Voici la critique de Dany Marchand et les photos prises par Joé Lacerte lors du spectacle d’Introtyl présenté par Jean-François Houle au Rock Café Le Stage de Trois-Rivières le 19 juin dernier et qui mettait également à l’affiche Exotoxic et Aulnes.
Critique
C’est l’odyssée quasi hebdomadaire de Joé et Dany en sol trifluvien qui nous a amené dimanche passé au Rock Café Le stage pour assister à la halte de la tournée québécoise d’Introtyl à Trois-Rivières avec les sherbrookois Aulnes et les vétérans locaux Exotoxic.
Comme à l’habitude, en entrant on est accueilli par un Andy souriant et heureux de recevoir des bands dans son antre musical qui a été témoin des plus grands évènements underground de la scène locale et internationale, comme ce soir, alors que le Mexique s’invite en ses terres.
Aulnes
8h17 Aulnes surgit sobrement sur les planches qui ne tardent à vibrer sous les riffs des très lourdes compositions du power trio doom sherbrookois!
De retour d’une tournée au Mexique, les trois comparses s’attaquent à mettre le feu à la soirée qui s’annonce très variée musicalement.
De lourdes voix grasses et de beaux échanges lyriques entre Tony Doucet, le dynamique bassiste, et le talentueux Martin Bolduc à la voix et guitare.
Parlant de Tony, sa présence sur scène est solide, autant que son jeu et sa sonorité propre. Son vocal est aussi un aspect non négligeable de l’artiste qui offre une belle texture complémentaire à l’ensemble vocal.
Pour rester dans le talent, la guitare de Martin Bolduc. Du wow planant et hallucinant grâce à sa technique personnelle. C’est un spectacle à lui seul alors qu’ils nous transportent dans son monde où règnent souffrance et tristesse comme exposé dans ses textes.
Alex, aux percussions, nous fait vibrer avec ses rythmes entrainants avec une lourdeur insigne. Sa fusion et son absorption avec son instrument sont intenses et on ressent l’émotion qu’il nous communique.
Aulnes nous quitte, mais nous laisse en héritage une mélodie lancinante d’une agonie douce, mais douloureuse. Un vrai délice, à découvrir pour les néophytes du groupe qui nous prépare un nouvel album
Exotoxic
21h15, l’intensité monte d’un cran et la basse de 3!
Les vétérans trifluviens d’Exotoxic font leur grande entrée dans leur territoire de guerre en héros. Sans préliminaires, on prend de plein fouet les premières salves de ce power trio rapide, bruyant et expéditif. Aucune douceur ni aucune retenue. C’est une fusillade de masse à la batterie avec un percussionniste solide et en forme!
Au vocal et à la guitare, c’est du pur délice violent et un direct dans nos gueules. Les règles de l’art sont respectées et même plus. L’animation de foule est fort divertissante avec des interventions succulentes!
Malgré ma déception de ne pas pouvoir voir mon ami Guillaume Gagnon à la basse due à des raisons de santé, Marcel son successeur, sera mon musicien coup de cœur ce soir. Ce type est une vraie bête de scène avec une présence explosive, rien à envier à l’énergie des jeunes de la relève. Il est la preuve que l’âge ne définit pas la qualité scénique d’un musicien. De plus, la sonorité de son instrument est une bête hurlante qui s’insinue dans notre cortex cérébral en enfonçant la porte de nos tympans à grand coup de notes incisives!
C’est sous la pluie d’applaudissements que les 3 doyens du métal quittent la scène!
Introtyl
C’est maintenant l’heure d’accueillir la grande visite du sud, les quatre grandes dames du death métal, Introtyl sont en pistes et prêtes pour le combat.
Nous avons droit au pragmatisme propre au genre en ouverture avec une intro puissante et une leçon féminine de métal fort badass! Les regards méchants se transforment rapidement en sourires et bonheur de performer sur les planches qui les avaient déjà accueillies quelques années plus tôt. Spectacles d’ailleurs commémorés par le chandail du Trois-Rivières Metalfest porté par la bassiste de la formation.
Nous avons droit à tout un répertoire de nos têtes d’affiche. Chaque pièce est accueillie avec délectation par une assistance bien remplie et enflammée. Le mosh pit est vivant, on a même droit à quelques circle pits et même un mini wall of death.
Le son est bien calibré, les cordes sonnent comme une tonne de brique. La guitariste Sariux, maintenant Montréalaise d’adoption, donne une performance sans faille tandis que la bassiste, Rose, mord notre chair avec des accords aux pointes acérées.
La foule en redemande et, Kary la vocaliste, en donne avec quelques remerciements en français à un public déjà conquis par sa voix gutturale unique. Son talent lyrique n’a d’égal que son charisme sur scène et sa fougue.
Finalement, aux cymbales et tambours, Annie est une véritable spirale métronomique. Tout en sons et en chevelure tournoyante, elle ne cède aucunement le projecteur malgré le fait d’être en retrait. Elle a une présence qui transcende la présence des autres membres devant elle.
C’est un moment unique avec quatre musiciennes et humaines de qualité, elles ont même pris des photos avec les fans et notre distingué photographe qui les avaient au préalable shooté lors de leur dernier passage.
C’est donc une réussite complète pour cette halte au-delà du pont Laviolette de cette tournée québécoise qui vous visitera assurément dans les prochaines semaines.
Ne manquez surtout pas leurs passages dans votre voisinage immédiat!
-Texte: Dany Marchand
Photos: Joe Weller Photographe




