Vendredi dernier, dans la petite salle du Café Campus, j’ai eu une grande révélation: Je suis un imbécile! Comment, en tant qu’amateur de métal progressif, ai-je pu passer à côté d’Heaven’s Cry? Le fait qu’ils aient été absents de la scène depuis 6 ans n’est pas une excuse. Et surtout au début des années 2000, où je passais mes payes et mes temps libres au Freeson (LA place à Montréal pour les amateurs de prog), pourquoi ne m’ai-je pas procuré « Primal Power Addiction » en même temps que j’achetais des albums d’Evergrey, de Pain of Salvation ou de Vaden Plas? Car, c’est les mêmes eaux que naviguent les musiciens d’Heaven’s Cry.
Lors du lancement (très attendu si je me fie à la bonne centaine de fans présents) de leur 3ième album, « Wheels Of Impermanence », c’est une bonne dose de rock progressif, additionné d’une épaisse couche de métal, qui nous a été offerte. La salle, petite et chaleureuse, offrait un sentiment d’intimité plus qu’appréciable, rehaussant le côté spécial de la soirée. Un peu avant 21h, les 4 musiciens chevronnées embarquent sur l’estrade et le charme opère dès les premières notes. De belles harmonies de voix entre Pierre St-Jean, guitariste, et Sylvain Auclair, le bassiste, tous deux fondateurs de la formation montréalaise. D’une grande aisance sur scène et jouant de leurs instruments de façon magistrale, leurs voix sont puissantes, dans des notes »supportables » à mon oreille et parcourent un impressionnant registre d’émotions, surtout dans le cas de St-Jean. C’est ce qui différencie Heaven’s Cry de beaucoup d’autres groupes du genre. C’est vers les textes et la manière de les chanter en duo que se démarque leur travail, bien qu’ils soient capable de produire de magnifiques mélodies, mémorables et très bien construites. De plus, ce sont des musiciens d’expérience et ça se sent. Un parfait équilibre entre le talent de composition et d’exécution. Les morceux joués ce soir-là, tirés de leurs 3 opus mais principalement du tout nouveau « Wheels Of Impermanence », sont interprêtées avec un savoir-faire et une maitrise plus qu’impressionnante, mais en ne tombant pas dans le piège de jouer le plus vite possible, dans le seul but d’épater la galerie. N’empêche que j’ai eu la mâchoire branlante et les yeux secs à force de fixer le jeu des musiciens à plus d’un moment au cour de l’heure et demi que dura leur prestation. René Lacharité est époustouflant derrière sa batterie, jouant ses partition avec une force sauvage, le regard fixe et concentré, tandis qu’ Éric Jarrin enchaîne les riffs, entre autre sur »Out of Me », sobrement mais d’une efficacité redoutable. Les structures, autant que les textures, sont explorés, modifiés, contournés et complètement imprévisibles. Du vrai bon prog!
Qui dit lancement dit aussi surprises. Après quelques pièces jouées sous la forme d’un quatuor, le groupe invite sur scène tour à tour deux claviéristes qui ont contribués à l’album: Sébastien Cloutier (Hamadryad) et Marek Krowicki(Unhuman Era, groupe qui comprends aussi Pierre St-Jean et d’autre membres d’Alcoholica). L’ajout de claviers, ou de piano pour Marek Krowicki (avec quelques clin d’oeil au »Rach 3 » et »My Way »…), apporte une autre dimension aux pièces. La magie opère sur scène et les invités se fondent au reste de la formation, qui démontrait déjà une parfaite synchronicité, entre autre sur la poignante »Remembrance ». Trois intenses morceaux plus tard, on revient à la formation de base, celle-ci continuant à se faire plaisir et satisfaire la foule avec des pièces tirées de leur répertoire, et même quelques accords de »Whole Lotta Love », lancés à la blague. Le tout s’achève sur un magnifique instrumental et »Gaia’s Judgement », grand classique tiré de leur premier disque »Food For Thought Substitute ». Je suis très curieux d’entendre ces pièces dans un tout autre contexte, comme assis dans mon fauteuil, mes écouteurs sur les oreilles et le livret dans les mains. Chose en fait qui sera très prochainement possible car leur label, Prosthetic Records, offrira des copies remasterisées de leurs 2 premiers albums en janvier prochain!
Ondes Chocs leur souhaite tout le succès et la reconnaissance qu’ils méritent, en tant que fiers étandards de la scène progressive québécoise et respectés mondialement. Et un gros merci à l’équipe de Brave Concerts International, pour m’avoir permis d’assister à l’évènement et ainsi découvrir une excellente formation qui se doit d’avoir sa place dans ma bibliothèque musicale. Et dans la vôtre aussi, si ce n’est déjà fait…






