Revue du show de Primitive Man, Opium Lord, Powercup et Basalte – Montréal 18-07-15

18-07-15 Montréal Primitive Man

 

*English version follows
En ce samedi soir très humide, le coloré bar le Ritz PDB sur la rue Jean-Talon à Montréal a été l’hôte d’une soirée spéciale et variée organisée par Extensive Enterprise. Cet endroit, anciennement connu sous le nom de Il Motore devient rapidement l’un de mes endroits préférés pour voir des concerts à Montréal surtout que le son y est très bon, la salle est juste de la bonne taille et leur choix de bières est excellent. Avant le concert, je me suis commandé une pinte de la Farnham IPA et rencontré quelques copains, y compris les trois messieurs qui ouvraient la soirée.

BASALTE est un nouveau venu à la scène et j’aime vraiment ce qu’ils jouent. Je pense que leur premier album était pas mal solide et cette qualité est facilement transféré dans leur prestation scénique. Le trio n’a pas de basse, seulement deux guitaristes et un batteur, mais ce n’est pas une lacune pour eux. Les trois membres chantent tous et cela crée un contraste cool entre les différents styles utilisés. Laurent, le batteur, utilise une voix grave presque death metal tandis que les deux joueurs de guitare se distinguent entre une approche influencé par le post hardcore / screamo  et un cri atmosphérique plus traditionnel au black metal. Leur première pièce était une nouvelle et elle mélange bien leurs racines black metal avec beaucoup d’éléments dissonants et une bonne dose de styles variés de hardcore. C’est rafraîchissant et tout à fait unique dans l’univers du métal québécois. Leur (trop) courte prestation était super et j’ai hâte de les voir à nouveau. Keep it up, les gars!

POWERCUP est un duo local de powerviolence / grindcore et ils sont l’fun. Ils ont joué un set bref mais très agréable (dix minutes avec comme dix chansons?). Et ils n’ont pas arrêté de faire des blagues au sujet de la ville de Trois-Rivières (apparemment, ils avaient des amis qui venaient de cette ville dans la foule). Le duo batterie / guitare a joué un set énergique de chansons courtes pleines de riffs grind accrocheurs et de fills de batterie à fond la caisse. Leur approche non-métal est cool et je prendrais un set d’une trentaine de minutes de leur musique. Ils étaient peut-être plus à leur place quand je les ai vus avec Nasum et Brutal Truth il y a quelques années, car ils étaient plus dans leur élément, mais ils étaient une addition intéressante à ce line up, puisque tous les autres groupes finalement comprennent certaines formes de hardcore dans leur musique. Ils appellent leur genre «rénovation grindcore» car ils ont des paroles sur la rénovation de maison, un thème hilarant digne de leurs pitreries scéniques.

OPIUM LORD de l’Angleterre a joué un mélange intéressant de musique extrême. Ils étaient très solides. Le côté lent de la facette la plus extrême du doom metal était à sa place avec leur sludge metal aux inspirations hardcore. Ils semblaient pourtant trop nombreux pour la musique qu’ils jouent. Je ne pense pas qu’ils ont besoin de deux guitaristes pour faire valoir leur point. Ils ont eu quelques moments plus atmosphériques, mais ils ne sont pas exactement Cult of Luna ou Neurosis! Néanmoins, cela n’est qu’une légère critique. Ils avaient des variations de tempo intéressants et leur chanteur était une bête vicieuse et puissante au micro. Ils sont certainement un bon compagnon de tournée pour la tête d’affiche puisque les deux partagent un goût pour les «wall of sound» puissant.

PRIMITIVE MAN, la tête d’affiche de la soirée a joué un set du tonnerre complètement rempli de grooves de basse nihilistes et d’un jeu de batterie athlétique. Le trio a complètement détruit la foule avec son blackened noisy sludge / doom metal. Les membres sont en totale harmonie les uns avec les autres; les guitares agissent comme le frère aîné de la basse, et ensemble, ils écrasent pendant les moments lents (et très misanthropique) et ils nous balancent tout ce qu’ils ont au visage pendant les souvent courts et sporadiques moments rapides. Au cours de ces explosions d’agressivité, une petite partie dédiée de la foule était en délire et a créé un moshpit. Le batteur est celui qui lie le tout et il est légitimement placé au milieu de la scène. Il n’est pas le plus rapide, pas le plus pesant non plus mais il est impressionnant et joue de façon fluide. Leur prestation n’a pas duré plus d’une heure, mais il draine complètement l’énergie de votre corps.

Leur musique et leur art sont liés puisque tout cela est fait par leur chanteur Ethan McCarthy et c’est dangereux et horrible, tout comme leur musique et je ne voudrais pas qu’il en soit autrement. Il y a ce sentiment particulier avec le groupe que vous ne recevez pas avec quelqu’un d’autre, que ce soit des tatouages ​​mystiques sur le corps de Isidro Soto jusqu’aux photos de James Brown sur leurs amplis . Ils sont une formation à expérimenter en spectacle.

Leur musique pue l’obscurité et la haine pour l’humanité et parfois, c’est précisément ce que vous avez besoin pour mettre fin à un samedi soir aux côtés de quelques amis en sueur et de bière(s) froide(s) en chemin vers la gueule de bois potentielle et le mal de tête évident qui vient avec le lendemain matin.

P.S. Il est plaisant lorsque les groupes ont des t-shirts de la taille des mecs gras comme moi surtout que leurs designs et les prix sont vraiment cools; payer 25 dollars pour un CD et un t-shirt est assez rare (et rad) de nos jours!

Extensive Enterprise a certains des meilleurs spectacles à Montréal, et j’espère tous vous voir à Sumac et Thantifaxath qui vont détruire le même endroit le 2 Août!

Antoine Richard

 

On this very humid Saturday evening, the colourful Bar le Ritz PDB on Jean-Talon street in Montreal was the host of a special and varied evening organized by Extensive Enterprise. This place, formerly known as Il Motore is rapidly becoming one of my favourite places to see gigs in Montreal since the sound is pretty good, the venue is just the right size and their choice of beer is excellent. Before the gig, I ordered myself a pint of the great Farnham IPA and met some buddies. Including the three gentlemen who were opening the night.

BASALTE is a newcomer to the scene and I really like what they play. I thought their debut album was quite solid (read my review: here) and their quality is easily transferred to the live setting. The trio doesn’t have any bass, only two guitarists and a drummer but it’s hardly a shortcoming for them. The three members all sing and this creates a cool contrast between the different styles used. Laurent, the drummer, is using a deeper, almost death metal influenced voice while the two guitar players intertwine between a sort of post hardcore/screamo influenced approach and a more traditional atmospheric black metal shout. Their first track was a new one and it was mixing their black metal roots with a lot of dissonant elements and a healthy dose of varied styles of hardcore. It’s refreshing and quite unique in the Quebecois metal universe. Their (too) short set was great and I can’t wait to see them again. Keep it up, guys!

8 volcanic rocks out of 10

POWERCUP is a local powerviolence/grindcore duo and they’re a fun bunch. They played a brief but enjoyable set (ten minutes with like ten songs?) and they kept making jokes about the city of Trois-Rivières (apparently they had friends from there in the crowd). The drums plus guitar duo played an energetic array of short songs full of catchy grind riffs and fast paced drums fills. Their non-metal grind approach is lovely and I’d take a thirty minutes set of their music anytime. They were perhaps more of a fit when I’ve seen them with Nasum and Brutal Truth some years ago since they were more in their element but they were a surprising addition to this lineup and in the end since all the other bands do include some forms of hardcore music in their formulas. They call their genre «renovation grindcore» since they have lyrics about house renovation and that’s a peculiar, hilarious theme befitting of their stage antics.

7,5 tasse de puissance out of 10

OPIUM LORD from England played an interesting blend of extreme music. They were quite solid, the slow sound of the more extreme side of doom metal felt right at home with the hardcore inspired sludge metal. They seemed too numerous for the music they play though, I don’t think they need two guitarists to make their point across.They had some more atmospheric moments but they’re not exactly Cult of Luna or Neurosis! Nonetheless, that’s a slight criticism, they had interesting tempo variations and their singer was a vicious and powerful beast at the mic. They were definitely a good touring companion for the headliner since they both share a liking for a hard hiting wall of sound approach.

7,5 «this sounds like the name of a stoner rock band into weed» out of 10

PRIMITIVE MAN, the headliner of the evening played a thunderous set completely full of nihilistic bass grooves and athletic yet pummelling drumming. The three piece completely obliterated the crowd with their blackened noisy sludge/doom metal. The members are in total harmony with each others, the guitars are acting as the older brother to the bass but together they crush during the slow (and very misanthropic) moments and they throw everything they got at your skull during the fast (often short and sporadic) moments. During these outbursts of aggressiveness, a small but dedicated part of the crowd went wild and created a moshpit. The drummer is the one who ties everything together and he’s rightfully placed in the middle. He’s not the fastest not the heaviest but boy, he’s impressive and moves so well. Their set wasn’t even more than a hour but it completely drains the energy out of your body.

Their music and their art are thorougly linked since it’s all done by their frontman Ethan McCarthy and it’s brooding, dangerous and horrific, just like their music and I wouldn’t want it any other way. There’s just this peculiar feeling with the band that you don’t get with anyone else, from the mystical tattoos on Isidro Soto‘s (drums) body to the pictures of James Brown on their amps. They’re a band to experience live.

Their music just reeks of darkness and hatred for mankind and sometimes, it’s precisely what you need to end a Saturday night alongside some sweaty friends, cold beer(s) and a possible hangover with the obvious headache the next morning.

P.S., it’s fun when bands do have shirts for fat dudes like myself and their designs and prices are really cool, paying 25 dollars for a CD and a shirt is pretty rare (and rad) nowadays!

9 nihilistic dudes from Colorado out of 10

Extensive Enterprise has some of the best shows in Montreal, see you all at Sumac and Thantifaxath who will destroy the same venue on August 2nd!

Antoine Richard

 

 

Grand Morne – Entrevue

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Antoine – Présentez Grand Morne aux gens qui ne sont pas familiers avec vous!

Grand MorneTrois grand-duc aux pochetons moelleux cherchant à exorciser les platitudes de la vie moderne à grandes doses d’heavy metal.

 

Antoine – Vous semblez confortable avec le fait d’être un band instrumental, en a-t-il toujours été ainsi? Ce type de groupes semble plus démocratique…

Grand MorneEn effet, le côté démocratique d’un power trio peut s’avérer plus équitable. Pour ce qui est de Grand Morne, le processus est assez simple. Nous nous retrouvons les trois face à face au local et les décisions sont discutées et prises sur le champ. Pas de niaisage, pas de tétage, nous sommes comme un triangle équilatéral. BOUHOU!! Évidemment, le fait d’être instrumental nous libère d’avoir un moron mégalomaniaque qui prépare ses speechs devant un miroir (JOOOKE). Let the fucking music do the talking! Sur une note plus sérieuse, nous avons en tête plusieurs collaborations dont plusieurs au vocal qui devraient se concrétiser dans le futur. Ce qui fait en sorte que nous allons répéter l’expérience entamée avec notre dernier single « LE DUC» qui avait comme guest vocal notre bon pote PLG du groupe DROGUE.

 

Antoine – Est-ce que le deuxième album est terminé? J’aimerais bien ça avoir des informations sur celui-ci!

Grand MorneLe deuxième est entamé depuis un bout mais il est loin d’être terminé. Vraiment, nous voulons pousser la note d’un cran à tous les niveaux et pour atteindre notre but, nous devons passer au tamis chaque aspect de ce futur album. Ceci dit, nous allons tout de même faire paraître un nouveau maxi constitué d’une seule pièce qui devrait presque atteindre le cap des quinze minutes et cette pièce devrait se retrouver sur le web au tout début de 2015. Le deuxième album de Grand Morne se verra plus BIG, plus puissant et certainement plus diversifié.

 

Antoine – Grand Morne mélange plusieurs sonorités, du stoner, du doom, du rock… C’est quoi vos principales influences en ce moment?

Grand MorneEffectivement, nous ne voulons pas être confinés seulement aux limites du stoner/doom. Avec Grand Morne, les barrières sont tout simplement crissées à terre. Un riff sludgy suivi d’un tempo thrash, why not? Tant que le tout nous semble cohésif et que ça nous donne le goût de nous banger la tête, bingo! Évidemment, nous n’allons pas commencer à écrire des ballades pour se tenir la main mais chose certaine, nous ne voulons pas être rattachés au stigma du «stoner» typique.
Pour ce qui est des influences, outres les évidences comme Black Sabbath (putain, qui ne nommerais pas Sabbath?!?) nous nous devons de saluer les Melvins et Voivod pour leur excentricité et leur puissance respective.

 

Antoine – Comme le band post rock Montréalais Videoville, vos titres de chansons sont souvent ben drôles (OVIBOS COLOSSODYSSAL, BASALTE BARON…), c’est quoi le processus de sélection des titres et est-ce qu’il contient beaucoup d’alcool?

MaxJe dois prendre le blâme pour cet aspect du band. Haha! Je crois qu’il trop facile d’être un band instrumental et avoir des titres d’une platitude mortelle. Nous pouvons aussi tomber dans le piège d’avoir des titres long comme le criss qui finissent par pu rien dire. Si tu décortiques bien les titres du premier album, tu trouveras des références géologiques, des inspirations allant des super-sciences jusqu’au royaume animal. C’est bien tant mieux si cela peut divertir nos auditeurs car sans joke, nous prenons ces titres aux sérieux. HAHA

Grand MorneEt bien entendu, nous ne pouvons pas te mentir, tout ce qui gravite aux alentours du band comporte son lot d’alcool. La roue ne se réinvente pas, nous sommes trois connards dans un petit local de pratique suintant qui tank dla grosse bière. Et nous avons besoin de rien d’autre pour apaiser nos esprits face à ce putain de monde qui tourne à l’envers.

 

Antoine – Il a plusieurs bons bands provenant de votre coin de pays, ça vous tente pas de faire un split avec un d’eux un moment donné? Je sais que vous êtes ben chums avec les gars de Les Indiens par exemple. Finalement, comment est la scène de Québec ces temps-ci?

Grand MorneEffectivement, nous avons une belle scène à Québec. Oui ce n’est rien à comparer en terme de volume de band avec ce qui se passe dans la métropole, mais c’est tout à fait normal. Un des avantages est que rapidement nous venons à connaitre tout le monde. Avec Grand Morne, nous essayons le plus possible de ne pas nous limiter à la scène «metal». Nous collaborons présentement avec notre pote Alex Martel du groupe folk/prog MAUVES sur notre nouveau single. Nous avons eu la chance de participer à la 1ère édition des « Nuits psychédéliques » qui offraient un line up des plus diversifiés juxtaposant musique psychédélique de toutes sortes allant du harsh noise à un concert solo du sitariste Guy Bernier. Bref, il y a les deux côté d’la médaille et nous aimons bien le fait que nous nous ne limitons pas à une scène en particulier. Pour ce qui est d’un split, l’idée nous a déjà traversé l’esprit sans jamais se concrétiser. Je pense à nos potes de Sandveiss avec leur stoner de qualité, le post-hardcore thématique de CAREY ou bien le puissant sludge de nos chums des Black Khox.

 

Antoine – Le cover de votre dernier single «Le Duc» est magnifique (créé par Mathieu Labrecque), c’était quoi vos demandes? Est-ce qu’il avait carte blanche?

Grand MorneYES! En effet, Math Labrecque est un de nos potes à Québec et son œuvre est juste sick. D’ailleurs, je vous invite tous à aller visiter son blog (nerddamage.blogspot.) On avait peut-être discuté de quelques concepts avec lui mais rien de trop pointu et il a donc conçu la pochette du single entièrement de son cru. Nous en avons font une sérigraphie qui venait avec le single. D’ailleurs, Il en reste quelques-unes de disponibles pour nos prochains spectacles.

 

Antoine – Questions en rafales (je voudrais les réponses des 3 dudes préférablement)
1) Electric Wizard ou Sleep
2) Rousse ou Blonde
3) Canadiens ou Nordiques
4) Meilleur band québécois actuel?
5) Meilleur show à vie?

MAX
1-SLEEP
2- Femme ou bières, je les aime de toutes les couleurs.
3- Le heavy metal
4- VOIVOD
5- Possiblement Nick Cave and the bad seeds, sold out au metropolis vla deux ans mais je dois donner une mention au retour de King Diamond la semaine dernier à l’Olympia, quel putain de show!

Girard
1-SLEEP
2-Les femmes, la boisson, le rock…peu importe la couleur…
3-M.Bettman je le pogne n’importe quand!
4-Avec pas d’casque
5- 7 août 2013, 30 Ans, 30th Anniversary Tour, MELVINS, New-Orleans, La.

Lèele
1-SLEEP
2-Rousse
3- Nordiques
4- Voivod
5- Slayer avec Soulfy à l’agora du vieux-port de Québec en 2002 avec la pluie pendant Raining Blood pis mes tounes pref de Chaos A.D.

Merci à Ondes Chocs pour le support, STAY HEAVY.

 

 

 

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Invasion sonore en provenance de la vieille capitale

En ce beau vendredi d’automne, je pris le métro direction Hochelaga Maisonneuve, un trajet relativement long pour moi, un bum de Laval, mais woh monsieur, j’ai une station à côté de chez moi contrairement aux gens de Québec qui doivent obligatoirement prendre l’autobus! Ok, ce sera ma dernière blague sur la vieille capitale, je ne parlerais même pas de la question du retour des Nordiques ou de Régis Labeaume, car je suis avec vous pour vous parler de grosse musique lourde. Au menu, trois bands de Québec, tous œuvrant dans des genres différents, mais tous excellents. Organisé par le jeune label Sabotage Musique, ce spectacle fait partie de leur série de «vendredi sabotage», des événements mensuels qui ont pour but de financer l’étiquette, mais aussi d’offrir du divertissement au quartier d’Hochelaga.

 

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Première impression de l’endroit: le Atomic Café est vraiment beau, plein de tableaux de jeunes artistes montréalais partout et un look années soixante intéressants. Je me suis pogné une grosse Laurentide et je me suis préparé pour cette soirée-là.

 

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Grande Morne ouvre les hostilités avec leur son de fou instrumental. Le power trio exerce une pression intense sur les tympans avec leur mélange de plusieurs influences créant un approche qui décoiffe. Je pourrais me limiter à dire qu’ils évoluent dans le doom/stoner métal, mais telle description serait un peu réductrice considérant qu’il y a du sludge, du rock, un brin d’alternatif, des moments plus techniques pouvant s’apparenter au métal progressif moderne et j’en passe. Les trois comparses ont une bonne cohésion, la chimie est là et la basse tonitruante ne laisse pas toute la place à la guitare pesante. Ils ont également joué leur dernière chanson «Le Duc» (voir le merveilleux artwork du single, c’en en vaut la peine) en compagnie d’un chum invité au micro. Pour ma part, c’était le band qui m’a fait me déplacer et je n’ai pas été déçu par leur performance. Un band à surveiller!

 

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Les Indiens se sont présentés sur le stage vers dix heures et demi. J’avais bien aimé leur premier album intitulé «Crâne» donc j’avais bien hâte de les voir en spectacle. Le quatuor joue une sorte de rock stoner psychédélique agrémenté de quelques influences métal (le mythique Sleep entre autre) pour créer un son qui déchire. L’importante présence du keyboard rajoute une grosse influence 70s à leur son, on peut entendre la touche du regretté Jon Lord de Deep Purple. La présence scénique du band est vraiment bien, la basse et les vocaux gras occasionnels de Michel Groleau viennent rajouter aux guitares et aux vocaux clairs en Français de Guillaime Sirois qui arbore une belle moustache. Tu peux saisir une influence amérindienne dans leur mixture et esthétique, leur cover d’une toune de KashtinLa chanson du diable») était vraiment intéressant. Un band de bikers qui aime les bonnes choses de la vie, c’était le fun et j’ai hâte d’entendre leur nouveau stuff. Pour l’instant, je me suis procuré leur dernière cassette parce que l’analog c’est cool, bébé.

 

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Gerbia était les derniers à jouer et malgré que je ne connaissais pas leur musique outre une courte visite sur leur bandcamp durant la semaine précédent le spectacle, j’ai bien apprécié. Ils jouent du punk hardcore irrévérencieux avec des paroles politisées à prendre au second degré («S’ouvrir les veines avec son set de clefs» ou la chanson titre de leur dernier album «Lâche l’école». Le chanteur semblable à Frodo Baggins sautait partout et s’amusait bien même si ses vocaux étaient largement enterrés (faudrait que la salle arrange cela), les solos du guitariste sortaient bien et les autres musiciens n’étaient pas en reste non plus. Le punk n’est habituellement pas mon fort, mais j’ai bien aimé les influences crossover que le groupe incorpore dans sa musique. J’ai dû partir avant la fin parce que oui, j’habite à Laval, mais tsé au moins, je ne suis pas à trois heures de route de la civilisation! (oops! J’avais dit que je n’allais plus faire de jokes sur Québec!)

 

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Merci à Sabotage Musique pour l’opportunité et on se voit probablement en novembre pour la prochaine édition de leur spectacle mensuel avec le lancement de l’album de Coleraine, un groupe de country rock.

Antoine

 

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Steamy night of psychedelic doom under the influence of Uncle Acid

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It was already my third show at the brand new Bar Le Ritz PDB, the new name and identity of the Il Motore and the venue was completely full like it was last week for the trendy post black metal of Deafheaven. This time, the crowd wasn’t as hip, I was in my element with the psych rock and doom metal on the menu but let’s not forget the excellent beer the bar is now selling (Trou du Diable is the shit, I’ve picked La Morsure and its 6,5% attack.) I like the new disposition of the stage (now located at the back of the venue) and the colorful walls reminding me of Lego blocks are giving the venue a joyful feel not thoroughly disconnected from the offerings of the two bands of this abnormally warm late September week end. If you wanna see some pictures of the show, click to see François Carl Duguay’s  albums for Uncle Acid and the Deadbeats and for Danava.

9:00 to 10:00

Danava (Portland, Oregon, maybe they’re friends with Witch Mountain, a band I’ve catched at this same venue 2 weeks ago) opened the gig with their super heavy blend of psychedelic hard rock. The two guitars attack led by mainman Dusty Sparkles (is that his real name? I hope so) was contagious and got a good reception from the crowd (who, in my opinion, was widely unfamiliar with the Americans except a few connoisseurs) Their Thin Lizzy inspired sound sounded fresh even though they’re (fortunately) far from being a modern band. Borderline metal, Danava fits (even though they were formed earlier) with the recent vintage rock revival led by the likes of Graveyard or Kadavar, they rock hard and loud. Great band.

Highlight: “Longdance” from their self titled debut album.

 

10:20 to 11:40

The Brits of Uncle Acid and the Deadbeats were next and man, I really like gigs with only two bands (we all know that three is the optimal maximum.) There’s a tendency to just add too many groups to a lineup and sometimes it’s unbearable because they don’t all fit with each others. It’s not the case here, both bands possess deep psychedelic roots and even though Uncle Acid mix that stuff with a huge dose of doom metal, they can crossover many musical dimensions. Blending the classicism of Cathedral inclined doom with a fondness for 1960s psychedelic rock, their sound is as interesting as their B series movie inspired persona and merch. Bikes, hot girls in leather and short jeans, haunted house, the whole shtick indeed. Too bad I need to pay for my university semester since their merch was pretty impressive!

Their almost 80 minutes set encompassed their 3 albums with the clear highlights being the cuts from “Blood Lust” (“Death’s Door”, “I’ll Cut You Down” or “13 Candles” but also the excellent opener of 2013’s “Mind Control”, “Mt. Abraxas” which also served as the opener for their set followed by “Mind Crawler”. I cheated a bit before their gig by checking their setlists online but nothing could have prepared me for the surprising cover of Neil Young and Crazy Horse‘s “Down by the River”! A dude in the crowd was wearing a Neil Young shirt, it was probably a sign sent by the rock gods, who knows?

The stage was strangely decorated by three TVs all playing the same show (white noise), well this was different and cool! The band was energetic and played a perfect mix of catchy numbers and slower doomy songs. Their sound was uber loud and the high pitched Beatleseque vocals of band leader Uncle Acid were rightfully placed in the mix and the harmonies of the other guitarist and bassist were complimenting them wonderfully. Nothing was sloppy, their playing was super tight and their slick, classy hippie appearance made me regret cutting my long mane of hair last year!

Perhaps the best show I’ve seen in 2014 and I’ve seen like 50 bands this summer! I’m pretty sure the band liked their first time in Canada since it was a sold out gig with a very enthusiastic crowd, you could say that their first foray into North America after their gig at the Maryland Death Fest was eagerly awaited and they delivered the goods.

PS: Hopefully they’ll play a bigger venue next time, the show was sold out in less than a week and despite the overactive air conditioning, it was hellishly hot in there! Thanks to Evenko/Greenland and Ondes Chocs for the review opportunity.

Anyway, time to spin “Everybody Knows This Is Nowhere” on vinyl, see y’all later!

Antoine

Critique d’album: Witch Mountain – « Mobile of Angels »

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Witch Mountain

« Mobile of Angels« 

2014

87%

*An english version follow the french text

 

Embarquons dans la Witchmobile!

 

Suite à leur superbe troisième album intitulé « Cauldron of the Wild », le quartet de Portland, Oregon récidive avec leur nouvel album. Malgré que je considère que « Mobile of Angels » n’est pas aussi fort que son prédécesseur (qui était un de mes albums fétiches de 2012), cet album reste néanmoins un opus de qualité d’un des bands doom métal les plus pertinents de sa génération.

D’une façon, cet album ne semble pas autant enraciné dans le traditionalisme qu’auparavant. Pas que Witch Mountain n’ait jamais été un groupe recelant de l’originalité, loin de là, ils en ont toujours eu leur lot, mais je sens qu’ils ont atteint le sommet de leur développement ici. La particularité principale des Américains reste leur chanteuse, la magnifique Uta Plotkin enchaîne nous offrent encore une fois des cadeaux vocaux, une vraie Mère Noël de tout ce qui est lent et ténébreux. J’ai déjà dit qu’elle était une des meilleures voix du métal dans ma critique précédente et mon opinion est inchangée, sa livraison orale est d’une puissance pure et inégalée et est nourrie de blues (penser à Janis Joplin ici) d’une profondeur immense et elle brille presque partout. Je vais admettre que je ne suis pas le gros fan de ses vocales harsh (seulemement sur une chanson, « Can’t Settle« , mais c’est probablement parce qu’on ne peut entendre sa merveilleuse voix claire pendant ce moment, car objectivement sa voix plus extrême passe le test. Il y a toujours de la beauté dans l’obscurité et la colère.

Je fus dévasté (d’accord, peut-être pas, mais j’aime les hyperboles) lorsqu’il ont annoncé le départ de Plotkin après leur tournée nord-américaine en compagnie de Nik Turner’s Hawkwind (à voir à Montréal en compagnie de nos héros doom locaux Cauchemar). Bien qu’elle n’était pas une membre fondatrice du groupe, elle a été selon moi l’esprit enchanteur de montagne de la sorcière depuis leur retour en 2011 avec « South of Salem« . Selon moi, c’est elle qui rendait la musique du band reconnaissable et qui poussait leurs frontières créatives vers leur paroxysme. Je ne sais pas comment cette perte sera comblée, s’il existait quelqu’un d’irremplaçable dans le doom, c’était bien Uta. Elle va nécessairement se concentrer sur Aranya, son projet expérimental, donc tout n’est pas perdu!

Les guitares de Rob Wrong sont pesantes en pépère et possèdent la dose parfaite de distorsion bluesy pour entailler le bouclier de Steve Rogers d’une façon ultra Américaine. Je prévois qu’il va peut-être retourner au micro, car il chantait avant l’arrivée d’Uta et ses vocaux n’étaient pas mal du tout. Bien que la subtilité n’est pas un de leur point fort, les solos de Wrong sont bien souvent empreints d’une sonorité improvisé (et c’est pas mal plaisant); il est quand même capable d’impressionner avec sa retenue à plusieurs endroits comme la touchante pièce « The Shape Truth Takes » et ses moments calmes. La section rythmique de Nathan Carson (un important promoteur et agent d’artistes, un gars pas mal cool overall) et Charles Thomas (le bassiste du trio doom/stoner Blackwitch Pudding, à découvrir simplement pour leur nom cocasse) fonctionne bien malgré qu’elle n’attire pas l’attention. Je dirais que c’est la faute au mix de l’album qui est si bien fait qu’il est difficile de discerner des éléments précis de ce spécimen. Les musiciens se complémentent bien et créent un tout cohérent.

L’album est un peu trop court selon moi surtout que c’est le dernier moment avec Uta. Je voulais au moins une cinquantaine de minutes de bon stuff! « Mobile of Angels » est composé de longues pièces (7 à 10 minutes) exception faite de la chanson titre qui est une sorte d’interlude expérimental et doux qui m’a rappelé le duo québécois Menace Ruine. L’album commence et termine avec ses deux meilleures chansons, mais je crois que les trois au milieu sont relativement plus faibles. « Psycho Animundi » possède une section calme vraiment géniale et démontre tout ce que le band est capable de faire du haut de ses 9 minutes. Malheureusement la plus longue chanson de l’album « Your Corrupt Ways » est quand même ennuyeuse et traîne en longueur, elle n’est pas aussi bonne que la chanson « Aurelia » sur l’album précédent. « Mobile of Angels » souffre du fait qu’il n’a pas de gros morceaux catchy comme « Wing of the Lord » ou « Shelter« , mais il explore d’autres sensibilités et il est plus sombre et introspectif.

Finalement, c’est une bonne fin pour l’ère Uta Plotkin de Witch Mountain même si je souhaitais que l’album aie plus de contenu, c’est quand même mince, deux chansons de plus m’auraient rassasié et aurait pu démontrer l’entièreté de leur personnalité. Malgré que mon appétit n’est pas entièrement comblée, le niveau de composition de l’album place le groupe dans les hautes sphères du doom. Je ne sais pas trop quoi l’avenir leur réserve, c’est à voir!

 

 

ENGLISH VERSION

 

Witch MountainMobile of Angels (2014) / 87%

 

To the witchmobile!

 

Following their superb 2012 album « Cauldron of the Wild« , the Portland, Oregon fourtet comes back with this new album and while it’s a bit of a letdown compared to their previous opus (one of my favorite albums of 2012), it’s still a high quality album from one of the most pertinent doom band of the their generation.

In a way, « Mobile of Angels » doesn’t seem to be as rooted in traditionalism as their previous one was. Not that the band didn’t have its own originality beforehand, of course, since they had plenty but I feel the band really developed their sound to its peak on this album. The main idiosyncrasy is their singer, Uta Plotkin is once again delivering all the goods, she’s even better than Santa Claus at her job. I already said that she’s the best singer in metal in my previous review and I stand by my word, her powerful vocals are equally bluesy and profound and she shines literally everywhere. I’ll admit I’m not a big fan of her harsh vocals (only on one song, « Can’t Settle« ) but that’s because we can’t hear her beautiful cleans while she’s doing them! I guess there’s beauty in darkness and anger.

I was pretty much devastated (okay, maybe not but I like hyperboles) when they announced Uta‘s departure from the band after their current North American tour with Nik Turner’s Hawkwind (at least I’ll get to see them for the third time.) Even though she wasn’t a founding member of Witch Mountain, for me she’s been the spiritual core of it since their return with « South of Salem » in 2011. She’s what made the band truly distinguishable and pushed their boundaries to their maximum capabilities. I have no idea how’s the band to cope with this loss. In my opinion if there’s currently someone in doom metal who is irreplaceable, it was her. I guess she’ll concentrate her efforts on the excellent experimental project Aranya so everything isn’t lost!

The guitars of Rob Wrong are heavy and they possess the right amount of bluesy distortion force to dent Steve Rogers’ shield in the purest American tradition. I also expect him to return to the microphone as his vocals weren’t bad at all on their debut album already more than a decade ago. Even if subtlety isn’t the band’s strong suit, I mean his solos are basically blues improvisation (and that’s obviously awesome), he still managed to impress with his restraint on the extremely touching « The Shape Truth Takes« . The rhythm section of Nathan Carson (who’s also an important promoter and all around cool dude) and newcomer Charles Thomas (coming from the cool stoner/doom band Blackwitch Pudding) is effective while not flashy. Don’t get me wrong they’re noticeable enough but I think the album is so rightfully mixed that it’s easier to see it as whole and hard to dissect like a rare specimen.

The album is a bit too short for my taste especially if it’s Uta‘s last moment with the Mountain, I wanted at least fifty minutes of goodness! It’s composed of long songs (seven to ten minutes) except the title track which is some sort of experimental soft interlude. The album starts and ends with its two best songs but I think the three in the middle are a bit weaker. « Psycho Animundi » has a very impressive calm part, super heavy riffs and the wailing vocals of Uta, pretty much everything that made the band a good one. Unfortunately, the longest track « Your Corrupt Ways » is kind of boring and drags, it’s not as good as « Aurelia » on the previous album. « Mobile of Angels » doesn’t have huge catchy numbers like « Wing of the Lord » or « Shelter« , it’s exploring other forms of sensibilities and it’s darker and brooding.

All in all, it’s a good end for the Plotkin‘s era of Witch Mountain but I wish the album had more content to offer, it feels pretty slim in my opinion, two more songs would had been ideal for me. Perhaps to showcase all the abilities the band has been known to have. Even though my appetite is still there, this album still shows a level of quality songwriting that puts them in the higher echelons in the doom metal world.

Antoine Richard