Festival d’Été de Québec, vendredi 12 juillet 2013 : Guns N’ Roses sur les Plaines d’Abraham. Une telle entrée dans la programmation du FEQ aurait pu être extrêmement intéressante, si le vrai groupe en question était encore de ce monde. Or, il n’en est rien. En effet, l’incarnation actuelle du controversé et célèbre groupe de Hard Rock ne comprend plus aucun des membres qui ont contribué à sa renommée hormis le prétentieux, désagréable, surévalué et maintenant bedonnant AXL Rose et le claviériste Dizzy Reed. De plus, les performances récentes du groupe, pour le moins inégales, font qu’il a acquis la réputation de n’être qu’un vulgaire hommage à GNR plutôt qu’une véritable incarnation du groupe. Je n’avais donc aucune envie d’aller me joindre à une foule immense de curieux qui ne connaissent que quelques succès du groupe pour encourager les lubies d’un être que je déteste profondément, à l’exception de son talent passé de chanteur. Heureusement, Félix de Solaris Booking nous préparait une alternative très intéressante avec la venue à l’Agitée de Mass Murder Messiah, qui lancerait son EP The Rise of Evil en cette chaude soirée de juillet. J’étais donc heureux de faire un pied de nez à AXL et ses amis qui se prennent pour Guns et d’aller me gaver de véritable métal avec de vrais métaleux.
C’est donc à 19 h que ma tendre moitié et moi arrivassions à notre résidence secondaire où nous profitâmes du chaud soleil estival en déglutissant une cervoise bien méritée sur la terrasse. Nous fûmes bientôt rejoints dans notre beuverie par le sympathique Pascal Chenard et la tornade Dave Rouleau, puis vers 20 h nous entrâmes à l’intérieur où je bénéficiai de l’accès, gracieuseté de Solaris Booking, puis je saluai Dania Forget à la porte et François C. Fortin derrière la console avant que l’on ne s’installe pour assister à la performance d’Oneiric.
Oneiric est une formation Metalcore de Québec qui existe depuis 2004 et qui nous présentait, cette soirée-là, son dernier spectacle accompagnée du bassiste Sam Matte. Fringués de manière conforme au style dans lequel ils évoluent (oreilles distendues, tatouages, casquettes de baseball et vêtements de skateboard), les membres du groupe prirent d’assaut la scène avec les motifs de guitare techniques de Simon B. et Éric, la basse omniprésente de Sam et les voix gutturales de Frad. Du côté de la batterie, Lehou frappait ses peaux et ses cymbales avec une force remarquable, mais sa performance fut cependant amoindrie par le fait qu’il ne semblait pas toujours à l’aise derrière ses tambours. Cela provoqua malheureusement quelques passages plutôt laborieux. Frad, quant à lui, décida de rejoindre les quelques spectateurs qui se tenaient à bonne distance de la scène en se plaçant directement dans la fosse pour chanter, ce que je trouve toujours très bien : « S’ils ne viennent pas à toi, va à eux! ». Toutefois, sa présence scénique souffrit d’une trop grande économie de mouvement, de manque de regards vers les spectateurs et du fait qu’il restait statique et se retournait, tel un simple spectateur, vers son groupe lorsqu’il ne chantait pas. Les deux guitaristes et le bassiste donnèrent quant à eux un très bon spectacle mouvementé et on peut même dire que Sam vola le rôle de frontman en étant très démonstratif dans son jeu et en intervenant fréquemment entre les pièces. Le groupe acheva sa bonne prestation dans l’ensemble, avec une reprise plutôt comique de « The Bad Touch » de Bloodhound Gang qui amusa bien les quelques spectateurs présents. Si cette formation correspond à vos goûts musicaux, sachez qu’elle a deux albums à son actif dont le dernier, Perennial Blackout, est sorti le 24 janvier dernier. Vous pourrez vous informer sur les activités d’Oneiric ici.
Après un (trop) court entracte passé en bonne compagnie sur la terrasse, nous nous précipitâmes à l’intérieur en nous apercevant que Meet the Mailman avait déjà entamé son tour de chant et en était à la seconde pièce de sa manche. Très originale et unique en son genre, la formation de Québec pratique un Thrash Metal teinté d’influences progressives, d’influences Power et de claviers. Voyant le groupe pour la seconde fois sur scène, je ne pus m’empêcher d’être épaté encore une fois par la qualité de leur prestation. La voix agressive et le charisme très particulier de Miguel Arsenault; le jeu irréprochable et la précision chirurgicale des guitares de Martin Robitaille et Dominic Brillant; l’ossature rythmique solide et efficace érigée par Vincent Pruneau à la batterie et Mathieu Théberge à la basse; l’atmosphère de films d’horreur et les envolées mélodiques de Jean-François Durand au clavier, tous ses éléments se combinaient pour nous en mettre plein les oreilles et la vue. Dave Rouleau sembla d’ailleurs hautement impressionné par ce qui se déroulait devant nous, lui qui n’en était qu’à sa première fois avec Meet the Mailman. Très constant, le groupe nous offrit donc une sélection de ses meilleures pièces sans anicroche et avec un savoir-faire impressionnant qui laissa les spectateurs présents pantois. Si cet ovni musical de chez nous pique votre curiosité, cliquez de ce côté.
Encore une autre brève sortie sur la terrasse, et nous revenions rapidement à l’intérieur afin de ne rien manquer de la performance de la jeune formation Metalcore Behind the Revolver, qui terminait son installation sur la scène de l’Agitée. Évoluant depuis 2010 sur la scène locale, le quintette compte parmi ses rangs : Yan Mottard au vocal, Alex Deleon-Cativo à la basse, Rémy Bouthillette à la batterie, Mario Bouthillette et Tomy Robert aux guitares. Contrairement à la troupe précédente, Behind The Revolver se replie sur une forme plus conventionnelle de son style de prédilection; soit, le mélange bien connu entre une infusion de Breakdowns et de voix hardcores et une torréfaction de virtuosité et de motifs métalliques, mais le fait avec une efficacité surprenante. Effectivement, en cette soirée caniculaire, leur performance fut d’une précision musicale exemplaire combinée à une présence scénique explosive. À ce chapitre, je me dois de souligner le grand talent de Yan Mottard, qui nous livra sa prestation avec un très grand charisme et une énergie palpable. Les autres membres du groupe ne furent pas en reste, ne lésinant aucunement sur les mouvements et les contacts visuels avec les spectateurs. Je fus donc agréablement surpris par mon premier spectacle de Behind the Revolver, un groupe qui a un très bel avenir en perspective, j’en suis certain. Si vous ne connaissez pas encore ce nom, je vous conseille d’aller voir cette page.
Une dernière pause-terrasse et nous étions prêts pour la tête d’affiche; Mass Murder Messiah et leur « Rockcore » mélangeant motifs de guitare Thrash, structures accrocheuses, breakdowns et voix agressives. Le groupe montréalais existe depuis 2009, a un album à son actif et nous présentait son nouvel EP Rise of Evil disponible en téléchargement gratuit sur leur site, tout comme leur opus précédent. La formation menée par Jef Fortin (Anonymus), compte aussi parmi ses rangs : Jean-Michel Vallières au vocal, Vince « Watou » Bourassa à la guitare et au vocal d’appoint, Fred Bizier à la basse et Sammoth à la batterie. En cette humide nuit de juillet, j’assistais à un de leurs spectacles pour la première fois et j’appréciai grandement ce qui me fut présenté. En effet, le groupe nous offrit une prestation précise, endiablée, mouvementée et sans compromis. Bénéficiant d’un excellent son, grâce au travail exemplaire de François C. Fortin à la console, ceux-ci nous démontrèrent donc leur talent et la grande aise qu’ils ont sur scène. Je pus aussi noter l’efficacité de leur musique aux nombreux passages accrocheurs qui font facilement embarquer les spectateurs. Malheureusement, je me dois de relever qu’une bonne part desdits spectateurs avait mystérieusement déserté la salle, comme cela arrive souvent lorsque le dernier groupe de la soirée est de l’extérieur, ce que je trouve très irrespectueux. Quoi qu’il en soit, Mass Murder Messiah nous présenta une excellente prestation qui démontre son statut de nouvelle force du Metal québécois et je n’ai aucun doute que ce groupe est promis à un avenir prospère. Aller voir leur page facebook et téléchargez leurs deux opus gratuitement ici.
En somme, tels des messies du véritable métal, Solaris Booking et leurs invités du 12 juillet à l’Agitée ont offert une alternative plus qu’intéressante à la venue de la farce pathétique d’AXL Rose et ses petits amis sur les Plaines. De plus, nous pûmes y bénéficier des prix très sympathiques et de la variété de produits alcoolisés de l’Agitée, contrairement à ceux qui ont opté pour les Plaines et la Molson Dry en canette à 6,25 $ l’unité, tout en encourageant des vrais groupes de métal québécois et non des « has-been » défraîchis. Je termine en remerciant chaleureusement Félix de Solaris Booking pour les accès!
Louis-Olivier « Winterthrone » B. Gélinas








