jeu d’une fougue irréelle, je fus tout de même largement impressionné par la qualité d’ensemble de la prestation, tant en terme de son (Decapitated avait son propre ingénieur sonore), de dynamisme sur scène que de parfaite synchronie musicale sur des pièces hautement complexes.

En somme, malgré mes déceptions de mélomane envers l’évolution de Decapitated vers une musique plus formatée, il demeure que la bande polonaise reste une force herculéenne en concert. La prestation de Theories aura donc été le moment le moins relevé de la soirée, malgré une performance solide au chapitre de leur professionnalisme et leur acuité musicale, après un passage court, mais impressionnant de Unbreakable Hatred. Quant à Soiled By Blood, le groupe aura su encore une fois marquer des points auprès des amateurs de Death Metal de la scène locale. De plus, des spectateurs nombreux pour un mardi soir de février se présentèrent à l’appel. En terminant, je désire remercier District 7 Production pour l’accès au concert!

Louis-Olivier «Winterthrone» B. Gélinas