Salut lecteurs d’Ondes Choc, ici Patrick! Ça fait un bail, je sais. Cependant je ne pouvais pas, ne pas prendre quelques instants, entre deux changements de couche (je suis Papa faut pas l’oublier!!), pour vous parler de ma soirée d’hier au lancement de Piezo.
D’abord je dirais que le choix de la salle était très à propos. Si je déteste les chaises (pour faire un euphémisme: inconfortables), j’adore la scène, ses dimensions, son emplacement et l’acoustique de la salle. Exactement ce qu’il fallait pour Piezo. J’avais presqu’oublié l’agréable surprise que j’avais eue au lancement de «Scene 1: Harlequin» en tant qu’amateur de projections et artifices qui transforment une banale représentation en une oeuvre d’art, avec les vidéos alors présentées sur «petit» écran. Je m’en suis vite rappelé avec les magnifiques projections accompagnant la grosse majorité de l’oeuvre. Gabriel Larivière en plus d’être (selon les dires même de Watine) la colonne vertébrale du groupe, véritable métronome, est un excellent graphiste ou du moins, il a l’oeil pour représenter graphiquement sa musique. D’ailleurs les projections grand format donnaient une sacré dose de profesionnalisme au spectacle d’hier soir.
Les musiciens, on l’a constaté par les nombreuses interventions de Julien Watine en ce sens, étaient fébriles et émotionnels, comme impressionnés d’avoir une salle comble. Mais ils méritent cette salle comble car leur musique, ça se sent, ils l’ont travaillée et la rendent justement avec émotions et passion. Il y avait bien sûr de la nervosité accompagnant ces émotions, mais il n’y’a pas eu trop d’accrocs (encore moins des majeurs), et la passion ci-haut mentionnée, excusait de loin ces rares occurrences.
J’en suis à ma deuxième écoute de l’album que je trouve très bien orchestré, du bon travail d’Antoine Baril (Studio Hémisphère Gauche). Je ne trouve pas grand chose à reprocher à l’album. Piezo ne nous a pas fait languir pendant plus de 3 ans pour se planter, c’est sûr. Comme Mathieu (Lire sa revue de l’album en cliquant ici), j’espère de tout coeur que cet album montre un hiatus avant un «Scene II», qui sait… Si on porte le moindrement attention aux paroles cependant, on peut suivre la trame d’une histoire, certes pas aussi évidente que sur «Scene 1: Harlequin», sur quelques pièces. Ils ne sont pas très loin, en fait d’influence, de leur premier et j’adore par ailleurs l’évolution. Ça augure vraiment bien pour la suite! Les quelques fois où Julien vient accompagner le jeu de Patrick Fillion à la guitare, sont des moments délectables. J’adore cette nouvelle couleur qui me semble réminescente des temps «Black» de Julien. Warnet a prit du galon au chant, ayant même une longue intro à lui tout seul, piano voix. Les orchestrations vocales Watine/Warnet sont pour la plupart immédiatement heureuses. Il y a bien un ou 2 moments dans le CD que je trouve non pas grinçant mais, au minimum, sourcillant mais, à la ré-écoute, non seulement on s’y habitue mais on l’apprécie aussi. Mon seul point négatif je crois, serait que les musiciens devraient accepter cet état des faits qu’ils sont très bons et jouent une musique intelligente et méritant l’ovation qu’ils ont eue. Bien sûr leur modestie est rafraîchissante mais elle leur enlève juste un peu de «kick» qui les ferait (à mon avis) passer d’excellents amateurs à profesionnels en bon et due forme. Longue vie à eux… Un autre point où je suis d’accord avec Mathieu: Allez écouter ça!
À noter aussi, la première partie a été assuré par un groupe de Québec, The Asylum Factory, dont j’ai bien aimé leur prestation. Je crois qu’il manque un peu de maturation à cette (pas si jeune) formation d’excellents jeunes musisciens (ils ont déjà été d’un spectacle de Piezo il y a un peu plus de 2 ans je crois). Leurs compositions sont … spéciales, parfois un peu mal cousues, selon mon appréciation d’hier, mais pas mauvaises pour autant. Je crois sincèrement que leur musique gagnera à être écoutée sur CD (ou enfin peu importe le médium) car leurs nombreux arrangements, et la présence des séquence midi – dont je ne suis d’ailleurs pas complètement convaincu de la pertinence – devraient selon moi mieux sortir dans l’enregistrement, ou avec une meilleur orchestration qu’une première partie peut espérer avoir.
Le chanteur a une belle voix mais elle marche mieux lorsqu’on se ferme les yeux. Le vocal ne semble pas «fitter» sur le personnage. Justement, bien que je n’ai pas détesté le vocal, ce sont les interludes (et surtout quand elle s’étiraient en longueur) que j’ai le plus appréciées. Exception faite de l’envolée vocale (je ne sais comment la nommer autrement) du chanteur principal, Shawn Lapointe Fournier, suivi de celle de la clarinettiste Aurélie Tessier (WOW!). À part ça, je tiens à stresser le fait que ce sont tous d’excellents musiciens et j’ai adoré (ce qui me semble être) leur mouture de RIO ou d’avant prog. Très jazzy avec d’évidente progressions rock. Un peu dommage que l’audience, autrement exemplaire par son écoute lors de Piezo, ne leur ait pas démontré autant de respect. Définitivement un groupe que je vais chercher à découvrir plus à fond. C’est vraiment à l’opposée du easy listening. Leur musique demande un peu d’adaptation, de patience et d’écoute avant de se laisser apprécier. Ils n’ont pas de bandcamp, malheureusement, mais je vous ai donné leur lien Facebook plus haut.
Ce sera tout pour moi aujourd’hui. J’espère que vous aurez autant de plaisir à me lire et à découvrir ces groupes que j’en ai eu à les écouter et à vous écrire ces quelques lignes.
Surtout souvenez vous que… On arrête pas l’Prog!
Patrick Graham





