Voici le compte rendu de Dany Marchand les photos prises par Joé Lacerte lors du spectacle de Katatonia présenté par District 7 Production à L’Impérial Bell de Québec le 15 novembre 2022 et qui mettait également à l’affiche The Ocean Collective et Cellar Darling.

Critique

L’odyssée de Dany et Joé (chroniqueur et photographe) reprend pour un soir magique, le navire se dirige ce soir vers l’est, direction : Québec.

Bondée est l’Impérial Bell en cette soirée de doom, de folk et de métal plus texturé de douceur brutale agonisante. La population ce soir est très variée dans les âges et les genres. On peut voir les métalleux purs et durs affichant leurs couleurs autant que des gens au look plus classique, voir BCBG. La cause étant la large portée des styles musicaux qui nous sont présentés ce soir grâce à District 7 Production.

 

Cellar Darling

Quelle belle découverte qui vient enchanter mes oreilles ce soir.  Tout droit de la Suisse nous arrive cette bombe musicale issue des membres sortants du célèbre groupe Eluveitie. Les instruments sur scène sont nombreux malgré la présence de seulement quatre musiciens.

Et ce quatuor sait se servir de ses outils, aussi exotiques puissent-ils être. Anna Murphy, vocaliste et multi-instrumentiste extraordinaire, s’affaire à manier le Hurdy Gurdy (pour ceux qui se demandait « c’était quoi dont le nom de cte patente là ! »). Elle maitrise aussi le clavier de façon divine, tout comme la flute et bien sûr sa voix angélique hypnotisante.

Aux cordes et percussions, on nous fait tout autant voyager dans univers fantastiques, des mondes oubliés, des temps infinis et lointains. Avec des accords et rythmes tribaux ou langoureux, voire même planants, la troupe est une puissance naturelle lorsqu’elle s’unit dans un torrent musical de haute voltige.

Les admirateurs sont en totale transe devant un tel spectacle. Ma déception est encore plus grande d’être arrivé en retard pour entendre la totalité de leur répertoire interprété dans la grande capitale ce soir.

Vraiment leur départ de la scène m’a fait un pincement au cœur. Vivement un retour en mode tête d’affiche !

 

The Ocean Collective

Fumée, lumières faibles, éclairage stroboscopique l’arrivée sur scène du collectif berlinois n’est définitivement pas pour les épileptiques. Les premières notes suffisent pour donner le ton que la prestation aura pour les prochaines minutes à venir. C’est en français que Loïc nous souhaite la bienvenue, tout juste avant qu’un ouragan de son et d’émotions ne s’abattent sur nous, aussitôt on est frappés par la qualité musicale exceptionnelle bien représentée sur scène vis-à-vis ce que les albums nous offrent à la maison.

Malheureusement, quelques difficultés techniques telles que la perte de la basse et du micro principal en début de concert viennent tenter de briser le charme. Laissant place à une version instrumentale le temps de corriger le tir habilement par ces prodigieux maîtres d’orchestre. « The show must go on ».

Gestuelle de scène est plutôt statique, mais très intense à la fois, surtout du côté du vocaliste qui vit vraiment sa musique. D’ailleurs il sera de moins en moins stationnaire comme le concert avance, car il ira même d’un bon vieux saut de la scène tout droit dans la foule à un moment épique qui a enflammé la foule.

Les claviers sont très bien définis dans l’amalgame de sons éclatés et lourds. Une harmonie vocale peu orthodoxe exécutée avec talent dans des tons différents de la mélodie principale vient confirmer la maîtrise vocale impressionnante par tous les membres chantants.

À un certain moment, Loïc et Peter interchangent les rôles avec alors que le claviériste vient chanter et que le leader s’occupe des séquençages et les back vocaux pour le plaisir des yeux et des canaux auditifs.

On aurait aimé voir surgir Jonas de Katatonia et accompagner le groupe sur une de leurs compositions communes, mais ce sera pour une autre fois, car la formation nous quitte avec une assistance en délire.

Vraiment mon coup de cœur de ce soir va à ces monstres de créativité et de talent. À voir et revoir et revoir encore!

 

Katatonia

Depuis ma première écoute de la pièce Brave en 1996 que je désire voir les vétérans suédois du doom en spectacle. Ce soir on va pouvoir cocher cette case. C’est sous un éclairage froid digne du genre musical que les légendes de Stockholm apparaissent enfin sous les feux glaciaux de la scène.

La voix envoutante ou plutôt, les voix envoutantes, du quintette sont parfaites. La sonorité cristalline et la définition immaculée des instruments nous font frissonner. Nous avons droit à une sélection de morceaux les plus élaborés du catalogue énorme du groupe. Y allant de plusieurs classiques forts attendus tels que « My Twin » (que Jean-Daniel de notre webzine voulait entendre), mais rien du répertoire plus black/death métal des premières heures (hé non on n’a pas eu droit à Brave, à ma grande tristesse).

La majorité des hymnes entendus provenaient surtout de l’excellent album phare « The great cold distance » sorti en 2006. Jonas était dans une humeur festive, mentionnant à plusieurs reprises la présence du bar au fond de la salle.

C’est avec un généreux paquet cadeau de 20 chansons que le groupe finira par quitter une foule de fans totalement obnubilés par la prestance de nos idoles de la musique sombre et pesante, le tout avec comme dernier adieu la merveilleuse « Lethean ».

Lors de leur départ, on ne peut que saluer la force du guitariste Roger Öjersson, qui a tenu tout ce long concert malgré ses problèmes de santé. C’est canne à la main sous une rafale d’acclamation des amateurs de doom de la grande capitale qu’il quitte en guerrier !

Wow, quelle soirée riche en saveur pour l’ouïe que nous avons vécu ce soir.

Bonsoir, bonne nuit et à une prochaine odyssée!

-Texte: Dany Marchand
Photos: Joé Lacerte