Formation indépendante de la ville de Montréal, MICROPANiK aime bien jouer avec les contrastes, ce qui créé une atmosphère assez psychédélique. Lorsque tu écoute les albums, tu as l’impression d’être transporté dans un autre univers et dans un état d’esprit un peu flou. La formation nous présente aujourd’hui leur nouveau vidéoclip Requiescat qui apparaît sur leur tout dernier album thématique Black Noël . Pour les fan de rock electro-industriel, vous trouverez votre compte avec MICROPANiK c’est certain. De plus, si vous avez envie d’entendre de la musique de Noël qui sort de l’ordinaire, vous serez servi!

Voici le vidéoclip en question et une entrevue très intéressante que j’ai pu réaliser avec l’homme derrière la formation, Jean-Sébastien Vaillancourt. Bonne écoute et bonne lecture!

Rendez-vous ce jeudi 17 décembre entre 18h30 et 22h sur l’événement de MICROPANiK pour une présentation exclusive du nouveau vidéoclip et aussi interagir avec JS durant la soirée.

Entrevue

Parlez-nous d’où est venu l’idée de créer MICROPANiK? Quel besoin est-ce que ça a comblé?

RÉPONSE :

C’est venu de l’idée de créer un véhicule d’expression qui allait m’amener plus près de mes objectifs. Avant MICROPANiK, j’ai participé à quelques projets et ça n’avançait pas assez à mon goût. J’avais l’impression de stagner et d’être mis dans une position où je n’avais pas assez la chance de m’améliorer en tant qu’auteur, compositeur et interprète. De manière exploratoire, j’ai commencé à travailler sur le concept il y a très longtemps. Par contre, il y a de ça une dizaine d’années, j’ai pris la décision d’en faire ma seule priorité musicale. En prenant les choses en main,  je devenais le seul responsable de mon avenir. Le premier album est sorti en 2012 et Black Noël, le plus récent, est la cinquième sortie de MICROPANiK.


Pourquoi MicroPanik justement?

RÉPONSE :

Dès le départ, j’ai commencé à jouer avec les contrastes, les opposés. Le paradoxe du digital et de l’analogue, du vocal et de l’instrumental, de l’ambiant et du bruyant, du français, anglais et autres langues. C’est aussi de la matière organique utilisée pour faire des sons qui répond à une «vraie instrumentation». J’en ai même fait le concept pour notre troisième album paru en 2017, Materia. De plus, MICROPANiK c’est le mélange de plusieurs styles : rock, alternatif, électronique, ambiant, une touche de punk et de plus en plus métal en vieillissant. Une micro panique, c’est impossible, c’est deux termes qui ne peuvent pas vraiment être amalgamés et c’est justement ça le concept. Également, si tu Google MICROPANiK, à part nous, tu ne trouveras pas grand-chose d’autre. C’est catchy comme nom… non?


Qui est derrière MICROPANiK? Qui sont les principaux collaborateurs?

RÉPONSE :

C’est principalement moi, Jean-Sébastien Vaillancourt qui s’occupe de pas mal tout. Ce n’est pas vraiment un choix. Je pense que c’est arrivé par la force des choses. Tout au long des années, j’ai travaillé avec beaucoup de collaborateurs et ce, à plusieurs niveaux du projet : musique, studio, vidéo, photo, design, etc. Certains se sont beaucoup impliqués et pour d’autres, ce ne fut qu’un passage ou un échange de services. Entre 2013 et 2018, j’ai eu la chance d’avoir un membre permanent derrière les fûts. Son implication dans le projet a réellement contribué à mettre en place les assises du band. Notre relation s’est achevée fin 2018 et pour être franc, ça ne s’est pas super bien terminé entre lui et moi.


Quel est le processus de création pour les albums et quelles sont les principales influences?

RÉPONSE :

Le premier album a été laborieux à faire. J’avais en tête un son et je me suis perdu à essayer de reproduire ce que j’entendais et ce, malgré le manque de ressources. C’est réellement à partir du deuxième album, Arbos EP paru en 2015,  que j’ai trouvé la formule qui tient encore aujourd’hui. Je commence toujours par une structure de basse et de batterie. Je greffe ensuite les arrangements, les synthétiseurs, l’échantillonnage et je termine presque tout le temps par le vocal lorsque celui-ci est présent. Un ami musicien m’a déjà dit qu’il trouvait ma méthode de composition étrange… j’ai trouvé ça flatteur, ha! ha! Depuis 2015, tout ce que vous entendez de la part de MICROPANiK ne contient jamais de guitare, ce n’est que de la basse exclusivement combinée avec les autres éléments. Je l’utilise souvent dans une optique de «playing» de guitare par contre. Pour les influences, sans doute comme tout le monde, je vais dire qu’elles sont difficilement perceptibles dans ma musique. Étant donné que tu me forces à te lancer des noms, je vais citer l’ensemble des projets de Trent Reznor. La période post-Ok Computer de Radiohead m’a aussi influencé. Tout ce qui est alternatif issu des années 80 et l’émergence de la nouvelle culture électronique vers la fin des années 90. Plus récemment, la structure bass/drum d’un band comme Death From Above est devenue le principal squelette. Je n’écoute que très peu du style de musique que je fais. Je deviens trop analytique. Par contre, depuis une quinzaine d’années, j’écoute presqu’exclusivement du métal. Au final, ça doit paraître dans MICROPANiK.

Pourquoi un album de Noël ? Car on s’entend, pour un album de Noël, on est bien loin des traditionnelles chansons. D’où provient cette inspiration générale et les thèmes?

RÉPONSE :

Je suis content que tu trouves que ça ne sonne pas comme un album traditionnel de Noël! C’était le but et de plus, ce n’est que des compos originales. C’est parti d’une vieille mélodie que j’avais en tête et je m’en servais pour écœurer amis et membres de ma famille pendant les fêtes. Un jour, je me suis dit qu’il fallait que j’enregistre ça. Très peu de gens dans mon entourage m’ont encouragé ou ont cru à cette idée. Au final, ça a servi de motivation et ça s’est terminé en mini-album. Je suis présentement en train de t’en parler, c’est donc une réussite pour moi.

Fin 2018, comme je le mentionnais plus haut, j’ai été confronté à un «breakup» au sein du band et puis ça m’a pas mal affecté psychologiquement. J’ai dû me remettre en question sur ce qu’allait devenir MICROPANiK. Tous les musiciens vont te le dire, être dans un band, c’est comme être dans une relation de couple, sans le sexe. Ça se termine souvent tristement et ça laisse tout l’espace vacant pour que s’installe la mélancolie. J’ai dû me trouver un nouveau but et dès janvier 2019, je suis allé chez Steve’s Music pour m’acheter un «Sleigh Bells». Il n’y avait presque plus de choix au magasin puisque tout avait été vendu les semaines auparavant. J’en ai tout de même trouvé un et puis je me suis donné comme défi de produire, au courant de cette même année, un court album de Noël où j’allais en jouer dans tous les morceaux. Je te confirme, c’est impossible d’être triste quand tu entres en studio avec l’objectif de mettre du «Sleigh Bells» partout, ha! ha! J’ai voulu faire un album «humoristique», mais le plus sérieusement possible. À la limite du «personne ne se rend compte que c’est une joke». Je me suis influencé d’un mouvement musical qui s’appelle le Death Industrial, ne pas confondre avec l’Industrial Death Metal à la The Amenta ou bien Fear Factory premier album par exemple. C’est plutôt un style qui mélange souvent une imagerie de Black Metal sur un fond de Power Electronics, musique industrielle et ambiante. Principalement de la portion suédoise de ce mouvement avec des projets tels que Trepaneringsritualen, MZ. 412 ou bien Nordvargr. J’ai terminé l’album fin 2019, je l’ai offert à ma copine, à un ami et à ma famille dans l’objectif de le sortir publiquement avec un vidéoclip, Requiescat, pour Noël 2020. Ça m’a fait sourire tout au long de l’année.


Sinon, de façon plus générale, comment se passe un lancement d’album comme celui-ci en temps de Covid? Et est-ce que cela vous a ralenti?

RÉPONSE :

En début d’année 2020, j’avais commencé à préparer un lancement d’album en solo, avec moi qui jouais live, sur un fond de séquences à l’ordi et de la projection lumineuse que je contrôlais. Ça fonctionnait plutôt bien! La pandémie a malheureusement tout annulé, j’en ai même perdu mon local où je pratiquais. Oui, ça a réellement ralenti le truc. Par conséquent, la promo de l’album et du vidéo ne passeront que par le web. Quand j’ai commencé à travailler sur mes dossiers de presse et finalisé le présent vidéoclip vers l’été, ça a finalement fait du sens pour moi et je me suis même demandé si ce n’était pas mieux ainsi. L’objectif premier de l’album, c’est de faire rire! Personne n’a le cœur à sourire ces temps-ci, quoi de mieux qu’une bonne blague pour te faire digérer la période historiquement merdique dans laquelle nous vivons tous?


Et finalement, à quoi peut-on s’attendre dans la prochaine année pour MICROPANiK?

RÉPONSE :

Lorsque mon batteur a quitté le navire, on sortait tout juste d’une session d’enregistrement où j’ai été en mesure d’enregistrer deux albums avec lui. Le premier, ça a donné Black Noël. Le deuxième, je travaille actuellement dessus et j’ai déjà deux morceaux sur neuf de complétés. Il est dans une sonorité plus «traditionnelle» MICROPANiK à la Materia et je pense que ça va être mon meilleur album. Drôle, mais plus j’avance dans le temps et plus je m’extrêmise au niveau du vocal… la sagesse sans doute! En raison de la crise actuelle et du fait que pour le moment je suis encore seul dans la barque, je me donne un certain laps de temps pour le finaliser. Aussi, je vais souligner le dixième anniversaire de la parution du premier album en 2022. Entre temps, je laisse un peu la crise passer et aussitôt que ça se replace, je recommence à travailler sur le concept live solo dont je t’ai parlé. Qui sait, je vais peut-être tomber sur un super collaborateur d’ici-là? L’appel est lancé et je suis pas mal ouvert. Allez «aimer» notre page Facebook pour rester à l’affût des nouveautés, visitez notre Spotify et nos pages YouTube et Bandcamp! Vraiment, merci 100 000 fois Ondes Chocs pour cette belle entrevue! Hail Satan, Hail Santa!

Merci à Jean-Sébastien de nous avoir fait confiance pour le dévoilement de son vidéoclip!

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Courriel : [email protected]

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Entrevue et article par Vicky Fillion