Archetype - Mission cover artwork

ARCHETYPE
«Mission»
Indépendant
2016

Liste des pièces
1. «Welcome»
2. «Declaration»
3. «Ambitious»
4. «Foundation»
5. «Surprise»
6. «Episode»
7. «Glimpse»
8. «Valediction»
9. «Ouverture Ambitieuse» (Bonus Track)

*Scroll down for English version. Translation by Lex Ivian
La scène Metal québécoise a toujours été un terreau fertile à l’exploration musicale. En effet, que l’on parle des pionniers de Voivod et leur façon totalement révolutionnaire d’interpréter le Thrash Metal, des aventures techniques de Cryptopsy, Obliveon et Kataklysm au début des années 1990 ou d’artistes plus récents comme Unexpect et leur musique de cirque métallisée et psychotique, la Province a toujours regorgé de projets musicaux extrêmement originaux qui repoussent les limites de leur genre de prédilection.

ARCHETYPE, groupe formé en 2013 à Montréal, se veut l’héritier de cette tradition québécoise d’innovation musicale dans un contexte Metal et nous présente cette année son tout premier effort complet conséquemment nommé «Mission». Menée par Pash-Khaal, chanteur et compositeur à la formation musicale académique classique, la troupe nous y présente un Death/Thrash Metal progressif complètement hors normes qui laissent place à une expérimentation quasiment sans borne avec les structures musicales. La question, comme avec toute expérimentation, est de savoir si ces savants fous arrivent à un résultat probant pour leurs auditeurs ou si ces derniers se sentiront complètement largués à l’écoute de l’opus. Décortiquons donc ladite galette.

Tout d’abord, «Mission» consiste en huit «chansons» de durées variant entre trois minutes et treize minutes auxquels ils ont ajouté une pièce «cachée» de musique classique d’un peu plus de huit minutes intitulée «Ouverture Ambitieuse». Dès la consultation du livret, l’auditeur constatera que ARCHETYPE ne fait pas les choses comme les autres, puisque plutôt que d’y retrouver les paroles des chansons, celui-ci y lira plutôt une courte description de celles-ci rédigée en Français, alors que les paroles des chansons sont en Anglais.

Comme mentionné en introduction, la musique qui y est présentée se base sur un Thrash Metal vindicatif dont l’agression peut se rendre aux frontières du Death Metal et parfois de certains accents Black Metal, dans la pièce «Glimpse» et «Valediction» principalement. La musique est donc basée sur les traditionnels motifs d’un duo de guitares sur une section rythmique lourde et agressive complétée par les voix psychotiques hurlées, râpées, grognées et parfois chantées en falsetto du chanteur. Là où ARCHETYPE se distingue radicalement de la masse des autres formations Metal, c’est surtout dans les structures complètement déjantées sur lesquelles les pièces sont construites. Les influences de groupes tels que Strapping Young Lad et System of a Down transpirent donc dans la musique.

Prenons la pièce introductive, «Welcome», en exemple. Bien loin d’une introduction orchestrale traditionnelle, il s’agit d’une pièce à part entière qui se veut une description de l’exercice auquel se livrera ARCHETYPE sur le reste de l’album. Clairement, il s’agit d’une pièce dans laquelle chaque motif part d’un point et se transforme pour ensuite laisser la place à une nouvelle idée qui elle aussi part dans une autre direction et se métamorphose. Celle-ci me fait penser à un serpent qui ondule dans toutes les directions ne semblant jamais trouver de repos et ne trouvant jamais vraiment l’endroit où il se dirigeait. En somme, la pièce s’avère très réussie si l’idée est de déstabiliser l’auditeur et de lui montrer à quoi il peut s’attendre sur le reste de l’album. Cependant, l’amateur moyen de Metal s’y retrouvera probablement un peu perdu et laissé en chemin dans les dédales d’un labyrinthe qui ne mène finalement nulle part.

La seconde pièce, «Declaration», si elle est tout aussi originale que la première en ce qui à trait à la structure, se révèle tout de même beaucoup plus accrocheuse et clairement dirigée. En effet, ARCHETYPE nous y laisse plus le temps d’apprécier les motifs complexes et les rythmiques atypiques employés tout en y intégrant de très intéressantes influences néo-classiques convergeant vers une finale apogée circassienne et psychotique.

ARCHETYPE poursuit encore avec «Ambitious», déluge d’agressivité qui semble cependant se perdre en efficacité dans ses propres dédales un peu comme «Welcome». C’est donc sur le trio: «Foundation», «Surprise» et «Episode» que ARCHETYPE retrouve la vitesse de croisière prise dans «Declaration» avec une virtuosité impressionnante et le côté néo-classique posé dans une structure psychotique. Le tout poursuit donc en grand sur «Glimpse», la plus longue pièce de l’album et la plus ambitieuse basée sur des influences importantes de Strapping Young Lad et qui laisse transparaître un certain côté Black Metal symphonique.

Puis, le groupe conclut avec «Valediction», une pièce qui touche principalement au Death mélodique à la Children of Bodom stylistiquement parlant, mais dont l’approche vocale «narrée» détonne et surcharge peut-être inutilement la pièce autrement très bien construite. Enfin, la pièce cachée «Ouverture Ambitieuse» termine l’opus dans la grâce et la majesté de la musique classique interprétée par L’Orchestre de l’Université de Montréal. En somme, l’album est une série d’expérimentations plus ou moins réussies qui rendent le tout difficile à cerner. Il réclamera donc de nombreuses écoutes pour être apprivoisé, s’il l’est, car certaines pièces se révèlent être un défi à l’auditeur.

Enfin, j’aimerais glisser un mot sur l’excellente production du studio El Tonio (enregistrement et mixage) et de Silver Wings Studio (mastering) qui confère à la musique un côté très organique, notamment à ce qui à trait aux percussions, tout en lui conférant puissance et précision.

En conclusion, «Mission» est un premier album dense et touffu aux structures défiant toute logique de base pour ARCHETYPE. Si les expérimentations de la troupe montréalaise laissent parfois l’auditeur loin derrière par un certain manque de concentration et une absence de motifs accrocheurs, la majorité de celles-ci se révèlent tout de même très intéressantes et riches après de nombreuses écoutes attentives. Je conclurai en me rappelant une bribe de conversation que j’ai eue avec la formation suite à leur passage au challenge Parkinson Metal 2014: «Est-ce que le monde est prêt pour ARCHETYPE?» À vous d’y répondre, mais soyez prêts à travailler autant que le groupe pour comprendre leur délire!

Pièces favorites: «Declaration», «Foundation», «Glimpse».

7/10

Louis-Olivier «Winterthrone» B. Gélinas

The Metal scene from the Province of Quebec has always been a fertile ground for musical exploration. Indeed, we can speak of the pioneers Voivod and their totally revolutionary way to interpret Thrash Metal, or of the technical adventures of Cryptopsy, Kataklysm and Obliveon in the early 1990’s and even of more recent artists like Unexpect and their extreme psychotic circus music; the Province has always been full of highly original musical projects that push the boundaries of their chosen genre.

ARCHETYPE, group formed in 2013 in Montreal, wants to be the heir of this Quebec tradition of musical innovation in a Metal context and presents this year its first full-length aptly titled «Mission». Led by Pash-Khaal, singer and composer who has a classical music background, the group plays a Progressive Death/Thrash Metal completely out of standards that leaves room for experimentation with almost boundless musical structures. The question, as with any experiment, is whether these mad scientists arrive at a successful outcome or if the listeners feel clueless listening to the album. Let me tell you how I felt.

First, «Mission» consists of eight songs lasting between three minutes and thirteen minutes to which they added a hidden song of classical music of a little over eight minutes titled «Ouverture Ambitieuse». Upon consultation of the booklet, the auditor will find that ARCHETYPE do not do things like others, since there rather than finding the lyrics, it is rather a short description of the songs written in French, while the lyrics are in English.

As mentioned in the introduction, the music that is presented here is based on a vindictive Thrash Metal aggression which leans towards Death Metal and sometimes add some Black Metal accents, as in «Glimpse» and «Valediction» mainly. The music is based on the traditional patterns of a guitar duo on a heavy and aggressive rhythm section supplemented by a psychotic vocal yelled, screamed, growled and also sometimes sung in falsetto. Where ARCHETYPE is radically different from the mass of other Metal groups is in the completely crazy structures on which the songs are crafted. Influences of groups such as Strapping Young Lad and System of a Down therefore transpire in its music.

Take the introductory song, «Welcome», as an example. Far from a traditional orchestral introduction, this is rather a full song that is intended as a description of the exercise in which will engage ARCHETYPE for the rest of the album. Clearly, this is a composition in which each pattern starts from a point, transforms itself and then is replaced by a new idea that goes in another direction through its metamorphosis. This brings me the image of a snake undulating in all directions never finding rest and never really finding the place where it was heading. In short, the song is very successful if the idea is to destabilize the listener and show him what he can expect for the rest of the album. However, the average Metal amateur will probably find it a bit confusing and be left clueless in the corridors of a labyrinth that ultimately lead nowhere.

The second song, «Declaration», if it is as original as the previous regarding structures, is more catchy and clear heading. Indeed, here ARCHETYPE allows more time to appreciate the intricate patterns and atypical rhythmic played while the song integrates very interesting neo-classical influences converging in a circassian and psychotic apogee.

ARCHETYPE continues with «Ambitious», a flood of aggressivity which however seems to lose its efficiency in its own maze, a bit like «Welcome». With the next three songs: «Foundation», «Surprise» and «Episode», ARCHETYPE finds back that momentum built in «Declaration» with impressive virtuosity and a neo-classical approach set in a psychotic structure. It get to the next level with «Glimpse», the longest and most ambitious track of the album based on important influences from Strapping Young Lad and incorporating a certain Symphonic Black Metal touch.

Then, the album concludes with «Valediction», a song that primarily falls stylistically in the Melodic Death Metal of Children of Bodom, but the narrated vocal clashes and may unnecessarily overload this song which otherwise is very well crafted. Finally, the hidden song «Ouverture Ambitieuse» ends the album with the grace and majesty of classical music performed by the Orchestra of the University of Montreal. In short, the album is a serie of more or less successful experiments that make it all a bit elusive. So it will need many listenings to be digested, if it is, because some songs are definitely challenges to the listener.

Finally, I would like to add a word about the excellent production by the studio El Tonio (recording and mixing) and Silver Wings Studio (mastering) that gives the music a very organic feel, particularly for the drum, while giving the whole power and precision.

In conclusion, «Mission» is a dense and intricate first album with structures that defy basic logic. If the experiments of the Montreal group sometimes leave behind the listener cause of a lack of cohesiveness and of hear-catching patterns, the majority of songs will reveal themselves to be very interesting and rich after many careful listenings. I will conclude by recalling a sentence from a conversation I had with the group following their performance at the Parkinson Metal Challenge 2014: «Is the world ready for ARCHETYPE?». It is now up to you to figure out, but be prepared to work as much as the group to understand their madness!

Favorite songs: «Declaration», «Foundation», «Glimpse».

7/10

Louis-Olivier «Winterthrone» B. Gélinas