by Stéphan Levesque | Déc 12, 2013 | Critiques, Critiques d'Albums

Le 3 août dernier au célèbre festival de Wacken en Allemagne devant plus de 80 000 spectateurs, Nightwish jouait l’un des derniers concerts de la longue tournée de promotion de son dernier opus, Imaginaerum. Afin d’immortaliser ce long marathon de 104 représentations, le groupe finlandais a décidé de nous offrir Showtime, Storytime, un Blu Ray/DVD qui nous permet de découvrir la nouvelle mouture de la formation.
Mouture légèrement modifiée, aurais-je dû dire, car pour la deuxième fois de son histoire, le groupe s’est séparé de sa chanteuse. Après l’éviction dramatique de Tarja Turunen suite au dernier concert de la tournée de Once en 2005, le groupe a récidivé à la fin de septembre 2012 en effectuant un autre changement au micro, cette fois en pleine tournée! C’est ainsi qu’à 48 heures de préavis, Floor Jansen s’amenait dans le décor pour remplacer Anette Olzon, renvoyée chez elle dans des circonstances nébuleuses. Le changement fut toutefois bien reçu par les fans, eux qui connaissaient déjà bien la nouvelle venue grâce à son travail avec After Forever, ReVamp et Arjen Anthony Lucussen (Ayreon et Star One). Le groupe a aussi officiellement introduit dans ses rangs le multi-instrumentiste (cornemuse et autres instruments à vent) Troy Donockley, qui est un habitué des cuisines « nightwishiennes » pour avoir apporté sa contribution sur les deux derniers albums de la formation.
Un achat un peu dispendieux
Ce rattrapage historique étant fait, passons aux choses plus actuelles… Showtime, Storytime est offert en emballage 2 Blu Ray/2 CD ou 2 DVD/2 CD. Dommage, car l’amateur est obligé de se procurer les CD, ceci augmentant inutilement le coût du produit, surtout que lorsque l’on a sous la main le document visuel, la possession des disques devient un peu superflue. De plus, il est possible d’acheter seulement les CD sans l’apport visuel, mais pas l’inverse. J’imagine donc que le groupe a conclu que le bon fan serait prêt à débourser les dollars de plus pour avoir la « totale entre les mains, ce qui est vrai dans certains cas. Opération un peu mercantile? Peut-être…
Le premier Blu Ray, Showtime, nous offre le concert en tant que tel. Le groupe aura su plaire aux fans de toutes les époques du groupe en offrant sept pièces de l’ère Turunen et huit (incluant l’instrumentale Last of the Wilds) de l’ère Olzon. Bref, tout le monde est gagnant et content. Showtime contient aussi deux pièces en boni: I Want my Tears Back, filmée à Helsinki, et la magistrale Ghost Love Score (à mon avis la meilleure chanson du groupe), filmée à Buenos Aires. La qualité de ces deux extraits est plus qu’acceptable, mais cet ajout perd un peu de son intérêt car ces deux pièces nous sont aussi présentées sur le spectacle filmé à Wacken.
Quant au deuxième Blu Ray, la partie nommée Storytime, il nous offre l’incontournable documentaire de tournée qui accompagne immanquablement un spectacle en vidéo. Si je considère souvent ces « extras » comme un peu inutiles, force est d’avouer que j’ai trouvé celui-ci plus intéressant qu’à l’habitude. Le documentaire Please Learn the Setlist in 48 Hours nous permet, en deux heures, de suivre le groupe pendant les 572 jours qu’ont duré la tournée. Les moments les plus intéressants sont ceux qui évoquent le changement de chanteuse en pleine tournée. En effet, c’est à 2 jours d’avis que Floor Jansen a reçu l’appel lui demandant de rejoindre le groupe dans les plus brefs délais. Floor a donc eu peu de temps pour apprendre les chansons, faire ses bagages et prendre l’avion des Pays-Bas pour se rendre à… Salt Lake City, pour ensuite vivre son premier concert avec Nightwish deux jours plus tard à Seattle après un long périple en autobus. Même si l’on a appris par la suite que le remplacement de Anette Olzon avait été prévu de plus longue date (le documentaire se fait bien sûr silencieux sur ce fait…), il faut quand même reconnaître que c’était tout un défi, à 48 heures d’avis, de tout mettre en place et de poursuivre la tournée comme si rien ne s’était passé. Dans ce sens, le documentaire amène donc un certain éclairage – bien que volontairement incomplet – sur la chose.
Une chanteuse polyvalente, un producteur hyperactif
Ceci dit, permettons-nous de revenir à ce qui représente le plus d’intérêt, le spectacle. Musicalement, le groupe se montre comme d’habitude en bonne forme, la musique complexe et théâtrale des Finlandais nous est livrée de manière impeccable. La qualité sonore de l’objet n’est pas à discuter bien que le mixage m’a un peu pris par surprise: en effet, les claviers et l’orchestration, généralement très en avant dans le son Nightwish, se retrouvent un peu relégués derrière aux profits des guitares. La perte des uns étant souvent le gain des autres, ceci nous permet d’apprécier davantage le travail de Emppu Vuorinen à la guitare, lui qui s’est fait plus discret sur les deux derniers albums du groupe. Au niveau du choix des pièces, c’est avec plaisir que l’on redécouvre certaines chansons que le groupe n’avait pas joué depuis très longtemps, telles que Bless the Child, Romanticide ou She is my Sin. Le fan de longue date retrouvera aussi des incontournables du groupe comme Wish I Had an Angel et Nemo. Bien sûr, pour faire honneur à l’album que le groupe promouvait en tournée, c’est la sélection de pièces (six) tirées de l’excellent Imaginearum qui est mis en vedette.
Les changements de chanteuses ayant tellement fait parler au fil des ans, c’est évidemment la performance de Floor Jansen qui constitue la pièce de résistance du Blu Ray. N’ayant jamais endisqué avec ses nouveaux acolytes, la Néerlandaise avait donc le défi de transporter sur scène non pas le matériel écrit pour une chanteuse, mais bien pour deux chanteuses fort différentes! Étant très polyvalente au niveau vocal, la dame réussit à se glisser parfaitement dans le rôle de ses prédécesseures en offrant une prestation sans bavure tout en y amenant ses propres couleurs, sans livrer une pâle imitation de Tarja ou de Anette, ce qui aurait été relativement facile pour elle. On peut donc se régaler de l’entendre magnifier à sa façon des pièces comme Ever Dream ou Amaranth. Dans ce contexte où le groupe devait retrouver ses marques tout en couvrant une période discographique de sept albums s’étalant sur près quatorze ans, on peut dire mission accomplie pour la nouvelle frontwoman qui a réussi haut-la-main le pari de stabiliser la formation et de contenter les nombreux fans du groupe.
Au niveau visuel, le contenu s’avère tout de fois un peu moins enthousiasmant que son pendant sonore. Au niveau qualitatif, le tout est bien clair et on oublie même très rapidement que l’on visionne un concert extérieur, ce qui est toujours différent d’un spectacle intérieur, même lorsque vu sur un téléviseur. Ce n’est donc pas la qualité de l’image qui est en cause ici, mais bien la façon de les tourner et le choix des images. Je me suis posé une question: est-ce que le producteur Ville Lipiainen est un gars nerveux ou simplement un hyperactif? En effet, nos yeux sont toujours très sollicités car aucun plan de plus de trois secondes ne persiste pendant l’heure et trente-cinq que dure la prestation. Il aurait été bien sûr malsain de fixer le même musicien ou la chanteuse pendant 30 secondes ou plus, mais un juste équilibre aurait été préférable afin de nous permettre d’apprécier davantage le travail de tous sur scène. Le choix de filmer les musiciens sous plusieurs angles n’est pas mauvais en soi, mais il aurait aussi été plaisant de pouvoir avoir plus fréquemment une vue d’ensemble sur la scène ou sur certains éléments visuels qui accompagnent la musique. Bref, à vouloir tout montrer en même temps, le producteur fini par ne rien montrer du tout.
Autre aspect qui s’est aussi avéré un élément irritant: la fixation que le producteur semble faire sur le bodysurfing. Je suis bien conscient que ce dernier élément fait partie de la culture metal et que pour plusieurs fans, le fait de se promener de l’arrière à l’avant de la scène en se faisant transporter peut être extrêmement grisant. Par contre, en voir continuellement dans sa télé, dans son salon, peut devenir fort lassant. Je ne crois pas que c’était nécessaire de nous montrer environ quatre bodysurfeurs à la minute (et j’exagère à peine) pour ensuite voir la moitié de ceux-ci atterrir dans les bras des gardiens de sécurité à l’avant de la scène. Il aurait été tout à fait sympathique et approprié de nous montrer quelques-uns de ces joyeux individus, car ils font partie intégrante d’un gigantesque parterre metal de 80 000 personnes; cette critique ne se justifie pas dans la pertinence, mais dans la quantité. L’expression « trop, c’est comme pas assez » trouve donc tout son sens ici. En plus de ces images de foule plutôt redondantes, les plans rapides évoqués auparavant ajoutent un côté plutôt étourdissant à l’expérience d’écoute.
En conclusion, malgré mes petites irritations liées au côté visuel, on tient entre nos mains un produit de grande qualité, très professionnel. Showtime, Storytime nous montre, autant sur scène que derrière celle-ci, tous les aspects de cette grosse machine qu’est devenu Nightwish. Le groupe est bien huilé et l’on peut constater sur ce document qu’il a su traverser les tempêtes pour devenir plus fort que jamais. Floor Jansen étant maintenant membre officiel du groupe, il est extrêmement intéressant de tenter d’anticiper ce qui sortira du cerveau du claviériste/compositeur Tuomas Holopainen, lui qui pourra compter sur l’une des plus polyvalentes chanteuses du métier. Ce précieux Blu Ray de transition ne peut que nous faire rêver au futur.
Stéphan

by Chris Wheeler | Déc 10, 2013 | Critiques, Critiques d'Albums

Incandescence
« Abstractionnisme »
Deathbound Records
2013
Emerging from the depths of technical Death Metal wizards, BEYOND CREATION, drummer Philippe Boucher and free agent vocalist, Francis Desrochers have joined forces to form INCANDESCENCE! Releasing their premier album, “Abstractionnisme”, the Montreal dual forge ahead with awesome power and potent Black Metal to great effect!
Harboring a crisp sound and production, the album starts simply enough with an intro. that preludes competent musicianship, courtesy of P. Boucher who plays all the instruments. Title track, Abstractionniste is melodically busy punctuated by manic drums and riffs aplenty. Drama is added by the occasional blast beat, all the while maintaining a controlled rhythm. What is striking about the sound, is that even though keyboards or string instrumentation aren’t used, the sound is oddly symphonic! The quality of Francis Desrochers’s vocal with the guitar riffs and drums give the impression of a background orchestra at work. Glorieuse Dégénérescence also showcases a similar effect and can be likened to French Black Metallists, ANOREXIA NERVOSA, both in vocal style and aural intensity.
Meanwhile, the two bring the momentum down at times to a slow plodding crawl as is evident in La Valse des Ombres. Here INCANDESCENCE displays an ability to perform full tilt but can add variation to the equation nicely. Boucher’s drumming greatly accentuates the song’s drive as Desrochers’s rasp spits forth reflections of nature`s imposing beauty in his poet lyrics. L’Abîme du Rêve begins with clean guitar strumming and nice bass line before entering into a galloping tempo and blast beat throughout only to book end the song with the familiar clean guitar. Juxtaposed styles characterize final cut, Prophétie de la Lune de Sang as a straight forward approach is adopted musically and features a “dreamlike” quality. While there are more quiet moments (the song boasts three movements), the fury does rear its head once again. “Abstractionnisme” is a beast of a record full of dynamic flare and although there could be a bit more bottom end in the final mix, INCANDESCENCE has truly released a gem! Though, not completely obvious upon first listen, this is a complex, demanding album that will continue to grow and present itself to be a fan favorite for the Quebec Metal scene and beyond!
Standout Tracks: Abstractionniste, L’Abîme de Rêve, Prophétie de la Lune de Sang (i. Manifestation ii. Posession iii.Ascension)
8.5/10
Chris Metalreviews Wheeler
by Chris Wheeler | Déc 8, 2013 | Critiques, Critiques d'Albums

Aepoch
Demo
Unsigned/Independent
Hailing from Cambridge, Ontario, AEPOCH use traditional Death Metal dynamics with progressive touches unpredictably! Releasing a three song demo, these Canadians do a fine job in using a worn and tired template but branch off the beaten path to experiment with something unique.
City of Statues, sees AEPOCH melodically deliver an accessible performance that is both catchy and well developed. Midway through, the song’s structure breaks to feature “left field” progressions as lead guitar spins a harrowing solo! M.D.M.A. displays a more rigorous, abrasive approach that will certainly have fans thrash in the pit to the rhythmic crunch of the main riff. Blast beats and manic mid-section will secure the band’s place in musically adept company. Final cut, Plummet may not possess the production’s consistency of the two other tracks, but the ideas remain intriguing highlighted by a chuggy drive that recalls Lamb of God!
Though playing this style of Death Metal may not be new, AEPOCH do a fine job in incorporating progressive leanings to set themselves apart. Maintaining a knack for vigorous riffage, the vocals combine a deep hearty bellow with a higher pitched screech to round out a sound that will no doubt attract new fans looking for something a tad different than the norm. The future looks bright….
7/10
Chris
by Chris Wheeler | Déc 7, 2013 | Critiques, Critiques d'Albums

Despondent Soul
« Conspiracy of Torture »
Here After Productions
2013
Out of the cold, wintery darkness of Finland comes DESPONDENT SOUL, a juggernaut of a one-man band whose debut album, “Conspiracy of Torture” will certainly make wanton fans’ ears bleed! Creative force, S.J. has done his homework in brutal death stylings with absolutely no remorse or refinement! Often Finland’s Metal exports have garnered the country attention with melodic, highfalutin sounding bands, but DESPONDENT SOUL seeks to break the stereotype.
“Limbo (of Souls and Spirits)” propels the album into familiar territory with resplendent keys and monstrous vocal overdubs only to unleash the REAL beast, “Conspiracy of Torture”, a firm indication of where S.J. creative ideas stem. Here, a claustrophobic wall of fuzz dictates the overall sound as slight orchestral flourishes coincide with brutal death mayhem. It is immediately apparent that a drum machine has been used but the sound isn’t entirely “mechanical”. Deep, vicious growls linger atop a rhythm section that could be brought up slightly higher in the final mix as lead riffs often drown it out. As “Death Was Our Companion” and “The Suffering of Others” march on, the listener is treated to some harrowing riffs and caustic pandemonium not too far removed from the sound /riffs heard on Morbid Angel’s “Altars of Madness” Lp. or Mithras’s aural fury. The riffs are unpredictable and often off-kilter, leaving the listener either completely entranced or seemingly confused. That’s not a bad thing. DESPONDENT SOUL creates an audibility that won’t be understood easily and will require further spins!
The only respite appears on “Children of an Immolated God”, where the tempo is brought down a notch to a more accessible cadence while, “At the Temple of Human Darkness” treats with uncharacteristic acoustic guitar and gloomy ambiance before reaching for the rampaging discord of previous numbers. While Finland boasts many popular bands critically heralded by the press, DESPONDENT SOUL breathe new life in the scene with, “Conspiracy of Torture”, that is anything but catchy, melodic or female-fronted. This is an album seething with hatred and aurally malicious! Fans looking for something off the beaten path that caters to the “brutal death” tradition but takes it up several notches, look no further….
Standout Tracks: “Suffering of Others”, “Children of an Immortal God”, “At the Temple of Human Darkness”
7.5/10
Chris
by Dave Rouleau | Déc 7, 2013 | Critiques d'Albums

Sandveiss
« Scream Queen »
2013
Les magazines, webzines et médias en général font souvent l’erreur de sortir leur Top 10 de l’année au début du mois de décembre, ce qui empêche certaines sorties de se démarquer et même sombrer dans l’oubli, car l’année qui suit ne les mettra pas non plus en valeur. Vous me voyez venir; « Scream Queen », le premier LP de Sandveiss, en est un parfait exemple. Luc Bourgeois, guitariste et maintenant aussi chanteur de la formation après le départ de François Couture, et son band nous livre ici un petit bijou de musique Stoner Rock qui devrait faire parler tout au long de 2014. Au pire, comptez sur nous pour vous casser les oreilles si ils ne le font pas correctement par eux-mêmes. Il est à noter que le tout est un produit qui sort du Studio Broil de Raphael Malenfant, un nom que vous allez aussi vous faire pousser dans le fond de la gorge au cours des prochaines années, car il a un son et une attitude à ses productions qui sont très intéressant. Le reste de la formation de Québec est composée de Dzemal Trtak à la batterie, Daniel Girard à la basse et Shawn Rice à la guitare.
Le nom de band Sandveiss est inspirée de l’actrice Ellen Sandweiss, une actrice qui s’est notamment fait connaître avec le film « The Evil Dead » et « Scream Queen » est le nom donné à des actrices qui se sont fait connaître par leurs cris dans des rôles de films du genre. Les compositions que l’on retrouve sur leur nouvel effort sont le fruit d’un travail qui a commencé il y a 6-7 ans et le résultat final le montre clairement; il y a une ligne conductrice, mais le recul et retouches font en sorte que les répétitions sont rares. On dit toujours qu’un band a toute une vie pour faire un premier album, mais 3-4 mois pour y faire suite. Il est juste normal que « Scream Queen », avec ce que je viens de vous écrire, soit de si bonne qualité, surtout avec son approche analogue offerte par le studio.
L’album débute avec la savoureuse ‘Blindsided’, le premier extrait de l’album, qui est progressive dans son élément Stoner et nous réserve une fin dynamique après nous avoir titillée avec son groove pendant 5 minutes et quelques solos très inspirés. D’ailleurs, il y a dû avoir pas mal de temps investi dans la réalisation des solos sur les albums, car le feeling y est bien présent et ils ne se perdent pas dans une mer de notes qui ne mènent à rien. Au contraire, ils font évoluer les tracks et les gardes pertinentes avec une influence blues prononcée à plusieurs endroits.
J’aimerais tout de suite parler du nouveau vocal. Luc offre un style qui semble être un mélange de Zakk Wylde (Black Label Society) et Christian Sjöstrand (ex-Spiritual Beggars), une approche old school et il est à noter à quel point la mélodie de certaines pièces comme la prochaine que je vais parler et aussi ‘Scar’ sont accrocheuses et efficaces. Great job, man, tu devais avoir tes doutes en commençant ce projet, mais soit fier du résultat.
‘Do You Really Know’ nous rappelle un peu la première offrande, mais plus simple avec ses hooks et mélodie. ‘Untie Me’ va dans la même direction, mais avec une durée de 2:54, elle semble nous amener, ou plutôt faire le lien, vers une nouvelle portion plus travaillée de l’album et une de mes compositions préférées sur l’opus: ‘Scar’. Celle-ci impressionne et m’entraîne à parler de la basse et du drum, les deux prouvant une fois de plus qu’il est encore possible d’être original dans son approche, mais qui offrent aussi un solide backbone aux tracks pendant que les guitares trippent de leur côté. Un parfait mix de simplicité et originalité qui ne pourra que plaire aux fans du genre. La mid-section de ‘Scar’ nous le prouve, laissant respirer la pièce tout en impressionnant avec les solos réfléchis et la batterie qui ne se contente pas de seulement exister, mais nous met plutôt dans le mood. Vous pensez que j’en mets trop? Fuck you, je vous lance le défi de ne pas écouter l’album en loop une fois qu’il sera inséré dans votre lecteur.
‘The Bomb’ nous offre des sonorités rappelant Queens of the Stone Age avec une rythmique plus endiablée, mais qui prend le temps de s’arrêter pour nous rappeler que c’est en fait Sandveiss qui est au travail. Je profite de cette track de mi-album pour souligner l’attention qui a été mise sur le tone de guitare, un mélange de crasse et clarté qui se marie bien avec le style de musique et semble être une marque de commerce de notre ami Raphael Malenfant qui était derrière la console. La basse est aussi bien ronde et bien introduite dans le mix.
Vient ensuite ‘Bottomless Lies’, une track qui sera profiteuse aux vendeux d’herbe du Québec dans le futur avec son approche plus Doom, répétitive et psychédélique, surtout aux 2/3 de la compo où on se croirait dans ‘Jail’ de Down. ‘Dead Man Stare’ nous offre Luc qui se fait plaisir au niveau du chant avec une approche et range un peu plus travaillé que le reste de l’album à mon avis, mais le solo demeure le point fort de la pièce au niveau musical, extrêmement cool, même avec l’inclusion d’harmonique d’orgue grâce à une pédale de guitare, comme dans ‘Do You Really Know’, qui rajoute à la profondeur de la track. Rien de fancy, just enough. ‘Green For Gold’ nous ramène à leur formule de Stoner Rock classique et ici Shawn et Luc se partage la vedette avec des harmonies et interprétations originales.
Il est facile pour nous de critiquer et quelque fois chiâler sur la scène et la musique qui la forme, mais quand on est confronté à un effort de ce calibre, il est facile de se perdre et avoir l’air biaisé. Ceci dit, il est aussi notre devoir de mettre en avant-plan la musique qui DOIT se faire entendre et « Scream Queen » en est le parfait exemple. Soyons fier de savoir que ce produit est québécois!
9.5/10
P.S.: Baiser sur les ryhtmes et nuances de ‘Green For Gold’ est tout simplement divin. Had to say it, man… ça m’a marqué!
by Bob Girard | Déc 3, 2013 | Critiques, Critiques d'Albums

Satan’s Wrath
« Aeons of Satan’s Reign »
Metal Blade
2013
Quand Dave Rouleau m’a demandé de faire la critique du nouveau Satan’s Wrath, je me suis demandé si je suis assez honnête envers moi-même pour critiquer un album en considérant que je suis un fan du band. Pis fuck, j’aime Satan’s Wrath!!
Tout d’abord, j’ai connu Satan’s Wrath à cause de Electric Wizard, étant grand fan de Jus Oborn et son gang de Doomeux, depuis des années. En 2010, j’attendais avec impatience l’album « Black Masses » et quand j’ai vu les nouvelles photos avec leur nouveau bassiste, un certain Tas Danazoglou, tatoué de tout son corps et tatoueur également, un multi-instrumentiste qui vient de la République de Chypre, j’ai trouvé qu’il avait une attitude Speed/Thrash/Black avec ses t-shirts de Mercyful Fate, (vieux) Slayer, Possessed, Bathory & Cie, comparé au style Doom/Stoner traditionnel. Je ne me suis pas trompé. Après 2 années passées dans Electric Wizard, ayant lui-même eu plusieurs groupes à son actif avant. en 2011, Tas a fondé Satan’s Wrath avec son ami guitariste Stamos Koliousis de Grèce, une musique dans la veine de Venom, Hellhammer, Bulldozer et même un peu d’influence Iron Maiden sur des thèmes et paroles totalement sataniques comme les bons vieux groupes vieille école des années ’80 que je viens de vous nommer, à l’exception de Iron Maiden. Sur le premier album, « Galloping Blasphemy« , paru sur Metal Blade Records en 2012 (mon album préféré de 2012), la musique, paroles et concept de la pochette ont été créés par Tas qui joue aussi le drum, vocal et basse. Il a un son et une image diabolique sortis tout droit du début année’80. Ayant aimé cet album, j’avais hâte de voir la suite avec ce groupe.
Leur nouvel album « Aeons Of Satan’s Reign » vient tout juste de sortir au mois de novembre et le groupe qui compte maintenant 5 membres dont Tas qui s’occupe encore des paroles et musiques avec son comparse Stamos Koliousis mais s’en tient au chant seulement sur ce nouvel album. C’est assez facile à cerner ce genre spécifique sur la colère de Satan. Avec des éléments de black, death et thrash metal dans leur musique, cela fonctionne à leur avantage et leur donne un son incroyablement unique et distinct. En utilisant toutes sortes d’imagerie satanique et jeux de mots, « Aeons Of Satan’s Reign » ce sont 8 chansons de génialité totale et il s’ouvre avec une section chorale sinistre (on entend quelqu’un cracher pendant les chants de chorale). Les guitares sur ce morceau sont fantastiques et les voix ajoutent tellement à l’atmosphère, tout s’emboîte parfaitement. Ya même un petit côté vieux Slayer période « Show No Mercy » sur certain riff. Ensuite, ils enchainent avec Die White Witch Die, premier extrait de l’album à paraître, dont le début du morceau me fait penser à du King Diamond sur les mélodies de guitare. La troisième chanson Archfiend est un bon exemple. Commençant par une ligne d’orgue jusqu’à ce que les guitares commencent et vous frappent comme une tonne de briques et ça, c’est avant que le drum et les chants entrent en jeu. Tout s’accumule diaboliquement et regorge de riffs et solos qui rentrent dans votre cerveau. C’est cinq minutes de perfection et si vous allez consulter une chanson de cet album, assurez-vous que c’est celle-ci! L »album enchaîne avec Ecstasies Of Sorcery qui commencent avec un tempo rapide et à la fin de la chanson, on y retrouve des éléments thrash dans le riff des guitares.Une autre bonne chanson c’est Live Of The Necromancers, qui est probablement la plus mélodique de l’album, mais qui conserve encore le caractère bruyant satanique que les autres chansons avaient. La guitare ne semble pas aussi «sombre» que le reste de l’instrumentation et il se distingue dans le bon sens, montrant une autre facette du band tout en harmonie avec le style du reste de l’album .Sans vouloir établir des comparaisons, « Aeons Of Satan’s Reign » est comme l’album, je m’attendais à entendre après l’excellent premier album « Galloping Blasphemy » de 2012. Il dispose d’une quantité parfaite d’agression sonore, mais aussi juste la bonne quantité de mélodie. Certaines des chansons sont un peu similaires entre elles, mais on réussit à faire un tout qui fonctionne bien pour ce 2e album. Si vous aimez votre musique sombre et satanique à la Venom, Hellhammer, Bathory et vieux Slayer, assurez-vous de vérifier cet album de Satan’s Wrath, « Aeons Of Satan’s Reign« . \m/
8.5/10
Bob Jr