by Caro Roy | Jan 30, 2014 | Critiques, Critiques d'Albums

El Drugstore
« Plague Ship »
Nefarious Industries
2013
Liste des pièces :
Tell Them I Said Something
Hipster Tits
Enthusiastic Corruption of the Public Good
Fascinating Underpants
By What Ill-Begotten Means Have You Procured This Meat
The Natives Are Getting Useless
Tokyo Assault
Wheel of Sadness
Pandemonium in the Bronx
Steakback
Si le but est de se détendre ou de décompresser, cet album est très peu approprié. Si toutefois vous cherchez à découvrir une musique disjonctée qui gardera vos oreilles tendues jusqu’à la fin, c’est l’album de prédilection. La formation instrumentale du New-Jersey, influencée entre autre par le groupe Dysrhythmia, est composée de 3 musiciens soit Rolando Alvarado à la basse, Kevin Conway à la guitare et Seth Rheam à la batterie. Formé d’un membre (Rheam) et d’un ancien membre (Conway) de la formation East of the Wall, El Drugstore semble avoir gardé certains aspects plus techniques de East of the Wall pour créer un album unique et différent. Le metal progressif du groupe est unique et mélange beaucoup d’influences diverses. La description qu’ils se donnent eux-mêmes, définissant leur genre musical comme du Instrumental Freak Attack, semble très appropriée. Avec Plague Ship, El Drugstore nous offre un album dissonant, chaotique et dérangeant. Le groupe réussi à capter notre attention en étant aussi très réfléchi, jazzy et technique. Les 45 minutes de l’album sont originales et ne mènent pas vers des patterns redondants d’une pièce à l’autre, passant par des moments plus ambiants, du picking de guitare plus space, des riffs pesants, beaucoup de nuances et d’autres moments intenses qui nous tiennent en haleine.
L’album débute avec Tell them I said something qui définit bien les couleurs de l’album avec des riffs dissonants et répétitifs, de sorte qu’on embarque presque dans une transe. La deuxième pièce, Hipster Tits nous fait voyager d’une atmosphère à l’autre, comme le groupe réussit à le faire tout au long de l’album, alternant entre un riff rapide et pesant pour ensuite tomber dans une atmosphère très spacieuse. La pièce Enthusiastic Corruption of the Public Good est un carnage auditif exquis, surtout vers la fin où l’intensité est très élevée et où le groupe nous démontre sa pleine capacité technique. Le groupe ajoute une touche d’humour à leur œuvre avec les titres originaux de ses pièces, comme par exemple Fascinating Underpants. Tout au long de l’album, El Drugstore mélange la folie et la technique, de façon ingénieuse et bien dosée, de sorte que l’écoute de l’album complet peut mener à la démence ou à l’internement… Je vous aurez au moins prévenu!
\m/ C@w0o0o \m/
by Caro Roy | Déc 20, 2013 | Critiques, Critiques de Shows

Je me rends au Mavericks à Ottawa pour un line-up excessivement motivant et une soirée qui s’annonçait très forte en sensation, parmi les événements les plus imposants organisés par Blackwidow Promotions. J’étais particulièrement excitée de voir la tournée avant qu’elle passe à Québec et à Montréal. Généralement, les groupes passent à Ottawa après avoir été au Québec et j’ai des attentes précises de l’événement avant de m’y rendre, pour en avoir discuté avec les gens avant. Bref, je suis arrivée là-bas avec, en main, quelques copies de la Compilation Metal Carnage, Volume I, que des gens m’avaient demandée. Plus j’y pense, plus je me dis que je ne m’étais pas préparée à un show comme celui-ci. La salle était plutôt remplie pour le 1er groupe alors que généralement, la salle commence à se remplir plus tard. J’ai beau regarder partout, je ne retrouve aucune pancarte »No stage diving » faisant habituellement partie du décor du Mavericks! Ça promet!
Accursed Spawn débute leur prestation avec une foule très réceptive et particulièrement éveillée dès le début. Pour avoir vu la formation de death metal de Ottawa plusieurs fois en show, leur performance était particulièrement enflammée, à l’exception d’un ou deux endroits moins fluides qu’on leur pardonne rapidement suite à leur prestation endiablée. Les deux guitaristes Paul Kelly et Adam ont une bonne présence sur scène, headbangnant intensivement tout en faisant des solos de tapping et de sweep. Le batteur Jay Cross a aussi une bonne prestance, se levant pour faire signe à la foule de démarrer un circle pit. Le chanteur Luke a un registre vocal assez étendu, sortant parfois des notes tellement graves que sa voix se perd dans le mix, à quelques endroits, et d’autres fois, des cris plus aigus remplis de vigueur. Le groupe fait rapidement lever l’enthousiasme de l’auditoire et nous présente une nouvelle pièce de leur répertoire qu’ils travaillent présentement à élargir, en travaillant sur leur nouvel album.





Nero Di Marte est un groupe de métal expérimental, de Bologne en Italie, que j’ai l’agrément de découvrir ce soir-là. La formation, anciennement nommée Murder Therapy, a sorti son album Nero Di Marte en mars dernier sous l’étiquette Prosthetics Record. Le chant de Sean Worrell n’est pas en avant-plan et fait souvent plus partie de l’ambiance. Le bassiste Andrea Burgio en fait rêver plus d’un avec sa Mayones, basse de grande renommée, fabriquée en Pologne. Le groupe prend vraiment le temps d’effectuer les choses à leur façon, pour créer différentes atmosphères et nous faire voyager ailleurs. Personnellement, le groupe me captive tout le long avec leurs ambiances parfois chaotiques, d’autres fois sombres, des changements de signatures rythmiques et des moments plus relaxants qui font que leurs compositions sont variées et poussent l’esprit à divaguer. Le groupe ne parle pas beaucoup à la foule et se contente plutôt de livrer la marchandise. Il est certain que la formation n’en est pas une propice à créer des mouvements de masse corrosifs dans la foule mais les gens sont très attentifs, la salle est comble et le groupe offre une prestation enivrante.





Origin attaque la foule avec ses premières notes et… BOUT D’VIARGE! Ça rentre! Les gens s’échangent des sourires dans la salle et semblent tous avoir la même réaction. Ce n’est absolument pas progressivement que Origin viendra conquérir le cœur de la foule de Ottawa mais plutôt dès l’exécution de leurs premières notes. Jason Keyser (Ex-Skinless) est une bête disjonctée sur scène. Tout le long de leur prestation, la scène sera complètement Free for all alors que plus d’une quinzaine de personnes y montent pour y faire du stage diving. Plusieurs shows metal très imposants se sont pourtant déroulés au Mavericks mais je n’y ai jamais vu une foule aussi intense. Le crowd surfing, qui habituellement est interdit à cet endroit, dépasse les attentes des spectateurs… et même celles des groupes. Le bassiste Mike Flore est hallucinant sur sa basse 5 cordes qu’il maîtrise de façon remarquable. Entre deux pièces, Jason Keyser demande à la foule de crier : John are you fucking tired? La foule demande à John Longstreth à plusieurs reprises s’il est fatigué. Celui-ci ne semble absolument pas au bout de ses forces et démontre sa technique incroyable et son jeu versatile rempli de subtilité pour le reste de la soirée. Moment fort de la soirée : Jason Keyser demande à la foule de lui apporter un shooter et débute une pièce tout de suite après. Finalement, il décide d’aller le chercher lui-même, porté par la foule en délire. Pendant qu’il continue de chanter, la foule le porte jusqu’au bar, situé à environ 25 mètres de la scène. Il est debout sur le comptoir du bar et prend un shooter, pour ensuite se relancer dans la foule. C’est du jamais vu au Mavericks et l’intensité de la foule, qui était déjà très active, est à son apogée!





Le groupe Gorguts monte sur scène et fait un test de son rapide. C’est lorsque j’entends le protagoniste du groupe, Luc Lemay, s’adresser au soundman en français que je m’interroge sur l’identité du soundman qui habituellement ne communique pas en français. Le son est très bien dosé et cela ne m’étonne pas puisque derrière la console de son, c’est Blacky, bassiste de Voivod. Le groupe légendaire qui a apporté une nouvelle vision du death metal en 1998 avec Obscura, nous joue leur nouvel album Colored Sands en entier (Sauf The Battle Of Chamdo) ainsi que quelques anciennes pièces. Personnellement, j’ai écouté leur album incessamment durant le dernier mois et d’avoir l’occasion d’entendre et de voir l’ensemble de l’album live fut une expérience très agréable. Quelques personnes avec qui j’ai jasé après le show ont mentionné qu’ils auraient bien apprécié un mélange plus équitable entre le nouveau matériel du groupe et leur plus ancien et je peux très bien comprendre leur point. Ceci étant dit, après 12 ans d’attente, le travail de composition effectué sur Colored Sands est brillant, orchestral et rempli de nuances. Luc Lemay utilise, la majeure partie de la prestation, une guitare n’ayant qu’un seul pick up et un seul volume. Il dédie la pièce Enemy of compassion à Jason Keyser pour avoir donné une prestation déchaînée. La foule est tellement active que les gens qui font du crowd surfing se rendent très loin dans la salle. J’adore le Mavericks pour sa dimension qui fait que malgré l’envergure des événements qui y ont lieu, les soirées sont toujours assez intimes. Des gens montent sur scène en surfant dans la crowd et tombe tout près des pédales des musiciens, même qu’une demoiselle tombe directement sur une des pédales du bassiste qui reste indifférent. Aussi, l’intensité de la foule l’oblige, les gens à l’avant sont constamment poussés sur le matériel du frontman, de sorte qu’un fil finit par se débrancher et que le guitariste/chanteur doit avancer son équipement près de lui et replacer son filage. Luc Lemay est très généreux et prend le temps de serrer des mains dans la foule et discuter avec les gens qui l’approche après le show. Il me mentionne qu’il a été très impressionné par la foule et il insiste sur le fait que ce soir a été la soirée de la tournée où la foule était la plus intense. Gorguts donne une prestation très lourde, remplie de riffs atonals et dissonants et de nuances subtiles.
Cet événement fut, sans aucun doute, un des moments marquants de 2013 du côté de Ottawa où la foule était complètement enflammée. Je suis encore sous le choc! J’imagine que c’est un signe que tu as apprécié ton show quand il te fait presque plaisir d’avoir un acouphène après 2 jours parce que ça te remémore ta soirée! Merci à Blackwidow Promotions pour l’accès au spectacle et pour l’organisation d’événements aussi imposants à Ottawa. On peut dire que l’année se finit en force et démontre une évidence du potentiel incontestable de la scène metal de Ottawa. Pour citer Jason Keyser
If this is an Ottawa crowd on a Wednesday, I’d hate to see this place on a Saturday!
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by Caro Roy | Déc 18, 2013 | Critiques, Critiques de Shows
Samedi 7 décembre, je suis allée veiller à l’église St-Jean-Bosco à Hull pour un show organisé par Vile Productions. J’avais souvent entendu parler des fameux shows à l’église qui se déroulaient il y a quelques années, mais je n’avais jusqu’à maintenant, jamais eu la chance d’y assister étant donné que j’habitais à l’extérieur de la région à ce moment-là. J’avais bien hâte de voir l’ambiance de ce show accessible aux gens de tous les âges et sans alcool. La salle est très appropriée pour ce genre d’événements et la scène est d’une dimension convenable. On peut même pendre, nous-mêmes, nos manteaux sur des supports à l’entrée, histoire de nous simplifier la vie. La photographe Sophie Mineault arrive presque en même temps que moi et on prend le temps de parler un peu. Ça fait déjà plusieurs événements que l’on couvre ensemble et nous nous sommes rendus compte, ce soir là, que nous n’avions pas encore eu le temps d’avoir une conversation… chose faite juste avant que les notes du premier groupe se fassent entendre.

Fight to Resist, groupe de metalcore de Gatineau fondé en 2010, débute la soirée sur scène. Je n’avais que très peu entendu parler du groupe depuis le Gatineau Midsummer Fest, en juillet dernier. Tout s’explique lorsque j’apprends que le groupe s’est concentré sur l’enregistrement au cours des derniers mois et devrait sortir un album prochainement. La foule commence à se réchauffer tranquillement et le devant de la scène est déjà bien occupé. Le chanteur du groupe, Mario Massie (ex-Forsaken Trust et ex-Dead King), a un vocal vigoureux qui s’allie bien aux backvocals du guitariste Guillaume St-Georges. Le groupe donne une bonne prestation, quoique plus calme que lors de la dernière à laquelle j’ai assistée. La scène était vraiment grande lorsque je les ai vus la première fois et ils avaient réussi à la rendre très vivante. Le son n’est pas idéal dans la salle et les solos de guitare ne sont pas suffisamment fort du point de vue d’où je suis placée dans la salle. Le chanteur occupe bien l’espace de la scène et les autres musiciens jouent avec dynamisme, sans toutefois trop se déplacer sur la scène. À la dernière pièce, on peut voir que l’énergie du groupe s’élève d’un cran, les musiciens se mettent à bouger plus et semblent donner tout ce qu’ils ont pour leur dernière pièce. Plusieurs spectateurs sont dans le pit à l’avant de la scène alors que plusieurs autres sont plus éloignés mais semblent très attentifs. Fight to Resist nous présente un mélange intéressant entre un chanteur énergique, des riffs pesants, des breakdowns et des solos mélodiques. Le groupe donne une bonne envolée à la soirée.





Defy the Crown, groupe de Gatineau, embarque maintenant pour venir se déchaîner sur scène. Les changements entre les groupes sont assez brefs, de sorte qu’on a à peine le temps de boire une bière à l’auto avant d’entendre le signal indiquant que le groupe débutera sous peu! Cela semble contribuer à garder les gens animés… et mon foie en bonne santé! Defy the Crown, groupe qui existe depuis 2011, est composé de Christian Therien au vocal, Jean Lefebre à la basse, Pierre-Luc Simoneau à la guitare et Marc-Alex Desjardins à la batterie. Un autre guitariste, Phil Bigras, s’est ajouté temporairement aux deux dernières prestations du groupe. Ce guitariste est tout un phénomène, shreddant sur sa guitare comme si elle était réellement une prolongation de lui-même et captivant l’attention de son auditoire avec son jeu versatile et très ressenti. Quant au guitariste Pierre-Luc Simoneau, il est l’incarnation même d’une boule d’énergie sur scène, entraînant rapidement son public dans sa folie, avec son répertoire très vaste d’expressions faciales, son énergie et son attitude presque théâtrale. Les deux guitaristes font ensemble, partie d’une formation jazz et ont donc déjà établi une excellente chimie sur scène, qui se dégage lors de cette prestation. D’ailleurs, tous les membres du groupe ont clairement du plaisir ensemble et cela semble être contagieux sur la foule qui est très active. Le chanteur Christian Therien a un vocal très convaincant, anime bien la foule et connecte avec son public dès le début. Celui-ci, qui exerce le métier de cuisinier, apporte sur scène sa grosse louche de cuisine et demande à la foule de faire un circle pit lorsqu’il la lève dans les airs. Sa technique est assez unique et efficace! Le groupe nous servira leur mélange d’influences très variées fusionnant metal, core et rock sudiste avec une vigueur, une originalité et un brin d’humour qui leur est propre.





Insurrection est très attendu dans la salle où près de la moitié des gens portent fièrement un chandail du groupe. J’en ai aussi profité pour m’en procurer un. Insurrection monte sur la scène et Steph Jomphe jase avec son audience, fait des blagues et est très décontracté. Il se permet de divaguer un peu. Il est agréable de voir comment le groupe adapte son attitude selon son audience, devenant très près de son public lorsque l’événement le permet. Le groupe semble être dans leurs vieilles pantoufles (quoique le chanteur est nu pied) dans cette salle, un peu comme quand on retourne, plusieurs années plus tard, sur la scène de l’école secondaire, où on y a fait nos premières expériences. Les membres du groupe nous offrent, encore une fois, une prestation très solide et nous présente plusieurs pièces de leur récent album Prototype. À chaque fois qu’il annonce que leur prochaine pièce en est une de leur récent album, j’ai toujours un peu espoir d’entendre Abattoir! Il me semble que c’est une pièce qui pognerait très bien en show et quand je me l’imagine, je vois toute la crowd chanter les paroles ensemble, c’est puissant… mais bon, les choses se passent rarement comme dans ma tête et le groupe a joué plusieurs des meilleures pièces de l’album Prototype. Steph est régulièrement dans le pit. Lorsqu’il est sur scène, il fait constamment des mouvements différents, faisant semblant d’être un chef d’orchestre, de s’envoler, de se rentrer un couteau dans le ventre ou de jouer du violon… Entre 2 pièces, le groupe présente Antonin Fuzz, le guitariste lead qui remplace maintenant Martin Samson dans le groupe. Il l’invite à dire quelques mots au micro et celui-ci décide de chanter un bout de chanson classique en niaisant, pour ensuite se faire dire, par le groupe, que c’était la première et la dernière fois qu’il s’adressait à la foule. Le moment fort de la soirée est, sans aucun doute, lorsque Mart Samson, co-fondateur et ancien guitariste lead du groupe, monte sur scène chanter avec le groupe, accompagné de Yolin Lafrenière, chanteur de Mortor… une grosse réunion de famille, forte en intensité.





Malgré que Steph Jomphe insiste à plusieurs reprises sur le fait qu’il est important de rester pour le prochain groupe et menace même la foule de barrer les portes, plusieurs personnes décident de partir AVANT LES GHOULUNATICS. Pendant ce temps, je suis vraiment toute énervée. Mon 1er show des Ghoulunatics! Étrangement, plusieurs personnes ne semblent pas connaître les Ghouls. Faut dire que tous les groupes d’âge y sont présents. Les Ghoulunatics est un groupe incontournable de la scène metal québécoise qui incarne le respect avant même d’avoir fait une note. Leur répertoire comprend des pièces françaises et d’autres anglaises et le groupe a même sorti, en 2006, l’album Cryogénie, entièrement en français. La formation, qui existe depuis 1994, est un mélange de thrash, de death et de rock & roll et s’est grandement démarquée par son originalité, sa capacité à innover et l’intensité de ses prestations live. Dès le début, la crowd forme un circle pit et plusieurs personnes sont à l’avant pour chanter avec le groupe. Le mot le plus approprié pour caractériser le jeu de l’ensemble des musiciens est INTENSITÉ. L’intensité se retrouve dans leur prestation visuelle autant que dans leur attaque instrumentale. À la dernière pièce, Patrick Mireault invite Steph Jomphe à monter sur scène pour chanter avec le groupe. Celui-ci monte sur scène, prend le temps d’enlever son t-shirt et surtout ses bas avant de chanter! Alors que la foule s’est calmée depuis quelques pièces, le chanteur de Insurrection redonne un élan à la soirée en s’adressant à la foule et en les brassant un peu. Le set des Ghoulunatics se termine en force et j’en prendrais encore!





Malgré le son qui n’était pas idéal, c’est une soirée très réussie, avec un sacré beau line up. Une chose qui m’a particulièrement marqué durant la soirée, c’est la quantité de jeunes de moins de 18 ans qui étaient présents et très vivants dans la foule. On peut avoir la tête tranquille, il y a clairement de la relève au niveau des activités de la scène metal de l’Outaouais. Merci à Vile Productions pour l’accès au spectacle et à ma collègue Sophie Mineault pour les photos!
\m/ C@w0o0o \m/
by Caro Roy | Déc 6, 2013 | Critiques, Critiques de Shows

Vendredi dernier j’étais complètement surexcitée et dès midi, je ne tenais plus en place et tombais royalement sur les nerfs de ma collègue de travail qui aurait eu besoin d’un peu de mon énergie. 2h…2h10…2h30…2h59! 3H! FINIIIII!!! Je rejoignais une gang de vieux amis avec qui je faisais la route et je louais la chambre de motel. Pendant la route, écoutant du August Burns Red avec une… bouteille d’eau entre les jambes… Euh! Anyways! J’étais assise à l’arrière entrain de m’hydrater quand je reçois un message de Dave Rouleau qui me dit de l’appeler le plus vite possible. Bon, ça commence! Deux possibilités : Soit je ne pourrai finalement pas avoir accès au show (ce qui me paraissait très peu probable et d’ailleurs merci à Extensive Enterprise), soit on a une opportunité d’entrevue! Au téléphone, Dave m’annonce qu’il vient de parler avec le gérant de August Burns Red et que JB Brubaker, le guitariste, est disponible pour une entrevue maintenant! On confirme avec Alex Deleon Cativo, le photographe qui couvre le show avec moi ce soir-là! Il est partant! Il me reste encore 30 minutes de route pour penser à ce que je pourrais bien lui poser comme question! J’ARRIVE! Une fois arrivée, je reconnais Alex de loin, on va prendre une bière, on jase et on se fait attendre… NON! C’est pas vrai! On est sur un »rush »! Je le vois, on s’organise rapidement pour l’entrevue et on attend que le gérant de August Burns Red vienne nous chercher. Après l’entrevue, je réalise que je n’ai même pas dit bonjour à mon collègue photographe que je rencontrais pour la première fois! Je me présente donc de façon officielle, 30 minutes plus tard!
En retournant à la salle de spectacle du Metropolis, j’entends la dernière pièce de Beartooth, le 1er groupe de la soirée. Beartooth est un groupe hardcore originaire de Columbus, en Ohio, fondé en 2012 par le chanteur/multi-instrumentiste/producteur et compositeur Caleb Shomo, anciennement membre du groupe Attack Attack! Pour le moment très bref que j’ai eu la chance d’entendre, le groupe nous a présenté une recette de hardcore bien basique, avec des riffs de guitare lourds, un chanteur qui gueule de toutes ses tripes et une basse imposante. Le tout présenté de façon très directe, sans artifice et avec beaucoup de vivacité, le chanteur semblant un peu essoufflé à quelques reprises.
Le 2e groupe de la soirée, Defeater, avait un fanbase très présent dans la foule du Metropolis ce soir-là! Personnellement, j’avais découvert le groupe auparavant, pour son implication envers la cause environnementale, leur 1er album ayant été fabriqué de matériaux recyclés et leur van de tournée ayant été transformée pour fonctionner avec de l’huile végétale. Je connaissais donc le son global du groupe pour m’y être intéressé, sans connaître chacune des pièces. Beaucoup de gens chantaient les paroles avec le groupe et quelques personnes que j’ai croisé assistaient au show principalement pour voir ce groupe. La foule était drôlement animée, les mouvements de celle-ci étant un peu divisés et hétérogènes. La formation originaire de Boston a offert son punk hardcore de façon efficace, alternant entre des moments plus lents et ambiants et d’autres plus explosifs.




La foule était prête pour Bless the Fall et semblait très animée. Je connaissais le groupe de metalcore/screamo,originaire de Phoenix en Arizona, seulement pour avoir écouter quelques pièces la semaine avant le spectacle. Mes impressions sur leur prestation furent généralement les mêmes que lors de mon écoute préalable au show. Le groupe a plusieurs atouts musicalement et est très tight mais la voix clean du chanteur vient rendre l’expérience moins intéressante à mon goût. Des voix cleans sur de la musique qui bûche, oui certainement! Toutefois, les screams de Beau Bokan sont intéressants mais sa voix clean est très mélodique… quasi-langoureuse et devient (pour moi) rapidement agaçante. Tout le long de la prestation, je me suis questionnée sur ce que donnerait le vocal clean du chanteur si on l’isolait pour l’ajouter à une musique pop et j’en ai conclu que sa voix serait très facilement adaptable à ce genre de répertoire (conclusion personnelle). Heureusement, le groupe a démontré une très bonne énergie, le chanteur grimpant sur les bancs, sur les amplis et sautillant constamment. Alors que je décroche un peu sans m’en rendre compte, le groupe joue Carry On, pièce où le chanteur de August Burns Red est l’invité. De mon point de vue, l’apparition de Jake Luhrs a redonné un peu d’envolée à la prestation. Du côté de la foule, elle était déjà très animée et plusieurs semblaient apprécier la performance du groupe. Après discussion avec quelques fans du groupe, il semblerait qu’en général, les amateurs du groupe ont vraiment apprécié cette performance.



Ce show, aux styles musicaux variés, a soulevé des controverses quand aux différentes pratiques au sein de la crowd. Plusieurs personnes de la foule ont été outrées d’avoir à partager le devant de la scène avec des gens adoptant des pratiques différentes des leurs et j’ai entendu beaucoup de gens se plaindre de la crowd. Personnellement, je crois qu’il est inutile de faire des généralisations et de séparer la crowd en 2 groupes distincts : ceux qui mosh et ceux qui slam! Pour moi un show métal est un peu représentatif d’une micro-société où chacun adopte des pratiques différentes, qu’on se doit de respecter, sans nécessairement les adopter… et comme dans tout, certaines personnes exagèrent des deux côtés et ne respectent pas les pratiques des autres. Bref, la plupart des gens présents à cet événement ont su avoir du plaisir à leur façon, sans manquer de respect à personne et je ne vois en rien l’utilité d’insulter des personnes quant à une pratique, un style vestimentaire ou une coupe de cheveux, juste à cause de quelques personnes déplaisantes.
Le spectacle tant attendu de August Burns Red débute et j’ai l’idée de génie de me rendre à l’avant de la scène pour me faire arracher pleins de cheveux, me coller contre la sueur des gens en avant et ne rien voir des premières pièces! Je décide finalement de remonter en haut pour voir la dynamique dans la salle. Le groupe débute leur performance avec la pièce Provision, pour ensuite jouer Fault line et Cutting the Ties. Les musiciens sont vraiment dynamiques et sautillent toujours d’un bord et de l’autre de la scène. Le chanteur danse en s’amusant constamment à faire des mouvements avec son micro qu’il laisse pendre. C’était la première fois que je voyais le groupe en show et j’ai beaucoup apprécié leur performance bien qu’il semblerait qu’il ne s’agissait pas d’une de leur meilleur prestation. Le chanteur, Jake Luhrs prend, dès le départ, le contrôle de son public. JB Brubaker est solide à la guitare comme on s’y attend et est très dynamique sur scène, montant et descendant sur les bancs à l’avant de la scène, ses gougounes aux pieds. Le batteur Matt Greiner fera un solo de batterie vers la fin du spectacle et le groupe terminera ensuite sur la pièce White Washed. La foule demande un rappel et le groupe jouera 2 dernières pièces, soit Frosty the Snowman et Composure. Pour la pièce de noël, JB Brubaker et le basssiste Dustin Davidson s’échange d’instrument. Les musiciens sont très versatiles, particulièrement le bassiste qui est aussi très à l’aise sur la guitare et qui a su démontrer, dans des performances ultérieures, que la batterie n’avait aucun secret pour lui. La prestation du groupe m’a semblé assez courte et plusieurs pièces que j’aurais aimé entendre, tels que Poor Millionaire et Meridian n’ont pas fait partie de leur setlist. Le groupe a tout de même offert un très bon mélange entre leur récent album Rescue and Restore, duquel ils ont joué 5 pièces, et leur ancien matériel.





Après le show de August Burns Red, mes compagnons de guerre et moi, qui savons boire sans modération, sommes traversés au Foufounes Électriques pour un combat de Baby-foot duquel je me suis sauvée, sans aucun avis, pour monter en haut jaser avec les gens qui venait de voir le show de La Grande Guignolée Underground 6 donné par Ghoulunatics, Arseniq33, Insurrection et Foreshadow.
Photos de Alex Deleon Cativo.
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by Caro Roy | Déc 4, 2013 | Critiques, Critiques de Shows
Samedi le 23 novembre, je me suis rendue au Café Chaos à Montréal pour assister à un événement organisé par Hellstorm Productions. Le line-up était très diversifié, composé de quatre groupes de styles variés, provenant de différents endroits au Québec. Après 2 heures de route dans la première tempête de neige de l’année, à écouter le nouvel album de François Pérusse et à pleurer de rire… un, deux 8594! Je suis prête à découvrir le Café Chaos. Je me suis finalement rendu compte que j’y avais déjà mis les pieds plusieurs fois dans mon jeune temps (Il y a 4 ans de ça!). Je rencontre plusieurs membres des groupes et jase un peu avec tout le monde. Je constate rapidement que le chandail Ondes Chocs est vu différemment à Montréal par rapport à chez moi à Gatineau. Alors qu’il créé plutôt une curiosité à Gatineau, il est bien connu à Montréal et créé une sorte de fraternité. Par exemple, à Gatineau/Ottawa les gens me posent plutôt la question « J’ai entendu parler d’Ondes Chocs! Vous faites quoi au juste? » tandis qu’à Montréal les gens m’approchent en me disant : « HEEEEEYYYYY ONNNDDDEEESS CHHHOOOOOOCCCSSS!!!! Tu vas écrire une review? MALADEEEE! Je connais Dave, c’est un esti de MALADEEEE! » Bref… avec une touche un peu plus familière!

Les portes ouvrent dans moins de 30 minutes et le serveur demande à tous les gens déjà en haut de descendre en bas pour se faire étamper. Ça sonne un peu violent! En descendant pour aller me faire étamper, j’imaginais un doorman enragé qui veut donner une volée à tout le monde. Ah une étampe… c’est plus doux qu’une claque dans la face! Vers 8h30, l’heure à laquelle le show est annoncé, la salle est surtout peuplée par les membres des groupes qui donnent le show ce soir-là! On espère que les gens commenceront à arriver et 30 minutes plus tard, la salle est bien remplie et la vente de billets se déroule à la hauteur des attentes de l’organisateur. Je dois dire que j’ai été bien surprise par la façon efficace de gérer le déroulement de la soirée de Daimon Hellstorm. Il sait clairement où il s’en va et prend le temps de parler à chaque groupe pour qu’il n’y ait aucune ambiguïté concernant le déroulement de la soirée. Ça s’est avéré efficace puisqu’il n’y a eu aucun temps d’attente exagéré entre les groupes et que tout le monde savait où il s’en allait.
Le premier groupe commence sa prestation. Death Intended est un groupe de metalcore de la ville de Québec qui existe depuis 2008. Le groupe en était à sa première prestation à Montréal. Composé de Carl Dufour au vocal et à la guitare, Arnaud à la guitare, Samuel Chen Dubé au clavier, Max à la basse et de Jonathan Bédard à la batterie, le groupe donne dans le metalcore progressif. Leur bassiste est entré dans la formation 3 semaines avant ce spectacle. Des clean vocals sont effectués par le chanteur alors que le claviériste et le guitariste s’occupent des harmonies vocales. Quelques compositions du groupe sont assez longues et le claviériste ajoute de bonnes lignes mélodiques à l’ensemble. Le groupe a clairement du potentiel mais doit, à mon avis, continuer de se définir d’avantage, de travailler leur son et de s’approprier la scène. J’ai vraiment apprécié l’attitude du chanteur, Carl Dufour, qui est vraiment sympathique et soutient tous les autres groupes, en étant en avant de la scène tout le long du show et en démarrant des pits à plusieurs reprises.




My Shadow embarque sur scène devant une foule très calme et éloignée. Cette formation de Gatineau offre un mélange original de death metal mélodique mêlé à du power metal et à des harmonies vocales très présentes. Avant même de commencer, le chanteur dit à la foule que le show sera vraiment meilleur à deux pouces de la scène et invite les gens à s’approcher. Le bassiste en ajoute en disant « Quesser vous faites là! On se créerait un lundi! Let’s go gang, c’est samedi!! Réveillez-vous! » Sa technique est clairement efficace parce que les gens s’avancent et semblent s’être réveillés. Le groupe nous présente des pièces de leur album Decayed World qui vient tout juste d’être lancé au début du mois d’octobre. La foule embarque dès le début et la musique du groupe est reçue de façon très positive. Les musiciens dégagent une bonne énergie, ont vraiment du plaisir entre eux et le transmettent bien à la foule. Pendant leur performance, le groupe invite un gars de la foule à monter sur la scène puisque c’est sa fête. Il lui offre un shooter et le remercie d’être monté de Gatineau pour voir le show. Pendant un moment mélodique, le chanteur descendra dans le pit de moins d’une dizaine de personnes pour se défouler avec eux. À l’avant-dernière chanson, le hi-hat du batteur s’effondre par terre. Daimon Hellstorm fera partie intégrante du spectacle pour la dernière pièce, puisqu’il tiendra le hi-hat du drummer jusqu’à la fin du spectacle! Malgré cela, le groupe n’arrête pas de jouer et semble trouver ça drôle plutôt que d’être déstabilisé! La foule est nettement réchauffée et l’ambiance est bonne.




Le 3e groupe à monter sur scène, Faithfull Synthesis, est un groupe de deathcore mélodique originaire de Joliette. Le chanteur, Shafi Alam, est tout un numéro et en était seulement à sa 2e apparition sur scène ce soir-là. La prestation du groupe a débuté avec des blagues que ce dernier racontait au public alors que les autres musiciens se préparaient. La foule embarque bien dans ses blagues simples mais efficaces:
J’aime beaucoup les enfants surtout quand ils sont entrain de fabriquer mes souliers!
J’ai l’impression que ses blagues n’auraient pas eu autant d’impact si ce n’était pas du charisme du chanteur. Il a un visage très expressif et parle avec un accent. Il chante avec des cris stridents et puissants alors que le bassiste a un growl grave et imposant. J’ai bien aimé le contraste des deux voix au registre complètement opposé. Les guitaristes font des riffs accrocheurs, alternant entre des moments plus ambiants avec certaines influences black metal, des moments plus thrash, des accords plus pesants et groovy et des breakdowns. Le chanteur est très humble et affirme : « On passe après des groupes qui sont vraiment meilleurs que nous! On est habitué d’être à la 3e place! ». La foule est très attentive et les gars de Death Intended sont fidèles au poste pour mettre de l’énergie devant la scène avec d’autres spectateurs. J’ai bien hâte de voir l’évolution de Faithful Synthesis, qui visite présentement des studios d’enregistrement.



Le dernier groupe de la soirée, Worth Dying For, a clairement capté l’attention de la foule avec son metal mélodique progressif. Le groupe de Québec est composé de 6 musiciens talentueux soit Dave Tweddell au vocal, Alexandre Fisette et Dave Langlais aux guitares, Vincent Bourgouin à la basse, Patrick Mailloux au clavier et Keven Bessette à la batterie. Le son des musiciens est très bien balancé et la composition des pièces est très variées. Le claviériste, est vraiment énergique derrière son instrument et prend beaucoup de place dans l’instrumentation alors que le bassiste s’amuse clairement et fait beaucoup d’expressions faciales en jouant. Le chanteur prend bien sa place en tant que frontman et son registre vocal est très versatile, ne laissant personne indifférent avec sa voix mélodique bien contrôlée. Les arrangements de guitares sont très intéressants avec des effets variés qui sont bien maîtrisés et des solos effectués habilement. Il est intéressant de voir comment le groupe s’est adapté au changement de chanteur au printemps 2013. Malgré l’arrivée de 3 nouveaux membres depuis leur album Tears and Ashes, la chimie de groupe des musiciens a rapidement été établie. Surveillez l’évolution de ce groupe qui a récemment signé un contrat chez Hémisphère Studio pour l’enregistrement de leur prochain EP avec Antoine Baril (ex-Augury, Symbolic, Deviant Process) derrière la console.




Bref, ce fut une virée à Montréal vraiment agréable qui m’a donné l’occasion de découvrir de très bons groupes de la province que j’ai bien hâte de voir évoluer et progresser. Il est assez rare de retrouver quatre groupes de l’extérieur, dans un même line-up, comme c’était le cas ce soir-là Merci à Hellstorm Productions pour l’accès au spectacle et pour cette soirée bien réussie! Ah oui, en terminant… les photos sont de moi mais mon appareil est bien ordinaire.
\m/ C@w0o0o \m/