Voici le compte rendu et les photos prises par Martin Desbois lors du spectacle de Wardruna présenté par Evenko et Greenland productions au MTelus de Montréal le 18 octobre 2022.

Wardruna

Si l’on consulterais Muninn (corbeau d’Odin représentant symboliquement la mémoire), la dernière fois qu’Einar Selvik et sa troupe faisait déferler sa musique rituelle nordique en sol montréalais était au théâtre Corona en février 2018.

Depuis, la (insérer ici le terrible mot débutant par P), les fervents adeptes du groupe ont dû prendre leur mal en patience et subir deux reports de concerts pour enfin accéder à leur dû tant attendu : Wardruna en concert! Wardruna venait entre autres promouvoir leur dernier album intitulé Kvitravn (Corbeau blanc, et aussi le surnom d’Einar). Un album qui aura paru aussi en format ‘live’ et en DVD dans un certain assortiment disponible à la vente dès lors.

Accompagné comme toujours de Lindsay Fay Hella, choriste de renom et aussi artiste solo qui a quelques albums à son actif, dont son tout dernier Hildring composé avec l’artiste Dei Farne. Je vous suggère fortement une écoute!

Pour revenir à la prestation, je dois avouer que le décor était simple comme Wardruna nous y a habitué : des rideaux troués superposés faisaient office de décoration et l’effet y était simple près de la scène, mais il en était tout autrement lorsque l’on était le moindrement éloigné avec une vision globale. Un effet de profondeur et de lumière (les trous) ainsi que le logo de Wardruna (un bindrune incluant toutes les runes du Elder Futhark) rendaient le visuel fort agréable et d’une simplicité remarquable.

Le tout a débuté avec des pièces du dernier album, Kvitravn, La sublime et quasi spoken-word Skugge et la très lumineuse (dans tous les sens du terme), Solringen. Ils ont enchainé avec Bjarkan, une plus ancienne pièce de l’Album Gap var Ginnunga, pour ensuite nous offrir la version Skaldique (accoustique) de Voluspá. Les pièces Tyr (avec l’utilisation de l’instrument le plus hétéroclite d’EInar, étant la Lur Horn, un instrument datant de l’âge de bronze Danois et vraiment imposant). Isa, Urur (titre référence à la rune associée à l’auroch, un animal disparu très déterminant pour les âmes nordiques pour sa force et sa détermination), où l’on pouvait entendre comme sur album, la respiration forte et crue de la bête.

L’excellent titre Grá nous ramena au plus récent album. Nous avons eu droit ensuite à une de mes pièces préférées Rotlaust tre fell, qui se traduit par ‘les arbres sans racine tombent’, un titre aux paroles très évocatrices et lourdes de sens. Les classiques Fehu (les amateurs de la série Vikings la reconnûrent sans effort), et la sublime Odal. Je me dois de souligner le travail remarquable d’Eilif Gundersen, musicien, expert en instruments à vent anciens, dont la corne de bélier, le cor de Lur. Je dois aussi souligner la présence toujours aussi énigmatique de Lindsay Fay Hella qui m’envoûte à chaque prestation.

Einar se joua un peu de nous en nous faisant croire que la soirée se terminait ainsi mais il n’en était rien.

Nous avons pu entendre la touchante Helvegen se voulant une réflexion sur la mort et le passage du voile, de la tombée du Wyrd. Une œuvre fétiche pour plusieurs fans dont je fais partie.

Pour bien clôturer la soirée, la pièce titre du projet solo d’Einar, Snake Pit Poetry, fut interprêtée avec brio et de façon acoustique. Un titre évoquant la mort de Ragnar Lothbrock dans une fosse aux serpents. Mort d’un héros nordique qui passa à l’histoire. Armé seulement de sa Lyre Kravik, Einar Selvik fit vibrer le Mtelus et nous annonca un retour pas si lointain de sa bande en sol Montréalais, car selon lui , le Québec est sa deuxième maison. Et j’ose le croire.

-Texte & Photos: Martin Desbois