Lundi le 14 avril était une autre de ces dates entourées en rouge dans mon calendrier de shows metal à voir. Destruction se présentait aux Foufounes Électriques de Montréal en compagnie de Krisiun et Exmortus pour leur North American Tour 2014, une présentation de BCI que je remercie pour l’accès. Je n’allais pas manquer Destruction dont la discographie regorge d’hymnes thrash mémorables et surtout dont le EP « Sentence of Death«  de 1984 trône toujours parmi mon best of thrash of the ’80’s. D’ailleurs, alors que plusieurs trippaient Metallica, Megadeth, Slayer… mon Big 4 du thrash dans les années ’80, c’étaient eux avec Venom, Kreator et bien sûr nos seuls et uniques Voivod. Je sais que j’ai omis Anthrax dans ma liste du Big 4 américain mais mettons que là vous avez vu le mot et c’est bien en masse en ce qui me concerne.

Donc, j’allais revoir finalement Destruction avec un grand plaisir, eux que je n’avais pu revoir en spectacle depuis les années ’90 n’étant jamais disponible lors de leurs derniers passages et le reste du line up promettait car Krisiun que j’ai vu à de nombreuses reprises, mettent toujours le feu dans la place et le groupe chargé d’ouvrir la soirée, Exmortus, m’avait été fortement recommandé à plus d’une reprise.

 

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Après leur passage en 1ère partie de Dark Tranquility au même endroit il y a quelques mois, Exmortus semblait faire l’unanimité quant à l’opinion que je pouvais déduire des commentaires entendus: les 5 gars sont vraiment dans une classe à part. Et pour finir de me convaincre, sur le chemin vers les Foufounes Électriques, je rencontre Dominique Ducharme, guitariste de Sanguine Glacialis qui ont justement partagé la scène avec eux lors dudit concert, et ce dernier de se lancer dans l’éloge d’Exmortus comme quoi c’est définitivement un groupe à découvrir tant pour leur sens musical que pour leur dextérité et précision. Et bien, je dois avouer que leur réputation n’est pas surfaite. Ils savent construire une pièce thrash sans être redondant, linéaire, répétitif et finalement ennuyant. Bravo à la section rythmique basse/batterie qui contrairement à celle de plusieurs groupes n’est pas sur le cruise control et nous offre des constructions qui progressent de belle façon, nous gardant sur le qui-vive. Côté guitares, les riffs sont cools, pas trop guitar hero même si certains riffs complexes frôlaient les constructions classiques et rappelaient également le powerthrash de Helloween, ceci étant particulièrement mis de l’avant lors de la pièce instrumentale d’environ 6-7 minutes qu’ils nous ont jouée; les solos abondent aussi mais là également ils ne sont pas à l’épouvante. De plus, leur dextérité ne faisait aucun doute et c’était plaisant de les voir se partager le lead avec des riffs individuels qui s’emboîtent un dans l’autre et se répondent. Ils se sont aussi permis une acrobatie qui aurait ravi Janette Bertrand et tous les adeptes du légendaire jeu « Twisters » lorsque les 2 guitaristes se sont contortionnés ensemble pour effectuer leur riff sur la guitare de l’autre qui, pour l’occasion, était portée dans le dos.

Donc une petite demi-heure de prestation en ouverture qui nous a offert une belle démonstration de la part d’un groupe qui a trouvé une façon de faire du thrash qui m’a paru rafraîchissante.

Après une demi-heure à peu près d’entracte, le trio infernal brésilien est monté sur scène nous assaillir de son thrash rapide et brutal. Y’a pas à dire, Krisiun a beau venir souvent à Montréal en support de tournée de pleins de groupes – et donc par le fait même comme je l’ai dit, je les ai vus souvent dont la 1ère fois au début des années 2000 à l’époque de leur album « Ageless venomous » il me semble – ils ne manquent jamais leur coup. C’est sûr que leur côté enthousiaste accentué par leur indiscutable amour pour le Québec les rend plus que sympathiques. En plus, y’a également un petit quelque chose d’accrocheur dans les riffs qui fait qu’on se laisse entraîner quoique je dois avouer que personnellement je les trouve un peu redondant après un certain nombre de pièces. Je prends 2-3 lignes pour expliquer. Krisiun représente ce que j’ai souvent comme sentiment paradoxal face à la musique brutale et rapide. Lorsqu’une de leurs pièces débute dans une random playlist, mon attention est immédiatement attirée et je trippe comme un malade toute la pièce au complet mais si je mets un album, je me lasse après 4-5 pièces. Mais finalement, je ne suis pas ici pour discuter de mes goûts musicaux et de toute façon, en live c’est jamais pareil et j’ai réussi à captiver mon attention en m’intéressant aux blastbeats de Max Kolesne qui rentre ça au poste en tabouère. En fin de compte, peu importe mon opinion générale sur Krisiun, notre public leur a bien rendu cet amour à grands coups de défonce dans le pit et de headbanging furieux durant la 40aine de minutes qu’a duré leur prestation.

Il était maintenant 21h35 et nous avions donc moins d’une demi-heure à attendre avant les légendes du thrash allemand, Destruction, qui étaient annoncées pour 22h00. C’était en théorie car alors que les techniciens étaient en poste et que tout semblait prêt pour leur arrivée sur scène bien avant 22h00, ceux-ci se sont faits attendre plus de 20 minutes passés l’heure prévue! C’est donc plus près de 22h30 que le trio a entamé une heure de prestation entrecoupée de remerciements appuyés de la part de Schmier qui appréciait notre présence un lundi soir. On a eu droit à un setlist qui a touché à plusieurs de leurs nombreux albums avec une prépondérance de pièces provenant de leurs 3 premiers albums, au grand plaisir des fans de old school. En fait, je dirais qu’ils ont joué les meilleures pièces de leur best of paru en 2007 et intitulé « Thrash anthems« , additionnées de la pièce-titre de « Spiritual genocide » sorti en 2012 et « Armageddonizer » de « Day of reckoning » paru en 2011. Même pas besoin de souligner qu’ils ont terminé leur prestation avant rappel en enchaînant « Death Trap« , « Total Desaster » et « Bestial invasion » pour vous faire baver de jalousie parce qu’ils ont assez de hits pour que n’importe quel enchaînement que vous pouvez imaginer de leurs hits étalées sur une heure ressemblera à un best of the greatest hits of Destruction tellement ils en ont justement des hits. Ils sont revenus nous terminer la soirée avec « Curse the Gods » de l’album « Eternal Devastation » et « The Butcher strikes back » tiré de leur dernier album, « Spiritual genocide« .

Ce fut une performance qui m’a plu au plus haut point et je ne pense pas avoir été le seul si je me fie à la réaction de la foule à chaque pièce, au thrash et bodysurf quasi incessant, à la foule qui chantait avec Schmier et bien sûr aux multiples sourires accrochés dans les visages. Plus de 30 ans de thrash pour Destruction dont la pertinence a encore été démontrée lors de ce North American Tour 2014. Salut à Destruction!!

Lex