Les gars de Mesrine s’en vont dans les Maritimes au Thrashfest de Halifax. J’ai le goût d’y aller!

Tu veux y aller?? Si tu veux monter avec ton char, j’y vais avec toi.

Sérieux, Lex!!?? T’es malade!

Ouan, on l’est pas mal tous les 2.

C’est donc suite à cette simple conversation en 4 petites phrases qui a eu lieu au début du mois de juillet que nous avons décidé que ce serait une maudite bonne idée d’aller tripper à Halifax pour le Thrashfest VII auquel participaient, outre Mesrine, Reanimator et Retardnation le 26-27 juillet.

 

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Entretemps, Dave a contacté Graham Cracker et Myron Cottreau, les organisateurs du festival pour leur mentionner notre intention d’aller couvrir leur événement et obtenir notre accréditation média. Une fois cette formalité réglée, restait donc plus qu’à attendre la date de départ. On avait décidé de partir le 25, question de ne pas se presser outre mesure. Justement la veille du départ, Dave m’écrit

Tout est beau pour demain matin, man?

Ben oui. Je vais me rendre au terminus d’autobus pour 5h30AM et prendre l’autobus de 6h00AM. Je serai au terminus de Québec à 9h15AM. Le temps de sortir de l’autobus et te trouver dans tout ça, on est prêt à partir pour Halifax.

Appelle moi de la bus quand vous serez à la hauteur de Laurier Station ou whatever, question que je ne sois pas en retard ou en avance.

Je sais pas cé quoi Laurier Station!?

Pas de trouble, quand tu vas savoir que tu es proche, sur les ponts au pire (tu sais c quoi un pont right?), tu me texteras ou appelleras

Oui pour les ponts, je vis à Montréal … c’est une île!!!!

C’est donc suite à cette conversation que tout était réglé pour mon départ. WOW! Tout ce que j’avais à faire était reconnaître un pont et appeler. Ça, c’était la théorie. En pratique, ça l’a été plus compliqué et bien que j’ai reconnu le pont au bon moment et que j’ai appelé vers 8h45, ce n’est que vers 10h30 que Dave est arrivé au terminus d’autobus de la Gare du Palais pour me ramasser.

Salut, Lex! Excuse moi mais je devais faire des trucs pour Ondes Chocs avant de partir et tu sais que quand on commence… Es-tu prêt pour la « ride »?

Yes, tu peux pas savoir à quel point.

Une fois embarqué dans la voiture, il ne restait plus qu’à avaler les kilomètres qui nous séparaient de notre destination. Je dois ici souligner le confort du Buick Century dont Dave a fait l’acquisition à la mort de sa Tiburon. Je ne peux imaginer ce que ça aurait eu l’air en Tiburon mais la nouvelle OndesChocsmobile, c’est le grand luxe. Et en plus, Dave nous avait rempli son ipod pour la route. Des tounes des groupes qu’on verrait à Halifax pour se familiariser et toute une sélection des nouveautés reçus des « labels ». Il avait en plus du Machine Head, du Biohazard, du Norma Jean … bref, on était équipé pour la route de ce côté-là. Restait plus qu’à mettre de l’essence, se ramasser un café et on était prêt pour se rendre jusqu’au prochain plein d’essence.

J’ai jamais été dans l’Est, Lex.

J’ai déjà été à Caraquet mais jamais à l’intérieur du Nouveau-Brunswick ou plus loin.

Ça va être super cool.

C’est déjà cool.

On a mis la musique, du Infected Remains, du Pith, du Cirrhosis, du Burnt Church, du Mesrine, du Retardnation, du Reanimator, du Spew, du Hard Charger, du System Shit, tous les groupes qui faisaient partie du Thrashfest VII. On a aussi écouté du Orchid’s Curse. Le Orchid’s Curse, c’était parce que si on arrivait à Halifax en temps, on avait prévu assister à leur show le soir même. Les 5 premières heures ont donc filé comme si de rien n’était et je suis bien d’accord avec Dave que quand on est en bonne compagnie … On a arrêté le temps de faire le plein et le vide puis on est reparti pour l’autre moitié du trajet … toujours aussi crinqué.

Ça va super bien, Lex. On devrait être là pour 20h00 à peu près. On va avoir en masse de temps pour aller au show.

Faut ajouter 1 heure.

C’est une heure plus tard dans les Maritimes.

F**k, c’est vrai.

Maintenant qu’on avait remis les pendules à l’heure, c’est toujours avec le même sourire au visage que nous avons continué notre chemin vers l’océan Atlantique même si le temps s’est assombri et pas seulement parce que la soirée avançait mais parce que des nuages s’accumulaient. On a fait notre entrée à Halifax à la pluie.

 

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Wow! 21h00 et on est rendu. Reste plus qu’à trouver le Michael’s Bar and Grill.

 

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On s’adonnait à être à environ 5 minutes de là et Dave n’a pas tardé à me pointer la place. Un restaurant dans un mini-centre d’achats. La rue Young m’a fait penser au boulevard Taschereau si vous êtes du coin de Montréal ou Henri-Bourassa pour ceux de Québec et donc le restaurant se trouvait au centre d’un alignement de magasins séparés du trottoir par un stationnement où on a garé la voiture. Dave est allé voir si on avait bien la bonne place parce que le stationnement était pas mal vide et est revenu me confirmer qu’on était à la bonne place.

 

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Let’s go Lex! On est rendu et c’est pas encore commencé.

 

Comme tout allait bien jusque là, il fallait bien qu’il y ait un léger problème. Le gars qui faisait la porte a demandé les cartes de Dave mais n’était pas capable de lire la date de fête de Dave, que ce soit sur la carte d’assurance-maladie ou le permis de conduire !!!!!? Ça l’a commencé par la carte de la RAMQ. Trop compliqué comme carte.

 

Do you have a driver’s license?

Man, I drove all the way from Quebec to see this show … where’s my f***in’ driver’s license? Ah here it is!

 

Je pouvais voir – et je commence à connaître Dave pas mal là-dessus – qu’il ne la trouvait pas drôle et qu’il allait s’énerver. J’ai donc décidé de m’en mêler et d’essayer d’expliquer au gars comment comprendre la date de fête sur nos papiers du Québec mais peine perdue, ça se voyait qu’il était loin de la lumière. Et Dave avait de plus en plus de difficulté à se contenir. Tout à coup, y’a eu comme un flash dans les yeux du gars qui a décidé d’abandonner sa gymnastique mentale et nous laisser entrer. Y’était temps parce que, moi-même je trouvais qu’on tournait pas mal en rond et ce n’est définitivement pas un exercice que j’apprécie.

 

C’est quoi son problème, tab***ak?

Je sais pas mais c’était pas fort son affaire. Viens, laisse faire. On est rendu pis on veut de la bière.

 

La place est un restaurant à l’avant et une salle plus style Cages aux Sports en arrière où a lieu le spectacle. En mettant les pieds dans la salle qui était vide ou presque, je me demandais bien quel était le problème du gars à l’entrée de faire du niaisage quand y’a personne dans la place et que ce n’est donc pas le temps de refuser du monde. Surtout que Dave a pas l’air d’avoir moins de 21 ans. En tout cas, il me semble!!

On s’est pris un pichet de bière Nova Scotian, de la « Ohland » et on s’est installé à une table question d’attendre le début du show qui a tardé à débuter. On en a profité pour aller dehors faire l’entrevue avec Josh et Bryan de Orchid’s Curse. Josh s’occupe aussi de l’étiquette Diminished Fifth Records et organise des shows, dont celui où nous étions, avec les productions Red Tentacle. Une petite jasette qui nous a finalement fait manquer le début de Oceanic. Mais pas de grand-chose. Lorsqu’on est rentré, le trio venait à peine de débuter leur rock progressif instrumental. Un « set » où les recherches de textures dépassaient parfois l’intention rythmique des compositions mais sans toutefois verser dans l’introspection dissonnante. Ça aurait facilement pu considérant le nombre de pédales branchées à la guitare de Glen O’Keefe et basse de Mike McPhee, combiné au fait qu’ils font de la musique instrumentale. On a plutôt eu un « set » planant par moment, plus rock à d’autres dans un esprit un peu jazzé qui profite bien de la diversité de « beats » produit par Cameron Lawrence derrière la batterie. Pour vous donner une idée, vous pouvez télécharger leur pièce éponyme en cliquant ici.

Après la prestation de Oceanic, c’était au tour de The Bombing of Dresden, un trio qui nous ont servi un rock au son plus garage qui bizarrement sonnait « sludge » même si ce n’était pas vraiment ça. C’est comme si toute la rythmique des frères Cottreau, Luc à la basse et Jason à la batterie était « sludge/stoner » alors que Brian Doane à la guitare nous envoie toutes sortes de « riffs » groovy, funky, bluesy. Luc, qui s’occupe aussi des vocaux a aussi une façon de chanter qui s’apparente plus au « sludge » y allant principalement de cris et growls. Allez écouter la pièce « 3 degrees » pour mieux comprendre la nature de leur musique.

Lorsque Orchid’s Curse est monté sur scène, je commençais à avoir ma journée dans le corps mais l’énergie déployée par le groupe m’a tout de suite donné un regain de vie. Leur musique utilise bien les diverses variantes du hardcore, parfois punk parfois crossover et Dave me soulignait que ça s’apparente à du Darkest Hour. Je me suis laissé embarquer dans leur musique et j’ai surtout été captivé par la performance de Josh Hogan, leur chanteur, qui a l’air en transe tellement il rentre dans ses tounes. Encore une fois, la variété dans l’instrumentation a été au rendez-vous avec 2 guitaristes, Bryan Jones et Keith MacLeod, qui s’échangent le « lead » ou se le partagent par boutte pendant que la basse de Kevin Mombourquette s’occupe de la rythmique avec brio appuyée par une très bonne batterie martelée avec puissance par Bobby Webb. Je vous suggère d’aller écouter leur nouvel album, « Words », sur leur page bandcamp.

 

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Pas besoin de vous dire que la fin de leur spectacle a entraîné notre départ immédiat. Nous avions l’estomac qui criait famine et on n’avait toujours pas booké de chambre d’hôtel. Après avoir profité du « drive-in » 24h le plus proche, on s’est cherché une place et naturellement à 2h00AM, on a pris ce qu’il y avait. Une chambre trop chère pour ce qu’elle valait mais quand c’est ce qu’il reste … Pis au fond, on était parti sur un coup de tête, on était à Halifax, on avait passé une belle soirée. Que demander de plus? La fin de semaine ne faisait que commencer.

Je vous reviens avec la revue du Thrashfest VII de Halifax dans un prochain article.

Cheers!