Scream Queen

Sandveiss

« Scream Queen »

2013

Les magazines, webzines et médias en général font souvent l’erreur de sortir leur Top 10 de l’année au début du mois de décembre, ce qui empêche certaines sorties de se démarquer et même sombrer dans l’oubli, car l’année qui suit ne les mettra pas non plus en valeur.  Vous me voyez venir; « Scream Queen », le premier LP de Sandveiss, en est un parfait exemple.  Luc Bourgeois, guitariste et maintenant aussi chanteur de la formation après le départ de François Couture, et son band nous livre ici un petit bijou de musique Stoner Rock qui devrait faire parler tout au long de 2014.  Au pire, comptez sur nous pour vous casser les oreilles si ils ne le font pas correctement par eux-mêmes.  Il est à noter que le tout est un produit qui sort du Studio Broil de Raphael Malenfant, un nom que vous allez aussi vous faire pousser dans le fond de la gorge au cours des prochaines années, car il a un son et une attitude à ses productions qui sont très intéressant.  Le reste de la formation de Québec est composée de Dzemal Trtak à la batterie, Daniel Girard à la basse et Shawn Rice à la guitare.

Le nom de band Sandveiss est inspirée de l’actrice Ellen Sandweiss, une actrice qui s’est notamment fait connaître avec le film « The Evil Dead » et « Scream Queen » est le nom donné à des actrices qui se sont fait connaître par leurs cris dans des rôles de films du genre.  Les compositions que l’on retrouve sur leur nouvel effort sont le fruit d’un travail qui a commencé il y a 6-7 ans et le résultat final le montre clairement; il y a une ligne conductrice, mais le recul et retouches font en sorte que les répétitions sont rares.  On dit toujours qu’un band a toute une vie pour faire un premier album, mais 3-4 mois pour y faire suite.  Il est juste normal que « Scream Queen », avec ce que je viens de vous écrire, soit de si bonne qualité, surtout avec son approche analogue offerte par le studio.

L’album débute avec la savoureuse ‘Blindsided’, le premier extrait de l’album, qui est progressive dans son élément Stoner et nous réserve une fin dynamique après nous avoir titillée avec son groove pendant 5 minutes et quelques solos très inspirés.  D’ailleurs, il y a dû avoir pas mal de temps investi dans la réalisation des solos sur les albums, car le feeling y est bien présent et ils ne se perdent pas dans une mer de notes qui ne mènent à rien.  Au contraire, ils font évoluer les tracks et les gardes pertinentes avec une influence blues prononcée à plusieurs endroits.

J’aimerais tout de suite parler du nouveau vocal.  Luc offre un style qui semble être un mélange de Zakk Wylde (Black Label Society) et Christian Sjöstrand (ex-Spiritual Beggars), une approche old school et il est à noter à quel point la mélodie de certaines pièces comme la prochaine que je vais parler et aussi ‘Scar’ sont accrocheuses et efficaces.  Great job, man, tu devais avoir tes doutes en commençant ce projet, mais soit fier du résultat.

‘Do You Really Know’ nous rappelle un peu la première offrande, mais plus simple avec ses hooks et mélodie.  ‘Untie Me’ va dans la même direction, mais avec une durée de 2:54, elle semble nous amener, ou plutôt faire le lien, vers une nouvelle portion plus travaillée de l’album et une de mes compositions préférées sur l’opus: ‘Scar’.  Celle-ci impressionne et m’entraîne à parler de la basse et du drum, les deux prouvant une fois de plus qu’il est encore possible d’être original dans son approche, mais qui offrent aussi un solide backbone aux tracks pendant que les guitares trippent de leur côté.  Un parfait mix de simplicité et originalité qui ne pourra que plaire aux fans du genre.  La mid-section de ‘Scar’ nous le prouve, laissant respirer la pièce tout en impressionnant avec les solos réfléchis et la batterie qui ne se contente pas de seulement exister, mais nous met plutôt dans le mood.  Vous pensez que j’en mets trop? Fuck you, je vous lance le défi de ne pas écouter l’album en loop une fois qu’il sera inséré dans votre lecteur.

‘The Bomb’ nous offre des sonorités rappelant Queens of the Stone Age avec une rythmique plus endiablée, mais qui prend le temps de s’arrêter pour nous rappeler que c’est en fait Sandveiss qui est au travail.  Je profite de cette track de mi-album pour souligner l’attention qui a été mise sur le tone de guitare, un mélange de crasse et clarté qui se marie bien avec le style de musique et semble être une marque de commerce de notre ami Raphael Malenfant qui était derrière la console.  La basse est aussi bien ronde et bien introduite dans le mix.

Vient ensuite ‘Bottomless Lies’, une track qui sera profiteuse aux vendeux d’herbe du Québec dans le futur avec son approche plus Doom, répétitive et psychédélique, surtout aux 2/3 de la compo où on se croirait dans ‘Jail’ de Down.  ‘Dead Man Stare’ nous offre Luc qui se fait plaisir au niveau du chant avec une approche et range un peu plus travaillé que le reste de l’album à mon avis, mais le solo demeure le point fort de la pièce au niveau musical, extrêmement cool, même avec l’inclusion d’harmonique d’orgue grâce à une pédale de guitare, comme dans ‘Do You Really Know’, qui rajoute à la profondeur de la track.  Rien de fancy, just enough.  ‘Green For Gold’ nous ramène à leur formule de Stoner Rock classique et ici Shawn et Luc se partage la vedette avec des harmonies et interprétations originales.

Il est facile pour nous de critiquer et quelque fois chiâler sur la scène et la musique qui la forme, mais quand on est confronté à un effort de ce calibre, il est facile de se perdre et avoir l’air biaisé.  Ceci dit, il est aussi notre devoir de mettre en avant-plan la musique qui DOIT se faire entendre et « Scream Queen » en est le parfait exemple.  Soyons fier de savoir que ce produit est québécois!

9.5/10

P.S.: Baiser sur les ryhtmes et nuances de ‘Green For Gold’ est tout simplement divin.  Had to say it, man… ça m’a marqué!