Voici la critique de Jean-Daniel Poirier et les photos prises par Vicky Fillion lors du spectacle de Suffocation présenté par District 7 Production à L’Impérial Bell de Québec le 23 juin 2022 et qui mettait également à l’affiche Atheist, Soreption et Decerebration.

Critique

C’est la veille de la Fête Nationale du Québec et quoi de mieux que d’aller sur les Plaines d’Abraham pour aller voir des artistes populaires qui passent à la radio 1000 fois par jour? Ou avoir le choix d’assister à un  concert de death metal avec quatre groupes qui chantent en anglais, dont le vocal ferait défriser les cheveux de n’importe quelle matante Georgette ou Huguette. Le choix est simple et voici le compte rendu du concert sur les Plaines… ah ha bien non, voici le compte rendu du show de Suffocation présenté à l’Impérial Bell.

Decerebration

Decerebration est un band d’old school detath metal qui existe depuis le début des années 90. J’ai eu l’honneur de faire une critique, il y a quelque temps, de leur nouvel album Follow the Scars qui a été créé durant la pandémie et ils nous le présente ce soir avec un line up de rêve pour un groupe de ce genre. Ils nous ont joués quatre pièces de leur nouvel album et deux pièces plus anciennes.

J’ai été très surpris de voir que le batteur utilisait un drum électronique. J’avais une petite crainte par rapport à ça dû à la qualité non-naturelle du son, mais finalement, je dois me rendre à l’évidence que ça sonnait plutôt bien malgré le fait que les toms sonnaient vraiment trop fort par rapport au reste du kit. Le batteur, lui-même, est une machine. J’ai trouvé qu’il était vraiment tight en plus de jouer rapidement.  J’ai aussi aimé le fait qu’il se laissait aller dans une vibe plus groovy dans certains passages des chansons.

J’ai vraiment adoré les riffs de guitare. Ils sont bien structurés, ils sont brutaux par moment, et à d’autre moment ils peuvent être très mélodiques. Pour ce qui  est des solos, je les ai trouvés très recherchés et surtout accrocheurs à l’oreille.

Les lignes de basses sont vraiment bonnes. J’ai bien aimé la dimension que les partitions emmènent aux  chansons. Ce n’est pas les riffs de basse les plus extravagants que j’ai vus/entendus dans ma vie, mais pour servir leur matériel c’est vraiment parfait.

Pour ce qui est du vocal maintenant, nous avons droit à quelque chose de vraiment grave et brutal. On voit que le chanteur de ce band n’en est pas à son premier rodéo. Il est content d’être là ce soir et ça paraît par ses interactions avec le public.

Selon moi, la pièce maitresse de leurs setlist est définitivement Break The Cycle.

Sans se lancer partout les gars ont une belle énergie sur scène et on voit qu’ils ont une belle chimie ensemble. Au début, le publique était timide et discret, mais pendant I Despise, les gens se sont réveillé et nous avons eu droit à de l’action dans le pit.

Decerebration a ouvert le bal et ils l’ont très ben fait. Voici leur setlist :

 

Soreption

Soreption est un groupe que je ne connaissais pas et ce fût ma découverte de la soirée. Ils sont venus directement de Suède  pour nous servir leur death metal technique. Je n’ai que trois mots à dire sur leur matériel : rapide, brutal et violent.

Dès les premières notes, j’ai été percuté par un mur de son. Le drum a l’allure d’une mitraillette et est vraiment tight. Ça m’a tout simplement jeté sur le derrière. Il semble utiliser la technique de swivel pour maintenir une telle rapidité et précision dans ses partitions.

La guitare est tout simplement  démente. C’est rapide, c’est précis, c’est technique et en plus c’est très accrocheur à l’oreille. En plus, il nous gâte avec des solos qui sont tout simplement déments.

Le bassiste, ok à première vue, il a un look qui jure avec le reste du groupe mais damnnnnnnn, il est tout simplement fou. Technique à souhait, il a des lignes de basse qui sont tout simplement hallucinantes. Ce gars-là est la preuve qu’il ne faut pas juger un livre par sa couverture. Il est une machine, point à la ligne.

Le chanteur, par sa carrure imposante et son regard de tueur, donne le show à lui seul. Il prend de la place sur scène et tout ça en bougeant à peine. Il a une voix qui porte et qui est constituée à 80% de growl, mais le 20% de high pitch qu’il envoi, est très bien exécuté. J’ai vraiment  aimé sa présence sur scène.

Pour ce qui est de l’ambiance, le publique s’est réveillé et a relativement maintenu un pit pendant leur set. Pour ma part, je ne connaissais pas le groupe, mais je vais assurément porter une attention particulière à celui-ci.

 

Atheist

Atheist est un groupe dont j’ai beaucoup entendu parler, mais que je connaissais seulement qu’une chanson, Mother Man.

Dès les premières notes du groupe je regrette de ne pas les connaitre plus. Damn, ils me font penser à un mélange de Martyr et du groupe Death. La polyrythmie est au rendez-vous. Rien n’est standard dans ce que j’entends et on a droit à de la musique vraiment technique. À essayer de comprendre ce qui se passe devant moi, je saigne du nez tellement c’est complexe et excellent.

Du coté de la guitare, les guitaristes sont trop déments. Ils sont précis et énergiques à souhait. Leur jeu est vraiment technique et ils nous servent des solos justes trop déments.

Pour ce qui est du basiste, il est littéralement partout. Il a de l’énergie à revendre. Il headbang, se promène partout tour en jouant des partitions qui sont vraiment impressionnantes. Vraiment à lui seul il donne le show.

Le batteur c’est une machine. Il incorpore la vitesse, la polyrythmie, et le côté ultra-technique à ses parts. En plus de ça, il peut être vraiment groovy. Selon moi, c’est le drummer le plus versatile de la soirée. Son jeu me fait plutôt penser à celui de Gene Hoglan sur l’album Symbolic du groupe Death.

Le chanteur a une voix plutôt high pitch qui me fais penser à Chuck Schuldiner sur l’album The Sound of Perseverance (toujours du groupe Death), mais en plus harsh. Il est en grande forme et est très charismatique.

Pour ce qui est du pit, les hostilités sont officiellement lancées et la salle est vraiment réchauffée pour Suffocation. Sérieusement c’est un groupe que je me dois de rajouter à ma culture personnelle.

 

Suffocation

La dernière fois que j’ai vu Suffocation c’était avec Frank Mullen, Guy Marchais et Kevin Talley. J’ai découvert le groupe en 1999 avec le EP Despise The Sun et j’ai réellement accroché sur la voix de Frank. Donc c’est une petite déception que j’ai en partant et la barre est haute selon moi. Je n’ai jamais entendu chanter Ricky Myers, donc je ne me permettrai pas de jugement trop hâtif sur le sujet.

Pour commencer un setlist, quoi de mieux que Liege of Inveracity? Les gars sont en forme et les nouveaux membres, qui n’étaient pas là lors du dernier show que j’ai vu, livrent la marchandise et ce que redoutais le plus, c’est-à-dire le vocal, Frank est très bien représenté. Nous avons même eu droit à la chopping hand, mouvement de la main fait par Frank Mullen lors de blastbeats.

Par la suite, nous avons eu droit à Catatonia qui est ma pièce fétiche de Suffocation avec la pièce Funeral Inception et vraiment, je me suis senti retourné en adolescence.

Les gars ont une très bonne énergie sur scène et la chimie est au rendez-vous.

Côté guitares, les guitaristes nous donnent des riffs pesants, d’autres riffs rapides et certains plutôt techniques. Les solos sont exécutés à la perfection.

Pour ce qui est de la basse, Derek est un bassiste de death metal qui a un son particulier. Il y a surement un Ampeg SVT avec un Sans Amp de brancher quelque part. Sa position sur scène et sa présence sont quelque chose qui est bien à lui. La basse presque au sol ou littéralement au sol et il se fait aller les cheveux. Au fait, c’était son anniversaire le 23 juin. Le publique lui a chanté bonne fête et il a même reçu un gâteau sur la scène.

Pour ce qui est du drum, ce gars-là est une brute. Il est rapide, technique tight et infatigable. À la rapidité qu’il joue, c’est vraiment bien qu’il garde le tempo.

Au tour du chanteur maintenant. Malgré mes appréhensions, il a littéralement prouvé qu’il mérite sa place dans Suffocation. Il a une bonne présence sur scène, il se donne à fond, côté voix, nous avons droit à du guttural bien exécuté et bien entendu, le chopping hand est au rendez-vous.

Comme à l’habitude, Suffocation ne m’a pas déçu.

Je tiens à remercier les groupes et l’organisation pour m’avoir permis de faire ce compte rendu de l’événement. Ce fut une TRÈS belle soirée.

-Texte: Jean-Daniel Poirier
Photos: Vicky Fillion