by Marryah Noch Mulligore | Sep 9, 2013 | Chroniques, La Décapiteuse

LA DÉCAPITEUSE
1. Band: HOLLOW HAZE
Album: « Countdown to Revenge »
Label: Scarlet Records
Date de sortie: 10 Septembre
J’ai jamais trippé fort sur RHAPSODY ou le power métal symphonique en général – faut que j’avoue que leur vieux stock est tout de même bien travaillé, mais selon moi peu mémorable puisque ça tombe tout simplement pas dans mes cordes en terme de goûts. En analysant de plus près leurs albums les plus récents, mon opinion est inchangée sauf pour un détail; leur stock devient de plus en plus « bland » et le vocal de Fabio Leone me laisse de glace. Avec le range que le gars a, il pourrait se concentrer un peu plus sur une performance judicieuse et qui se prête au contexte musical de chacune des pièces qu’il lead. J’dois dire que dans le contexte HOLLOW HAZE, ce focus n’est toujours pas assez développé. On a affaire ici à un heavy métal aux touches progressives, cinématiques et semi-symphoniques qui aurait pu être intéressantes si le format plus compact du songwriting avait été privilégié tout au long de l’album plutôt que les trop longues pièces expérimentales qui mettent en surbrillance la tendance incompréhensible de Fabio de simplement se garrocher dans des ranges vocaux impulsifs et mal agencés qui donnent tout simplement l’impression qu’il est pas dans la même salle ou le même headspace que le reste du band. Le format est de moins en moins catchy et de plus en plus « all over the place » à mesure que l’album avance. Du matos qui essaye d’aller dans cinquante directions à la fois en oubliant de reprendre son souffle ça donne une confusion qui laisse rapidement place à un emmerdement cuisant, et je réussis pas à qualifier ce band de pertinent après une telle session d’écoute. Better luck next time? I dare hope so.
VERDICT: 3/10 (PAS TRÈS BON)
2. Band: DARK DESIGN
Album: « Prey for the Future »
Label: Heaven and Hell Records
Date de sortie: 10 Septembre
C’est assez facile de saisir pourquoi DARK DESIGN ont été capables de se faire un nom aussi rapidement dans un cycle de shows inessoufflable sans même avoir de matos de sorti officiellement sur recording, avant qu’on se mette à jaser de leur premier album. Ces gars-là concoctent un thrash métal technique et progressif aux teintes NWOBHM assez renversantes, me faisant penser plus souvent qu’autrement à IRON MAIDEN, même en termes de basswork. Le vocal operatic joue un certain rôle de guitare soliste en s’agençant extrêmement bien aux section rhythmiques au groove staccato et très efficace, ce qui empêche pas le lead riff-purveyor de se lâcher salement lousse dans ses élaborations de licks et de soloing (qui se ramasse plus souvent qu’autrement à devenir du overflashy playing qui gagnerait en mémorabilité avec une bonne rasade de mélodie en ajout judicieux aux progressions de ces licks, j’dois l’admettre – après cinq tounes de hypershred, c’est déjà lassant d’entendre les mêmes techniques sur repeat dans la section libellée « solo » de chacune des tounes). Dans ce même sens, le vocalist très talentueux et professionnel (ça paraît que ce gars-là a pris des cours de chant longtemps) a tendance à abuser de la variété de son range à la mi-album en variant de tonalité de façon un peu trop indépendante du reste de la cadence des tracks et des riffs, ce qui est également plus ou moins intéressant à entendre d’une pièce à l’autre. Ces gars-là ont pas besoin de faire des courbettes pour se faire valoir et leur format de base est déjà assez étoffé pour impressionner sans qu’ils aient à se montrer compétitifs au point d’en sonner un peu faux. Une meilleure cohesiveness en ce sens pourrait qualifier un prochain album d’incontournable assez assurément.
VERDICT: 6.5/10 (Entre BON et TRÈS BON)
3. Band: PROTECTOR
Album: « Reanimated Homunculus »
Label: High Roller Records
Date de sortie: 13 Septembre
PROTECTOR existent depuis les années 80 et ont essentiellement attendu trop longtemps avant de releaser du matériel faisant valoir leurs assets. J’entends des bribes de statements venant de certaines personnes de la business qui chantent à qui veut l’entendre que ces gars-là auraient pu faire partie du « Big 4 of Thrash » de l’Allemagne s’ils s’étaient montré le bout du nez avant que KREATOR prennent toute la place. Ils se seraient, selon les dires des gars du band eux-mêmes, éloignés de leurs racines en se laissant largement influencer par la scène death métal Suédoise des années 90 pendant un long bout de temps, pour ensuite disbander. Un bail plus tard, à force de ré-explorer leur vieux stock plus thrash, ils sont devenus assez nostalgiques merci, et ce, au point de recommencer à écrire du matos qui coule de façon ultra-naturelle dans leurs veines. « Reanimated Homunculus » est le résultat … tantôt plus ou moins satisfaisant, et tantôt ridiculement étourdissant en termes d’efficacité. La première partie de l’album est définie par des tracks un peu hésitantes gouvernées par la répétition de riffs simplets et les cadences « pedestrian » qui finissent par laisser place à un musicianship plus staccato, feel-oriented, et schizophrénique, agrémenté de leads plus ambitieux qui démontrent les mérites de PROTECTOR de façon plus nette et précise, ce qui me fait finalement catcher l’évolution de leur réputation. Sans vraiment vouloir croire que cet album est leur meilleur (je regarderais plus loin dans leur discog en me basant sur un réel espoir de trouvailles), je le recommanderais à quiconque aimerait découvrir un nouveau groupe de thrash à suivre de près – surtout si vous êtes particulièrement déçu du changement d’identité un peu drastique de KREATOR ces dernières années.
VERDICT: 6.5/10 (Entre BON et TRÈS BON)
(Aucun extrait disponible sur le net malheureusement en ce moment)
4. Band: VOLTURE
Album: « On the Edge »
Label: High Roller Records
Date de sortie: 13 Septembre
VOLTURE sont parfaitement capables d’invoquer tous les points importants d’une bonne recette de heavy métal traditionel Européen et savent expérimenter avec le format en se plantant pas et en préservant un feel honnête et relâché tout en étant appliqués, et ce, tout au long de « On the Edge ». Cet album est essentiel dans la collection de tout metalhead qui se respecte et sait apprécier les origines réelles de n’importe quel album de métal qui traîne dans sa pile de disques, et je dois dire que, ayant suivi ces gars-là depuis un bout de temps, cette étape de leur évolution est cruciale à observer car ils ont initialement débuté leur carrière en écrivant des pièces catchy et faciles à digérer, mais ils ont également, à présent, trouvé le moyen de conserver cette feat en y ajoutant un aspect progressif et plus calculateur sans devoir sacrifier leur efficacité. Le nombre de groupes qui réussissent ce genre d’exploit, ça se compte sur une main. Ceux qui prétendent le contraire, à vos crayons, j’veux voir votre liste. Ces gars-là en ont beaucoup à apprendre à tous ceux qui se donnent le mérite d’être le prochain ENFORCER.
VERDICT: 8/10 (EXCELLENT)
(Aucun extrait disponible sur le net malheureusement en ce moment)
-Noch
by Marryah Noch Mulligore | Sep 3, 2013 | Chroniques, La Décapiteuse

LA DÉCAPITEUSE
1. Band: NEPHREN-KA
Album: « The Fall of Omnius »
Label: Kaotoxin
Date de sortie: 3 Septembre
Un death métal technique qui fait penser à un vaste désert décourageant qui s’étend à perte de vue et emplit un humain d’une anxiété marquée pour sa survie, ça donne un certain effet « fight or flight » sur la personne qui y est exposée. Les probabilités rattachées à ces deux résultats possibles sont basées sur une série d’équations algébriques nettes, précises, et pas mal plus évidentes à déceler et résoudre que ce qui est communément encouragé par le ministère de l’éducation du Québec. En partant, il faut que le band en question soit très tight, car leur approche étant déjà complexe, il faut qu’une chimie marquée entre les composantes soit notable, et il faut que l’agencement de celles-ci soit calculé en fonction d’un certaine intention d’impact qui rassemble ces éléments de façon logique. En bon français, maintenant; il faut que les riffs soient joués dans les temps dictés par le drum. Certains passages des longues et houleuses pièces de NEPHREN-KA sont efficaces et ceux-ci se qualifieraient du genre de build-up dont NILE est presque toujours résolument capable. Les moments qui définissent le problème que je viens de dénoter sont ceux qui jalonnent l’album de points d’interrogation qui rendent l’écoute continue un peu ardue. En d’autres mots, si ces gars-là veulent être tight, ils doivent écrire en fonction d’un point de vue plus homogène, même en voulant à tout prix se montrer le plus high-tech possible en termes de musicianship. Ils doivent également pas oublier d’écrire des licks bien forgés et de toujours puiser dans leurs ressources basées sur le feel; beaucoup de riffs ici semblent pas convaincus et sont, par le fait-même, pas convaincants. Pass.
VERDICT: 5.5/10 (Entre ASSEZ BON et BON)
2. Band: THE JOKERS
Album: « Rock and Roll is Alive »
Label: Steamhammer
Date de sortie: 2 Septembre
Je suis fanatique de rock, qu’on se le tienne pour dit. N’empêche que j’ai visiblement horreur des clichés faciles. Ils me donnent tout simplement envie de me revirer de bord et ignorer les bands qui s’y accrochent comme s’il s’agissait d’une béquille absolument nécessaire à la survie de la scène au complet. Dans mon livre à moi, ce qui sépare le bon rock du mauvais, c’est l’authenticité de celui-ci. In all fairness, THE JOKERS sont des brits qui savent se la jouer oldschool et qui se prennent pas pour d’autres. Leur approche au rock est très accessible et catchy et sing-along’y. L’anicroche ici est leur penchant pour l’insécurité soudaine au beau millieu de leur cocktail décontracté de tounes qui essayent pas d’être flashy; à la mi-album, on dirait qu’ils réalisent qu’ils « doivent essayer de pogner » en écrivant des tracks basées sur les thématiques les plus gossantes dans l’histoire du glam rock; les chars sport rapides, le chemin de la gloire au coeur de New-York, et les relations disfonctionnelles. Je tripe pas sur le fait qu’initialement je me plongeais dans un album d’une simplicité foudroyante dans son efficacité et sa familiarité pour finir en me demandant à quel band j’ai affaire en bout de ligne, ayant l’impression d’être en compagnie d’un tout autre outfit. Dommage, j’allais embarquer dans la croyance populaire qu’ils sont pratiquement les nouvelles rock stars de Liverpool et des palmarès.
VERDICT: 6/10 (BON)
3. Band: SCALPEL
Album: « Sorrow and Skin »
Label: Sevared Records
Date de sortie: 3 Septembre
Je le redis encore et toujours, du death metal à la Floridienne (en d’autres mots, le death metal splatter gore) est un sous-style risqué dans le sens où c’est assez facile pour un band d’être une reproduction exacte de CANNIBAL CORPSE ou tout simplement d’essayer d’imiter ces derniers en se plantant royalement. Heureusement, on a rarement mais parfois affaire à des bands qui ont le don de donner une spin réellement originale et fraîchement revampée au format. SCALPEL font partie de cette gang de monde créatif qui ont pas peur de se mouiller. Ils savent summoner un groove tight et accrocheur en élaborant des riffs lourds, menaçants, et empreints de sous-entendus. Ils ont également le don de l’élaboration des hooks, ils manient les contre-temps d’une main de maître, et savent définir le pacing idéal pour le mood définissant chacun des moments de ces tracks qui ne cessent de suivre leurs séries d’impulsivités, ce qui résulte en rebondissements franchement appréciables et fort intéressants. C’est ce que j’appelle le genre de phénomène qui donne de l’espoir pour ce style qu’on jurerait centenaire.
VERDICT: 7/10 (TRÈS BON)
4. Band: VATTNET VISKAR
Album: « Sky Swallower »
Label: Century Media
Date de sortie: 3 Septembre
Un black métal contagieux, c’est une oeuvre d’art qui non seulement frappe la personne qui en est témoin, mais qui s’empare de son âme, et se met à couler dans ses veines en se déversant sous formes de larmes tranchantes ruisselant le long d’un regard hargneux complètement défait sous l’emprise d’un son d’une puissance quasi-spirituelle. Ça ressemble à votre vision un peu corny de ce qui définit un album bleak de nos jours? Eh bien, ça colle à la mienne aussi. VATTNET VISKAR font jaser ces temps-ci et c’est loin d’être pour rien. Ils savent créer une ambiance fort dérangeante et presque physiquement violente autant en termes de black rapide et sans compromis à la WATAIN/DISSECTION qu’en optant parfois pour des passages acoustiques introspectifs mais assez zombifiants dans leurs patterns répétitifs, insistants, et complètement désespérés (d’une manière qui colle à l’intention créative qu’on a ici et qui définit le mood très clair, net, et précis de l’album). La perte quasi-totale de foi en l’humanité n’aura jamais sonné aussi esthétiquement bien que sur « Sky Swallower » – chacun des riffs est capable d’impact sur les émotions du récepteur. Rares sont les groupes de black modernes munis d’un focus aussi déterminé que dans les bonnes années de ce sous-style et VATTNET VISKAR sont là pour prouver que la scène black metal est bel et bien toujours en bonne santé malgré les volées qu’elle a mangées ces derniers temps grâce aux modes trop faciles à l’emprise fort fatiguante qui rend des albums comme celui-ci d’une importance tout à fait primordiale; encouragez les groupes comme eux qui connaissent leur propre identité.
VERDICT: 10/10 (ABSOLUMENT ÉPOUSTOUFLANT)
5. Band: FEROCITY
Album: « The Sovereign »
Label: Deepsend
Date de sortie: 3 Septembre
Le Danemark m’impressionne de plus en plus en termes de death metal brutal et mélodique à la fois. FEROCITY font pas exception à cette règle qui domine mes sessions d’écoute ces derniers mois avec « The Sovereign » qui se range dans la catégorie des albums qui m’ont tout simplement le plus marquée cette année. Tout d’abord, ils savent créer une vibe; elle imprègne chacune des composantes de toutes les tracks sans exception. Elle est inquiétante et étouffante à la fois, et ça back la cinématique des sujets des lyrics à merveille. En termes de technicalités; les riffs et licks sont mélodiques et rapides au point d’en être étourdissants, ce qui en dit long sur le skill du musicianship. Les peaks et les valleys de chacune des pièces sont complètement nécessaires au déroulement efficace de celles-ci et je sens que leur évolution est calculée au millimètre près. Les hooks sont tout à fait renversants et l’émotion est bien traduite par chacun des changements de temps et chacun des revirements de situation en termes de direction des riffs en tant que tels. Voilà des compositions qui sont d’un langage universel qui devrait laisser sa trace dans le coeur de bien des metalheads à la largeur du globe.
VERDICT: 10/10 (ABSOLUMENT ÉPOUSTOUFLANT)
-Noch
by Dave Rouleau | Sep 3, 2013 | Chroniques, La Décapiteuse

LA DÉCAPITEUSE
1. Band: NEPHREN-KA
Album: « The Fall of Omnius »
Label: Kaotoxin
Date de sortie: 3 Septembre
Un death métal technique qui fait penser à un vaste désert décourageant qui s’étend à perte de vue et emplit un humain d’une anxiété marquée pour sa survie, ça donne un certain effet « fight or flight » sur la personne qui y est exposée. Les probabilités rattachées à ces deux résultats possibles sont basées sur une série d’équations algébriques nettes, précises, et pas mal plus évidentes à déceler et résoudre que ce qui est communément encouragé par le ministère de l’éducation du Québec. En partant, il faut que le band en question soit très tight, car leur approche étant déjà complexe, il faut qu’une chimie marquée entre les composantes soit notable, et il faut que l’agencement de celles-ci soit calculé en fonction d’un certaine intention d’impact qui rassemble ces éléments de façon logique. En bon français, maintenant; il faut que les riffs soient joués dans les temps dictés par le drum. Certains passages des longues et houleuses pièces de NEPHREN-KA sont efficaces et ceux-ci se qualifieraient du genre de build-up dont NILE est presque toujours résolument capable. Les moments qui définissent le problème que je viens de dénoter sont ceux qui jalonnent l’album de points d’interrogation qui rendent l’écoute continue un peu ardue. En d’autres mots, si ces gars-là veulent être tight, ils doivent écrire en fonction d’un point de vue plus homogène, même en voulant à tout prix se montrer le plus high-tech possible en termes de musicianship. Ils doivent également pas oublier d’écrire des licks bien forgés et de toujours puiser dans leurs ressources basées sur le feel; beaucoup de riffs ici semblent pas convaincus et sont, par le fait-même, pas convaincants. Pass.
VERDICT: 5.5/10 (Entre ASSEZ BON et BON)
2. Band: THE JOKERS
Album: « Rock and Roll is Alive »
Label: Steamhammer
Date de sortie: 2 Septembre
Je suis fanatique de rock, qu’on se le tienne pour dit. N’empêche que j’ai visiblement horreur des clichés faciles. Ils me donnent tout simplement envie de me revirer de bord et ignorer les bands qui s’y accrochent comme s’il s’agissait d’une béquille absolument nécessaire à la survie de la scène au complet. Dans mon livre à moi, ce qui sépare le bon rock du mauvais, c’est l’authenticité de celui-ci. In all fairness, THE JOKERS sont des brits qui savent se la jouer oldschool et qui se prennent pas pour d’autres. Leur approche au rock est très accessible et catchy et sing-along’y. L’anicroche ici est leur penchant pour l’insécurité soudaine au beau millieu de leur cocktail décontracté de tounes qui essayent pas d’être flashy; à la mi-album, on dirait qu’ils réalisent qu’ils « doivent essayer de pogner » en écrivant des tracks basées sur les thématiques les plus gossantes dans l’histoire du glam rock; les chars sport rapides, le chemin de la gloire au coeur de New-York, et les relations disfonctionnelles. Je tripe pas sur le fait qu’initialement je me plongeais dans un album d’une simplicité foudroyante dans son efficacité et sa familiarité pour finir en me demandant à quel band j’ai affaire en bout de ligne, ayant l’impression d’être en compagnie d’un tout autre outfit. Dommage, j’allais embarquer dans la croyance populaire qu’ils sont pratiquement les nouvelles rock stars de Liverpool et des palmarès.
VERDICT: 6/10 (BON)
3. Band: SCALPEL
Album: « Sorrow and Skin »
Label: Sevared Records
Date de sortie: 3 Septembre
Je le redis encore et toujours, du death metal à la Floridienne (en d’autres mots, le death metal splatter gore) est un sous-style risqué dans le sens où c’est assez facile pour un band d’être une reproduction exacte de CANNIBAL CORPSE ou tout simplement d’essayer d’imiter ces derniers en se plantant royalement. Heureusement, on a rarement mais parfois affaire à des bands qui ont le don de donner une spin réellement originale et fraîchement revampée au format. SCALPEL font partie de cette gang de monde créatif qui ont pas peur de se mouiller. Ils savent summoner un groove tight et accrocheur en élaborant des riffs lourds, menaçants, et empreints de sous-entendus. Ils ont également le don de l’élaboration des hooks, ils manient les contre-temps d’une main de maître, et savent définir le pacing idéal pour le mood définissant chacun des moments de ces tracks qui ne cessent de suivre leurs séries d’impulsivités, ce qui résulte en rebondissements franchement appréciables et fort intéressants. C’est ce que j’appelle le genre de phénomène qui donne de l’espoir pour ce style qu’on jurerait centenaire.
VERDICT: 7/10 (TRÈS BON)
4. Band: VATTNET VISKAR
Album: « Sky Swallower »
Label: Century Media
Date de sortie: 3 Septembre
Un black métal contagieux, c’est une oeuvre d’art qui non seulement frappe la personne qui en est témoin, mais qui s’empare de son âme, et se met à couler dans ses veines en se déversant sous formes de larmes tranchantes ruisselant le long d’un regard hargneux complètement défait sous l’emprise d’un son d’une puissance quasi-spirituelle. Ça ressemble à votre vision un peu corny de ce qui définit un album bleak de nos jours? Eh bien, ça colle à la mienne aussi. VATTNET VISKAR font jaser ces temps-ci et c’est loin d’être pour rien. Ils savent créer une ambiance fort dérangeante et presque physiquement violente autant en termes de black rapide et sans compromis à la WATAIN/DISSECTION qu’en optant parfois pour des passages acoustiques introspectifs mais assez zombifiants dans leurs patterns répétitifs, insistants, et complètement désespérés (d’une manière qui colle à l’intention créative qu’on a ici et qui définit le mood très clair, net, et précis de l’album). La perte quasi-totale de foi en l’humanité n’aura jamais sonné aussi esthétiquement bien que sur « Sky Swallower » – chacun des riffs est capable d’impact sur les émotions du récepteur. Rares sont les groupes de black modernes munis d’un focus aussi déterminé que dans les bonnes années de ce sous-style et VATTNET VISKAR sont là pour prouver que la scène black metal est bel et bien toujours en bonne santé malgré les volées qu’elle a mangées ces derniers temps grâce aux modes trop faciles à l’emprise fort fatiguante qui rend des albums comme celui-ci d’une importance tout à fait primordiale; encouragez les groupes comme eux qui connaissent leur propre identité.
VERDICT: 10/10 (ABSOLUMENT ÉPOUSTOUFLANT)
5. Band: FEROCITY
Album: « The Sovereign »
Label: Deepsend
Date de sortie: 3 Septembre
Le Danemark m’impressionne de plus en plus en termes de death metal brutal et mélodique à la fois. FEROCITY font pas exception à cette règle qui domine mes sessions d’écoute ces derniers mois avec « The Sovereign » qui se range dans la catégorie des albums qui m’ont tout simplement le plus marquée cette année. Tout d’abord, ils savent créer une vibe; elle imprègne chacune des composantes de toutes les tracks sans exception. Elle est inquiétante et étouffante à la fois, et ça back la cinématique des sujets des lyrics à merveille. En termes de technicalités; les riffs et licks sont mélodiques et rapides au point d’en être étourdissants, ce qui en dit long sur le skill du musicianship. Les peaks et les valleys de chacune des pièces sont complètement nécessaires au déroulement efficace de celles-ci et je sens que leur évolution est calculée au millimètre près. Les hooks sont tout à fait renversants et l’émotion est bien traduite par chacun des changements de temps et chacun des revirements de situation en termes de direction des riffs en tant que tels. Voilà des compositions qui sont d’un langage universel qui devrait laisser sa trace dans le coeur de bien des metalheads à la largeur du globe.
VERDICT: 10/10 (ABSOLUMENT ÉPOUSTOUFLANT)
-Noch
by Marryah Noch Mulligore | Août 26, 2013 | Chroniques, La Décapiteuse

La Décapiteuse
1. Band: VISTA CHINO
Album: « Peace »
Label: Napalm
Date de sortie: 30 Août
Pour ceux qui l’avaient pas entièrement saisi; VISTA CHINO, c’est essentiellement la nouvelle incarnation de KYUSS LIVES. Je me garrocherai pas dans les détails de presse qui expliquent le tirage de cheveux au niveau légal autour du nom; j’vas me contenter de porter un regard non-blasé sur Vista Chino comme si c’était un tout nouveau band que j’avais jamais entendu avant de me claquer les cuts de promo sur Blabbermouth. À titre un peu plus historique, j’affirme sans retenue que ces gars-là ont absolument rien à foutre d’aucun autre style per se, à part le desert rock, qu’ils semblent avoir eux-mêmes mis au monde avec KYUSS (j’étais pas de ceux qui capotaient et rantaient au sujet de ce band-là à en plus finir, mais à ce que je comprends, ils sont les créateurs du mouvement et profitent probablement du fait que ça revient en vogue depuis environ un an pour se repointer le nez avec du nouveau stock). J’entends pas de southern, stoner, ou psychedelic rock ici, ce qui aurait pu assaisonner le plat suggéré de façon assez nécessaire. Ceci dit, tout comme leurs confrères dans la scene psyrock, ils se gênent pas pour s’étendre en longueurs « hypnotiques » chaque fois que l’occase s’y prête. C’est assez dommage que ces moments de ligne droite (soit-dit-en-passant très pauvres en termes de riffs étoffés, ce qui est plutôt étonnant venant de ces gars-là) rendent certaines tracks (de quatre minutes qui s’étirent) beaucoup plus low-profile qu’elles l’auraient été si leur don pour l’écriture d’un bon groove avait botté des cul et tassé les idées plus lazy et franchement pas très accrocheuses qui prennent les devants. Y’a pas de doute que le feel est présent malgré que chacune des pièces est facilement oubliable et même les chorus semblent tout à fait plats. Ça enlève pas ma foi en ce groupe dont je m’attendais à découvrir la vitalité ici; ça se fera tout simplement dans un autre tournant. Reste que ceux qui aiment se claquer un background en conduisant sur des routes perdues au Texas, vous allez sans doute trouver que le paysage se marie bien au mood relâché et « vedge » qu’on a ici.
VERDICT: 4/10 (POTABLE)
2. Band: CHURCH OF VOID
Album: « Dead Rising »
Label: Svart Records
Date de sortie: 30 Août
Svart Records ont le don d’enseigner quelques vertus à notre belle gang ces temps-ci en terme de vintage pwnage et de son sombre et bien huilé, que ce soit en terme de death metal, doom, ou carrément de psychedelic rock scandinave ou finnois aux overtones britanniques à la PINK FLOYD. Dans le cas de CHURCH OF VOID, c’est assez facile de deviner, avec un oeil sur la pochette, qu’on aura ici droit à une bonne rasade d’un « stout » qu’on aurait dit brassé par un certain DANZIG. « Dead Rising », c’est une liste de tounes qui essaie pas d’achiever un exploit en terme de nombre de hooks mais qui réussit tout de même à imbiber les sens, d’une certaine insécurité très plaisante en terme de feel. C’est pas un album qui manque d’identité. En fait, chacune des pièces a une intention claire; celle-ci étant tantôt d’être axée sur un groove et un « main riff » à la oldschool Sabbath qui a une touche plutôt swingy et 60s, ce qui laisse plus souvent qu’autrement place à des évolutions bien ficelées en terme d’élaboration de riffs plus lents, lancinants, et inquiétants. Tout cela est relevé d’un vocal tout à fait grimm et glauque à souhait dans un range plutôt bas mais qui se prête bien aux mélodies choisies. Si ce format avait tenu le coup jusqu’à la fin de l’album plutôt que de privilégier la répétition complètement superflue de certains riffs au point de les rendre tout à fait « stale », j’aurais facilement donné un rating beaucoup plus significatif ici, ce qui m’empêche pas d’avoir envie de ré-explorer ce paysage intoxiquant à souhait pour me préparer pour la vibe automnale qui va s’emparer de notre décor assez prochainement . Je le recommande, ne serait-ce que pour sa bonne lancée.
VERDICT: 6/10 (BON)
3. Band: IRON JAWS
Album: « Guilty of Ignorance »
Label: PureSteel
Date de sortie: 30 Août
En termes de heavy/speed métal d’aréna, on manque pas de groupes qui font revivre les années 80. En fait, on manque pas de légendes qui savent encore très bien s’en tirer indemne. C’est pourquoi les nouveaux groupes qui font surface sont aux prises avec une quantité étouffante d’anxiété et de haute pression face aux exigences de la foule d’affamés qu’est la fanbase située dans cette section de la scène. Ceux qui ont confiance en eux sont ceux qui s’en sortent vivants – les autres se font oublier après un démo et un full-length. Dans le cas de ce sous-style de métal, y’a pas un besoin étourdissant, pour un journaliste, de voir le band en show pour pouvoir deviner le mindframe des musiciens derrière la musique – le live feel est très présent sur l’album et l’attitude derrière les riffs est aussi identifiable que si on me munissait d’un sens de la télépathie à tout casser. C’est en ce sens qu’IRON JAWS marquent tous les points nécessaires à une forte impression qui peut être qualifiée de réellement durable. Ces gars-là ont du fun à jouer et ils savent écrire des tracks basées sur des rhythm sections simples et engageantes couronnées de leadwork plus haut en couleurs et glamour. Tout ceci est particulièrement électrisant et bien agrémenté par l’approche très stridente du frontman qui me rappelle un certain Bobby Blitz d’OVERKILL. Le format est assez efficace pour plaire autant aux snobbish de la scène pop-prog qui ont besoin eux aussi d’avoir les cheveux lousses et une bière à la main le vendredi soir, qu’aux oldschoolers qui partent à rire comme des sonnés quand on leur promet un format d’écriture simple mais efficace qui nous fait tous croire que le temps du tape-trading a bel et bien existé dans une autre vie. On a pas droit à une méga-dose d’originalité ici, mais à un heavy métal qui showcase fièrement toutes les habiletés nécessaires pour se tailler une place en haut du totem pole sans avoir à faire un milliard de steppettes de plus pour atteindre leur but. J’espère qu’ils perdront pas leur formule de vue car un autre album dans ce style ferait sincèrement du bien à mes oreilles et à ma foi en la scène heavy metal proprement dite.
VERDICT: 6.5/10 (Entre BON et TRÈS BON)
4. Band: LEGEND
Album: « The Dark Place »
Label: High Roller
Date de sortie: 30 Août
Ça fait du bien d’entendre des albums qui donnent l’impression absolument convaincante d’être tout à fait possédés et définis par un « jam feel ». Je dis ça surtout car le son est, dans ce cas-ci, pas comparable à une personne prétentieuse qui se prend clairement pour une autre. Y’a rien qui sonne faux, le mood est relâché, l’inspiration a pas un bâton dans le postérieur, et est pas mise en cage par un besoin absolu et tout à fait vide de sens de se conformer à un seul et unique procédé stylistique dicté par les règlements poussiéreux et poisseux que trop d’élitistes leur attribuent pour se donner de l’importance. LEGEND savent créer une ambiance assez cinématographique et imagée qui explore toute une panoplie d’émotions qui se traduisent assez bien dans le son et le vocal pour être carrément qualifiées de contagieuses. Ils concoctent un rock sombre et élégant qui sait autant être impulsif qu’introverti. L’emphase sur les peaks est bien calculée et je dois dire assez franchement qu’il est difficile de prédire les tournants que chacun des modes de songwriting va décider de prendre d’une minute à l’autre de chaque toune, ce qui fait un retour sur mon principe d’avoir l’impression d’être assise sur le bord de la fenêtre d’une jam room à regarder les gars se perdre (dans le bon sens) dans un état méditatif avec leurs instruments. Ils sont très ambitieux avec leur approche au doom lorsqu’on la reconnaît dans un tournant et les riffs causés par ce mood plus macabre et pessimiste sont complètement badass, groovy, et mémorables. J’aurais peu de difficulté à comparer ceux-ci au matos de HEAVEN AND HELL avec un peu moins de couches de vernis et un sens du risque beaucoup plus marqué que le besoin de baser les tracks complètes sur leurs hooks respectifs. On a droit à un Diamond in the Rough d’une rareté qui devrait nettement réclamer l’attention des connaisseurs.
VERDICT: 7.5/10 (Entre TRÈS BON et EXCELLENT)
5. Band: MOONBOW
Album: « The End of Time »
Label: Platinum PR
Date de sortie: 30 Août
MOONBOW ont clairement l’air de s’être monté un following solide aux US of A depuis un sapré bon bail et « The End of Time » manque pas de s’étendre en explications sur le pourquoi du comment. Leur approche au psyrock est jalonnée de références au stoner rock axée sur le côté plus catchy et accessible de ce revers de la médaille. En guise de résultat logique, on a droit à un son qui semble sortir tout droit de nulle part avec son don inégalé pour les riffs et licks d’une efficacité immédiate. Les tracks énergiques et mid-paced sont engageantes et celles qui optent pour un mood plus ambivalent sont assez intelligemment structurées pour absorber et communiquer l’intention derrière chacune des notes. Aucune des pièces a une identité que je qualifierais d’obscure et pessimiste, et l’emphase sur une approche relax est aussi importante que l’accent tout naturel sur un musicianship qui déborde d’une chimie digne d’un blues band qui sait épater la galerie tout aussi bien à Chicago qu’à New-York. Il est très possible qu’on ait le regard braqué sur une nouvelle sensation en ces termes – une touche d’influence Santana sur le prochain album serait le seul élément manquant pour épanouir ce son à 100% selon mon humble opinion.
VERDICT: 8.5/10 (Entre EXCELLENT et GÉANT)
–Noch
by Marryah Noch Mulligore | Août 19, 2013 | La Décapiteuse

LA DÉCAPITEUSE
DEVILDRIVER
« Winter Kills »
Napalm
23 Août
C’est facile de qualifier tout et n’importe quoi de nu-metal et de simplement renoncer à une première écoute tout simplement à cause des caractéristiques trendy associées à un band. On oublie que ces groupes qui essayent de plaire à tout prix s’écoeurent parfois de leurs propres efforts ridiculement anti-libertins et finissent par s’épanouir d’une manière qui correspond à l’idée que j’me fais d’une gang de musiciens qui se respectent et écrivent chacun de leurs albums pour eux-mêmes et non pour être acceptés par la masse au risque d’écrire du métal sans un seul reflet d’éléments oldschool.
Make way for « Winter Kills ». Honnêtement, j’aurais pu me claquer un album complet du mélange assez étonnant de thrash et de melodic death metal définissant les quelques premières pièces. La qualité la plus prédominante de l’album qu’on a ici est l’aspect vraiment stripped down du processus créatif, qui disparaît malheureusement dans sa quasi-totalité à la mi-tracklist pour redevenir une incarnation de leur approche au melodic nu qui se diffère pas vraiment de leur vieux stock qui a vraiment manqué le bateau en termes d’impact sur moi, en tout cas, au courant des dernières années. On a tout de même la preuve tangible que les gars s’enlignent vers une cadence plus impulsive petit à petit et se gênent pas pour relâcher leur rage de manière vicieuse et crue par moments. Ça sonne bien quand c’est accompagné de riffs vraiment travaillés et d’une vibe hors de contrôle, plutôt que quand ça baigne dans un son clinique et enfoui sous le manque marqué d’effort dans l’écriture et qui savent plaire à ceux qui ont l’esprit vraiment fermé et qui aiment entendre la même affaire 90 fois par an venant d’un même band.
VERDICT: 6/10 (ASSEZ BON)
DIAMOND PLATE
« Pulse »
Century Media
20 Août
V’là un band qui sait se démarquer et se débattre du piège à rats dans lequel se ramassent la plupart des bands qui essayent (de manière un peu trop appliquée) de se classifier dans un seul style de métal pour le kick de se faire une image. Dire que DIAMOND PLATE, c’est du thrash, c’est prendre un raccourci qui tient du blasphème ou qui révèle tout simplement le déficit d’attention dont fait preuve la personne qui les qualifie de tel. Ces gars-là ont crissement pas la chienne et se mettent pas de limites stylistiques du tout; en fait, « Pulse » a été écrit sur la base d’un memo tout particulier: jammez des riffs que vous allez garder dans leur présente incarnation et intégrer à l’album sans leur apporter le moindre changement. C’est le genre de procédé qui ferait fuir bon nombre de musiciens qui aiment peaufiner quatorze fois le même song pattern avant de le passer dans la machine cosmique et fortement sur-utilisée qu’on connaît sous le nom de ProTools. C’est normal de vouloir retravailler certaines choses avant de les garrocher dans la face du public, mais faire l’expérimentation tout à fait recommandable d’essayer de construire des tounes autour d’une coupe d’idées qui sortent de l’ordinaire et qui sont complètement inattendues, ça peut mener à des résultats franchement coup-de-coeur. Cet album est un exemple même si l’approche au thrash qu’on a ici est pour ceux qui aiment une variante sérieusement trippy. La première track « Walking Backwards » introduit un son à la mi-school (pas nécessairement old ou new mais smack in the middle) de METALLICA tandis que les autres tracks se penchent plus vers des tonalités southern rock aux changements de pacing assez nombreux pour passer de ce mode de pensée à une philosophie plus violente en deux temps trois mouvements. Plusieurs pièces sont beaucoup plus sombres et introspectives et ma foi le résultat est convaincant. Les leads ont particulièrement attiré mon attention et mon respect; ils sont élaborés, mélodiques, et extrêmement organiques. C’est pas l’album le plus parfait et spot-on dans l’histoire du siècle mais il perdrait toute sa personnalité si c’était trop radicalement le cas. Voilà une contradiction intéressante à observer et discuter.
VERDICT: 6/10 (BON)
FLESHGOD APOCALYPSE
« Labyrinth »
Nuclear Blast
16 Août
C’est assez évident qu’une couple de puristes vont se garrocher sur « Labyrinth » avec un enthousiasme des plus surexcités. Après tout, F.A. se démarquent en sale depuis la sortie de l’album d’avant qui est, soit dit en passant, presque impossible à topper, que ce soit par les mêmes musiciens ou pas. C’est avec cette dernière idée en tête que j’ai abordé le nouveau stock qui n’est effectivement pas orienté vers les mêmes priorités; on a droit ici à du death métal technique à proprement parler. C’est la shade qui embrouille la grosse majorité des pièces qu’on a ici puisque c’est du overblown à fond la caisse. Plusieurs contradictions au coeur du songwriting rendent les pièces plus cliniques et schirurgicales que vraiment axées sur le feel et la substance; les meilleures tracks sont celles qui restent fidèles à l’identité du band qui s’est propulsé au devant de l’attention médiatique grâce au talent inégalé des gars pour la structure de mélodies classiques recherchées au milieu d’un paysage brutal, mais qui possède une cadence aussi appliquée que ce qu’on entend dans les meilleurs répertoires d’orchestres symphoniques.
Révéler le côté émotivement obscur de la racine du métal c’est pas une pratique aussi courante qu’elle devrait l’être ces temps-ci, surtout dans le cas de musiciens qui sont tout à fait capables de se surpasser en termes d’overflashy playing, mais eux, ils réussissaient à profiter de leur talent pour absorber les sens de la personne qui écoute plutôt que pour l’emmerder avec dix mille technicalités. Cette mentalité est moins évidente ici, malgré que l’ambiance reste sombre et élégante. Que plusieurs tounes s’imbriquent l’une dans l’autre sans impact défini ou sans trace de mémorabilité – ça m’attriste. Certaines exceptions font ressortir les qualités primaires de FLESHGOD, mais je reste sur mon idée que ceci n’est pas leur album le plus essentiel du tout. Un focus sur la base des choses serait de mise.
VERDICT: 6.5/10 (Entre BON et TRÈS BON)
SPEEDTRAP
« Powerdose »
Svart Records
23 Août
J’ai eu la joie de découvrir SPEEDTRAP y’a un sacré bout de temps grâce à High Roller Records. Si je fais abstraction de leur participation à un split plutôt ordinaire, ces gars-là ont le don d’être habituellement très tight en termes de NWOBHM à la Motörhead qui déplace suffisamment d’air pour faire forte impression sur les sceptiques. « Powerdose », c’est un re-work considérablement rafraîchissant de quelques vieilles tounes avec de nouvelles compositions en tandem qui ont tendance à révéler de nouveaux aspects de l’approche musicale des gars; quand le pacing est un peu moins essouflant et essouflé, le potentiel est à son comble, certains moments des dites pièces me rappelant des vieux classiques de KISS. De façon générale toutefois, SPEEDTRAP c’est une gang d’hyperactifs et cette affirmation est pas de mauvaise foi; ils savent écrire du stock qui est énergisant et catchy à la fois et je pourrais pas honnêtement dire que l’ensemble de l’album est hit and miss; il est bon d’un bord à l’autre, mais les zone-outs sont pas rares vu que l’approche reste constante sans vraiment prendre le temps de s’épanouir et de se concentrer sur sa propre identité. Un focus plus marqué sur l’élaboration de certains moods plus variés sur le prochain album pourrait aider ce band-là à définir sa propre personnalité et se créer sa propre niche audience.
VERDICT: 7.5/10 (Entre TRÈS BON et EXCELLENT)
FACEBREAKER
« Dedicated to the Flesh »
Metal Blade/Cyclone Empire
20 Août
Je m’attendais pas à entendre un contender pour le nouveau EXHUMED (« Necrocracy ») à une semaine d’intervalle de ma session d’écoute avec ce petit dernier. FACEBREAKER se gâtent en sale à toutes les fois qu’ils se montrent la face – sur « Dedicated to the Flesh », ils manquent pas d’adrénaline créative. Autant en termes de death n’ roll que de melodic ou slow paced death metal en passant par le brutal dans son format habituel, y’a pas l’air d’avoir de limites à leur aisance tout à fait naturelle. Ils savent écrire des hooks sans trop essayer de viser le jackpot; y’a environ 8 key points par track, ce qui maintient un intérêt marqué pour leur évolution assez facilement. Les riffs tout simplement contagieux manquent pas ici et autant d’influences old school que new school sont notables. J’ai pas l’impression que ces gars-là essayent d’être une copie ou qu’ils se mettent une pression de fou pour être le meilleur band in the valley, vu qu’ils sont assez proches de réussir cette feat (contrairement à ceux qui ont cette seule obsession en tête), à l’insu de la plupart de ceux qui ont la très mauvaise habitude d’avaler tout ce qu’ils se font spoonfeeder au lieu de fouiller pour trouver leurs propres préférences. En d’autres mots, ils sont drastiquement under-rated et chacun de leurs albums en est la preuve tangible. Aucune déception ici.
VERDICT: 8.5/10 (Entre EXCELLENT et GÉANT)
WATAIN
« The Wild Hunt »
Century Media
20 Août
Les gars de WATAIN en ont absolument rien à foutre des règlements pré-définis. En ce sens, « The Wild Hunt », c’est pas *juste* un album de black. C’est une expérimentation complètement impulsive et même un peu somnanbule au coeur du mood à l’appui dans chacun des tournants de l’album. Aucune retenue est audible ici et les gars se livrent à leur longue méditation impénétrable, pour le meilleur, et pour le pire. Dans ce cas-ci, je dois dire que j’accroche. Des ressemblances avec DISSECTION sont évidentes mais vu l’originalité des riffs, cette influence marquée peut être mise de côté au lieu de qualifiée de trop facile. Des influences fusionny se remarquent assez facilement dans les leads fort épanouis, et l’emphase sur l’ambiance est relevée à sa manière par touts les éléments de l’ensemble; on entend parfois des war-drums, le vocal a vraiment une identité en termes de caractère (et d’impact) psychologique, et les song arrangements sont vraiment méticuleux et appliqués. L’enregistrement de l’album a passé par 3-4 studios, si je me fie à la press release garnie d’éloges distribuée par Century Media. Un horaire demandant entoure la création tout à fait sophistiquée de l’offering qu’on a ici, et ceci est récompensé par un résultat epic et fortement cinématographique. Je suis assez impressionnée par les connaissances collectives de WATAIN en termes de tricks et je doute pas que leurs playlists sont assez étendues et que ça se limite pas aux racines de l’extreme metal. C’est une bonne surprise que j’oublierai pas facilement.
VERDICT: 9.5/10 (Entre GÉANT et ABSOLUMENT ÉPOUSTOUFLANT)
-Noch
by Marryah Noch Mulligore | Août 12, 2013 | Chroniques, La Décapiteuse

La Décapiteuse #20
Band: BLACK WATER RISING
Album: « Pissed and Driven »
Label: Metalville/E1
Date de sortie: 13 Août
C’est toujours excessivement joyeux quand un band qui reconnaît le plein potentiel de sa propre inspiration décide tout bonnement et absolument consciemment que y’existe une nécessité absolue pour un élément aussi crasheux de party que le mainstreaming. Quand j’ai connu ces gars-là, c’était dans une incarnation qui avait le doigt d’honneur levé bien haut dans la face d’absolument chacun des chanceux qui regardaient dans leur direction pour découvrir un hard rock sec et cru avec un sapré bon groove à l’appui et des hooks à perte de vue. Reste que l’attitude qui englobait le tout était sincère et je me ramasse à penser exactement le contraire de la grosse majorité du stock sur « Pissed and Driven ». C’est loin d’être compliqué de se poser quelques questions quand chacune des tounes commence avec un riff innovateur et rebelle à la fois et tombe de son postérieur affreusement plat directement au fond du blender géant qu’est la commercialisation digne d’un lavage de cerveau des plus draconiens qu’impose la « scène populaire » (qui tente à tord et à travers de s’accorder elle-même assez de crédit pour se qualifier de membre de la famille du métal au niveau international). J’aurais jamais pensé que BLACK WATER RISING se seraient portés volontaires pour calquer leur songwriting sur des patterns aussi accessibles axés sur la répétition obsessive de riffs simplets et vides de feel et également de sens du concret. J’dois ajouter que le vocal manque largement de oomph et me convainc pas trop que le frontman est tout à fait dans la game. Somme toute, on a droit à des moitiés d’idées qui auraient pu être étoffées plus largement si les gars acceptaient de se fondre dans leur identité fondamentalement underground mais le besoin obsédé de s’emparer de la cagnotte et de se faire aimer de tout le monde prend nettement le dessus. Les puristes, regardez ailleurs pour l’instant. Je l’ai trouvé long et y’a 10 tounes. Ce qui me déçoit le plus ici est l’envergure des riffs grunge prometteurs qu’on a ça-et-là sur l’album mais j’dois dire qu’un retour en force vers « Black Gives Way to Blue » s’impose quand ça tombe dans une cadence BON JOVI sans prévenir, et ce, à tour de bras. Pas génial.
VERDICT: 4.5/10 (Entre POTABLE et ASSEZ BON)
Band: PANZERCHRIST
Album: « The 7th Offensive »
Label: Listenable Records
Date de sortie: 13 Août
C’est rare que Listenable se plantent solide. Je dis pas ça souvent d’un label, en toute sincérité, et ça s’applique même à ceux que je préfère dans la liste infinie qui existe. Depuis le début de 2013, je me ramasse à avoir crissement de la misère à trouver un album backé par eux qui manque de steam et qui me fait demander sérieusement quel est le but de sa release. Leur stock est habituellement des plus surprenants en termes de découvertes de groupes dont j’avais absolument jamais entendu parler avant qu’ils me fassent remarquer que y’est temps que j’me remette les pieds dedans assez fast. Les danish PANZERCHRIST sont un bon exemple; ils sont rendus à leur septième album avec « The 7th Offensive » et c’est la toute première fois que j’entends parler d’eux, même si le « panzer metal » est un mouvement qui n’existe pas à mon insu; malgré qu’il n’a absolument rien à voir avec le style de ce band-ci car je les qualifierais pas instantanément de death black mélodique. En causant avec le frontman Soren dans le courant de la semaine passée, j’ai découvert qu’il écoute du blues en passant par le black jusqu’au heavy metal traditionel aux éléments shock rock; qu’il me parle de Stevie Ray Vaughan, King Diamond, Crocell et Darkthrone dans la même phrase, ça m’a pas du tout garrochée à travers la pièce, même que je m’y attendais totalement. Y va sans dire que « The 7th Offensive » est un album révélateur sur l’identité du band en terme d’influences mais en disant ça j’affirme absolument pas que c’est une imitation ratée du projet du voisin; je dis plutôt que c’est pas un mensonge de 100 pages sur l’absence totale d’influence extérieure sur le procédé créatif qu’on a ici. Ce qu’on remarque, c’est un son death metal mélodique à la base qui sait quand s’étoffer en multiples layers cinématiques et quand rebrousser chemin vers un format plus oldschool, organique, et axé sur une progression de riffs plus vintage et visqueuse. Une touche viking se montre la face à quelques tournants dans les passages les plus mélodiques et les solos sont teintés d’une flamboyance digne d’un guitariste qui écoute autant de jazz que de classique. Pour ceux qui ont besoin d’un certain point de référence, imaginez GOD DETHRONED en moins accessible avec des tracks jalonnées de ce type de solo fusionny. Vous êtes à peu près à la même place que moi mentalement.
VERDICT: 7/10 (TRÈS BON)
Band: WITHERSCAPE
Album: « The Inheritance »
Label: Century Media
Date de sortie: 6 Août
Dan Swanö est pas méconnu pour sa job de producteur, plus particulièrement dans le domaine du métal progressif mélodique et du funeral doom. Je pense particulièrement à OPETH, KATATONIA, et NOVEMBER’S DOOM pour ceux qui ont pas poussé leurs recherches. Avec WITHERSCAPE, il se garroche de plein gré dans un travail de plus longue haleine (et vous allez me dire que son CV est rempli de projets visionnaires; dites-vous que sur « The Inheritance », en plus du mixage et du mastering, il se charge de l’écriture, du vocal, et de la batterie avec son seul partenaire guitariste pour former un duo assez fracassant, trio si on inclut la collaboration d’un membre de NOVEMBER’s DOOM qui s’est ici occupé des lyrics). C’est pas étonnant qu’on a droit à une approche musicale réfléchie, introvertie, et dérangeante en restant poétique à la fois. Si vous voulez une traduction plus technique; la blueprint WITHERSCAPE, c’est un métal mélodique progressif entrecoupé d’alternatif accoustique sombre et glauque tout en gardant un aspect peaufiné et largement esthétique. En fin de compte j’vais avouer que c’est difficile à décrire en toute fidélité car c’est le type de son qui doit être entendu pour être cru. L’emphase sur le storytelling est présente mais le musicianship reste song-oriented et perd pas de son souffle productif pour le kick de se fondre en background. La vibe de l’album est démoralisante d’une manière qui le rend intoxiquant, comme le genre de péché mignon dont on a de la misère à se tanner simplement parce qu’on est conscient qu’on devrait pas en abuser. C’est le genre de métal qui est destiné aux fines bouches de ce monde qui ont pas peur de se ramasser avec une facture de cinq mille pieds de long. Vous voulez un concept difficile à suivre et un son impulsif et mature au point de se demander quel est le level de geekism exact des deux musiciens impliqués; WITHERSCAPE vous l’offre. Pas pour les coeurs sensibles et les maniaques de simplicité tenace.
VERDICT: 8/10 (EXCELLENT)
Band: LAST CHANCE TO REASON
Album: « Level 3 »
Label: Prosthetic
Date de sortie: 6 Août
Le death métal technique réussit facilement à devenir emmerdant dans plus de cas qu’autrement. Les exceptions sont rares mais j’en connais tout de même partout à travers le monde et j’ajouterais que je qualifierais ces gens-là de vrais champions. Les instincts à éviter dans ce style en particulier sont faciles à lister pour n’importe quel individu qui est le moindrement conscient des vagues populaires qui s’emparent de la scène moderne. LAST CHANCE TO REASON réussissent à pas tomber tête première dans les pièges auxquels ont succombé les prétentieux de ce monde qui pensent qu’on se fout pas éperdument de leurs faces et coupes de cheveu de fées clochettes et de leur hypershred mathématique qui se prend les pieds dans ses propres pieds pour finir par se prélasser au coeur d’un monde de non-sens qui se veut complexe mais est réellement *tout à fait* sans bon sens. J’vais devoir citer Walter White en disant qu’il est toujours très (trop? je crois pas) important de s’appliquer. Pour moi, un bon groupe de prog ou de métal technique, c’est une gang de musiciens qui savent avoir un mode d’écriture qui est song-oriented, c’est-à-dire qui perd pas le fil du mode de pensée de la toune, ou encore, qui devient pas une collection de riffs garrochés à tord et à travers dans un ramassis de confusion qui se fait passer pour une bonne rasade de notes de cours de science universitaire. « Level 3 » accomplit ce miracle que j’apprécie tant. LAST CHANCE TO REASON sont coupeux de souffle dans le sens où chacune des pièces incorpore plusieurs sous-styles d’une manière bien pensée plutôt qu’excessivement haute en couleurs au point de lever le coeur. Ils savent créer des hooks qui sont le résultat logique d’un build-up fidèle à sa définition (i.e. mener quelque part plutôt que jouir de l’expertise complètement fétide qui consiste à donner l’illusion qu’un peak approche; laissant plutôt place à un trou noir béant dans lequel s’emboîtent des leads sans mélodie, poigne, ou logique au coeur des idées à moitié développées qui composent les albums les moins pertinents). L’approche vocale a également un range large axé sur le feel de chacune des pièces et donnant une bonne theatricality à l’ensemble de l’approche. À visiter et re-visiter pour ceux d’entre nous qui aiment pouvoir reconnaître l’art qui vient réellement du fond du coeur même en plein milieu d’un style de métal aussi clinique et surgical que ce qu’on aborde ici.
VERDICT: 8/10 (EXCELLENT)
Band: EXHUMED
Album: « Necrocracy »
Label: Relapse Records
Date de sortie: 6 Août
J’ai pas de misère à catcher pourquoi EXHUMED sont particulièrement appréciés par des légendes comme CARCASS. J’ai pas non plus de joie infinie face à la très réelle possibilité qu’ils se pointent de plus en plus rarement la face au Québec à cause des innombrables occasions ou ils se sont fait revirer de bord aux douanes avant un show à Montréal. J’aimais déjà énormément ce band avant d’avoir entendu « Necrocracy » et suite à cette session d’écoute, je dois dire qu’ils vont botter le cul des gros noms cette année et même leur donner une certaine leçon d’humilité dans certains cas sélects. « Necrocracy » c’est une suite d’idées totalement euphorisantes incluant des mélodies engageantes et prenantes au beau milieu d’un death metal tempestuous et laid à souhait relevé par un groove qui manque absolument jamais sa shot en terme de faire un impact choc lorsque cet impact est nécessaire seulement. Le riffage est tellement dynamique ici qu’un besoin insistant pour un paquet de changements de pacing est même pas absolu car l’intérêt est maintenu par la chimie électrisante de l’approche de chacune des composantes – ça empêche pas les gars de savoir créer un mood plus progressif quand l’envie leur prend. Tout ceci est manié de main de maître pour un résultat final bien arrosé qui est, en fait, une collection de « nouveaux » classiques totalement et largement timeless. J’ai pas besoin d’en dire plus.
VERDICT: 9/10 (GÉANT)
-Noch