Toute la journée de samedi, j’ai tenté de ménager mon ouïe au maximum car je savais que le soir-même, un véritable massacre sonore m’attendait.  Avec un line-up composé de CADAVERINE, Obsolete Mankind,  Crosstitution et Dehumanized , il était à prévoir que le taux de décibels et de violence risquait d’atteindre un niveau incomparable.  Et ce fût le cas!

Si il y a quelqu’un à pointer du doigt pour ces courbatures, mal de cou et sillements dans les oreilles, et bien c’est Nick et Michelle de Dungeon Works Productions.  Ce sont eux qui ont eu la machiavélique idée de rassembler cette bande de psychopathes ayant pour seul but de nous aggresser à grands coups de riffs assassins, de blastbeats meurtriers et de cris hargneux.  Mais si vous croyez que je m’en plaint, détrompez-vous.  Peut-être est-ce mon côté maso ou simplement mon besoin naturel de canalyser ces frustations quotidiennes, qui sait.  Mais une chose est sûre, c’est que la centaine de metalheads qui s’étaient aussi rassemblés aux Katacombes savaient à quoi s’attendre et en ont eu pour leur argent…

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Les premiers sévices nous sont infligés par Cadaverine vers 21h.  La jeune formation montréalo-néobrunswickoise nous entraine dans un univers Doom/death/thrash lugubre à souhait.  Les riffs du guitariste sont par moments hypnotiques, teintés d’accents orientaux et se déchainent par la suite dans des passages plus rythmés et aggressifs. Le drum est très groovy, bien adaptée aux différents passages. La bass lourde et sourde vient ajouter une touche psychédélique assez intéressante.  Un peu plus de précision et de  »punch » aurait été préférable mais comme le band est relativement jeune et qu’ils avaient la lourde tâche d’ouvrir la soirée, on leur pardonne aisément les petits défauts.  Un court set mené par le chanteur, espèce d’émule d’Al Jourgensen encore plus thrash, qui s’assure de façon théatrale de relever le niveau de violence par ses féroces cris et beuglements.  Cadaverine possède sa propre identité, mélangeant assez bien les genres, vieux et nouveaux, et ils risquent de faire parler d’eux dans un avenir rapproché…

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La présence dans la salle ce soir-là de plusieurs visages connus de la scène Death Métal québécoise n’est pas un hasard.  C’est un genre encore assez underground et ses plus vieux membres ont dévellopés un fort esprit de clan au cour des années.  Et comme plusieurs vétérans ont décidé l’an dernier de former Obselete Mankind, il était de mise qu’ils viennent supporter leurs vieux chums pour leur première apparition publique.  Les 5 musiciens, issus de groupe phare comme Neuraxis, Vengeful, Atheretic, Paroxysm, Vociferation et j’en passe, qui ont connu les hauts et les bas des spectacles à travers la province (et partout en fait) et ont fréquenté les locaux de pratique depuis longtemps déjà.  Et ça se voit.  L’assaut est immédiat, Boréale, Jägermeister, pas de tabarnak de niaisage…  Un bon gros Death Old School, brutal, sinueux et insidieux.  Le son est dense et pesant, autant au niveau des riffs que de la rythmique.  Ici, pas de compromis commerciaux ni de prouesses accrobatiques.  Exit les long solos ou les prévisibles breakdowns.  Non, juste de gros riffs sales, extrêmement bien maitrisés et joués sans relâche.  Le jeu puissant du batteur mets à l’épreuve la solidité du kit tout au long de la prestation, tandis qu’au devant de la scène, Marie-Hélène lance son fiel d’une voix en plein contrôle.  Que ce soit dans les  »growls » caverneux ou les cris sauvages, aucuns sons sortant de sa gorge est inutile ou décalé.  L’ensemble punch efficacement et on sent l’expérience.  Les transitions entre les morceaux sont cependant un peu hardus et la foule un peu trop statique, bien qu’une jeune femme tente d’initier le slam (tiens, c’est Louise du défunt Sang Frais!) mais je crois que le tout se replacera à leur prochain show, maintenant que la glace est brisée.  À ce sujet, j’espère que le band a prévu en masse de marchandise car la table risque de se vider lors de leur lancement d’album.

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Des sonorités 70, 80 et 90, on saute en pleine ère moderne avec Crosstitution.  Bien que leurs influences Death dites classiques se font entendre, le groupe montréalais incorpore à son son abrasif des éléments de Grindcore, créant ainsi une ambiance d’une violence inouïe.  Tel une machine de guerre déchainée, le drum est dans le tapis (bien que les cymbales, elles, soient presque au plafond…) tout comme la bass, parfois tapée avec force ou grattée frénétiquement.  Au niveau des guitares, les pics sont usés à la corde, défilants les riffs à un rythme démentiel où se superpose ici et là quelques solos stridents et totalement psychotiques.  Parlant de psycho, on a droit à tout un spécimen au niveau du frontman.  Le corps couvert de sang, le misanthrope assumé lance sa hargne contre tous les êtres vivants présents (et même ceux qui ne le sont pas), vociférant avec force sur chaque morceaux délivrés à une vitesse folle.  Le chanteur de Dark Century à droit à sa part de regards haineux et d’insultes verbales et gestuelles quand celui-ci va jusqu’à monter sur scène pour le pousser encore plus à bout ou cet autre spectateur qui pousse l’audace jusqu’à aposer un Tampax géant sur le sang qui dégouline sur le T-shirt du leader de Crosstitution.  Je ne sais pas ce que les membres du groupe a fait après le show mais un gros merci à l’Institut Pinel pour les avoir laissé sortir pour cette intense performance.

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Je me rappelle il y a quelques années avoir eu une discussion avec mon collègue Lex sur la différence entre le beat qui  »rentre » et le beat qui  »sort ».  Dans le cas de Dehumanized, nul doute qu’ils font partie de la première catégorie.  C’est terriblement lourd et pesant.  Le son est compact, presque replié sur lui-même.  5 tonnes de riffs brutaux, qui sentent à la fois l’énergie brute de la scène de Tampa et la violence sauvage du hardcore new-yorkais.  Au cour de la dizaine de pièces, les américains ont montré leur talent indéniable pour la composition de riffs simples mais terriblement accrocheurs, variant les tempos de main de maîtres.  Que ce soit celles issues de leur premier album paru en 1997 ou celui sorti cette année, une chose ressort: le désir malsain de vouloir tout détruire.  Quelques secondes avant les premières notes, tous se placent sur scène en position d’attaque, les pieds biens ancrés.  Et le carnage commence!  Leur musique est aussi tranchante et froide qu’une lame de machette et les martèlements incessants de la batterie nous frappe aux tripes comme des coups de masse.  Les guitares et la basse sont poussées à l’extrême, allant du tempo lourd aux explosions de riffs infernaux.  Au micro, le chanteur exprime sa rage de sa voix gutturale ou dans de puissants  »screams ».  3 pieds plus bas, devant lui, la foule explose dès les premiers accords, jouant violement du coude, allant même jusqu’à se lancer de la scène au travers des fans fous et très nombreux (par chance).  Du côté de la scène où je suis placé, je peux voir certains photographes, comme notre ami Alain de Québec-Métal, qui tentent au péril de leur vie d’immortaliser cette rare visite en sol québécois.  Mais à entendre les commentaires du chanteur, on risque de les revoirs plus tôt qu’on ne le pense… Alors si vous avez le goût de vous taper un vrai bon show de Death brutal et  »comme dans l’temps », préparez-vous à marquer la date de leur retour prochain d’un gros X rouge sang…

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Ondes Chocs et moi-même tenons à féliciter l’Équipe de Dungeon Works Productions et les Katacombes pour le succès de cette soirée et un gros merci à Nick et Michelle de nous avoir permis d’y assister.