Mardi le 18 février avait lieu une visite que j’attendais avec plaisir lors du spectacle présenté par BCI aux Foufounes Électriques. Liv Kristine qui débarque en ville alors que je suis disponible pour aller la voir… je n’allais pas manquer ça. J’avais par contre un léger problème avec l’heure de début de la soirée, 18h45, car ça me laissait peu de temps pour finir ma journée de travail, souper et me rendre. J’ai donc opté de ramasser un Bahn mi 10 pouces, un sandwich vietnamien fait dans un pain sous-marin, de chez Vua sur la rue Saint-Denis. Pour $5, c’est un maudit bon deal et ça se mange bien en marchant tranquillement… bein pas trop tranquillement car comme je disais, j’étais serré dans le temps. J’arrive aux Foufounes Électriques à 18h43. Le temps de mettre mon manteau au vestiaire, ramasser 2 Belle-Gueule Pilsner – $2,75 avant 20h00, ça l’a ce gros avantage que le spectacle soit tôt -, saluer à la ronde les têtes connues au bar qui finissaient de discuter avant de, eux aussi pour la plupart, monter voir le spectacle, et il était plus que temps de me diriger vers la porte pour recueillir mon laisser-passer auprès de Naty de BCI, toujours aussi fine et souriante. Étampe… escalier… Ah, le show n’est pas commencé.
Je suis donc allé m »installer le long du mur derrière la console le temps de finir mon sandwich qui, finalement était trop long à manger pour la marche de Saint-Denis/Maisonneuve jusqu’aux Foufounes. Alors que j’arrosais la fin de mon souper de quelques gorgées de bière, Joris Nijenhuis, batteur de Atrocity qui ouvrait la soirée, est apparu pour se placer derrière son instrument. J’attendais les autres mais les lumières se sont plutôt éteintes. Ah cool, un minimum de mise en scène.
C’est donc sur l’intro de Pandemonium de leur nouvel album Okkult que la soirée a débuté pendant que les lumières restaient éteintes et que les deux guitaristes, Thorsten Bauer et Sander van der Meer s’avançaient sur scène. Ils sont bientôt rejoints par Alexander Krull, leur leader/chanteur alors que s’achève l’intro et que les lumières s’allument lui laissant juste assez de temps pour nous encourager à faire du bruit avant de devoir s’exécuter aux vocaux. Leur nouvel album mélange le death old school avec des arrangements orchestraux aux claviers et ça rentre au poste solide. Pandemonium partait bien la soirée.
Ils ont enchaîné avec Haunted by demons aussi de leur plus récent. Vraiment leur nouvel album rentre autant au poste live. Et bravo à la backtrack car il n’y a ni claviériste, ni bassiste. Ces postes sont remplis par Krull et Bauer en studio mais personne ne les remplace sur scène alors qu’ils se concentrent sur le vocal et la guitare respectivement. Ça donne toute la liberté à Krull pour arpenter la scène et s’assurer que tous embarquent dans le show. Et c’est autant pendant que entre les pièces qu’il nous encouragera à gueuler, les cornes bien haut levées.
Ils sont ensuite retournés dans le temps pour nous jouer une pièce de l’album Hallucinations de 1990. C’est drôle, sur le coup j’ai eu l’impression que c’était Deep in your subconscious qu’ils avaient joué mais en vérifiant les diverses setlists depuis le début de leur tournée (je n’en ai pas trouvé pour Montréal), toutes mentionnent que c’est Fatal Step qu’ils rejouent de cet album. Bon, si quelqu’un en sait plus que moi là dessus, je l’invite à m’éclairer. Je déteste quand je reste avec un doute.
Ensuite, on est retourné à leur plus récent pour les 3 pièces suivantes. Avec March of the Undying, c’est là que je me suis dit qu’il manquait définitivement la présence d’un claviériste sur scène avec tous ses arrangements. Surtout qu’il y avait un clavier d’installer à gauche sur scène. Mais comme c’est Krull qui s’occupe du clavier sur l’album, il y a un choix à faire.
La pièce suivante, Satans Braut, m’a rappelé qu’ils ont quand même eu leur passe gothmetal. Qu’ils nous en servent sur leur dernier album montre bien que Atrocity n’a jamais eu peur de jouer dans les styles et d’ailleurs leurs 2 albums de reprise, Werk 80, bien que pas toujours réussi à chaque pièce montraient une belle ouverture musicale envers la musique qui a influencé plusieurs jeunes adolescents européens dans les années 1980. Pas surprenant que Krull soit du lot. Il a profité de cet intermède un peu plus dance dans la soirée pour inviter 2 jeunes demoiselles à venir se trémousser au rythme de cette pièce qui sonne comme du Rammstein mais un peu plus heavy. Lors des présentations, l’une des demoiselles s’est présentée comme provenant du Nebraska. Wow! Bon, elle pouvait déjà être à Montréal d’avance mais si elle s’est tapée la ride pour le show, c’est toute une fan. Pour ceux qui se pose la question, le Nebraska est au centre des États-Unis d’Amérique vis-à-vis le Manitoba à plus d’une journée de route!!
Après avoir fini le survol de leur dernier opus avec Death by metal qui a généré le 1er vrai moshpit de la soirée, il a raconté un truc que je n’ai pas trop entendu mais j’ai compris finalement qu’il nous racontait qu’ils allaient joué une pièce de l’album Todessehnsucht et qu’il nous remémorait le fait qu’ici en Amerique, le nom de l’album a été changé pour Longing for death – traduction plus ou moins littérale de Todessehnsucht et qui pourrait être désir ardent de mourir en français – contre leur volonté par Roadrunner Records USA et il a annoncé qu’il dédiait cette dernière pièce de leur prestation à son chum Robin de BCI (AKA Rob the Witch de Necronomicon) pour les avoir si bien accueilli à Montréal et ils ont terminé leur prestation avec Necropolis.
Wow, ça allait bien jusqu’à date. Et comme il n’était que 19h40, j’avais en plus le temps de redescendre en bas pour aller me ramasser 2 autres bières avant que le spécial finisse à 20h00. Chose dite, chose faite et je remonte m’installer pour attendre l’arrivée de la troupe de la dame mentionnée en début de texte. À souligner que les musiciens de Leaves’s Eyes sont les gars de Atrocity et que Krull fait les vocaux d’accompagnement.
J’ai découvert la superbe voix de Liv Kristine à l’époque de Theatre of Tragedy et bien que je ne sois pas un grand fan du style musical plus soft de Leaves’ Eyes, je peux très bien apprécier le rock symphonique quand c’est bien fait. Dès qu’elle a mis les pieds sur scène, je savais que je serais transporté.
Après avoir interprété Galswintha de leur plus récent album, Symphonies of the night, elle nous a dit avec comme un attendrissement comment elle était contente d’être de retour. À voir comment la foule massée devant la scène semblait hypnotisée après seulement une pièce, le plaisir était plus que partagé.
La pièce suivante, Take the devil in me – de Njord sorti en 2009 – a initié pour de bon ce petit mouvement de foule au rythme de leur 4:4 symphonique qui devait durer toute leur prestation. Hochements de têtes et oscillements des hanches étaient de mise, tout en douceur. Euh… bein les autres là, pas moi??!! Hahahaha, bein non je vous le dis drette là, moi aussi je me suis laissé entraîner dans la vibe. C’était quand même assez spécial pareil. Autant le monde était embarqué dans le death technique de Atrocity et là trippait sur un son pas mal plus, mettons, pop. Mais je vous le redit, ça doit avoir à faire avec la présence de Liv Kristine.
Après la 2ème pièce, elle a redit merci à tous d’être présents en resoulignant son plaisir d’être ici à Montréal. Elle a pris la peine de nous souligner que de venir ici après avoir parcouru les États-Unis d’Amérique, c’était comme revenir chez elle, la Norvège, où l’hiver est aussi sombre et froid s’excusant ensuite pour ceux qui n’aiment peut-être pas l’hiver. Je vous le dit, elle peut attendrir le coeur d’un ours, surtout d’un vieil ours comme moi. D’ailleurs, c’est un peu ce qu’elle avait à côté d’elle sur scène en la personne de Krull qui lui arpentait la scène comme les dits animaux au zoo ou au cirque, ou plutôt comme le maître-dompteur qui cherche à obtenir les bonnes réactions. C’est exactement ce qu’il obtenait de façon quasi pavlovienne; la foule levant les cornes en l’air, battant les rythmes des mains, tout ça sur un simple geste de Krull. Ce fut donc sans hésitation que, à la demande de Liv, tous se sont mis à jump around pour la caméra qui filmait le spectacle, lors de la pièce My destiny aussi de l’album Njord – la 4ème de la soirée suivant Farewell to the proud men de Vinland saga paru en 2005.
Juste à titre d’info, le Vinland (terre du vin ou terre de pâturage selon la traduction proposée) des sagas scandinaves est la côte Est de l’Amérique du Nord s’étendant approximativement du Détroit de Belle-Isle (entre Terre-Neuve et le Labrador) jusqu’au Sud de l’État du Maine. Au Nord du Détroit de Belle-Isle, les sagas nomment le Labrador, Markland (terre des forêts) où habitent les Skraelings (Inuït), personnages un peu gnomiques des sagas (une pièce du EP Legend land s’intitule d’ailleurs Skraelings). Fin de la parenthèse historique.
C’est avec le retour à leur nouvel album dont ils interprètent la pièce-titre que je me suis mis à vraiment les regarder afin de voir quelles différence seraient notables dans leur jeu puisque, tout de même entre du Leaves’ Eyes et du Atrocity, il y a une marge. Et bien à voir le plaisir des musiciens, je me suis dit que peut-être justement à travers Leaves’ Eyes, ils canalisent leur côté plus mélo et que c’est ce qui les a fait revenir avec un nouvel album de Atrocity beaucoup plus brutal, dans la veine de leur début, même s’il comporte beaucoup plus d’orchestrations de claviers mélodiques que tous les précédents. J’ai aussi trouvé – bon vous allez commencer à me trouver tannant avec Liv Kristine – que non seulement elle a une belle voix mais en plus elle sait l’utiliser, ne se contentant pas de simples envolées lyriques. Pendant que je parle de prestation, je me dois de resouligner l’absence de claviériste pourtant une part importante de leur musique et applaudir les technologies qui le permettent. Finalement, le clavier sur scène allait être utilisé par Moonspell et ne faisait qu’attendre leur tour.
S’en est suivie la pièce la plus heavy de leur performance soit Melusine du EP du même nom de 2011. Une pièce qui m’a fait penser qu’elle pourrait également être à sa place sur un album de Atrocity avec elle aussi un petit côté Rammstein. Cette fois-ci, Alexander Krull est beaucoup plus présent au niveau vocal mais comme depuis le début de la prestation de Leaves’ Eyes, je peine à entendre ses couplets définitivement enterrés en duo et à peine présents en solo. C’est platte un peu car on l’entendait très bien quand il parlait entre les pièces.
Après cette pièce, la dame s’excuse encore, cette fois pour son français qui s’est perdu ou n’a jamais été. Elle nous annonce une autre pièce de Vinland saga, Elegy, qui sera suivie de Hell to the heavens du nouveau et finalement nous en étions rendus à la dernière pièce de leur performance, la belle dame nous invitant à aller la rencontrer à la table de marchandise après le spectacle. Les fans ne se sont pas fait prier pour s’amasser à la table de marchandise pour se faire photographier avec elle. Et c’est avec le sourire sincère qu’elle s’est prêtée au jeu pendant facilement plus d’une demi-heure car ce n’est que vers le milieu du spectacle de Moonspell que j’ai pu m’approcher d’elle à mon tour pour me présenter et la remercier pour leur spectacle.
Donc c’était maintenant au tour du wolfpack portugais de venir nous gâter. C’est avec un beat industriel suivi du solo de batterie de Miguel Gaspar que les musiciens de Moonspell s’installent pour interpréter Axis Mundi de leur dernier album, Alpha Noir, paru en 2012. Le chef de la meute, Fernando Ribeiro, apparait casque de guerre style centurion sur la tête.
Pour les avoir déjà vu 1 fois il y a près de 10 ans à l’époque de l’album The Antidote (2003) et les connaissant plus pour leur stock de cette époque et les années précédentes puisque je les ai découverts avec Wolfheart en 1995, j’avais bien hâte de voir où en était rendu ce groupe qui roule sa bosse avec plus ou moins le même line up depuis près de 25 ans ayant été formé en 1989 sous le nom de Morbid God, changé pour Moonspell en 1992.
De voir arriver Ribeiro constumé m’a tout de suite embarqué me permettant de découvrir live un album que j’ai peu écouté jusqu’à présent. Ils ont d’ailleurs enchaîné avec la pièce titre du même album, Alpha Noir, tout de suite après et le casque a pris le bord révélant le faciès shamanique de Ribeiro. Je dis shamanique parce que j’ai toujours trouvé qu’il me faisait penser au Devin dans Astérix depuis que je l’ai vu au Medley avec ses longs manteaux de cuir.
Et le clavier est finalement mis à profit. Je mentionne tout de suite que ce ne fut pas pour toutes les pièces puisque, encore une fois il n’y a pas de claviériste attitré, le clavier étant pris en charge par Pedro Paixao aussi guitariste. Il y avait de nouveau des choix qui devaient se faire et c’est la guitare qui l’a emporté reléguant le clavier à la backtrack plus souvent qu’autrement. Oh well!! Côté shredders par contre, on était encore bien servi et leur cohésion était évidente.
Leur setlist, qui a duré environ 1h15, a permis d’entendre des pièces choisies dans leur ample discographie dont naturellement les singles qui avaient promu certains albums à l’époque. Je dois avouer que les pièces provenant de leurs albums post-2003 m »étaient moins connues (et je ne peux vous en faire la liste) mais ça reste que ce n’est pas parce que je ne les avais pas aimées à l’écoute. C’est juste que dans la mer de groupes qui existent, j’en avais repêché d’autres délaissant les Invocateurs séléniens. L’exécution de ces pièces m’a permis de constater que peu importe les moments de leur carrière, Moonspell ont toujours su composer des pièces avec juste ce qu’il faut d’atmosphère goth/doom. Et encore une fois, ces pièces sont servies de main de maître par un frontman qui sait lui aussi embarquer une foule.
Mes moments forts ont tous été concentrés à la fin du spectacle alors qu’ils ont terminé avec les pièces que j’aimais/connaissais le plus de leur setlist soit Alma Mater (Wolfheart, 1995), Full moon madness (Irreligious, 1996) et en rappel Everything invaded (The Antidote, 2003). Ce trio en fin de spectacle peut être considéré comme la cerise sur le sundae d’une soirée qui m’a vraiment plu. Vais-je attendre un autre 10 ans avant de retourner les voir. Je ne croirais pas.
Cheers!
Lex






















Liv Kristine nous a tous envouté. J’étais content de la voir pour la 1ere fois live, moi qui l’écoute depuis l’époque Theatre of Tragedy, c’est une des femmes les plus importante de l’histoire du metal. Mais après 2 chansons je n’étais plus juste content, j’étais hypnotisé. J’ai déjà hâte de revoir Leaves Eyes, en espérant que ca prendra pas trop d’années. A souligner tout le temps qu’elle a passer avec les fans après le show et leur cd qui se vendais pas cher a 10$ a la table de marchandise.