Les pionniers français du Black Metal de Seth entameront sous peu une tournée canadienne dédiée à leur dernier album, «The Howling Spirit» (2013) qui les emmènera de Toronto à Jonquière en passant par Montréal, Rouyn-Noranda, Ottawa, Sherbrooke, Trois-Rivières et Québec. De plus, le groupe fondé en 1995 fête cette année ses vingt ans d’existence. Pour l’occasion, Ondes Chocs vous offre cette entrevue menée au téléphone avec Heimoth, guitariste et claviériste de la célèbre formation d’origine bordelaise. – Louis-Olivier «Winterthrone»

 

Affiche Seth NA Tour

 

Louis-Olivier «Winterthrone»: Tout d’abord, faisons un peu d’histoire. Seth fut parmi les premières formations Black Metal à apparaître en sol français à une époque où la seconde vague du Black Metal scandinave, qui a vraiment cristallisé le genre au début des années 1990, était encore jeune. J’aimerais donc que vous nous retraciez les premiers balbutiements de Seth et qu’elles furent les influences musicales derrière sa naissance? Qu’est-ce qui vous a poussé à embrasser le Black Metal à une époque où il était vraiment un courant d’initiés?

Heimoth: Notre rencontre fut assez fortuite. Notre premier chanteur (Vicomte Vampyr Arkames) et notre batteur (Alsvid) faisaient plus ou moins une émission de radio ensemble de metal extrême. Alsvid était déjà beaucoup dans le Death Metal et faisait partie d’un groupe de ce genre appelé Asgard, mais il désirait faire du Black Metal sous l’influence d’albums comme «In the Nightside Eclipse» (1994) de Emperor et les premiers albums de Marduk. Lui voulait monter un groupe de BM et nous nous sommes rejoint – j’avais 16 ans et nous avons trouvé Faucon Noir, placé à la basse. Nous enregistrions notre première bande de répétition «Apocalyptic Desires» (1996) après 6 mois. Pour ma part, mon évolution vers le Black Metal s’est faite de façon tout à fait logique. J’ai commencé par le Hard Rock, le Heavy Metal, puis le Thrash Metal de groupes comme Metallica et Slayer pour ensuite tomber dans le Death Metal avec des groupes comme Entombed ou Morbid Angel et le Black Metal fut l’étape suivante.

 

LOW:Dans le même ordre d’idée, quel était l’état de la scène Metal française en général à cette époque où se fixaient des courants dits extrêmes comme le Black Metal et le Death Metal, après les années 1980 marquées par des groupes français inspirés de la NWOBH ou du Speed Metal comme ADX, Trust, Sortilège, Vulcain… etc.?

Heimoth: La scène Metal française, à l’époque de nos débuts, était très «underground» et très extrême. Il y avait peut-être une vingtaine ou une trentaine de formations Black Metal dans toute la France. Cependant, je crois que nous nous démarquions déjà par notre musique plus rapide et plus brutale que les autres formations françaises du genre qui étaient plus dans l’atmosphérique et les tempos moyens. Le «tape-trading» était le principal moyen d’échange et de diffusion de la musique Black Metal. Les spectacles eux étaient très sporadiques. La première tournée d’envergure de Black Metal à passer en sol français fut la venue d’Immortal en compagnie de Rotting Christ, je crois. Les groupes de l’étranger, allemands et scandinaves étaient donc nos plus grandes influences.

 

LOW: En 1996, Seth sortit sa toute première démo sur cassette intitulée «Apocalyptic Desires » sur l’étiquette naissante et maintenant très recherchée du Black Metal français Drakkar Productions. Comment est née votre collaboration avec ce label alors que Seth en était seulement à sa première année d’existence? Cette démo présentait un Black Metal d’inspiration scandinave très cru et agressif, dans lequel on distinguait tout de même un caractère mélodique qui allait être caractéristique du groupe dans l’avenir. Dans quel contexte fut réalisée la démo et quels étaient les moyens de production à votre disposition à une époque où les studios professionnels étaient tout de même beaucoup moins accessibles qu’aujourd’hui? À quoi ressembla le processus d’enregistrement de cette première sortie en carrière?

Heimoth: La collaboration avec ce label s’est faite par contact, tout simplement; en fait notre chanteur de l’époque connaissait les gens de Drakkar Productions. Comme je disais plus tôt, cet enregistrement n’était qu’un simple enregistrement en répétition, une «rehearsal-tape» produite avec les moyens du bord dans notre local de répétition! Nous n’avions vraiment pas l’intention de la sortir, mais lorsque les gens de Drakkar Productions l’ont entendue, ils ont trouvé le son assez bon pour la sortir sur cassette. Nous n’avions vraiment pas envisagé que cela serait notre première démo.

 

LOW: Beaucoup d’artistes ayant commencé dans l’underground dans les années 1980 et 1990 parlent du fameux «tape-trading qui leur a permis de diffuser leur musique partout dans le monde et d’échanger leur musique avec d’autres artistes de leur famille spirituelle à une époque où internet n’existait pas ou était difficilement accessible. Tu en as d’ailleurs glissé un mot plus haut. Seth ayant effectué sa première sortie sur cassette au moment où internet se démocratisait lentement, est-ce que vous diriez que le «tape-trading» a joué un rôle au début de votre carrière?

Heimoth: Certainement, notamment par le biais de notre premier chanteur qui était beaucoup dans le «tape-trading», cela nous a permis d’établir nos premiers contacts.

 

LOW: L’année suivante, ne perdant pas de temps, Seth présentait son premier EP «By Fire, Power Shall Be» (1997) sur l’étiquette défunte A.M.S.G.. Celui-ci comportait trois pièces à développement de Black Metal à tendance mélodique et atmosphérique livrée par un groupe vraisemblablement en pleine possession de ses moyens et avec une production, œuvre de Fred Foulquier qui allait aussi travailler sur votre premier album, qui a peu à envier même à plusieurs sorties Black Metal actuelles. Quelles furent les différences entre le processus de composition et d’enregistrement de la démo précédente et ceux du EP suivant? D’où naquit votre collaboration avec Fred Foulquier? D’après mes recherches, celui-ci n’a travaillé qu’avec vous à l’intérieur du courant Black Metal et a plutôt travaillé comme réalisateur dans l’univers du Death Metal.

Heimoth: En fait, Fred Foulquier était un des seuls producteurs qui faisait dans le Metal à Bordeaux à l’époque. Il avait auparavant enregistré l’album de Psalm, un groupe de Death Industriel dont faisait partie notre batteur Alsvid. Il fut donc naturel de travailler avec lui puisqu’il n’y avait vraiment pas beaucoup de producteurs à l’époque. Nous avons donc procédé à l’enregistrement dans ce qui était en fait un simple local de répétition qui comportait aussi une cabine d’enregistrement à raison d’environ 3 heures par jour. L’enregistrement fut réalisé de manière semi-analogique, semi-numérique et étonnamment le son fut l’un des meilleurs que nous ayons eus sur album.

 

LOW: Qu’est-ce qui justifia le changement de label pour la seconde sortie de Seth?

Heimoth: Le label A.M.S.G. était une création de membres d’Osculum Infame et de un des gars de Arkhon Infaustus, groupe qui n’existait cependant pas encore à l’époque. La raison de notre passage à ce label fut que Drakkar Productions n’était pas disposé à sortir notre minialbum sur disque compact, alors que A.M.S.G. était prêt à le faire.

 

LOW: En 1998, Seth toujours sur une lancée très productive lançait son premier album complet en carrière intitulé «Les blessures de l’âme». Celui-ci poursuivait exactement là où le EP précédent nous avait laissés avec un Black Metal rempli d’atmosphère produit de façon moderne. De plus, le groupe délaissait la langue de Shakespeare employée sur ses deux premières sorties pour se consacrer entièrement au français sur ce premier album. Enfin, Seth entamait avec cet album une longue collaboration toujours en vigueur avec le label français très réputé Season of Mist. Un peu dans la même optique que mes questions précédentes, pourriez-vous nous relater comment se déroula le travail autour de cet album? Quelle fut l’impulsion d’utiliser exclusivement la langue de Molière à une époque où ce n’était pas nécessairement une chose courante pour les groupes Black Metal même français? Une fois de plus vous aviez travaillé avec Fred Foulquier, quelles étaient les raisons de la poursuite de cette collaboration? Une composante importante du son de cet album fut les partitions de clavier interprétées par Arkdae connu de la scène Black Metal française pour son rôle dans Bekhira, entre autres, d’où vint cette participation?

Heimoth: Effectivement, ce fut un retour au même studio avec le même producteur que pour «By Fire, Power Shall Be» (1997). Curieusement, toutefois, cette fois nous fûmes tout à fait déçus du son final qui était beaucoup moins clair et atmosphérique que celui du EP, d’où la version remastérisée du premier album publiée en 2012. Les textes furent entièrement le fait de notre premier chanteur qui choisit d’utiliser exclusivement le français suite à des discussions avec le groupe. Cette décision se fit d’abord par un souci d’authenticité, car il aurait dû traduire ses textes francophones en anglais, n’étant sans doute pas nécessairement à l’aise avec l’anglais à l’époque. Ce fut donc par désir d’authenticité par rapport aux textes originaux plus que par une réelle revendication du français. Quant à Arkdae, il participa à l’album parce nous voulions des claviers beaucoup plus élaborés que sur le EP où je les avais faits moi-même. Puisque c’était un très bon pianiste, qu’il avait beaucoup d’équipement et que nous le connaissions, il a accepté et a beaucoup écouté le matériel à la maison. Puis, il est venu de Paris à Bordeaux et à tout enregistré ses claviers en une seule journée.

 

LOW : Comment commença votre collaboration avec l’étiquette marseillaise Season of Mist?

Heimoth: À l’époque Season of Mist était un petit label débutant de Marseille qui n’avait pas plus de sept ou huit signatures. Je connaissais plus ou moins les fondateurs de l’étiquette puisque je suis moi-même né à Marseille. A. M. S.G. désirait aussi sortir notre premier album, mais leur offre était tout simplement moins intéressante que celle de Season of Mist. Il y avait aussi je pense des différences de taille entre les deux labels: l’un voulait rester ancré dans l’underground par principe, l’autre non. Nous avions dans l’idée de ne pas refuser les interviews de magazines sans réellement se plier à la doxa de l’esprit BM de l’époque. Avec du recul, nous avons été les premiers, je pense, à s’ouvrir à la presse nationale Metal et bien entendu cela a suscité de vives critiques. Maintenant que se passe-t-il? Les groupes de BM se battent pour avoir un petit encadré dans la presse…Des groupes comme Mutiilation jouent au Hellfest…Bref, on voit de tout. Comme quoi l’évolution et le BM ça existe. Dans le bon sens? Cela reste à voir.

 

LOW: La réception critique très favorable et la distribution internationale de cet opus jetèrent les bases de votre succès futur. Quelle fut votre réaction face à un tel engouement?

Heimoth: Les souvenirs sont lointains, mais je me rappelle qu’une fois dans la voiture, quelque temps après la sortie de l’album, notre premier chanteur avait dit qu’on avait déjà 5000 copies vendues et nous avions peine à y croire. Sinon, ce n’est vraiment pas quelque chose que nous avions envisagé puisque si ça avait été le cas nous en aurions profité pour chercher à faire beaucoup plus de concerts. En fait à l’époque nous n’avions fait que deux concerts, un avec Aura Noir et un minifestival avec Marduk où nous avions fait de la merde sur scène, mais la réception des gens avait été incroyable. Nous avions été ovationnés par une salle comble. Les spectacles réguliers sont arrivés plus tard dans notre carrière.

 

LOW: Suite à la parution de «Les blessures de l’âme», les choses s’accélérèrent encore pour Seth avec la signature d’un contrat pour deux albums avec Osmose Productions, autre étiquette française extrêmement réputée dans le monde du Metal extrême. Cette collaboration allait mener à deux albums en deux ans, soit «The Excellence» (2000) et «Divine-X» (2002), qui signalèrent des changements dans la musique de Seth avec l’inclusion d’influences de plus en plus diverses, notamment un penchant pour les atmosphères industrielles entamées sur le premier de ces deux opus, ainsi que des guitares aux mélodies plus près que jamais du Death/ Black de groupes comme Dissection. De plus, la renommée du groupe continua à grandir et celui-ci ira même jusqu’à produire un premier vidéoclip pour la chaîne musicale française MCM. Enfin, Seth commença à abandonner les paroles exclusivement francophones de leur premier opus pour un mélange de français et d’anglais. Y avait-il un désir de diversifier le son du groupe et de le rendre en quelque sorte plus accessible, si une telle chose est possible à cette époque? D’où vint la volonté de changer encore une fois de label?

Heimoth: L’influence Dissection était surtout présente sur «The Excellence» et franchement je n’avais aucune stratégie dans ma composition et c’est d’ailleurs encore le cas aujourd’hui. Je n’ai toujours composé que ce que je voulais composer et bien sûr mes compositions reflétaient certainement les groupes que j’écoutais à l’époque. En fait, au début de Seth j’écoutais beaucoup de Black Metal mélodique et mes goûts ont évolué vers des choses de moins en moins mélodiques, ce qui peut expliquer l’évolution de ma musique. Je ne me définis donc pas comme un puriste puisque j’ai toujours composé ce que j’avais envie de composer et que ça a toujours donné des albums très différents pour Seth. Pour ce qui est du passage à Osmose Productions, c’est que nous avions eu des désaccords assez importants avec Season of Mist, notamment au sujet de la pochette du premier album qui nous avait déplu. De plus, Osmose Productions était un label beaucoup plus établi que Season of Mist à l’époque.

 

LOW: C’est aussi à cette époque que Seth connut ses premiers changements de membres importants. C’est ainsi que Faucon Noir (basse) qui avait eu un rôle dans la composition du premier album quitta la formation en 2000, ainsi que le vocaliste et parolier Vicomte Vampyr Arkames l’année suivante en 2001. Votre carrière semblait toujours rouler à fond de train et votre biographie de groupe sur votre page Facebook signale que votre attitude professionnelle vous démarquait de vos pairs à cette époque, est-ce qu’une activité trépidante pour Seth aurait eu raison de la détermination de certains des membres originaux de la formation ou était-ce d’autres raisons qui expliquèrent ces premiers changements d’alignement?

Heimoth: Ces départs ont eu lieu pour des raisons diverses et aucun départ n’a été forcé par qui que ce soit. Pour ce qui est de Faucon Noir, il était tout simplement insatisfait par l’évolution musicale du groupe vers un son moins mélodique. Il aurait préféré qu’on reste au son de nos débuts, je crois. De plus, il se passait pas mal de choses dans sa vie personnelle qui l’ont poussées à quitter Seth. Pour ce qui est de notre premier chanteur, ses insatisfactions concernaient aussi l’évolution du groupe, mais aussi sur le plan humain. J’imagine qu’il aurait préféré conserver plus de contrôle sur le groupe et il a donc choisi de le quitter.

 

LOW: À partir de «Divine-X» (2002) jusqu’à aujourd’hui tu as pris aussi en charge le côté atmosphérique du groupe avec l’ajout des claviers, puis de la programmation et des effets à ses tâches au sein de Seth. De plus, Seth n’a toujours pas de claviériste en live, j’imagine que cet aspect est comblé par des bandes préenregistrées? Est-ce un aspect que vous chercherez à combler dans le futur, où est-ce que cette approche vous convient toujours?

Heimoth: Non je ne crois pas que ce serait un bon choix puisque nous avons peu de lignes de clavier musicales. Ce ne serait pas utile. Pour les pièces qui en ont, nous utilisons les bandes enregistrées et cela est très bien comme cela.

 

LOW: L’album «Era Decay» marqua un nouveau changement de label pour Seth qui se retrouva sur le label italien Avantgarde Music. Aviez-vous des insatisfactions qui vous ont poussées à quitter Osmose Productions?

Heimoth: Non, en fait c’est tout simplement que nous avions signé pour deux albums sur Osmose Productions et que le contrat était arrivé à échéance. Avantgarde Music a embarqué sur le projet.

 

LOW: Après son quatrième album en moins de dix ans d’existence Seth entra dans une longue pause de six ans qui ne prit fin qu’avec un spectacle-surprise exclusif en compagnie de Bethlehem en Allemagne en 2011. Quelles furent les motivations de ce long hiatus? Était-ce une rupture censée être définitive au début?

Heimoth: L’hiatus n’avait pas été nécessairement planifié. En fait à cette époque j’étais parti vivre à Londres et j’avais préalablement discuté avec le reste du groupe comme de quoi ce serait impossible de continuer nos activités. En même temps c’était un peu un bilan après dix ans au sein de Seth et je pensais personnellement que la pause serait très longue, voire même définitive. Puis, quand je suis revenu en France il y a eu d’autres discussions et je savais déjà que les autres membres désiraient reprendre Seth et c’est donc un retour qui s’est fait petit à petit sans être officialisé avec d’abord le spectacle en Allemagne, puis les choses se sont accélérées progressivement. Si nous avions officialisé le retour, les gens auraient pensé qu’on l’avait fait exprès, cette pause a donc été une parenthèse que j’ai laissée ouverte.

 

LOW: La suite logique de cette reprise des activités pour Seth fut sa seconde signature sur Season of Mist, une réédition rafraîchie de «Les blessures de l’âme» (1998), puis un nouvel album intitulé «The Howling Spirit» (2013). Le résultat de ce retour fut un album au son résolument moderne qui conserve malgré cela plusieurs des caractéristiques typiques de la musique de Seth tout en étant tourné vers l’avenir. Était-ce le résultat d’une volonté artistique claire de votre part ou le fruit des hasards du travail musical?

Heimoth: Ce qui distingue probablement cet album des autres albums de Seth est probablement son processus de composition beaucoup plus réfléchi et long. En fait, la composition avait déjà commencé au début de notre pause en 2005-2006. Plusieurs des compositions qui se sont retrouvées sur cet album avaient effectivement été composées à Londres pour d’autres groupes (Code, Void) dont j’ai brièvement fait partie là-bas et je les ai réadaptées à Seth, ce qui fait que cet album a encore une fois un son très différent des autres albums de Seth.

 

LOW: Vous avez récemment connu de nouveaux changements au sein de la formation de Seth avec le départ, l’an passé, de Black Messiah (vocal de 2003-2005, 2011-2014) remplacé par le chanteur Saint-Vincent pour les spectacles. Les deux membres originaux restants du groupe sont Heimoth (guitares, claviers) et Alsvid (batterie), mais ce dernier semble être remplacé en spectacle par Julien Helwin depuis le début 2015. À la veille de votre tournée dans l’est du Canada, comment est-ce de poursuivre l’héritage du groupe avec l’apport de mercenaires, notamment au chant? Quelles sont les raisons pour lesquelles Alsvid ne prend vraisemblablement plus part aux spectacles de Seth? À quoi peuvent s’attendre les amateurs de Black Metal d’ici comme spectacle lors de votre venue en sol nord-américain pour la seconde fois seulement après votre passage à Montréal pour la Messe des Morts II en 2012?

Heimoth: En fait, le départ de Black Messiah est tout récent de quelques mois et Saint-Vincent l’avait déjà remplacé lors de notre tournée européenne de l’an passé alors qu’il faisait toujours partie du groupe, mais ne pouvait prendre part à la tournée. On sait donc plus ou moins à quoi s’attendre pour les spectacles à venir. Pour ce qui est de Alsvid, il a tout simplement un travail trop prenant pour voyager avec nous, ce qui fait que nous lui avons trouvé un remplaçant avec qui nous pratiquons à fond depuis quelque temps et nous verrons ce que cela donnera sur scène. Puis on vient bien entendu avec Cyriex, pilier du groupe à la guitare depuis déjà «Era-Decay», et Eguil notre bassiste avec qui j’avais commencé à jouer dans Reverence. En gros, vous pouvez vous attendre à un spectacle beaucoup plus long qu’à notre passage à Montréal où tous les albums seront représentés à l’exception du premier. Nous aurons aussi beaucoup de marchandise pour vous avec nous.

 

LOW: Cette entrevue tire bientôt à sa fin, mais avant de vous quitter j’aimerais vous poser une question d’ordre plus général. Seth ayant traversé deux décennies de Black Metal vous avez certainement eu un regard interne et privilégié sur l’évolution de la scène Black Metal française et internationale. Quelle est votre opinion sur l’état actuel de la scène Black Metal que ce soit en France ou à l’international? Vous inspire-t-elle encore? Vous laisse-t-elle indifférents? Y a t-il des artistes établis ou nouveaux venus qui vous impressionnent encore?

Heimoth: Beaucoup d’artistes m’impressionnent, mais quand j’analyse la musique je me concentre sur tous les aspects, y compris l’image, la production, les compositions et je trouve qu’en ce qui concerne l’évolution, une majorité de groupes se contentent de faire comme avant. En somme, je trouve qu’au regard du nombre de formations Black Metal qu’il y a aujourd’hui, les vraies formations de qualité restent peu nombreuses et qu’il y a très peu d’évolution.

 

LOW: En terminant, je désire vous remercier personnellement et au nom de Ondes Chocs pour cette entrevue gracieusement accordée. Y a t-il quelque chose que vous aimeriez ajouter pour nos lecteurs sur Ondes Chocs?

Heimoth: Nous souhaitons vous voir sur une des dates de notre tournée canadienne! C’est un rendez-vous!
LOW: Merci et on se voit le 3 juillet à Québec!