Lors des soirées du 23 et 24 Janvier dernier, le Centre Culturel de Rivière-du-Loup, situé à même le Cégep de la région, a fièrement organisé la toute première édition du «R-D-Hell», en partenariat avec District 7 Productions, MR Boucher et FM 107. Étendu sur deux soirées, ce spectacle accueille des artistes de la scène métal et hardcore locale, ainsi que quelques invités d’envergures qui feront plaisir aux fans. Malheureusement, seulement la soirée de samedi le 24 janvier sera traitée ici, faute d’avoir pu assister la veille à l’ouverture de l’événement.
À 20h00, le premier groupe se prépare sur la scène pour ouvrir le bal malgré la présence d’un peu moins d’une centaine de personnes dans cette salle à la capacité d’accueillir quatre-cent personnes. C’est donc une quinzaine de minutes plus tard que 99 Sins émet ses premiers sons. Groupe originaire de Rivière-du-Loup, les cinq jeunes adultes présentent leur musique de style hardcore à une foule timide nécessitant un réchauffement. La formation s’engage donc immédiatement à remédier à la situation, en proposant des riffs de guitares pesants, une performance vocale brutale ainsi qu’un bassiste très impliqué débordant d’énergie. Interagissant avec les fans de hardcore présents sur place entre chaque chanson, les gars polissent le sol de la scène pour laisser place à la prochaine formation. Belle prestation.
Vient ensuite un groupe ayant pris forme dans la région de Québec, qui n’aurait pas eu besoin de l’aide de l’annonceur pour se faire acclamer. On parle ici du seul et unique Get The Shot, formation hardcore fondée au cours de l’année 2009 et qui depuis, connaît un accueil exceptionnel dans le monde de la musique québécoise. Dès leur entrée dans la salle du Centre Culturel de Rivière-du-Loup, à peine plus remplie qu’auparavant, les partisans s’enflamment et ne demandent qu’à ce que le spectacle débute. Dès la toute première note, les moulins à vents fendent l’air de plein fouet, et cette tendance ne s’estompera qu’à la clôture de l’événement. Quelques fanatiques resteront à l’avant-scène pour chanter conjointement avec le vocaliste, qui malgré une fracture à la cheville subie lors de leur dernière prestation, ne se gêne pas pour offrir tout ce qu’il a. Le duo de guitaristes gratte des rythmes rapides, efficaces, faisant même penser parfois à des groupes de thrash connus, tel que Slayer. Le brasier, qui commençait à s’alimenter une heure plus tôt, fait dorénavant rage; la foule est déchaînée et complètement en feu. Ce fut donc une performance pour le moins dire dévastatrice, Get The Shot livre la marchandise avec brio.
Puis, alors que la soirée s’annonce délirante, c’est au tour de A Perfect Murder de venir ajouter sa touche à l’ambiance. Les légendes québécoises du hardcore, et sans doute les pionniers de ce genre musical dans notre belle province, semblent bien heureux de se retrouver sur place et promettent d’en mettre plein la vue. Fidèles à eux-même, les titres joués lors de la soirée inspire la violence chez les fans, toujours dans un cadre amical. En effet, même en exécutant des séries de mouvements dignes des plus grands karatékas, une ambiance familiale remplie de respect mutuel erre entre les fans. La voix puissante du leader retentit dans la salle alors que défilent solos sans ménagement, des riffs de basse qui se marient à la perfection avec les rythmes dictés par le batteur. L’ambiance suinte le hardcore alors que le jeu de lumière crée un environnement sombre propice à la déchéance. Une intense, précise et incroyable maîtrise de leurs compositions, A Perfect Murder remplit sa tâche à la perfection.
Approche le moment que tous attendaient. Dans une noirceur quasi-totale se fait entendre une musique qui rappelle des rythmes que l’on entendrait dans des chansons de hip-hop. Quelques secondes suffisent pour que la foule accueille d’un ébat synchronisé l’apparition du batteur, Stevie Morroti, sur la scène. Tout en prenant place derrière son instrument, ce dernier fait signe de la main aux gens de se rapprocher. Puis d’un coup, les autres membres de Obey The Brave font à leur tour leur entrée en jeu, et débute leur spectacle en force avec la pièce maîtresse de leur plus récent album, c’est-à-dire «Raise Your Voice». C’est le chaos au centre de la pièce, alors que le pit s’agrandit avec chaque minute qui s’écoule. Ne laissant aucune chance à la foule de se reposer, la formation enchaîne rapidement avec «Live and Learn», qui provient du premier album et qui est sans doute leur titre le plus connu. Les notes sont jouées serrées et la voix d’Alex Erian est plus qu’en forme. Surprenant, Miguel Lepage n’est pas à son poste habituel; en effet il se manifeste sur scène comme guitariste, laissant le poste de bassiste à Corey Wilson pour la soirée. Rien ne laisse croire que Greg Wood (guitare) ne fait plus partie de la formation car aucune information de ce genre n’est véhiculée sur les médias sociaux. Il faut donner le crédit au guitariste par intérim du groupe car il a livré une performance solide et sans faille. Le spectacle continu avec plusieurs autres titres bien connus des fans, comme par exemple «Garde la Tête Froide» et «Short Fuse». Reconnus pour leur rythmes au poids lourds ainsi que pour leurs riffs mélodiques, Obey The Brave relâchent la bête qu’ils sont. À partir du moment où «Grim», une pièce pré-enregistrée, se fait entendre, les spectateurs savent que le meilleur est à venir. Comme de fait, leur dernière et probablement leur plus lourde pièce, «Get Real», fait rage à travers les amplificateurs, et laisse place à un désordre implacable sur la piste de danse. Les fans ont su rendre l’énergie que leur balançait le mixte québécois et ontarien. Finalement, grâce à l’évolution stratégique des choix des pistes, à la qualité des musiciens ainsi que leur performance, aux bénévoles qui ont aidé à mettre en place ce spectacle et sans oublier la foule endiablée, cette soirée en fut une mémorable, d’un bout à l’autre. «R-D-Hell» sera un rendez-vous à ne pas manquer pour les années à venir!
Charles-Olivier Giguère





