Connaissez vous le Trailer Thrash Fest? Pour ceux qui connaissent pas, y faut dire en commençant que le nom en dit long. C’est thrash, dans le sens propre comme dans le sens figuré, et c’est un festival. J’ai eu pour la première fois l’occasion d’assister a l’évènement cette année et c’est un plaisir et un honneur pour moi d’en faire la couverture. J’aimerais commencer par m’excuser auprès des groupes dont j’ai manqué la prestation car je ne suis arrivé que vendredi vers 20h (je n’ai malheureusement pas pu y être avant ça à cause de mes occupations de jour). Je vais quand même mentionner les groupes du festival et parler d’eux! Par où commencer… Il y a tant de choses à dire sur le Trailer Thrash Fest de cette année, toutes pas aussi agréables les unes que les autres (ceci étant dit sans être négatif). Le soir du vendredi 22 août, après avoir vu un peu de pays défiler par la fenêtre de l’autobus 200, j’ai fini par arriver à destination au camping Ste-Pie en compagnie de quelques camarades avec qui j’ai fait le reste du trajet après l’autobus. Le temps de s’installer un campement, et hop à la scène pour y voir jouer Death Lullaby. Disons que ça commence en force pour la partie de la soirée que j’ai pu attraper.

 

1380829_821821361184864_7121486236394377192_n

 

Death Lullaby est une formation de Montréal influencée par les groupes de deathcore technique tels que Born of Osiris et Veil of Maya. C’est de la pure violence bourrée de mélodies et de rythmes très tight. La pesanteur et la fougue est constante dans la musique Death Lullaby. D’ailleurs, sur scène, les gars détruisent la place avec une présence efficace. Ils ont cette sonorité space dans les leads et les solos de guitare (qui comportent une bonne dose de shredding par moments). D’ailleurs, j’affectionne particulièrement le solo de la pièce « Denied » qui se trouve sur leur EP « Fractal » de 5 pièces disponible en téléchargement gratuit sur leur page bandcamp. Parlant de gratuit, leur single « The Recovery » l’est aussi sur cette même page.

 

sdlDSC_1103

sdlDSC_0936

 

Le set de Death Lullaby n’était pas encore fini qu’un petit événement est survenu (autre que sur scène). Des véhicules de police sont arrivés sur les lieux. Déjà! Il faut mentionner que le spectacle durait depuis 14h si je ne me trompe pas mais je venais a peine d’arriver. Ce fut un sentiment plutôt désagréable pour moi qui n’avais pas encore vu une prestation complète et on se posait tous des questions. De toute façon, il y a une piste de course qui fait un paquet de bruit juste à côté, qu’est-ce que ça change de faire un show sur le site du camping? Il n’y avait pas de problèmes apparents et les agents ne faisaient qu’examiner la situation. Si certaines choses n’étaient pas en règle, peut-être que le Trailer Thrash Fest et le Camping Ste-Pie pourraient avoir des problèmes… Death Lullaby poursuivent leur set. La soirée n’est pas interrompue. Certains agents discutent avec les gens près des sites de camping et d’autres se dirigent vers l’espace du concert, probablement pour y vérifier que tout est en règle. Je ne m’approche pas trop, mais j’entends à certains moments des morceaux de conversations. Il semble que certains agents cherchent à trouver ou ont quelque chose à reprocher à certains des campeurs/spectateurs du festival. Finalement, plus tard, alors que ceux qui sont venus voir à l’aire de spectacle repartent vers le site de camping, j’entends quelqu’un qui leur demande:

Alors est-ce que ça veut dire que l’événement est annulé?

Et l’un des agents, de lui répondre quelque chose comme:

Non non, on n’est pas venu pour vous autres.

C’est un peu rassurant à entendre mais ça n’enlève pas les interrogations concernant la présence de 5 véhicules incluant un camion? Bref, on essaie d’avoir du fun et de rester positif en étant responsables! La police repart tranquillement et aucun affront ou arrestation n’a eu lieu. Tout semble bien se passer, pas d’embrouilles.

On passe un peu de temps à notre spot de camping en fraternisant avec nos amis et voisins de campements, notamment deux des gars du groupe Breaking the Cycle qui jouent sur le festival le lendemain, samedi.

C’est Eternal Judgment, le groupe Thrash Metal de Rémy Redneck Roy, l’organisateur du Trailer Thrash Fest, qui monte ensuite sur scène. C’est du Thrash old school, débauché, énergique et rassembleur. Les mélodies et les rythmes de leur musique exercent une grande présence et ça interpelle les spectateurs. Un aspect d’Eternal Judgment qui se rapporte aux racines du metal c’est le vocal clean (mais thrash et rugueux) qui rend les paroles plus faciles d’écoute et plus accessibles pour la participation du public. Eternal Judgment donnent un **** de show. C’est ma première fois au Trailer Thrash et je ressens une énergie phénoménale, vous savez, ce feeling dans les shows de metal où on dirait que tout le monde ne fait qu’un, comme une confrérie tous à l’unisson. Un sentiment d’appartenance, un support mutuel offert au groupe de l’organisateur du festival pour le remercier de son support à la scène en offrant de la visibilité à tous ces groupes locaux, mais pas juste pour ça, pour Eternal Judgment et leur excellente musique ainsi que leur prestance scénique, telle une gang de chums qui se soutiennent quoi qu’il arrive, parce que c’est ça, la culture metal au Québec, du moins la part que j’ai vue de cette grande communauté. Et quand je parle de ne faire qu’un avec le band, et de toute cette famille unie, j’ai moi-même vécu un autre bel exemple de cette énergie pendant le set de Eternal Judgment: pendant la toune « Julz the Redneck » qui est une pièce écrite en l’honneur d’un proche ami, le micro avait quelques problèmes et la voix ne sortait des speakers que partiellement (elle coupait par moments), mais le crowd étaient si nombreux à chanter et si fort, que ça couvrait le manque causé par la défaillance de l’équipement. C’était tellement fort que le crowd remplaçait littéralement les lead vocals et donnaient même une coche de plus dans la vélocité (même tenant compte du band qui était en train de jouer). Solide. L’écoute de leur EP « Fatal Virus » est disponible sur leur page bandcamp.

 

seterDSC_0101

seterDSC_0184

 

Après le set de Eternal Judgment, la partie moins le fun du festival se pointe le bout du nez…

Mauvaise nouvelle pour le Trailer Thrash Fest. Je croise Rémy et il n’a pas la tête d’un gars sur le party. Avec un air déprimé, il me dit:

Y’aura pas de Trailer Thrash Fest demain, Frank.

Je me contente de hocher la tête, répondre avec compassion et donner une petite tape amicale sur l’épaule, en restant très calme. La soirée n’est pas finie, rien ne sert d’être négatif et de mettre de la tension.

C’est quand même pas rien: une grosse déception pour ceux qui venaient juste d’arriver (presque à la fin de la première soirée). Payer 45$ dans le but de rester deux jours, certains sûrement là davantage pour la deuxième journée que la première, et se retrouver à seulement se faire rembourser soit environ 10-15$… Et pour les bands qui eux se sont déplacés pour arriver tôt et jouer le lendemain, c’est aussi une déception et c’est normal que certains soient fâchés par la situation.

Malgré tous les efforts déployés par Rémy (on n’oubliera pas de mentionner le fait d’avoir fait des déplacements d’horaire de dernière minute pour que les soirs de show finissent à 23h) pour que le festival soit réglementaire, ayant demandé de manière courtoise aux gens de ne pas consommer d’alcool dans l’aire de spectacle mais seulement sur leur terrain respectif de camping, certains gens amenaient leur consommation dans l’aire de spectacle et c’est ce qui a rendu le Trailer Thrash Fest non réglementaire car l’évènement n’avait pas obtenu de permis pour cela. Donc Rémy et le Camping Ste-Pie s’exposaient à des contraventions salées.

Mon attitude à ce moment fut par réflexe de rester zen, de profiter du moment présent. Si le festival n’allait pas avoir de lendemain, alors aussi bien profiter du moment présent au maximum. Qu’est-ce qu’on peut faire d’autre à part ça? J’ai spécifié à Rémy que s’il trouvait une solution de rechange pour la journée du samedi, je serais partant pour le soutenir, poursuivre l’aventure et la raconter à mon tour. Et ce n’était pas une promesse en l’air de gars paqueté.

Bref! Revenons à nos moutons et on remet le cap sur la scène du Trailer Thrash Fest où s’apprête à monter la tête d’affiche de la soirée: nul autre que Reanimator!

Reanimator est un groupe de Thrash Metal montréalais avec de l’énergie à revendre. Un intéressant mélange d’éléments du thrash de la vieille école et de la nouvelle école. Je trouve que ce groupe porte bien son nom, surtout si on considère qu’après s’être dissout en 2011, Reanimator est venu renaître de ses cendres en 2013 avec un troisième enregistrement: le EP « Great Balls » qui contient une reprise à leur manière bien à eux de la chanson « Great Balls of Fire » de Jerry Lee Lewis. En plus de livrer une musique solide, on peut apprécier dans leur musique de bons grooves prononcés et bien incorporés à la veine thrash metal. C’est certes un ouvrage musical bien réalisé et la prestance en show est au rendez vous. L’entretien avec la foule est bien assuré et une bonne dose de divertissement est offerte. Les gars ont leur trait de personnalité bien unique à eux: les bidons de gaz… ok c’est pas vraiment du gaz qu’il y a dedans mais plutôt de l’eau mais c’est thrash en **** de se faire vider ça dessus par le drummer qui sort parfois de son kit pour venir déconner à l’avant-scène! Parlant du loup, j’ai été accroché pendant leur set par le fait que leur drummer jouait comme une ***** de machine! Pas pour dire qu’il était moins tight les autres fois que je l’ai vu mais c’était particulièrement percutant ce soir là à quel point le son du drum était enflammé. Tant qu’à moi Reanimator savent se faire remarquer et maintenir cette réputation, qui n’est pas près de sombrer dans l’oubli. Visitez leur boutique sur bigcartel pour pouvoir vous procurer de leur merch!

 

sreaDSC_0226

sreaDSC_0202

sreaDSC_0383

sreaDSC_0234

 

Une fois le set de Reanimator terminé, un certain deuil s’est installé dans mon coeur de metalhead et celui de certains autres autour, sans oublier frustration et déception pour d’autres. Était-ce déjà la fin de ma première expérience au Trailer Thrash Fest qui venait à peine de commencer? On espère qu’une solution sera trouvée. Avec une coupe de drinks dans le nez, j’ai fini par sortir ma guitare, gratter et me promener un peu avec. J’ai fini par me ramasser assis derrière le genre kart de golf en train de jouer un air improvisé, plutôt sombre, pendant que Rémy chantait, improvisant lui aussi, l’histoire du Trailer Thrash sur un air un peu western qui concordait avec ma rythmique.

C’est l’heure de parler des bands que j’ai manqués.

(pas nécessairement dans l’ordre) :

The Butch Project Punk/Thrash de Joliette. Entraînant et un peu croustillant par moments. Enregistrements disponibles sur leur myspace.

Light Bulb Alley Garage/Psych/Punk/Psychobilly de Montréal. Groovy et space par moments, musique disponible sur leur Reverbnation.

Dissension Metal de Montréal. Mélodique, varié et puissant. Musique disponible sur leur facebook.

Venomenon Groove Thrash n’ Roll de Montréal, gras et efficace. Musique sur facebook.

Citizen Vicious Thrash n’ Roll de la rive-sud. Bruyant, vicieux, rapide et vulgaire. Musique sur leur page Bandcamp

General Dissairay Grunge de Brossard. Vargeux et planant. Musique sur leur facebook et vidéos de leur prestation du TTF sur leur mur.

Smirking Revenge Death Metal féminin de Drummondville/Montréal. Agressif et sombre. Prestations live sur leur chaîne youtube et EP « Mind Uploading » à venir bientôt.

Voila qui conclut la première journée du Trailer Thrash Fest. On veille jusqu’aux petites heures, puis on se réveille avec la gueule de bois, le soleil tapant et le coeur lourd de ne pas pouvoir voir tous ces bons bands qui étaient supposés jouer samedi. Le temps de boire une bière avec mon ami Yanick (un vrai guerrier du metal et fan fini!) et d’aller faire un tour au stage, saluer Alain de Québec-Metal puis je m’en retourne vers Montréal avec Djeizus (Bassiste des groupes Breaking the Cycle et Skeleris) et sa copine.

A peine quelques heures plus tard, je reçois une nouvelle de la part de mon chum Rémy: Le Trailer Thrash s’est trouvé une solution de rechange et se déroulera à la Coop culturelle du vieux Beloeil! Avec le nom très humble de Trailer Thrash FAIL! Bah, aussi bein en rire qu’en pleurer.

 

10622825_701552776589659_6999598373298084227_n

 

La flamme dans mon coeur se ravive, on dégrise et on repart en solo (il n’y aura pas de photos pour cette section car j’étais solo, sans collègue photographe) vers Beloeil pour y arriver tout juste à la dernière toune de Breaking the Cycle qui ne tarde pas à finir. Ah le transport en commun et les timings… Je suis déçu d’arriver trop tard pour apprécier leur prestation. Très bon band Montréalais de death metal mélodique avec une touche de thrash. D’ailleurs, les gars sont très sympathiques, professionnels, ils connaissent leur affaire.

Vas-y-Line (Le chanteur et le guitariste) prennent la relève avec leur Punk-Rock-Blues-Country-Thrash-Glissant. De quessé ça? que vous vous dites sûrement si vous connaissez pas. C’est un genre de rock chansonnier avec une voix rauque de gars sur la brosse un peu comme Plume Latraverse! Une bonne dose d’absurdité, des sujets assez trash merci, une perruque bleue pis des verres fumés. Quasiment le moment le plus thrash du festival! Chose sure, l’ambiance de la musique faisait place à une gang de criards (le public) qui savent ou ne savent pas les paroles des chansons. Chapeau à Djeizus de Breaking the Cycle qui s’est porté à l’assistance du soundman car un problème technique avait fait en sorte que le son sortait d’un seul côté des moniteurs, et qui a contribué à régler le problème. Le duo finit son set sur un rot dont Rémy est un peu coupable parce qu’il a fait caler une bière au chanteur alors qu’il venait déjà d’en caler une moitié. Le guitariste, après s’être fait faire signe que « fuck off le reste d’la toune » a joyeusement lancé son pick de guitare dans la face du chanteur. C’était glissant comme set, surtout avec la quantité de bière qui se trouvait sur le plancher!

Il reste encore un gars, avec sa guitare acoustique, celui qui fait jaser, qui chante des choses controversées et auxquelles on s’identifie. Le grand chansonnier, témoin accrédité et porte-parole de la débauche, ben oui c’est Mononc’ Serge! Même pendant son test de son, une masse innombrable de gens se sont concentrés près du stage pour le dévisager! Une coop-culturelle, c’est pas un peu trop « familial » pour le contenu des paroles de Mononc’ Serge? Parlant de familial, y’a même des enfants près du board de son au début de son set! Bouchez leurs chastes oreilles quelqu’un. On s’entend que le gars en a vu des vertes pis des pas mûres en matière d’auditoire. Il peut se lâcher lousse et dire des absurdités même si on est dans une coop culturelle. L’humour de notre chansonnier caractérise bien la thématique du Trailer Thrash FAIL et vient très bien clore la chose. On a droit à des chansons telles que « Les Patates« , « Ogunquit« , « Les Cochons« , « L’Âge de Bière« , « Fourrer« , « Hitler Robert » et bien d’autres ainsi que des anecdotes croustillantes, une bonne dose de blasphèmes et de bière qui coule partout. Le public n’est pas le plus nombreux mais parions que ce n’est pas le public le moins répondant devant lequel il a performé. Ce que je veux dire c’est que la participation du public était franchement palpable! Malgré le manque occasionnel d’hygiène des métalleux et notre maigre bagage culturel (ben non j’déconne, on n’est pas tous stéréotypés comme ça), je crois qu’on a su bien supporter l’artiste en tête d’affiche et lui exprimer notre reconnaissance de s’être déplacé quand même malgré la dégringolade du festival et l’envergure drastiquement réduite de l’événement. L’important c’est qu’on a eu du plaisir! Merci Serge!

Mais un autre groupe joue après la tête d’affiche! Quessé ça un événement avec un groupe qui joue APRÈS la tête d’affiche?? Bah c’est le Trailer Thrash FAIL! Haha! J’dis ça en riant voyons. Le groupe qui termine la soirée sans en être la tête d’affiche, c’est nul autre que Eternal Judgment pour la deuxième fois sur le festival! C’est quand même « legit » vu les circonstances que Rémy remplisse le show avec son band et se paye le luxe de clore le festival. Avec leur fidèle acolyte JULZ le Redneck, qui vient chanter sa chanson à nouveau. J’en profite pour saluer la bonne performance livrée par leur nouveau bassiste, tout un musicien!

On termine en remerciant la Coop culturelle du vieux Beloeil qui a généreusement accepté de recevoir l’événement à la dernière minute, et malgré les déboires, le travail dévoué de Rémy Redneck Roy. Alors, on se dit je l’espère, à une prochaine fois…

Francis