Festivité folklorique et  »Mosh-pits »intensifs!

Finntroll 3 OC

 

Vendredi dernier, le 8 novembre, je me suis rendue au Mavericks à Ottawa pour assister au spectacle de Finntröll, Blackguard, et Accursed Creation, un événement que j’attendais avec impatience, surtout après avoir discuté avec des gens qui venaient de voir le show à Québec et à Montréal.  À Ottawa, plusieurs personnes que je connais se sont désistées à la dernière minute lorsqu’ils ont vu que le prix des billets était de 30$, à la porte.  Après la prestation des groupes, je suis d’avis que les billets auraient pu être 50$ et ça en aurait tout de même valu la dépense.  L’événement était présenté par Blackwidow Promotions, que nous tenons grandement à remercier pour l’accès au spectacle.

La soirée a d’abord commencé avec Accursed Creation, groupe de death métal d’Ottawa fondé en 2009.  Le groupe est formé de L-P Dugal à la voix, Grayson Holt et David Boucaud aux guitares et de Phil Wright à la batterie.  Accursed Creation nous offre du death métal brutal, direct et sans artifice, adoptant une philosophie qu’ils décrivent comme le  »No-Bullshit Death Metal ».  La scène était configurée différemment que pour la majorité des shows, la batterie étant plus à l’avant gauche de la scène.  J’ai trouvé cette idée intéressante puisque le batteur semblait moins isolé, mais bien sûr, cela réduit l’espace libre pour que les musiciens circulent.  La salle était déjà occupée par environ 60 personnes pour le premier groupe, qui a d’ailleurs remercié la foule à de nombreuses reprises, particulièrement pour avoir pris la peine d’arriver tôt.  Le chanteur semblait très reconnaissant.  Tout le long, la foule est animée et forme des  »circles pits » constamment.  Le  »growl » du chanteur est profond et guttural et il a une bonne présence sur scène.  Toutefois, les cris aigus sont, à mon avis, un peu agressant.  Le groupe semble être apprécié à Ottawa et leur  »fan base » semble être au rendez-vous. Bien que le groupe est dans un style musical différent des autres groupes de la soirée, il réchauffe bien l’audience qui est vraiment réceptive et me donne l’impression, dès le premier groupe,  que le  »party » va inévitablement lever, au Mavericks, en ce vendredi soir.

Accursed Creation 1

 

Accursed Creation 3 OC

 

Accursed Creation 4 OC

Accursed Creation 6 OC

 

Accursed Creation 7 OC

Le 2e groupe de la soirée commence leur prestation et vient, dès le départ, me déboussoler musicalement.  N’étant auparavant pas très familière avec la branche du folk-métal, je suis complètement tombée sous le charme de ce groupe de l’Estonie.  Créé en 1999, le groupe est actuellement composé de Markus « Rabapagan » Teeäär à la voix, à la guitare et au lokulaud, instrument de percussion ressemblant à un Gong en bois qui était, à l’époque, utilisé pour communiquer avec les travailleurs.  Les autres membres du groupe sont Raivo « KuriRaivo » Piirsalu à la basse, Marko Atso à la batterie et Lauri « Varulven » Õunapuu, multi-instrumentiste.  La versatilité instrumentale de ce dernier est très impressionnante.  Son instrument principal, la torupill (bagpipes), est une cornemuse originaire de l’Estonie.  Il alterne aussi entre divers instruments traditionnels comme la flûte, le Kannel (un instrument à cordes qui fait partie de la famille des cithares), la guimbarde (Mouth Harp), la guitare et la voix.  Parfois, il joue même de la flûte en même temps que de la torupill.  Son registre vocal est très grave et sa voix très imposante lorsqu’il s’adresse à la foule.  Plusieurs des instruments traditionnels qu’il utilise ont été fabriqués de ses propres mains.  Le mélange d’instruments amplifiés bourrés de distorsion, d’instruments folkloriques au son naturel et d’harmonies vocales parfois primitives alors que d’autres fois très classiques, est effectué de façon très festive et rassembleuse.  nous présente ici une musique empreinte d’histoire et nous fait voyager dans une culture complètement différente.  La salle est comble et la foule tape toujours des mains.  Dans la  »crowd » on peut voir un mélange entre des  »circles pits » et des mouvements de danse folklorique où les gens tournent en rond deux par deux, s’échangeant de partenaire.  Bien que leur échange avec le  public était un peu distant, le groupe a tout de même réussi a entraîner la foule et à faire lever le  »party ». Personnellement, les groupes qui m’accrochent le plus sont toujours ceux qui me font sortir de ma zone auditive de confort et m’a fait sortir de cette zone, m’a donné envie de découvrir autant sur l’histoire de l’Estonie que sur le Folk-métal et a créé chez moi une grande curiosité pour les instruments folkloriques.

 

 4 OC

 

 10 OC

 

 13 OC

 

 14 OC

 

Après avoir fait la découverte de ce groupe au Trois-Rivières Metalfest le mois passé, mes attentes envers le groupe étaient élevées et la formation ne m’a pas déçue.  Créé en 2001, le groupe de Montréal nous offre leur métal épic unique.  J’avais gardé en tête le souvenir que le chanteur avait complètement pris le contrôle de la foule très nombreuse de Trois-Rivières. Encore une fois, le chanteur Paul Ablaze était très imposant sur scène et a connecté très rapidement avec son audience.  Son niveau d’énergie semblait plus élevé que l’espace qu’il avait sur scène pour la démontrer.  Tout le long, il fait participer le public, soit en faisant pendre le micro pour que les gens crient des  »Eh! Eh! Eh! » ou en entraînant les gens à former des  »circles pits ».  Il s’adresse directement aux gens en les pointant et en les regardant, de sorte que son contact avec le public est fait avec une approche très humaine.  La foule est déchaînée tout le long de leur prestation.  Contrairement au Trois-Rivières Metalfest où la scène était assez grande et élevée, cette fois on pouvait bien voir la batteure, Justine Ethier, complètement en maîtrise de son instrument, nous offrir son jeu imposant.  Le groupe bien connu nous a, encore une fois, démontré leurs habiletés musicales mais surtout leur présence scénique incontestable qui permet au groupe de se démarquer.

Blackguard 1 OC

 

Blackguard 2 OC

 

Blackguard 12 OC

 

Blackguard 16 OC

 

Le groupe finlandais légendaire de folk/Black métal se prépare à entrer sur scène.  Ce n’est pas les membres du groupe qui viennent faire les tests de son, gardant la surprise de leur allure jusqu’au dernier moment.  Les fameux  »trolls » arrivent sur scène dans leur déguisement, à l’exception du batteur qui n’est pas déguisé.  L’ambiance est si bonne que je sens le devoir d’aller me  »maganer » dans la foule.  C’est donc directement à l’avant de la scène que j’ai observé la prestation du groupe, 5-6 coups de pieds en arrière de la tête, 2 débarques par terre et le corps tout trempé de bière… Croyez moi, ça brassait!  Dès la première pièce, par un élan du chanteur, le fil de son micro s’enroule fermement autour des clés d’un de ses guitaristes, de sorte que la guitare se désaccorde.  Il se raccorde discrètement et c’est reparti!  Le  »mosh-pit » est très actif et les gens crient sans arrêt.  Le groupe fait monter un gars pour chanter avec eux.  Celui-ci chante certaines parties de la pièce.  Après la pièce, le chanteur demande à son invité de répéter quelques mots des paroles suédoises qu’il vient de chanter et celui-ci répète quelque chose de semblable, sauf que le chanteur dit que ce ne sont pas des mots suédois qui existent, comme probablement la majorité d’entre nous qui scandent les paroles sans trop d’exactitude.  Le chanteur, Vreth, fait aussi l’éloge de son nouveau guitariste qui a appris les pièces du groupe en seulement 10 jours.  Celui-ci semblait très à l’aise avec le répertoire du groupe, comme s’il jouait avec eux depuis longtemps.  Les guitaristes utilisaient des amplis Orange et le son du groupe était bien dosé.  Le groupe était très entraînant et ne donnait aucun répit aux spectateurs.

Bref, la salle était bien bondée de gens très réceptifs, le talent musical était au rendez-vous et j’y ai fait des découvertes très intéressantes.  Ce fut une soirée mémorable et intense, autant par les souvenirs que je garde en tête que par les bleus que j’avais un peu partout sur le corps le lendemain!  Encore une fois, merci à Blackwidow Promotions pour l’accès au spectacle.

 

Cheers!

 

\m/ C@w0o0o \m/

 

Finntroll 3 OC

 

Finntroll 4 OC

 

Finntroll 6 OC

 

Finntroll 16 OC

 

 

Le Petit Chicago  »Trash » ton foie

Quoi faire un dimanche soir, en Outaouais, quand tout le monde autour de toi a envie de relaxer, mais que toi, tu as le goût de nier le fait que la fin de semaine tire à sa fin?  Les soirées Trash Ta Vie sont là exactement pour ça!  Je vous explique la formule offerte par Trop Métal Productions.  Les soirées se déroulent un dimanche soir sur 2 et trois groupes sont invités chaque soir. Le flyer si bas vous présente les prochaines soirées.  Le répertoire est vraiment varié et l’équipe d’organisation est très ouverte d’esprit.  Dimanche soir dernier, le 10 novembre, la photographe Sophie Mineault et moi nous y sommes rendues, puisqu’une soirée particulièrement métal était au programme avec les groupes My Shadow et Chariots of the Gods.  Un autre musicien était aussi présenté plus tard en soirée, le DJ électronique XC, dont je ne parlerai que très peu ici puisque ce n’est pas dans mes compétences.  La soirée se déroulait au Petit Chicago à Hull.  J’ai particulièrement apprécié l’ambiance décontractée et la bière offerte à des prix ridiculement bas, soit la Pabst à 2 pour 7$ et les shooters de Jim Bean à 2$.  En plus, l’équipe du Trash ta vie avait annoncé avant l’évènement qu’elle offrirait un shooter à tout le monde, à l’heure du Yâble étant 12h06 (12 = 6 + 6h 6).   Nous sommes arrivées assez tôt, histoire de jaser un peu avec tout le monde.  En moins d’une heure, l’ambiance de party m’avait déjà fait oublier qu’on était dimanche et les limites raisonnables que je m’étais imposée pour être en forme le lendemain, avaient pris le bord!  Je me suis clairement fait avoir!

 

1003560_10153480937690574_1407366576_n

 

Le premier groupe, My Shadow, commence leur test de son autour de 20h45.  Dès le départ, je constate qu’on a affaire à un Soundman très professionnel du nom de Stéphane.  Il prend vraiment le temps de parler au groupe pendant le test et va même parler aux musiciens, par la suite, pour s’assurer qu’ils sont satisfaits.  My Shadow est une formation originaire de Gatineau/Ottawa qui allie son death metal mélodique à des influences plus power metal.  Le groupe a sorti, le mois passé, leur nouvel album, Decayed World.  Les musiciens donnent une performance énergique, malgré le fait que la scène du Petit Chicago soit bien petite.  Pour les avoir vus une première fois cet été sur une scène plus large, les membres du groupe utilisent très bien l’espace qu’ils ont sur une scène, peu importe la grandeur.  Quelques personnes devant la scène connaissent les paroles de la pièce Casual Suicide du nouvel album et la chante avec le chanteur, Louis Gratton.  Le groupe nous présente un mélange original au niveau des voix, passant par une voix growl à des harmonies vocales entre les membres du groupe et à des parties plus parlées, d’une voix agressive.  Les riffs de guitare et les lignes de basse sont très accrocheurs et les solos très mélodiques sont exécutés avec beaucoup d’aisance de la part du guitariste Laurent Belisle.  Les gars de Chariots of the Gods sont aussi tous devant pour encourager le groupe.  Avec l’arrivée de leur nouvel album, My Shadow commence à faire des spectacles à l’extérieur de la région, dont celui du 23 novembre prochain, au Café Chaos de Montréal.

 

 My shadow Louis et Ross OC

 

My shadow Larry OC

My Shadow Jerr 2 OC

 

La soirée se poursuit avec Chariots of the Gods, groupe de Gatineau/Ottawa, qui prend place sur la scène du Petit Chicago pour nous présenter leur mélange de death metal mélodique, de thrash et d’un soupçon de metalcore.  Quelques personnes headbangnent devant la scène et plusieurs personnes restent derrière.  Le groupe est très énergique et le chanteur, Renaud Jobin, va chercher son public un par un.  Il invite les gens à s’approcher sans trop leur donner le choix.  Sa technique fonctionne très bien.  Il pointe des personnes à l’arrière en disant : « Toi! », en décrivant la personne et en lui disant d’avancer et de ne pas être gênée.  Chariots of the Gods nous présente un set list qui alterne entre des pièces de leur album Tides of War (2013) et de leur EP Reverence (2010).  Le groupe nous  présente aussi leur nouvelle pièce Your Demise que les musiciens jouent en show pour la première fois ce soir-là.  Le chanteur demande au public son avis sur la pièce.  Celui-ci semble avoir bien apprécié le nouveau matériel du groupe.  Je trouve particulièrement sympathique qu’il teste la pièce dans leur coin et qu’ils prennent la peine de demander l’avis des gens de chez eux.  La prestation du groupe était très tight et la chimie entre les membres est clairement bien établies.  Les deux guitaristes, Mathieu St-Amour et Dimitri Gervais, sont très à l’aise sur scène, l’un effectuant des solos rapides, nuancés et bien sentis et l’autre jouant des riffs avec une attaque très imposante et une excellente précision.  Les membres du groupe s’amusent clairement en jouant ensemble et réussissent bien à transmettre cette énergie à leur public.  Je suis d’avis que ce groupe est une recette gagnante dans son genre, alliant une excellente présence scénique, des solos de guitare imposants, une chimie de groupe contagieuse, une excellente attitude des membres et un bon sens de l’humour.

 

Chariots1 OC

Chariots 2 OC

Chariots5 OC

Chariots8 OC

Chariots3 OC

 

La soirée s’est terminée avec les beats électroniques du Dj XC, une tournée de shooter et encore une fois, sur de belles conversations.  Plus de 50 personnes se sont déplacés pour assister à cette soirée.  Nous tenons à remercier Trop Métal Productions pour l’accès au spectacle, l’équipe d’organisateurs sympathiques présents ce soir là et la photographe Sophie Mineault, qui a bien voulu m’accompagner pour partager ses photos avec vous.

\m/ C@w0o0o \m/

Un lancement Où…Quoi?

1378655_10153311974095105_1782683676_n

 

Dimanche dernier, je me suis rendue au Bar Où…Quoi! Lounge Urbain à Hull pour le lancement de l’album Decayed World du groupe My Shadow.  Ce groupe formé en 2004 est composé de Louis Gratton à la voix, Larry Bélisle et Rock Déziel aux guitares, Simon Ross à la basse et Jérome Renaud à la batterie.   Les membres du groupe sont originaires de Gatineau, à l’exception du chanteur qui vient de l’Ontario.  Ils sont tous dans la trentaine.  Leur album est attendu depuis longtemps, même que plusieurs fans du groupe ne s’attendaient plus à ce qu’il sorte.  Le groupe commence leur travail d’enregistrement en janvier 2009 et l’achève en mai de la même année lorsque leur batteur de l’époque quitte le groupe.  Les gars prennent alors la décision de tout recommencer le travail d’enregistrement mais mettent le projet en suspend puisqu’ils n’ont pas de batteur.  Ils trouveront leur batteur actuel, Jérome Renaud, en janvier 2011 et se concentreront sur les spectacles pour l’année suivante.  Suite à cela, les projets d’enregistrement seront reportés avec l’arrivée d’autres priorités dont le projet famille pour le chanteur et ensuite, pour le guitariste Larry Bélisle.  Bref, cet album en est un qui a été longuement attendu et les membres du groupe se disent vraiment heureux de pouvoir le partager enfin.

Je suis arrivée sur place autour de 18h30 ce soir là pour donner un coup de main.  Je n’étais pas certaine du genre de soirée qui m’attendait étant donné le fait que le lancement d’album était un dimanche soir.  En arrivant, la scène était remplie de chaises et de tables et le groupe ne savait pas trop où mettre ses instruments.  Un petit 30 minutes à tourner en rond et prendre une bière, voyant le groupe qui n’avait que des réponses très vagues à ses questions.

Y aura t’il un soundcheck?  Est-ce qu’on peut tasser les chaises? On met ça où?

La réponse à toutes ses questions étant

On attend Marc

J’avais l’impression que ça ‘’brettait’’un peu… jusqu’à ce que le Marc en question, gérant de la place, arrive.  Don’t fuck around quand le gérant du Où…Quoi! Débarque!  L’efficacité sur 2 pattes!  En 20 minutes, il avait ouvert le grenier pour monter les chaises, descendu l’équipement de son, libéré la scène, installé le système d’éclairage, mis de la musique, jaser avec son staff, préparé ses choses pour filmer sous plusieurs angles et pour prendre des photos, collé des collants de My Shadow sur son mug, pris une bière et probablement fait 8 aller-retour Hull/Ottawa sans que personne n’ait le temps de le voir aller!

Le groupe était supposé commencer à 8h30 mais étant donné que l’endroit ne faisait que commencer à se peupler, ils ne se sont pas pressés.  Leur test de son s’est fait autour de 8h30.  Je suis ensuite sortie pour boire une bière et je suis tombé sur Jean Lefebvre de Defy the Crown et Stéphane Francoeur de Deathrow Six avec qui on a jasé beaucoup de la scène locale…des gars avec de très belles valeurs de la scène métal underground et un esprit rassembleur.  Autour de 9h45, le groupe se prépare à monter sur scène pendant que Marc Fortin fait une petite présentation et souhaite la bienvenue aux gens.  Les musiciens prennent ensuite place sur scène.  La scène du Où…Quoi! est plutôt étroite et une colonne de bois en cache une partie.  Étant donné que les toilettes sont à gauche de la scène, il y a beaucoup de va et vient parmi les spectateurs qui sont devant la scène.  Le chanteur, Louis, fait d’abord une présentation du groupe et nous raconte rapidement les grandes lignes derrière la préparation de l’album.  Le groupe débute leur prestation avec une belle énergie, jouant presque l’intégral de l’album, en changeant un peu l’ordre des pièces.

 

photo 1

photo 2 1

 

Je m’étais avancée pour le début de leur prestation et lorsque je me retourne après la première pièce, je constate que le bar s’est vite rempli.  Je vais me chercher une bière et me déplace vers l’arrière pour avoir une vue plus globale de la dynamique.  Dès le départ, la formation de death mélodique a un son bien équilibré à l’exception de la voix du bassiste qui est à peine audible.  Le sound man règlera cela après deux pièces.  Comme la première fois où je les avais vu en spectacle cet été, le groupe nous présente une prestation solide, énergique et convaincante.  La foule embarque rapidement avec un chanteur qui n’hésite pas à s’avancer vers la foule, un bassiste avec beaucoup de prestance qui donne tout un show et un batteur au jeu très franc qui rentre au poste. Le guitariste Rock Déziel a énormément d’attitude et bouge beaucoup alors que l’autre guitariste est plutôt immobile mais nous présente d’excellentes lignes mélodiques et des solos bien articulés.

 

louis 1

 

ross

Jerr 1

larry 1

 

Étant donné qu’il y a beaucoup de circulation vers les salles de bain, la foule ne s’avance pas jusqu’à la scène mais reste 2-3 pieds plus loin, sans quoi les escaliers seraient bloquées.  C’est donc le chanteur qui prend l’initiative de s’approcher vers eux. Avec son micro sans fil, il contourne la colonne de bois pour aller chanter dans les marches, plus près des spectateurs.  Entre les pièces, il incite la foule à boire et instaure une ambiance de party.  Après les pièces de leur album, le groupe jouera 2 cover soit, Fucking Hostile de Pantera et The Trooper de Iron Maiden.  Pour la première, le son d’un des guitariste s’est avéré absent pour les 20 premières secondes, dû à un problème technique auquel le guitariste a rapidement remédié.  Les gens semblaient réceptifs aux deux pièces très connues.  Les ventes d’album du groupe se sont très bien déroulées et de nombreuses personnes sont venues les féliciter après leur prestation.  Par exemple, les gars de Chariots of the Gods et certains membres des groupes Defy the Crown, Deathrow Six et Insurrection y étaient! Ça me donne toujours beaucoup d’espoir de voir les acteurs de la scène métal de chez nous se soutenir et s’encourager au lieu d’entretenir des rivalités inutiles qu’on voit trop souvent chez des groupes qui viennent d’un même endroit et qui travaillent dans les mêmes objectifs.

Ce dimanche 6 octobre fût donc une très agréable soirée métal au Où…Quoi! à Hull et je n’ai pas pu m’empêcher d’avoir la réflexion suivante quant à l’évènement. Si le lancement d’album d’un groupe du coin peut attirer plus de 60 amateurs de métal par un dimanche soir 22 heures, la scène métal de l’Outaouais a, sans aucun doute, un fort potentiel qu’il ne faut pas sous-estimer!  L’album Decayed World de My Shadow est maintenant en vente sur iTunes au lien suivant et le groupe sera en prestation au Café Chaos à Montréal le 23 novembre et au Cafe Dekcuf à Ottawa le 26 novembre.  Un gros merci au Où…Quoi pour la belle soirée et à Marc Fortin pour les photos et son beau travail durant la soirée!

\m/ C@w0o0o \m/

 

1379952_10151901466792748_2116783456_n

 

 

 

 

Brutalité musicale, sport instrumental et humour colossal

Mercredi dernier, le 2 octobre, avait lieu un événement présenté par Blackwidows Promotions appelé  »Tech-Trek Tour ».  Quatre groupes imposants nous étaient offerts au Bar Mavericks à Ottawa.  Ce  »line-up » qui déborde de techniques instrumentales est sans aucun doute une de ces soirées où chaque musicien-spectateur quitte en ayant vraiment apprécié la soirée, mais en se sentant quelque peu coupable de ne pas être resté à la maison pour pratiquer toutes les techniques instrumentales si bien maîtrisées par les groupes présentés.

 

1148808_10151546869390738_580823853_n

 

C’est très à la hâte que je me suis rendue à ce spectacle, ma fin de journée de travail s’étant terminée par un imprévu qui m’avait retenu plus longtemps que je ne l’aurais souhaité.  Ayant terminé ma journée par un «Tu me laisses partir ou je démissionne?», j’avais franchement hâte de me laisser porter par une musique qui défoule!  Le spectacle débutant à 19h, je suis malheureusement arrivée vers la fin du spectacle du 1er groupe, Signs of Chaos.  J’ai tout de même eu la chance d’entendre une pièce et demi du groupe.  Le groupe originaire de Ottawa est composé de Nick Bedard à la voix, Matt MacIvor et Dave McCann aux guitares, Tom Hansen à la basse et Stephane Desilets à la batterie.  L’ensemble m’a laissé entendre un mélange entre du death métal mélodique, du thrash, des blast beats, beaucoup de  »groove » et des solos très mélodiques.  J’aurais vraiment aimé entendre un plus grand aperçu de leur matériel et c’est pourquoi je me suis procurée leur album « Rise », paru en 2012.

 

Signs of Chaos1

 

Signs of  Chaos 2

Signs of chaos3

Signs of Chaos4

 

Le 2e groupe, Deformatory, est un groupe de death métal technique de Ottawa fondé en 2009.  Les membres du groupe sont Jeffery Calder à la guitare, Charlie Leduc (Placentophagia) à la voix et à la guitare, Justin Brazeau à la basse et la voix ainsi que Neil Grandy à la batterie.  Les membres du groupe font une prestation devant une foule très captivée mais plutôt calme.  Ils enchaînent les pièces une après l’autre, sans arrêt entre chacune.  Le bassiste joue avec une basse à 5 cordes et  »shred » tout le long des pièces, y intégrant des solos de  »tapping » .  Les musiciens sont sans doute en bonne forme physique puisqu’ils n’ont eu besoin de pratiquement aucun répit durant leur prestation, pourtant très physique.  Pour m’être intéressée au groupe avant d’assister à ce spectacle, l’écoute des pièces m’avait rendu sceptique puisqu’une voix  »clean », moins appropriée au style, s’y retrouvait parfois.  J’ai été satisfaite de constater que cette voix ne semble pas être exploitée régulièrement dans leur musique et que les extraits de l’album  »In the Wake of Pestilence », annoncé pour l’automne 2013, démontre une évolution bien intéressante du groupe.

 

Deformatory2

Deformatory3

 

Deformatory 1

Deformatory4

 

Le troisième groupe, Archspire, est originaire de Vancouver et se défini comme un groupe de death métal technique et brutal.  La formation est malheureusement incomplète pour la tournée puisque le bassiste Jaron Evil n’a pas pu en faire partie. Celui-ci a été victime d’une attaque cérébrale l’année dernière et a dû subir une opération. Depuis, il est en forme et a fait des spectacles avec le groupe. Toutefois, avant la tournée il est tombé malade (grippe) et le groupe a décidé de ne prendre aucune chance face à la santé de leur acolyte. Maintenant, pour ce que j’ai vu, le premier aspect à avoir attiré mon attention fut les roulements de baguettes très rapides du batteur Spencer Prewett ainsi que l’intensité de son jeu.  Les deux guitaristes, Dean Lamb à la 8 cordes et Tobi Morelli à la 7 cordes, exécutent des solos de  »sweep » harmonisés de façon très synchronisée.  Leur chanteur, Oli Peters, a pour sa part plusieurs talents auxquels on ne s’attend pas.  Tout d’abord, le débit des paroles qu’il chante est très rapide et il fait régulièrement un effet vocal en sifflant dans son micro.  Il sait comment divertir une foule en racontant des blagues assez crues à chaque 2 pièces.  Sa présence sur scène se divise presque entre une prestation de  »stand-up » comique et une de musique brutale.  Il raconte des blagues parfaitement déplacées et surprend la foule en demandant : «What’s your favorite kind of eggs?» pour ensuite dire soudainement «Oh sorry! I just got a text from my mom!».  Dès le début, la foule s’anime et un  »mosh-pit » s’active.  Les gens sont très réceptifs à l’humour du chanteur et un spectateur demande d’autres blagues.  Les blagues sont suivies d’un «Ba-dum-Tshhh» à la batterie.  Lors de la dernière pièce, le chanteur descend dans la foule de façon décontractée et va discuter avec des spectateurs entre ses paroles.   Les membres du groupe semblent avoir beaucoup de plaisir à jouer ensemble!

 

Archspire 2

Archspire3

Archspire1

Archspire4

 

Finalement, Beyond Creation, groupe de death métal progressif de Montréal, entre sur scène.  C’est la première fois que je les vois en spectacle ce soir-là.  Dès que le groupe débute, c’est un son très massif et travaillé qui se fait entendre.  Encore une fois, j’ai le coup de foudre pour une guitare Bond.  Cette fois-ci, il s’agit de la 8 cordes du chanteur/guitariste Simon Girard.  Les guitares faites sur mesure du talentueux luthier québécois Louis-Philippe Bond sont complètement hallucinantes.  Le spectacle débute et la foule s’active aussiôt.  Le bassiste Dominic Forest Lapointe  joue habilement de sa basse  »fretless » 6 cordes et a un son très omniprésent.  Le groupe est aussi composé de Kevin Chartré à la guitare 7 cordes et Philippe Boucher à la batterie. Tous des musiciens qui jouent aussi dans d’autres projets.  Un  »pit » se forme au centre de la salle et les gens face à la scène  »headbang » régulièrement.  Le groupe prend le temps de remercier le Mavericks et tous les groupes avec qui ils ont joué ce soir.  Dans la foule, on entend un spectateur crié «Vive le métal québécois Tabar/!%&nak».  Le groupe nous présente plusieurs pièces récentes et le son des instruments est bien défini.  On ne s’y perd pas dans une brutalité chaotique.  La foule demande poliment un rappel, scandant en cœur le nom des pièces… un spectateur anglophone gueule avec un fort accent «Encore s’il vous plait! Merci beaucoup!».  Tout le long du spectacle, les commentaires du public démontrent que les gens connaissent non-seulement les origines montréalaises du groupe mais surtout, semblent en être fiers.  La formation terminera cette tournée canadienne au Trois-Rivières Metalfest, le 11 octobre.

 

Beyond Creation 4

Beyond Creation1

Beyond Creation3

 Beyond Creation2

 

Ce fut une très belle soirée organisée par Blackwidow Promotions avec ces quatre groupes canadiens composés de musiciens très talentueux.  Bien agréable de voir une salle bien peuplée lors d’un spectacle où la tête d’affiche est un groupe québécois et où les 3 autres groupes sont canadiens.  On peut constater qu’il y a chez nous des musiciens qui se surpassent par leur technique et leur intensité. Un merci particulier à Matthew Clark qui a bien voulu partager ses photos avec nous.

\m/ C@w0o0o \m/

Critique d’album: Insurrection – « Prototype »

album-cover-insurrection-prototype

Insurrection

« Prototype »

2013

Pièce de l’album
1-Overprocessed (Intro) pièce électronique
2- Abattoir :
3-The Chronophobes
4-Checkmate
5-Sueurs Froides
6- Hellfire
7-Trois minutes de carnage
8- Archetype
9- Prototype
10- They Rise
11-Bruits sans fin

 

Insurrection, groupe de Death Métal de Gatineau, se soulève à nouveau contre l’ordre établi en nous livrant leur 3e album, « Prototype ».  En 2008, leur premier album, Prologue, avait créé au groupe une opportunité de se faire une notoriété au sein de la scène métal québécoise… Et ce n’était réellement qu’un Prologue puisque Fracture était venu confirmer leur potentiel en 2010.  Quant à Prototype, il agrandira sans aucun doute leurs possibilités de convertir la populace à leur musique et d’élargir la puissance de leur légion.  Les membres du groupe sont Stef Jomphe à la voix,  Mart Samson et Vince Laprade S. à la guitare et aux  »backvocals », Frank Girard à la basse et aux  »backvocals » ainsi que Philippe Latreille à la batterie.  Ce qui est particulièrement intéressant chez Insurrection est que, bien que l’album contient beaucoup d’éléments techniques, les gars ne se lancent pas aveuglément dans la technicité, au dépend de la musicalité.  Ils ont leur propre style qui demeure très accessible et fluide.  Ainsi, ils n’ont pas peur de nous servir un rythme de tremolo et de blast-beats rapide suivi d’un riff plus lent, propice à l’établissement d’une ambiance plus lourde et plus  »epic ».  Prototype, album enregistré au Studio Apartment 2 par Topon Das de Fuck The Fact sera mis en vente en magasin par Galy Records dès le 15 octobre.  Le travail de production est très réussi.

Prototype est composé de 11 pièces dont 4 écrites en français.  L’intro, « Overprocessed », est une pièce instrumentale progressive d’une quarantaine de seconde qui laisse rapidement place à la 2e pièce, intitulée « Abattoir », une de mes préférées de l’album.  Les paroles françaises sont vraiment intéressantes et restent en tête.  Elles sont une dénonciation imagée de l’emprise qu’exerce le pouvoir étatique sur le peuple.  Cette pièce est songée, accrocheuse et rassembleuse.  Elle  donne l’image d’un soulèvement de masse où le peuple se réveille enfin et le fait avec grande solidarité, avançant en troupe vers le siège du gouvernement, scandant les paroles de cette pièce :

Prise en-rang à l’abattoir, toute la masse sous le hachoir.
Érigeons nos bannières noires avant qu’il ne soit trop tard.

Les paroles sont facilement distinguables par dessus les  »riffs » techniques et la batterie qui est très présente et imposante.  La guitare laisse suffisamment de place aux paroles et la voix de Stef Jomphe est ressentie et très versatile.  L’album se poursuit avec les pièces « Chronophobes », « Checkmate » et « Sueurs froides ».  Les deux dernières sont des pièces qui  »groove » à souhait et donne envie de danser violemment.  Voici la pièce « Checkmate ».

 

 

« Sueurs froides », pièce qui raconte la perte de sang froid pendant un cauchemar terrifiant concernant la mort, est composée de cris en  »backvocal » qui correspondent bien aux paroles du texte.  Celle-ci se termine avec une courte partie de guitare mélodique qui se termine brusquement par un accord.  S’en suit « HellFire’ qui est une pièce plus calme, donnant un peu plus envie de lever notre poing fermement dans les airs que de danser.  « Trois minutes de Carnage » est une pièce aux paroles, encore une fois, très originale, qui aborde le simple geste d’un électeur lors d’un scrutin et l’importance de l’exercice de son vote, trop souvent pris à la légère.

Un instant suffit laissé à soi-même. Pour porter une nation au bord du gouffre.
À feu et à sang, seulement trois minutes.  Seul à chaque instant, en isolement.

La 7e pièce de l’album, « Archetype », se démarque encore par ses paroles consciencieuses qui évoque le fait que nous sommes tous des clones d’un modèle original qui nous est imposé d’avance et qui mène à la destruction de l’humanité :

Archetypes, we hate, behavior written in our veins
Replicas, we fail; impossibility of change.

Dans « Prototype », la pièce titre de l’album, le chanteur incarne l’image d’un nouveau prototype d’homme optimisé, qui prend l’humanité en main suite à l’échec de dieu.  Anéantissant toute peine, douleur et haine; rétablissant la paix et créant une espèce sans faille, sans croyance et qui ne ressent rien du tout.  Insurrection arrive, s’approchant de votre ville pour convertir et assembler sa légion!

Praise! The perfect new prototype : Man optimized
I bring the peace that you have failed, termination.

L’avant dernière pièce de l’album, « They Rise » est suivi par « Bruits sans fin », qui traite de la propagande et du gavage de crâne réalisés par les nouvelles, la radio et autres médias populaires.  Autant pour les bonnes causes que pour les mauvaises, les médias contrôlent la pensée populaire et ont le pouvoir d’implanter des idées chez les gens par leurs « Voix insensées sans autorité ».

Je ne crois pas avoir besoin de vous dire que je suis vraiment captivée par les textes de cet album.  Ils sont engagés, philosophiques, actuels et phrasés avec habileté.  J’ai bien aimé que parmi leurs nombreux remerciements figure la langue française.  Si la langue française sortait un album, Insurrection figurerait, sans aucun doute, dans ses remerciements puisqu’ils ont su lui rendre honneur avec « Prototype »! Si tu es un amateur de musique qui bûche, un musicien, un philosophe, un citoyen, un mouton, un dieu ou un humain… « Prototype » de Insurrection, ça te prend ça!

\m/ C@w0o0o \m/