Tom – Notre petite région a été choyée vendredi le 12 et samedi le 13 Septembre lors du passage de B.A.R.F. pour la tournée de leur nouvel album «Brûle, Consume, Torture», car nous avons eu droit à deux représentations, soit une à Alma et une à Jonquière. Soirées organisées par Human Digrace Productions. Pour cette double revue de spectacle, nous avons longuement discuté afin de savoir comment nous procéderions, car pour ce week end de fou, le coté critique se veut quelque peu délicat. Inner Control (le groupe dont je suis le vocaliste) étant sur le line-up, il aurait été mal vu que je fasse une critique objective du premier spectacle de la fin de semaine. Donc pour cette fois, je laisse donc la plume à la douce Vanhell qui, selon moi, sera plus appropriée et professionnelle. J’irai de quelques commentaires mais sans plus. Voyons voir comment elle a perçu ces 2 shows.

 

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Vanhell – Donc, nous nous dirigeons vers le Bar le Contact à Alma, ancienne discothèque reconvertie en salle qui est ouverte seulement pour des shows. Une belle salle, avec un équipement de son et d’éclairage génial, mais… et oui, il y a un gros MAIS, nous y reviendrons et vous verrez où je veux en venir.

La soirée commence avec Les Hatchbacks, première fois que nous les voyons et ce ne sera pas la dernière. Je suis agréablement surprise de ce groupe Almatois aux influencent multiples. En effet, un joyeux mélange, métal, punk, rock en passant par le rap à la Eminem. Leurs chansons démontrent bien la diversité des personnes qui composent ce band. En effet, au vocal David Audet Gervais aux influencent punk et rap, nous donne une excellente performance en montrant sa polyvalence vocale. À la basse, son frère Samuel Audet-Beaumont, qui ne donne pas sa place, semble réellement s’amuser à jouer aux côtés de ses compagnons. Pour sa part, il donne sa couleur au groupe avec des influences rock comme Primus, punk à la NOFX et rap à la Hopsin. À la guitare nous retrouvons un homme avec un background très métal, soit Jean-René Cloutier-Ménard (Who Cares?, ex Sévice) qui comme à son habitude a offert une prestation à la hauteur des attentes avec sa rutilante 8 cordes, quoiqu’assez différents de ce qu’il joue avec un groupe comme Who cares?. Puis finalement, le drummer, Émile Boucher-Cloutier (alias DJ Emzo), fils de Jean-René, et oui, ce groupe est vraiment une histoire de famille, se donne à 100% sur la scène au grand plaisir de nos oreilles. Bref, Les Hatchbacks, une belle découverte aux styles diversifiés avec une musique accessible même pour ceux qui n’écoutent pas beaucoup de métal… mais si vous voulez saigner des oreilles… peut-être pas. Mais dans tous les cas, les boys, good job ! Parlant de saigner des oreilles, on peut ajouter que le son est pas terrible, même agressant. On se retrouve dans un bel endroit avec un kit de la mort mais le technicien semble ne pas entendre de la même façon que nous. Espérons que ça s’améliorera au courant de la soirée.

 

 

Ensuite, Deboned grimpe sur scène… ce groupe de grindcore old school demeure fidèle à lui-même, jouant leur set comme s’ils étaient dans leur salon, ignorant le reste. Le chanteur en bas du stage, de dos ou de côté à la foule, présente ses tounes à la sauvette (presqu’à la «débarasse») en mentionnant seulement le titre et en attendant que ses musiciens commencent à jouer. Mais bon, ce sont l’impact et le style qu’ils souhaitent se donner. Ils veulent déranger, choquer, faire parler, c’est correct et je respecte ça, cependant c’est clair que moi ça ne vient pas me chercher et après avoir parlé avec plusieurs personnes qui étaient présentent, je ne suis pas la seule. Mais ils ont leur clientèle… Le bassiste de la formation brillait par son absence ce soir là. (Le jeune homme étant retenu par son boulot) Nous avions le guitariste (Alex Devost) qui se tenait dans son coin et qui jouait face à son ampli alors je n’ai rien d’autre à dire et finalement un drummer exceptionnel (Yanick «Deboned» Brassard ) qui en est beaucoup, à mon avis, pour le succès du groupe. Personnellement, ce n’est vraiment pas un groupe dont le style est dans mes cordes, cependant, c’est un groupe qui amène leur foule, beaucoup de leur fans étaient présents pour leur prestation et ça brassait. De plus, dernièrement ils ont été approchés pour travailler sur un split avec un band de l’Orégon (Necrodrunkz), sortiront prochainement un autre split en compagnie de Striver de Québec et en plus ont des projets avec les mythiques Mesrine, ce qui montre qu’ils commencent à se faire connaître par le reste du monde, alors même si je ne  «trippe» pas sur ce que vous faites les gars, ben chapeau! Pour ce qui est du son, difficile de dire que ça s’améliore…

 

 

Pour le troisième groupe, Inner Control, difficile pour moi d’être objective mais allons-y le plus sincèrement du monde. Ce groupe de progressif/ death/ thrash metal très impliqué sur la scène métal locale nous a offert une performance à leur image. Au vocal, Tommy Hellscreamer donnait une performance empreinte de sa vivacité et de la ferveur qu’on lui connait tout en tentant de réveiller la foule… en vain. Une foule pas trop évidente. Ils sont là pour B.A.R.F. et ça se sent. Peu d’intérêt pour les musiciens sur scène. Le son est pire que jamais, Tout est mal dosé… Ça semble vraiment pénible pour certains sur le stage. Coup d’oeil vers le technicien de son qui lui, se la coule douce, bien tranquille et n’y voit aucun problème. À la guitare, Christopher Rannou-Poulin jouait avec précision et engouement et Marc-Olivier Lebel, second guitariste de la formation, jouait avec plus de timidité mais avec adresse et plaisir. À la basse, Jimmy Bolduc, qui ouvrait ce soir-là pour un homme en qui il a une grande admiration, Dominic «Forest» Lapointe, rayonnait par son bonheur et son enthousiasme. Finalement, le nouveau drummer de la formation (début 2014), Pierre-Yves Côté (Beyond Fiction, Thalion) était intense comme à son habitude. Depuis son arrivée, les compositions d’Inner Control sont beaucoup teintées par son style et sa technique, changement que je crois positif pour le band. De plus, il semble vraiment avoir du plaisir lorsqu’il est sur le stage avec eux. Dans l’ensemble, c’est une formation à surveiller et qui auront plusieurs nouveautés très prochainement. Mettons que ça sent le E.P. mais je n’en dis pas plus…

 

 

La soirée s’est conclue évidemment avec B.A.R.F. en headline mais nous en discuterons après avoir parlé des premières parties de la soirée de Jonquière.

Terminons cette première partie, en revenant sur le fameux Bar Le Contact. C’est un endroit génial qui aurait pu devenir parmi les plus recherchés au Saguenay-Lac-St-Jean. Cependant, il est bien beau d’offrir un tel endroit pour l’organisation de tel événement MAIS, il faut offrir le service et le rendement qui viendrait normalement avec. Une véritable console de spectacle est un MUST pour ce faire mais surtout une personne qualifiée pour la faire fonctionner correctement pour un show. Le son était horrible et l’éclairage a été rouge du début à la fin et ce, malgré un kit à la fine pointe de la technologie. La personne en charge du son et de l’éclairage ne semblait pas s’y connaître en ce sens, en fait disons-le, nous avions un DJ comme soundman, pas tout à fait adéquat… mais bon les groupes ont fait leur prestation au meilleur du possible dans les circonstances et personne ne peut leur en tenir rigueur. Espérons que des améliorations seront apportées dans le futur…

 

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Donc, le lendemain nous nous dirigeons vers la Salle Nikitoutagan à Jonquière pour la seconde soirée, en sachant qu’au moins ce soir le son sera bon et que les groupes risquent moins d’avoir les mêmes problèmes techniques que le soir précédent… Il y a quand même du monde dans la salle, beaucoup plus encourageant que la veille… Nous voyons d’ailleurs une dizaine de visages qui ont été présents lors des deux soirées. Pour cette soirée, nous n’avions pas de photographe avec nous (Dave Maltais a pris les photos de la section du haut) alors Tom s’est débrouillé pour vous avoir quand même des images tirées des vidéos prises dans la soirée. Ce n’est pas la top qualité mais c’est pour vous donner une idée de ce que ça avait l’air.

Tapage, un groupe se qualifiant comme thrash-metal-rock, entame la soirée. J’avais regardé auparavant des extraits de ce que le groupe faisait et sérieusement je m’étais dit : «non pas sûre que ça vienne me chercher…» Mais quand ils ont commencé leur set, je me suis vraiment arrêtée pour me dire que ce que j’avais vu, ça n’avait rien à voir. Une voix beaucoup plus juste, beaucoup plus chantée que criée venant du chanteur Pascal Morais. Des créations musicales différentes les unes des autres, où on y dénote une certaine touche de stoner métal. Une bonne présence scénique venant de tous les membres du groupe ajoute à mon enchantement. Dany Béland à la guitare et Didier Cyr à la basse jouent avec complicité et aisance sur la scène. François Potvin derrière sa batterie complète le quatuor. Une agréable surprise et une belle révélation pour ma part que ce groupe Jonquiérois. Tapage est à surveiller.

 

 

Les gars de Matante Mutante prennent place, affublés de leurs costumes et prêts à donner tout un show. Personne ne peut rester insensible face à ce groupe de métal qui n’ont pas vraiment de ligne directrice particulière, une pièce plus death, une autre plus rock, une autre plus thrash, mais toujours avec une touche humoristique. Bref un style qui est assez unique en région. Pour ma part, je les adore! Leur musique est entraînante, les personnages sont flamboyants, c’est plus grand que nature. Les gars font ça pour divertir, ils s’amusent et c’est indéniable. La foule semblait apprécier les compositions originales de ce groupe venant de Shipshaw. Nous avons même eu la chance d’avoir leur version de  «La dame en bleue», (oui oui, la toune de Michel Louvain là là) qui avait été faite au préalable pour le Bebye là là!, de l’an dernier, mais qui malheureusement n’a pas été conservée au montage, sérieux avoir occulté ça… Fail! Mais bon, nous, nous y avons eu droit et les gens ont vraiment aimé. Matante Mutante ont sorti un excellent album cette année, nommé: «C’est un très beau témoignage». Album francophone, coloré, avec des textes et des titres presque imprononçable, un album à leur image. Matante Mutante, un groupe à découvrir si ce n’est pas fait. Continuez votre excellent travail.

 

 

Au tour du band Saguenéen Who Cares?, (bien connu dans la région pour leur Death-Grind), qui commence en force. J’ai déjà dit qu’il violait littéralement la foule… et bien, c’était encore le cas. Musiciens d’expériences, ils ont offert une prestation de qualité à la hauteur des attentes. Ils étaient en feu et ont tout cramé sur leur passage. Dans la région, à l’exception de Who Cares?, nous pouvons difficilement trouver un groupe qui fait à la fois de la musique plus brutale et technique. Yannick Bouchard chanteur du groupe (nouveau depuis début 2014) est impressionnant par sa prestance et son vocal brutal. Jean-René en plus de ces prouesses à la guitare fait également du vocal dans le band. Frédo Larouche-Tremblay martèle implacablement son drum. C’est clair que c’est un style lourd, brutal, technique qui est beaucoup moins accessible, mais pour les amateurs du genre, Who Cares? ne vous décevront pas et vous en redemanderai. Et pour les adeptes qui ont manqué ça, ils seront présents au Hell-O-Ween Metal party le premier Novembre prochain (spectacle organisé par Inner Control et Human Disgrace). De plus, ils sont présentement en enregistrement pour leur nouvel album et sont en train de finaliser un vidéo-clip qui devrait sortir très prochainement et qui sera d’ailleurs en primeur sur Ondes Chocs. C’est à surveiller.

 

 

Finalement, le headliner de ces deux soirées: Blasting All Rotten Fuckers! Groupe de retour avec un nouvel album après 16 ans, album titré : «Brûle, Consume, Torture». Fougue et expérience sont deux mots que je pourrais utiliser pour qualifier leur prestation. En effet, ils n’ont absolument rien à envier au temps où il faisait des shows pour leur premier album. Le temps qui passe semble les avoir oublié, ils ont toujours l’air aussi jeunes et vifs. Ce sont des hommes de cœur et malgré leur popularité ils demeurent humbles et ne se prennent pas vraiment au sérieux. Marc Vaillancourt (aussi dans Les Ékorchés) chante avec énergie, intensité et charisme. Il dégage une fougue digne des plus grands et l’auditoire est conquis. La foule connait leurs chansons et chante en chœur avec lui. Le groupe a fait plusieurs pièces de leur nouvel album, mais nous avons aussi eu droit à des succès de leurs précédents, comme «Le petit poisson» «Mouton noir» et «Wo Wo Tabarnak». Carlos Araya (Anonymus, Spelldown) au drum est comme un géant dans un corps d’homme. Il joue toujours aussi tight. Seconde présence dans notre région en quelques mois pour Carlos, ayant été présent au Bildofest en juillet dernier au côté de Anonymus. Virtuose de la basse, Dominic «Forest» Lapointe (ex Quo vadis, Atheretic, Teramobil, Augury, Beyond Creation et autres), qui connait bien notre belle région car il a fait ses études ici, donne une prestation qui ne laisse personne indifférent. Bassiste gaucher, ses doigts se promènent allègrement sur sa basse, laissant les connaisseurs ébahis. Le premier band dans lequel il a évolué était même un band de la région, Gore, si je ne m’abuse. Incroyable! Pour un gars qui fait aujourd’hui le tour du monde avec ses instruments. Denis Lepage, guitariste de talent est plus discret quant à sa présence scénique par rapport à ses collègues, mais cela ne lui enlève en aucun cas l’exceptionnalité de sa prestation. De plus, le plaisir se voit dans son visage lorsqu‘il joue avec son band. Alors dans l’ensemble, je peux dire que les gars de B.A.R.F. nous en ont «donné pour notre argent», autant pour ceux qui connaissaient bien le groupe, que les nouveaux fans. Musiciens et artistes accomplis, ils donnent tout qu’un show avec des beats qui sonnent et qui te restent inlassablement en tête. Si vous avez l’occasion de les voir, profitez-en car c’est un show à ne pas manquer. Moi-même n’étant pas particulièrement fan à priori, j’ai vraiment apprécié ce que j’ai vu et je ne regrette vraiment pas d’y être allée non pas une mais deux fois!

B.A.R.F. à Alma

 

B.A.R.F. à Jonquière

 

Tom – Pour conclure ce week-end de fou, je dois ajouter que pour moi, c’était en quelque sorte, un moment important dans ma vie. Ouvrir avec mon propre band pour B.A.R.F. était simplement le show de ma vie. Un juste retour des choses, un cadeau que la vie m’a fait. Avoir l’opportunité de passer du temps hors scène avec ces grands de la scène québecoise était divin. J’ai pu jaser longuement avec Marc Vaillancourt que j’adule depuis des années. Pouvoir lui dire merci, Face To Face, d’avoir écrit «La Vie M’ékoeure» des Ékorchés. Toune qui m’a littéralement et réellement sauver la vie. Pouvoir en quelque sorte, boucler la boucle. Vous comprendrez qu’aucun technicien de son déficient ou aucun autre pépin auraient pu changer ma façon de vivre ce moment. Je l’ai vécu avec un sourire béant et une joie indescriptible.

Merci à Human Digrace Production d’avoir pris le risque en organisant ce week-end. Emmanuel Bergeron et Andrew, (2 anciens associés de Black Dominion) sont des gens impliqués dans la scène Métal régionale depuis plus de 15 ans. Chapeau les boys, la scène a besoin de vous. Certes, le week end a été décevant au niveau de l’achalandage (surtout à Alma) mais pour avoir discuté avec les maîtres d’oeuvre de ce week end, ils ne perdent rien de leur «Crinkitude»

VANHELL

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