«The Tempests Over the East» Tour avec Vesperia, Karmatik, Nordheim et Trollwar au Bar la Source de la Martinière à Québec le dimanche premier novembre 2015. Une présentation de Parkinson Metal et des Spectacles du Fjord.

 

01 Novembre 15 - Québec - Vesperia - Affiche

 

Le concept du Parkinson Metal, spectacles organisés par le sympathique parkinsonien Marco Chabot et ses acolytes Marc Lavoie et Éloïse Chabot pour ramasser des fonds pour la recherche sur le Parkinson, n’est maintenant plus un secret pour personne après de nombreuses éditions, dont une à Montréal et même deux concours de groupes couronnés de succès. Cependant, depuis quelque temps, on a pu constater une baisse dans la participation des fanatiques de métal de Québec à ces évènements qui prend contexte dans une diminution généralisée des foules dans les concerts métalliques dans la soi-disant Capitale du Métal. Faisant fi de ces obstacles, Parkinson Metal nous proposait quand même la venue, dimanche passé, de la tournée du groupe champion international du Wacken Metal Battle 2015, soit la formation de Death Metal épique Vesperia. La troupe qui aura raflé tous les honneurs en représentant le Canada au célèbre festival de Wacken serait accompagnée des vétérans du Death Metal mélodique et progressif de Karmatik, des vedettes locales du Folk Metal de Nordheim et des troubadours métalliques jeannois de Trollwar. C’était donc un dimanche soir de Toussaint prometteur et ma déesse et moi nous dirigeâmes donc vers le Bar la Source malgré la pluie sévissant à l’extérieur.

Arrivés sur les lieux quelques minutes avant l’ouverture officielle des portes prévue pour 19 h, nous eûmes le temps de discuter avec les organisateurs du spectacle, ainsi qu’avec des membres des formations présentes. Puis, les portes s’ouvrirent et on put constater l’entrée décevante de quelques dizaines seulement de spectateurs sur la centaine annoncée sur la page Facebook de l’évènement. La soirée était cependant encore jeune et après une brève attente, les sept membres de Trollwar firent leur entrée en scène.

Originaire d’Alma, Trollwar est un groupe de Folk Metal combinant un Death Metal mélodique teinté de Power Metal à de l’accordéon et des claviers aux mélodies folkloriques européennes. Rien d’extrêmement original somme toute, mais les compositions du groupe se révélèrent très efficace sur scène malgré quelques imprécisions et incertitudes détectables entre la batterie et le reste des instruments. Le groupe parvint sans trop de mal à secouer la léthargie des participants qui se massèrent progressivement à l’avant-scène pour hocher de la tête et hurler leur appréciation. La présence scénique du groupe nombreux me laissa toutefois un peu sceptique avec un claviériste très démonstratif, alors que le chanteur de la troupe semble caché derrière ce dernier et le guitariste-vocaliste de soutien. Le second guitariste était quant à lui souvent tourné vers l’arrière de la scène, ce qui n’est recommandé à aucun musicien en spectacle, alors que l’accordéoniste restait cantonné près du batteur, souvent tourné vers ce dernier. En conclusion, ce fut une bonne prestation en dépit de toutes ces réserves, mais Trollwar aurait avantage à travailler le côté visuel et interaction avec le public de ses prestations.

Après une courte pause où les spectateurs pouvaient regarder le match entre les Canadiens de Montréal et les Jets de Winnipeg sur les nombreux écrans de l’endroit, c’était au tour de Nordheim de s’amener sur scène. Après deux albums qui ont confirmé son statut de groupe majeur de la scène Folk Metal au Québec, Nordheim travaille actuellement sur son troisième opus dont il nous offrit d’ailleurs deux primeurs au cours d’une prestation précise et efficace comme à son habitude. Réglée au quart de tour hormis pour un léger problème technique avec la guitare de Waraxe (guitare, chant) en fin de parcours, la prestation du quintette fut néanmoins un brin moins énergique que les standards auxquels il nous a habitués, peut-être en raison de leurs excès de la veille comme le mentionna d’ailleurs le chanteur guitariste en début de prestation. Toutefois, cela ne fut pas un problème majeur étant donné la précision des assauts de la bande et la foule peu nombreuse, mais dévouée démontra même son appréciation avec quelques effusions de violence en fin de parcours. Ce fut donc une mission accomplie pour Nordheim.

Suivait le groupe «différent» de la soirée, soit Karmatik. Effectivement, le quatuor se retrouvait seul de son genre, car il joue un Death Metal mélodique moderne fortement infusé de Metal progressif aux rythmiques originales et saccadées. Cela faisait déjà plusieurs fois que j’avais pu voir la troupe en action. Je savais donc que leurs influences de Death, Dream Theater et In Flames transparaissent bien dans leur musique sans étouffer aucunement leur originalité basée autant sur leur musique que sur leurs paroles dénonciatrices anglophones et francophones. Comme à son habitude, malgré une foule modeste et pas mal tranquille, le groupe sut tirer parti de son expérience pour livrer une performance carrée et solide. Les spectateurs furent calmes, mais attentifs et portés vers l’avant. Leur son fut impeccable dans la salle, notamment celui des superbes solos de guitare de Jean-Michel Audet, ce qui rehaussa leur prestation d’un cran. Ma seule réserve ira aux transitions entre les pièces, parfois un brin trop longues. Je préfère quand un groupe livre ses assauts avec une attitude plus directe. Qu’à cela ne tienne, leur performance fut très bien exécutée, ce qui confirma leur talent.

C’était maintenant à la tête d’affiche de venir s’exécuter. Les quatre gars de Vesperia s’amenèrent donc sur scène pour nous présenter leur Death Metal épique pour la première fois à Québec. Leur musique est en fait un mélange d’abrasion Death Metal, de mélodies et de solos de guitare épique enveloppé de bandes d’orchestrations pompeuses. Sur scène, leur prestation fut d’une solidité impressionnante qui nous confirma qu’ils ont mérité leur titre de champions internationaux du Wacken Metal Battle l’été dernier. Je fus particulièrement ravi par la performance sans faille des deux guitaristes, ainsi que par celle du chanteur-bassiste avec sa voix gutturale démolissant tout sur son passage et de son jeu de basse extrêmement efficace. Cependant, je fus moins convaincu par les passages plus mélodiques en voix claire chantée qui entrecoupent leurs assauts. En effet, la voix claire du chanteur était beaucoup moins réussie que sa voix gutturale en ce qui à trait au timbre employé et perdait aussi parfois la note de vue. De plus, le batteur, bien qu’extrêmement solide et puissant, manquait parfois de finesse dans des passages plus mélodiques ou atmosphériques qui auraient bénéficié de plus de fioritures que de force brute. En somme, ce fut une excellente prestation pour un groupe en pleine ascension qui n’a que très peu de faiblesses objectives perceptibles.

En conclusion, musicalement parlant, ce fut encore une édition très réussie pour Parkinson Metal. Tous les groupes livrèrent des performances honnêtes et même enlevantes. En contrepartie, la foule ne fut pas totalement au rendez-vous et il manqua une bonne vingtaine de spectateurs aux organisateurs afin de dégager quelques fonds pour financer la recherche sur le Parkinson. Oui, les organisateurs auraient peut-être pu publiciser l’évènement de façon plus agressive. Oui, le concert avait lieu un dimanche pluvieux en pleine session scolaire. Toutefois, il est aussi du devoir des fanatiques de suivre la scène de manière plus serrée et d’encourager à la fois les initiatives les plus louables en termes de bienfaisance, ainsi que les groupes parmi les plus intéressants sur la scène Metal actuelle.

Louis-Olivier «Winterthrone» B. Gélinas