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Après une nuit courte et une grosse journée de travail, il y avait un rendez-vous à ne pas manquer pour n’importe quel amateur de thrash métal au Piranha Bar. C’était la deuxième fois que j’allais au Piranha Bar où il y a un bar au rez-de-chaussée et une petite salle de concert au deuxième étage avec, évidemment, un bar pour boire une bonne bière en excellente compagnie (si possible). En fait, la première fois que je suis allé au Piranha Bar, c’était l’année passée, le jour de ma fête, avec Valfreya et Ogmios, dans le temps que mon meilleur ami Dave d’ Ogenix était dans le groupe. Cette fois-ci, Dungeon Works Productions avait l’honneur de produire Lich King avec quatre premières parties que je ne connaissais pas excepté pour Powered By Death qui m’étaient familiers. Les premières parties étaient Mutank, Chemical Way, Powered By Death et Kadraal. C’était donc une excellente occasion de connaître mieux ma scène locale, surtout au niveau du thrash métal. Avant de partir, j’ai décidé de porter mon chandail d’Ondes Chocs, une des rares fois que je le fais, afin de faire savoir aux groupes qu’Ondes Chocs était là pour couvrir le concert.

Enfin arrivé sur place une douzaine de minutes à l’avance, je montai au deuxième étage pour recevoir mon étampe pour l’accès au concert. La première chose que je vis, c’est qu’il y avait très peu de personnes présentent sur place. Ce n’était pas très grave vu que le concert n’avait pas encore commencé. Ensuite, je me dirigeai à la seule table de marchandise qui est celle de Lich King. Je me suis dit sur le coup que les autres groupes allaient éventuellement installer leur table de marchandise un peu plus tard. Je m’achetai donc un t-shirt, les deux derniers albums (le batteur du groupe m’a dit qu’il n’avait plus les autres albums) et une «patch». Je reçu en prime un sticker pour tout ça. Je m’installai en face de la scène en attendant le début du show.

Mutank embarqua sur la scène. Un groupe de thrash métal, mais avec certaines influences du crossover. Le groupe offrait des chansons intéressantes avec une durée quand même courte comme les groupes de ce genre de métal. Au niveau de l’énergie sur scène, il n’y en avait pas beaucoup mis à part se faire aller la tête par en avant et par en arrière. C’était un détail que l’on oubliait assez rapidement grâce à l’énergie que leur musique dégageait. Une bonne première surprise, c’est bien la réception de la foule puisqu’il y a eu des «mosh-pits» pendant leur performance. Je vous avoue que je m’attendais à voir le début des hostilités à partir du troisième ou quatrième groupe, mais franchement, j’étais agréablement surpris, même que quelqu’un voulait que je participe au «mosh-pit» avec lui, mais ça fait plusieurs années que je ne participe plus à ce genre de choses. Après leur performance, je suis allé saluer quelques personnes que je connais qui sont arrivées pendant leur performance.

Après, ce fut au tour de Chemical Way de Chateauguay. Chose étonnante, c’est bien l’un des seuls groupes que je connais où tous les musiciens n’ont pas l’air de métalleux, mais comme un proverbe français le dit, « l’habit ne fait pas le moine ». Je ne dis pas que c’est une mauvaise chose, car au contraire, ça éloigne les stéréotypes et les généralisations de l’image qu’on a souvent en tête du typique métalleux. Déjà la première chanson a attiré mon attention puisque le batteur faisait du vocal, en plus que les deux guitaristes et le bassiste faisaient de temps en temps du backing vocal, ce qui est un plus. Aussi, au niveau de la musique, il y a un beau mélange entre le vieux thrash métal et le crossover à la DRI, MOD et compagnie, des années 80. Après les deux premières chansons, je me disais, comme d’autres personnes, que si le groupe ne finissait pas aussi bien qu’il avait commencé, ça serait une déception parce qu’honnêtement le groupe avait le vent dans les voiles.  Sachez qu’on ne fût pas déçus, car pendant tout le long de leur performance, le groupe a livré la marchandise d’une façon spectaculaire malgré que des fois, l’un des guitaristes avait parfois de la misère à suivre le rythme. Peut-être que ce n’est qu’une impression. De la part du public, il était réceptif et la violence du «mosh-pit» a monté d’un niveau. Deux autres personnes filmaient leur performance, mais quelqu’un qui avait visiblement pas mal bu les brassait, nuisant à leur bon travail. Pas mal tout le monde a beaucoup apprécié leur performance. Très hâte de les revoir à un prochain concert et en espérant que le groupe ait un éponyme ou un album à vendre.

Petit changement de programme, Powered By Death va jouer plus tôt que prévu étant donné que les batteurs de Chemical Way et Powered By Death sont gauchés. Il est vrai qu’en déplaçant Kadraal comme quatrième groupe ça allait sauver beaucoup de temps. Je suis arrivé après les deux premières chansons étant donné que je jasais avec Francis Labadie et Daimon après la performance époustouflante de Chemical Way. Après avoir monté, je me suis rendu compte que la salle était encore plus remplie qu’aux deux premiers groupes. Leur musique, qui est du thrash métal, me faisait penser à Sodom et à Exodus. Pas grand-chose d’original, mais ça reste que les pièces ont un bon rythme. Chose intéressante, ce sont les deux guitaristes qui se partagent la voix. Par contre, le groupe n’offrait pas beaucoup de présence sur scène en étant pratiquement que des statues ou en bougeant un peu sur place. Du côté du public, il n’y avait pas beaucoup de personnes qui se faisaient allées la tête et les personnes qui avaient l’habitude de brasser le Piranha Bar lors des deux premiers groupes s’abstenaient de le faire à ce moment. De tous les groupes de la soirée, c’est celui qui a su moins attirer mon attention. Cependant, ça ne veut absolument pas dire que le groupe est mauvais, mais juste que le groupe ne s’est pas autant démarqué que les autres premières parties.

Puis, Kadraal embarqua sur scène. Pendant la soirée, j’ai beaucoup jasé avec le guitariste François Lessard, qui est très sympathique. Jusqu’à maintenant, je passais une très bonne soirée. Je ne m’étais pas fait d’attente face au groupe étant donné, comme les trois premières parties de cette soirée, que j’allais les découvrir. Le groupe offrait un thrash métal avec un côté technique dans leur musique qui faisait penser à des influences de Slayer, Sacred Reich et même Exodus (surtout pour le côté technique). Sur le choix des pièces, le groupe a bien varié sur des pièces de leur éponyme, mais aussi certaines nouvelles pièces qui vont être présentes sur leur premier album. Les pièces sont intéressantes et ont un excellent rythme. Les solos sont assez variés et entrainants.

De plus, les musiciens avaient une excellente énergie sur scène et n’hésitaient pas à bouger dans tous les sens. L’un des guitaristes est même allé dans le parterre, si on peut l’appeler ainsi, pour tourner en rond et bousculer certaines personnes qui étaient sur son chemin ou qui voulaient tripper avec lui. Le chanteur était très gestuel lorsqu’il chantait et bougeait pas mal. Même l’autre guitariste sautait et faisait du «headbang» à fond.  Le côté négatif de leur performance, c’est au niveau du son. Le son ne semblait pas avantager le groupe et surtout que le technicien de son n’a jamais su réparer le «feed» que l’on pouvait entendre de l’un des guitaristes. Même François m’a confié que c’était assez décevant pour leur son. Après leur prestation, c’était le seul groupe des premières parties que j’ai pu acheter un CD, qui est un éponyme pour être plus précis parce que les trois autres premières parties n’en avaient pas. C’est dommage parce que j’avais un projet en tête pour Ondes Chocs, mais semble-t-il que ça tombe à l’eau. Peut-être, et je dis bien peut-être, que je vais me rattraper là-dessus.

Enfin, minuit passé, Lich King embarqua sur scène et les gens étaient beaucoup plus présents en avant de la scène que les autres groupes. J’avais de bonnes attentes face aux groupes et j’espérais que leur performance allait me les satisfaire. Mes attentes étaient les suivantes :

– Beaucoup de «mosh-pits».

– Les membres de Lich King très énergiques sur scène.

– Beaucoup de «headbanging».

Il faut rappeler que Lich King fait partie des groupes du «revival thrash metal» parmi Warbringer, Evile, Bonded By Blood, Gama Bomb, Havok et j’en passe. Pas que le thrash métal est mort puisque des vétérans de la scène américaine et allemande sont encore vivants et actifs plus que jamais. C’est surtout parce que le thrash a connu un creux lors des années ’90 et qu’à partir des premières années du nouveau millénaire, il y a eu une explosion et une expansion des groupes du thrash métal avec des influences et un son des années 80 que les experts vont nommer un peu plus tard le «revival thrash metal». Il faut aussi comprendre que ce creux a surtout servi à l’expansion du black métal, beaucoup lié à la scène norvégienne, mais on ferait une erreur en oubliant les excellents groupes suédois du genre et du death métal, autant de la scène américaine que de la scène suédoise, en n’abordant que les deux plus grosses scènes du genre. Ceci met fin à un petit cours d’histoire très bref.

Au niveau de la musique, on sent  très bien l’influence des années ’80 du thrash métal des groupes venant de Death Angel, Dark Angel et compagnie, mais le son qui ressortait au Piranha Bar n’était pas génial. Même que le chanteur n’a pas pu chanter une bonne partie d’une chanson dû à un problème technique. Il essayait de chanter aux micros des deux guitaristes, mais rien ne fonctionnait. Parlant du chanteur, sa voix était gossante comparativement sur leurs albums où elle semble plus normale. Ça m’arrivait d’espérer qu’il arrête de chanter tellement que je trouvais qu’il essayait de chanter comme dans un groupe de power métal avec pas mal d’influences de thrash métal ou comme moi qui essaie de chanter aigu alors que c’est affreux ce qui sort. Les solos étaient presque inaudibles et les «backing» vocals l’étaient des fois. Sincèrement, le technicien de son n’a pas fait une bonne job sur les deux derniers groupes et c’est extrêmement dommage.

Parmi les attentes énumérées un peu plus haut, voyons voir si elles ont été atteintes. Il y avait effectivement pas mal de «mosh-pits» qui étaient intenses et violents chanson après chanson. Quand il y n’en avait pas, c’est tout simplement parce que le groupe ne jouait pas et que le chanteur parlait. C’est grâce à ces moments-là qui ont permis aux gens de se reposer et reprendre des forces. J’aurais été étonné de ne pas voir beaucoup de «headbanging» de la part du public. Parmi ceux et celles qui ne faisaient pas parti des «mosh-pits», ils se faisaient plutôt aller la tête sur le rythme de la musique. L’attente qui n’a pas été atteinte, c’est au niveau de l’énergie de la part des membres de Lich King. Je vous avoue que je m’attendais à voir pas mal d’énergie de leur part comme le rythme de leur musique, mais les musiciens ne sont contentés de faire pas mal de surplace, sauf le chanteur qui se déplaçait une fois de temps en temps. J’avoue que c’était une déception, mais peut-être que si le groupe serait sur une plus grosse scène, ça serait complètement différent. Ça reste à voir…

La chose que je n’ai (j’hésite à rajouter vraiment) pas aimé pendant leur prestation, c’est le chanteur du groupe qui se moque des gens parce qu’ils ne sont pas dans le «mosh-pit» et qui regardent le concert dans leur coin bien tranquille. Je faisais partie de ces gens-là qui ne sont nullement intéressés à vouloir se péter la gueule et regarder beaucoup plus la performance du groupe. Selon moi, c’est le genre de comportement qu’il faut éviter parce que ça insulte les gens qui veulent seulement voir le groupe performer sans se soucier de se faire bousculer par qui que ce soit. Le groupe fit un rappel dû à la forte demande de la part du public et le groupe joua une dernière chanson pour conclure en beauté cette soirée de thrash métal.

En conclusion, Dungeon Works Productions a produit une autre excellente soirée avec des groupes spectaculaires que j’ai vu pour la première fois, ce qui est rare étant donné que je vais voir beaucoup de concerts à chaque année. Une belle soirée de thrash métal que n’importe quel amateur de ce genre aurait voulu assister et franchement, si vous avez manqué ce moment dans le temps et que vous êtes un amateur de thrash métal, vous avez manqué un sacré bon concert. Pour le prix à l’entrée qui était de 12$, il n’y avait pas d’excuse de manquer ce concert excepté si vous n’aviez pas l’âge pour aller voir le show. Tous les groupes ont donné leur 110% et ce, malgré quelques problèmes techniques durant la soirée, notamment pour Kadraal et Lich King. Bref, j’ai adoré ma soirée et même si je dois me lever tôt pour aller faire une excursion pour visiter trois vignobles québécois (Domaine Les Brome, Val Caudalies et Domaine Vitis). Heureusement que le concert a fini avant que le dernier métro passe parce que le matin aurait été encore plus difficile et surtout que ça peut être chiant le service de nuit pour se rendre à la maison…