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Merkabah 

“Ubiquity”

2014

Maple Metal Records

 

Très belle idée que ces Parkinson Metal, ces spectacles bénéfices pour amasser des fonds pour soutenir la recherche contre cette maladie qui touche bien des gens. Le quatrième concert de la série, ce vendredi 13 juin à L’Agitée de Québec, sur Dorchester, vous permettra d’entendre Heroik, Warder et, surtout, pour le lancement de leur troisième album, Merkabah, qui y présentera officiellement “Ubiquity“, déjà disponible depuis mars sous l’étiquette Maple Metal Records.

C’est plus d’une cinquantaine de minutes de musique que nous offre Merkabah et le piano qui introduit “Mythomania” nous suggère d’entrée de jeu que l’on flirtera avec le rock progressif. Cette première impression ne s’estompe pas, avec l’ajout de la guitare et des claviers. Cette première pièce prend ensuite des allures typiquement rock, particulièrement lors de l’entrée en scène de la chanteuse Jacinthe Poulin, qui complète bien la musique en chantant avec beaucoup d’assurance. Un solo de claviers en fin de chanson nous confirme bien qu’on a affaire à un metal prog bien ficelé, les sonorités étant particulièrement bien choisies.

Sur “Divine Speaks“, la section rythmique s’illustre en introduction pour ensuite faire place une guitare très présente, solos et riffs se faisant bien mordants. Plus rock, cette pièce nous montre davantage le visage metal du groupe de Québec. Nous renouons ensuite avec le prog sur “Red Letter Days“, pièce plus nuancée où l’énergie musicale fluctue habilement, bien que la voix de la chanteuse fasse davantage merveille sur les passages plus musclés. Quant aux claviers, ils arborent ici une sonorité plus vintage pour imprégner la pièce d’une ambiance différente.

Sur “Circles of Despair“, ce sont d’abord les claviers qui tirent leur épingle du jeu, grâce entre autres à un bon solo en milieu de pièce. La guitare reprend toutefois ses droits quelques secondes plus tard; il est décidément intéressant pour l’auditeur d’entendre tous les instruments voler la vedette à l’intérieur d’un même morceau, résultat évident d’un travail d’équipe au niveau des arrangements. Il est toutefois décevant que l’excellent solo de guitare en fin de chanson s’estompe en fade out, pratique qui m’a toujours laissé froid.

Ajout apprécié en introduction de “Brothers from the Seeds of Cain” que celui du son de flûte, son typiquement associé au rock progressif. Un passage acoustique fait ensuite place à la montée des éléments rock, avant que le piano ne revienne pour ajouter une texture sur les riffs offerts. C’est toutefois la batterie bien pesante qui s’avère la vedette de cette chanson. Encore une fois, on ne peut que constater la belle passe d’armes entre les musiciens avant que le jeu se calme en conclusion, gracieuseté de la guitare acoustique.

Difficile ensuite de ne pas penser à Deep Purple en entendant l’énorme son de Hammond qui se répand sur “Deadly Prophets of the Printed Page“. La fusion entre prog et metal vit encore ici de belles heures avec en plus un très bel arrangement vocal en milieu de chanson. Il fait ensuite bon de relaxer un brin avec “Agartha“, chanson plus calme qui vient un peu contredire ce que je prétendais plus haut: Jacinthe Poulin fait ici flèche de tout bois avec une très belle interprétation qui prouve qu’elle peut aussi s’illustrer lorsqu’elle chante plus en douceur.

C’est avec la pièce-titre que les hostilités sont finalement conclues, un morceau de douze minutes totalement instrumental divisé en trois parties bien distinctes où encore une fois, l’esprit de groupe se fait bien sentir. En effet, aucun instrument ne réussit réellement à en éclipser un autre. C’est l’amateur de progressif en moi qui est ici ravi en étant confronté à de belles variations sonores et à d’habiles cassures rythmiques. La section centrale, dominée par le piano et les claviers, s’avère particulièrement brillante, surtout pour faire le pont entre les parties introductive et finale qui sont plus lourdes. Difficile de demander mieux pour fermer l’album avec panache.

Ce qui saute aux oreilles, en bout de ligne, c’est de constater à quel point la qualité est constante sur toute la durée du disque. Voici un groupe qui offre un son très professionnel et qui, élément qui fait toute la différence, augmente ses qualités instrumentales de grandes qualités d’écriture. Les huit chansons sont complexes, bien arrangées, bien jouées, bien chantées. Il est fort dommage d’ailleurs que je ne puisse assister au spectacle, obligations professionnelles obligent… Si le groupe démontre sur scène les mêmes qualités que l’on peut entendre sur disque, votre vendredi soir risque d’être mémorable. Bon spectacle!

Stéphan

 

 

 

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