Kataklysm, Anonymus, Insurrection et Black Bomb A à la Salle Multi à Québec le samedi 14 novembre 2015. Une présentation de District 7
Cela faisait un bail que les vétérans du Death Metal québécois de Kataklysm ne s’étaient pas arrêtés à Québec pour nous défoncer les tympans de leurs hymnes lourds et nietzschéens. De plus, malgré la déception de ne pas avoir la chance de voir Belphegor de retour à Québec, groupe autrichien qui accompagnait Kataklysm dans sa tournée nord-américaine jusqu’à Montréal, la formation montréalaise s’était adjoint les services des non moins célèbres Anonymus avec leur Thrash Metal dévastateur, ce qui était un excellent argument pour contribuer à attirer les métalleux de Québec en grand nombre. Enfin, l’affiche était complétée par Insurrection de l’Outaouais, formation au Death Metal puissant, et par Black Bomb A de France avec son Punk Metal/Hardcore à l’ancienne. Tous les éléments étaient donc en place pour une soirée mémorable et mouvementée et c’est ainsi que ma partenaire de crime et moi décidâmes de nous joindre au massacre. Avec une précision qui est habituellement la règle chez District 7, Black Bomb A fit son entrée en scène vers 19 h30 et entamèrent rapidement les hostilités.
Quintette basé à Paris, la formation arrivait à Québec dans le contexte des attentats de la veille dans leur ville d’origine et eut un bon mot sur la situation et aussi un doigt d’honneur à délivrer à ses assaillants. Même si le groupe partait, dans mon cas, avec une prise, puisqu’il évolue dans un sous-genre qui me laisse habituellement très indifférent, je fus quand même agréablement surpris par leur performance. En effet, Black Bomb A privilégie une approche qui n’infuse presque que les meilleurs éléments du Punk et du Hardcore et arrive à utiliser les fameux «Breakdowns» sans tomber dans l’excès et les gros clichés. Les deux chanteurs du groupe qui se partagent voix claires, cris et grognements furent le clou du spectacle avec leur présence scénique énergique. De plus, leur musique rapide et agressive fut interprétée avec énergie et précision, quoique le bassiste éprouvât quelques problèmes techniques avec son instrument en milieu de parcours. La foule, très nombreuse en ce samedi soir, sembla apprécier leur premier passage à Québec en 21 ans de carrière, ce fut donc mission accomplie pour Black Bomb A.
Insurrection de Gatineau était la prochaine bande sur le menu. Avec une solide expérience acquise en 12 ans d’existence et trois albums à son actif, la formation nous emmenait son Death Metal ravageur avec son attitude survoltée habituelle et son chanteur à la crinière rousse toujours pieds nus. Varlopés par la musique, une bonne partie des spectateurs fut aspirée dans un vortex de violence joyeuse. Leur prestation efficace et précise fut généralement rehaussée par un son bien calibré qui désavantageait seulement la voix gutturale du chanteur qui aurait pu être haussé de quelques crans. Ce dernier fit toutefois un travail formidable en ce qui à trait à l’interaction avec le public, non dénuée d’une bonne dose d’humour. De plus, le groupe sut maintenir son niveau d’énergie et sa présence scénique imposante tout au long de sa prestation. En somme, ce fut un passage très réussi pour Insurrection devant un public très nombreux et conquis par leur Death Metal moderne de haut calibre.
La soirée était maintenant bien entamée et les vétérans d’Anonymus firent leur entrée fort attendue sur scène pour venir nous présenter leur dernier album paru en août 2015 et intitulé «Envers et contre tous». Déterminé à nous en mettre plein les oreilles, le célèbre quatuor montréalais qui atteint cette année ses 26 ans d’existence se lança dans un assaut puissant, solide et violent. La fosse fut immédiatement le théâtre d’échauffourées épiques démontrant l’appréciation du public envers ces légendes québécoises. Allant piger dans leurs derniers opus, mais aussi dans leurs tout premiers efforts, Anonymus parvint à nous livrer une sélection bien équilibrée de classique et de nouveauté. La qualité du son fut aussi au rendez-vous durant toute leur prestation. De plus, les membres du groupe présentèrent leur assaut avec une énergie et un caractère «dans-ta-face» qui démontre toute la valeur de leur expérience. Ce fut donc encore une autre prestation haute en couleur et impeccable pour Anonymus.
C’était maintenant l’heure du plat de résistance avec une des formations québécoises de Métal ayant connu le plus de succès internationalement, soit Kataklysm. Autre troupe très expérimentée sur une affiche bien garnie, le quatuor de Death Metal mélodique se lança avec professionnalisme dans une prestation bien rodée et sans accrocs. La sélection de pièces fut concentrée exclusivement sur la période post-2002 de l’illustre formation, mais cela n’est pas nouveau avec Kataklysm qui a opéré un changement de style d’un Death Metal extrême et chaotique vers une variante beaucoup plus mélodique et groovy de la même famille musicale suite au départ de son premier chanteur Sylvain Houde en 1998. Toutefois, cela reste une petite déception pour les fanatiques de l’ère plus intransigeante et sombre du groupe. Comme votre humble serviteur. En dépit de cette réserve, au plan de l’énergie et de la performance, Kataklysm donna la pleine mesure de son talent et de son expérience, ce qui fut visiblement du goût des spectateurs puisque la fosse prit son ampleur maximale de la soirée. Je fus notamment ravi par la performance du nouveau batteur de la formation, Olivier Beaudoin (ex-Neuraxis, ex-Eternal Burden), arrivé il y a un an pour remplacer Max Duhamel. Après une fin abrupte sans véritable rappel, Kataklysm se retira sous les acclamations des spectateurs.
En conclusion, ce fut encore une très belle soirée de Métal offerte par District 7 aux métalleux de Québec et cette fois ils furent largement au rendez-vous. Tous les groupes auront offert des performances de haut niveau qui déclenchèrent les hostilités et les excès houblonnés des spectateurs. Cela fut donc amplement suffisant pour nous faire accepter que Belphegor se fasse encore attendre à Québec suite à leurs passages d’il y a plusieurs années déjà. En terminant, je tiens à remercier District 7 pour l’accès au concert.
Louis-Olivier «Winterthrone» B. Gélinas





