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Andra Dare
a eu l’extrême gentillesse de prendre le temps de nous donner des informations supplémentaires entourant la conception de son album. Voici donc quelques réflexions à propos de «Epic LifeStyle». J’ai traduit le texte de sa version originale en anglais. – Mathieu Audet

 

Andra Dare - Epic Lifestyle

J’ai écrit et enregistré «Epic LifeStyle» lorsque je vivais à San Francisco. Peu de temps après être revenue d’un séjour d’un an en Afrique du Sud, j’ai rencontré une femme avec un tatou de Tisiphone (Lien Wikipédia si vous voulez savoir ce qu’est un Tisiphone) sur son bras droit. Elle avait une aura à la fois séduisante et dangereuse. Elle avait l’air hantée. Elle l’était. Nous sommes rapidement devenues amies, et avons passé beaucoup de temps ensemble dans les deux années qui ont suivi à explorer et s’aventurer dans les endroits les plus obscurs de San Francisco. Je suis tombée en amour avec elle, du moins c’est ce que je pensais à l’époque. Je l’aimais bien, mais j’étais plutôt en amour avec l’image que je m’étais fait d’elle. Ce fut la même chose pour elle. Durant cette période, j’étais également sur un parcours sombre, dévouée à Hécate (Lien Wikipédia si vous voulez savoir qui est Hécate), suivant consciemment et avec enthousiasme à ma façon la déchéance de Inanna. (Lien Wikipédia si vous voulez savoir qui est Inanna). Comment aurais-je pu refuser de suivre cette magnifique femme aux cheveux noirs avec un tatou de Tisiphone sur son bras? Elle était non seulement mon amie, mais également ma porteuse de lumière.

Plusieurs des chansons sur «Epic Lifestyle» sont des représentations tantôt réfléchies, tantôt purificatrices de nos aventures. Elles décrivent nos histoires et passions communes tout en portant des sentiments intenses d’envie, de perte et de dissociation. Certaines chansons comme «Ourania», «Swan», «Sublimations» et «Kyanos» sont purement purificatrices. Certaines autres, par exemple «Fury», furent inspirées par des histoires de mon amie et transposent l’intensité de sa beauté, ses passions, sa rage et sa dysphorie de genre.

Il y a eu bien sûr d’autres compagnons dans mon aventure, certains étaient des amoureuses, d’autres des gens tout simplement brillants et fascinants qui ont partagé ma route sombre pendant quelques temps.

«Cruel» est un hommage à une personne avec qui j’ai par la suite rompu après avoir durement travaillé pour réussir à la séduire. Les paroles de «Cruel» peuvent laisser sous-entendre que je m’en félicite, mais ce n’est pas le cas. Toute cette histoire fut douloureuse, et la chanson me sert de confession. Je m’y excuse sincèrement de lui avoir fait du mal.

«Horses» est une tentative un peu surréaliste de me remettre d’une autre de mes peines d’amour, qui elle était à la fois intensément réelle et illusoire. avec une femme magnifique et ensorcelante qui était aux prises avec une dépendance à l’héroïne.

Ce ne sont pas toutes les chansons sur «Epic Lifestyle» qui sont nées de relations amoureuses torrides. Quelques uns d’entre elles furent écrite rapidement, à la suite de brèves mais marquantes rencontres avec des étrangers.

Par exemple, «Dacryphilia» fut inspirée de sœurs jumelles se prenant pour des dominatrices. Elles avaient une aura simultanée de méchanceté et d’innocence. Elles s’appelaient elles-mêmes les Araignées Veuves. Elles avaient effectivement l’air de rechercher des partenaires soumis, et elles étaient particulièrement excitées de les soumettre à leur jeu masochiste jusqu’à en les faire pleurer. Elles avaient un attrait magnétique qui a capturé mon imagination, autant sur l’aspect de la sensualité que philosophique. J’ai donc tenté de capturer mon expérience dans cette chanson, en racontant et chantant l’histoire selon leur perspective.

La chanson «Inhale» est basée sur un rencontre très rapide avec une envoûtante étrangère dans un café Internet. C’est une tentative d’exprimer l’étrangeté et la puissance d’une telle rencontre éphémère. Tout ce que je peux être et ce qu’elle peut être se rencontrent soudainement. On le ressent très fortement, c’est formidable même si ça ne dure qu’un instant. C’est tellement étrange tout en étant dans le moment présent. Des fois, la confusion est une excellente muse.

«Forest» et «The Evil Inside» sont des efforts collaboratifs. J’ai eu la chance de devenir amie avec le compositeur et producteur Richard Wahnfried (Dr. Ohm). Ensemble, nous avons composé «The Evil Inside». J’ai également eu la chance de devenir amie avec Ellen Zaks, une brillante poète dont les ouvrages inspirés et hantés capturaient parfaitement ce que je voulais exprimer, le tout de façon beaucoup plus éloquente que je n’aurais pu le faire. Lorsque j’ai lu son poème «Forest», je fut stupéfiée par son pouvoir et sa beauté. Ellen a par bonheur accepté que j’utilise ses mots sur ma musique, ce qui fait que «Forest» demeure une de mes chansons favorites sur «Epic Lifestyle».

«Lilith» est d’autre part la chanson la plus personnelle sur l’album. S’il y a un fantôme à l’intérieur de moi, c’est lui qui a écrit et chanté cette chanson. La plupart des femmes comprennent «Lilith», malgré le niveau d’abstraction. Sur cette chanson, je ne fais pas seulement que chanter mon histoire, mais celle de la multitude d’enfants que j’ai rencontré lorsque j’étais en familles d’adoption durant ma jeunesse. Je pense que d’une certaine façon «Lilith» est une tentative de dénonciation de ceux qui abusent de leur autorité et de leur pouvoir. En procédant ainsi, cela me permet de reprendre mon identité et ma force.

Une vidéo faite par un fan de la chanson «Horses». / Fan made video for the song «Horses».

 

 

Andra Dare was kind enough to take the time to share with us some more information about her album «Epic Lifestyle». Here’s some thoughts on «Epic Lifestyle» (original text by Andra herself).

I was living in San Francisco, having just returned from a year-long sojourn in South Africa, when I wrote and recorded «Epic Lifestyle». Shortly after my arrival, I met a woman with a tattoo of Tisiphone on her right arm (Go read about Tisiphone on Wikipedia). She radiated danger of the most alluring kind, and seemed haunted. And she was. We became fast friends, and over the next couple of years we spent many hours adventuring, carousing, confessing, and exploring San Francisco’s dark, sparkling underground. I fell in love with her, or at least I thought I did. I did love her, but it was the idea of her that I fell in love with. And, in her own way, she fell in love with the idea of me, too. At this time, I was also on a dark journey – devoted to Hekate (To read about Hekate on Wikipedia), consciously and vividly embracing the proverbial Inanna’s descent (To read about Inanna on Wikipedia). So how could I not follow a beautiful, raven-haired woman with a tattoo of Tisiphone on her arm? She was, at the time, not only my friend, but my unwitting psychopomp, my light-bearer.

Several songs on «Epic Lifestyle» are either thoughtful or cathartic expressions of our adventures together. They embrace our shared stories and passions, and intense feelings of longing, loss, and dissociation as I tore off mask after mask. Some songs, like «Ourania», «Swan», «Sublimations» and «Kyanos» are purely cathartic, And some, like «Fury», were inspired by companion’s stories and the intensity of her beauty, her passions, her rage and dysphoria.

There were other fellow travelers, of course — other lovers, other fascinating and brilliant people who shared the road with for a spell along my dark path.

«Cruel», is a tribute to a lover I broke up with after luring her to me from a great distance. The lyrics to «Cruel» may make it sound like I’m gloating, but I’m not. The whole thing was really painful, and in «Cruel», I’m really confessing; I’m really apologizing for hurting her.

«Horses» is a semi-surrealistic attempt to recover from the loss of another love I shared — a love that was at once intensely real and intensely illusory — with a bewitchingly beautiful woman who was struggling with heroin addiction.

Not every song on «Epic Lifestyle» arose from torrid entanglements,. A couple of songs were penned quickly, after the most fleeting of encounters with memorable strangers.

For example, «Dacryphilia» was inspired by twin sisters posing as dominatrixes. They cast off an aura of simultaneous evil and innocence, and called themselves the Widow Spiders. They did, in fact, seem to lie in wait for submissive playmates, and they were particularly aroused by the act of bringing their masochistic submissives to tears during sensual encounters. They had a certain magnetic allure that captured my imagination, both sensually and philosphically, so I attempted to capture my two spiders in a song, singing as if from their perspective.

The song «Inhale» is based on the briefest contact with an enchanting stranger in an Internet chat room. It’s an attempt to express the strangeness and power of such ephemeral encounters. You know, everything that you are, and everything another person is, comes on blazing like a Universe. You can sense it, and you know it’s magnificent, but it vanishes in a flash. It’s the strangest thing to be so vast, and so present, and yet remain unseen. Sometimes bemusement is my only muse.

«Forest» and «The Evil Inside» are collaborative pieces. I was fortunate enough to become friends with the composer and producer, Richard Wahnfried (Dr. Ohm), and together we wrote «The Evil Inside». I also discovered and befriended, Ellen Zaks, a brilliant poet who’s insightful and haunted works seemed to capture everything I was trying to express, but more eloquently than I could ever dream of expressing myself. When I read her poem, «Forest», I was thunderstruck by its power and beauty. Ellen, fortunately, let me put her words to music, and «Forest» remains one of my favorite tracks on «Epic Lifestyle».

«Lilith», on the other hand, is the most intensely personal song on the album. If there’s a ghost inside of me, it is she who wrote and sang this song. Most women understand «Lilith», despite its poetic coding. But on a personal level, I’m not singing only the song of myself. I’m releasing the voices of a legion of children I encountered while surviving the U.S. foster-care system as a child. I think, in some way, «Lilith» is an attempt to name and measure those who abuse authority and power. By naming them and getting their true measure, I also name and reclaim myself and my own power.