Vendredi dernier le 2 décembre avait lieu la traditionnelle Grande Guignolée Underground. C’était donc encore une fois l’opportunité, pour une neuvième édition, d’assister à un très bon spectacle tout en réalisant un petit acte de bonté sociale grâce à un don de denrées. Présentant toujours un spectacle relevé, l’affiche promettait The Goatbox Rebels, Bornbroken, Ghoulunatics (remplacé par Vantablack Warship) et Augury comme tête d’affiche.
Sans enlever quoi que ce soit aux autres groupes de la soirée, j’anticipais avec grand plaisir de revoir Ghoulunatics qui figure parmi mes groupes favoris mais malheureusement nous apprenions tous via la page événement sur facebook qu’il devait annuler sa prestation à cause d’un malencontreux accident subi par Brian, le batteur. J’eus donc une pensée triste face à cette situation tout en lui souhaitant en pensée un prompt rétablissement mais l’affiche me plaisait toujours.
C’est donc un peu après 19h00 que je me suis présenté aux Foufounes Électriques afin de rejoindre notre photographe attitrée à la soirée, Marie-Noëlle, dont je vous mets quelques photos pour accompagner mon texte. Voici le lien pour voir le reste de ses photos de la soirée.
Le temps de remettre nos denrées, nous patientons quelques minutes pour l’ouverture des portes ce qui me permet de saluer, pendant que je me commande de la bière, quelques faces connues assises au bar d’en bas. Maintenant paré pour le début du spectacle, nous empruntons l’escalier menant à l’étage et aboutissons dans une salle encore passablement vide dont l’odeur de désinfectant ménager est toujours intense sur le coup. Je suis d’accord que c’est mieux de sentir l’eau de Javel que bien d’autres choses mais ça reste intense quand même et j’ai toujours hâte que mon nez s’habitue. Marie-Noëlle était bien d’accord là dessus elle aussi et nous sommes retournés au rez-de-chaussé question d’attendre plus confortablement pour ne remonter qu’au moment où les haut-parleurs à l’étage ont témoigné du début du spectacle.
Le groupe The Goatbox Rebels est de Toronto et m’était totalement inconnu. J’imagine qu’il ne l’était pas que pour moi car la salle était toujours passablement vide. Après deux chansons que je trouvais pas mal cool, groovy et entraînante, le bassiste a pris la parole pour nous dire en français que leur groupe est de Toronto mais que lui et le guitariste étaient à l’origine des Québécois et qu’ils étaient bien content d’être là. C’est là que j’ai fait le lien avec une petite gang d’enthousiastes qui soulignait leurs chansons avec renfort de cri et d’applaudissements. Leurs connaissances du coin s’étaient déplacés pour les voir ce qui est toujours plaisant. En tout cas, après quelques chansons de plus, il n’était pas nécessaire de faire partie de leur gang de chums pour apprécier leur prestation. Jouant une musique fortement ancrée dans le NWOBHM, le trio est énergique, surtout le bassiste quoique le batteur fait quelques jongleries de baguettes, et pas de doute qu’il doit faire lever les foules lors des spectacles dans son coin de pays. Ceux qui ont préféré manquer la première partie de la soirée ont encore une fois fait une erreur car The Goatbox Rebels a offert une très bonne demi-heure de prestation qui s’est déroulée dans une atmosphère sympathique bien entretenue par les deux frontmen.
Pendant la pause à l’extérieur de l’établissement pour aller rééquilibrer mes taux de toxines, Marie-Noëlle et moi étions bien d’accord que The Goatbox Rebels avait bien parti la soirée et elle me montrait quelques poses que justement le bassiste avait pris pour ses photos. Les photographes aiment ça quand les musiciens se prêtent au jeu.
Dix minutes pour un change up, ça c’est de la bonne job et on s’est fait surprendre. Ce sont encore les haut-parleurs qui nous ont rappelés dans la salle. À notre entrée, le son Hardcore Crossover à la groove quasi palpable de Vantablack Warship avait déjà fait son œuvre parmi la foule et plusieurs headbangaient à l’unisson comme une horde de fervents bien harangués par PIL, leur guru aux allures de rasta avec ses longs dreads enblondinés qui jump & bounce around aux rythmes du headbanging ou vice et versa. Encore une fois, les musiciens étaient dedans et on sentait la bonne «vibe». Ce fut une autre demi-heure haute en énergie qui aura permis d’entendre de nouvelles pièces de leur EP en préparation au travers de celles de leur excellent premier EP (Pour les curieux, lien vers ma revue du EP avec lecteur pour écoute).
Autre pause qui cette fois s’est avérée beaucoup plus longue, frôlant la demi-heure puisque nécessitant beaucoup plus de mouvement de matériel et lors de mon retour dans la salle, j’ai pu constater que la foule avait maintenant doublé. Les gars de BornBroken étaient prêts pour nous en envoyer plein les oreilles comme d’habitude avec un mélange de pièces de leur premier album et du nouveau à paraître en 2017. Ce fut encore une fois un set énergique, porté par leur musique plus brutale que celle de leurs prédécesseur mais gardant la groove. Le headbanging s’est propagé à un plus grand nombre; la «Broken Nation» était arrivée pour mener l’acclamation.
La musique avait grimpé d’une coche en intensité à chacun des trois premiers groupes de la soirée et nous étions maintenant prêts pour la coche ultime, Augury. Avant de vous parler de la performance, j’aimerais souligner qu’il est toujours intéressant de constater la notoriété d’un groupe à voir la quantité de musiciens reconnus de la scène qui se trouvent sur place pour le voir. Et vendredi soir, il y en avait plusieurs venus apprécier les prouesses de ces musiciens chevronnés. Enfin, inutile de m’étendre plus sur le sujet car il est évident qu’Augury mérite ce respect. Et le groupe nous l’a démontré avec brio alors que tout leur semble si facile sur scène pendant que nos oreilles peinent à tout capter. Je dois avouer que je regrette toujours l’absence de la voix féminine lorsqu’ils interprètent les plus vieilles pièces de leur répertoire mais ça, j’imagine que c’est comme la perte de mon premier toutou en peluche, je vais finir par passer par-dessus… Enfin, peu importe cette absence, la foule encore plus nombreuse qui remplissait maintenant tout le plancher appréciait leur prestation à sa pleine mesure, de belles acclamations suivaient chaque pièce et on a eu droit au premier moshpit de la soirée. Ils nous ont offert une performance d’environ une heure quinze qui leur a permis de faire le tour des pièces les plus importantes de leur discographie prouvant l’importance de ce groupe dans le paysage Metal québécois.
Et une autre belle soirée passée avec de très bons groupes s’achevait. Je veux remercier toute l’organisation de la Grande Guignolée Underground et personnellement Gary Lyons pour l’accès et les féliciter pour cet effort qu’ils donnent tous en cette période de l’année pour pouvoir donner aux plus démunis. On se donne donc tous rendez-vous l’an prochain pour la DIXIÈME ÉDITION. Dix ans, ça se fête. J’ai déjà hâte de savoir ce que sera le line up!!
Lex Ivian













