Dimanche, 14 Décembre 2013. Je reviens au bon vieux français dans cette chronique compte tenu que mon escapade anglophone m’a semblé particulièrement laborieuse. Soit. Je suis un descendant de la colonisation française et je dois faire avec. Dehors, la température nous fait voyager en Sibérie. C’est froid, très froid! Et lorsqu’une bourrasque nous atteint en plein visage, il faut retenir notre souffle et s’imaginer dans les Caraïbes pour rendre la chose plus endurable.

 

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Ce soir, c’est un quadruple hommage à des bands d’Europe du Nord. Quelle coïncidence que ce froid épique vienne agrémenter une soirée de metal nordique. Dimmu Borgir interprété par Valfreya, Children of Bodom par Bastards of Bodom qui en sont à leur premier show (Le Dr parle bien sûr ici du groupe hommage montréalais et non de celui de Hongrie. – NDLR), Marduk par Morgue et Kalmah par Sacrificed Alliance (Nous nous excusons auprès de Sacrificed Alliance et Morgue pour l’absence de photos de leur prestation pour agrémenter la portion du texte les concernant mais malheureusement, Karolane a perdu la carte mémoire les contenant – NDLR). Kalmah et Children of Bodom sont les groupes que je connais le mieux car ils sont dans mes préférés à vie. J’ai vu Dimmu Borgir et Marduk une fois chacun. Dimmu Borgir jouait justement avec Children of Bodom au défunt Medley sur la rue St-Denis, c’était un 12 novembre 2003; et j’ai vu Marduk cette année avec Moonspell au Club Soda le 24 février dernier. J’ai aussi assisté plus récemment à un spectacle de Valfreya et Sacrificed Alliance qui faisaient la première partie de Necrogoblikon aux Foufounes Électriques il y a quelques semaines. Vous pouvez avoir mon compte-rendu de la soirée en cliquant ici.

Les premiers à s’élancer sont Sacrificed Alliance, après un temps d’attente considérable puisque le clavier semblait avoir quelques problèmes techniques. Tout est réglé une demi-heure plus tard et le spectacle commence enfin, une heure environ après l’ouverture des portes. Oh… finalement non! On nous fait encore gentiment languir davantage car cette fois-ci, c’est la basse qui a des problèmes.

Finalement, c’est parti sur un air de Kalmah très bien rendu. Surprise, par la suite ils enchaînent avec au moins quatre compositions très agréables de leur cru. Je ne m’attendais pas à cela mais compte tenu qu’ils ont su à environ trois semaines d’avis qu’ils allaient faire ce spectacle, bien c’est compréhensible qu’ils n’aient pas eu le temps de monter autant de matériel que les autres groupes. Tout de même, ils ont un très bon son et ils ne pourront que l’améliorer au fil du temps. Le claviériste Félix Plante est très efficace et littéralement il fait le show. En ce sens que si ce n’était pas de lui ce soir, le show n’aurait effectivement pas eu lieu car il joue aussi dans Bastards of Bodom (impossible de faire un hommage à Kalmah et Children of Bodom sans clavier, ça va de soi). Drôle d’adon par ailleurs que j’aie comparé Sacrificed Alliance à Children of Bodom dans ma dernière critique, sans savoir que leur claviériste participait à l’hommage de ce soir.

J’en profite tout de suite pour élaborer un tantinet sur ce jeune homme impressionnant de 18 ans. Premièrement, il a appris plus de huit morceaux complets qui sont loin d’être simple (on s’entend que Kalmah et Children of Bodom, ce n’est pas de la p’tite bière au clavier!) en trois semaines. Deuxièmement, il joue à l’oreille! Je n’en revenais tout simplement pas. Comment apprendre des tounes aussi complexes d’une manière aussi solide en si peu de temps et sans partition? J’en suis encore flabbergasté.

Dernière chanson du set de Sacrificed Alliance en hommage à Kalmah : The Black Waltz de l’album du même nom sorti en 2006. Entracte.

J’en profite pour descendre aller rejoindre le reste de la « Ondes Chocs Crew » présent, Lex et Karolane, assis au bar en bordure de scène. Je fais la connaissance de cette dernière; sympathique photographe qui me met immédiatement en garde de ne pas l’appeler KGB car ce sont ses initiales… Je trouvais cela plutôt charmant comme initiales pourtant…

Comme d’habitude, il faut attendre longtemps pendant le changement de set-up. Et on fume les clopes vite à la température qui fait dehors.

Pas grave. L’attente en vaut la peine car Morgue incarnent Marduk à la perfection. Rien à redire. C’est toujours agréable de constater à quel point nous avons d’excellents musiciens sur la scène underground au Québec. Ils nous rendent les succès de Marduk les uns après les autres, intercalés avec quelques-unes de leurs compositions. C’est « direct au poste » comme on dit. À voir pour ceux qui ne les auraient pas encore vus et entendus. Marduk ou Morgue? Les deux sont tout aussi bons, je vous dirais! Des musiciens au talent certain et à l’assurance envoûtante.

Deuxième entracte. La neige a commencé à tomber et le vent a décidé de souffler un peu plus fort, ce qui rend la pause cigarette d’autant plus… ah ben tiens! Pourquoi pas utiliser l’abribus en guise de pare-vent! Petit répit fort apprécié en ce samedi soir d’hiver (d’automne, dans les faits). De retour à l’intérieur, une bonne grosse Belle Gueule pour me réchauffer le cœur en écoutant les premières notes de Living Dead Beat.

Bastards of Bodom enchaîne avec Are You Dead Yet et jusqu’à maintenant, je dois dire que je reste un peu sur ma faim, considérant ces deux morceaux comme étant certes des pièces d’anthologie, mais qui ne représentent pas très bien le répertoire musical de ce qui fait à mon avis la dignité de Children of Bodom. Connaissant ce groupe depuis ses tout débuts, à l’époque même où ils ne s’appelaient pas Children of Bodom mais plutôt Inearthed, je dois confesser que c’est le groupe qui m’a initié au death metal melodique qui incorpore de la pédale double. Ben quoi… il faut bien commencer quelque part!

Hate Me est la pièce suivante et le son de Bastards of Bodom ne va qu’en s’améliorant et c’est de bonne augure. J’aime bien le clin d’œil à Alexi Laiho de la part du chanteur/guitariste qui s’est mis une tuque noire et une perruque blonde pour l’occasion. Je craignais un peu de ne pas retrouver la voix caractéristique de Laiho pendant cet hommage mais à ma grande joie, le vocaliste, Olivier Bourbonnais-Allaire, est très bon et est capable d’aller chercher exactement les mêmes tonalités criardes que Laiho.

Bed of Razors suit Hate Me et là on commence à jaser. Ça sonne très impeccable si je me fie à la version enregistrée de l’album Hatebreeder.

De quoi rendre jaloux Children of Bodom eux-mêmes compte tenu que leur son live est passablement différent de leur son enregistré, surtout au niveau de la voix. Certains diront qu’ils préfèrent avoir quelque chose de bien différent en live et je partage cet avis à moitié. Certes, il est intéressant qu’un artiste se permette d’être original une fois sur scène, mais de là à scrapper certains morceaux, il y a une marge. Il reste que Children of Bodom ont toujours été honnêtes et les musiciens ont gagné en expérience depuis les premiers shows que j’ai vus d’eux.

Ensuite, effet de surprise assez incroyable! Bastards of Bodom ont décidé de faire War of Razors, un duel de solos entre guitare et clavier assez épique qui se retrouve sur le premier album live de Children of Bodom : Tokyo Warhearts. Comme s’ils ne nous en avaient pas assez mis plein la vue et plein les oreilles, Bastards of Bodom enchaînent avec Silent Night, Bodom Night. Morceau culte pour les fans de Children of Bodom, morceau qui, s’il avait été absent, aurait cruellement manqué à la setlist. Exécution quasi parfaite! Je tiens à rappeler que le claviériste a appris toutes les pièces de Children of Bodom à l’exception d’une, en l’espace de trois semaines et à l’oreille… Chapeau à toi, Félix! Au passage, tes parents m’ont dit qu’ils étaient fiers de toi, même s’ils ont dû adapter leurs oreilles à un style de musique qui ne leur était pas familier à la base.

Pour en revenir à la performance de Bastards of Bodom dans son ensemble, si ce n’était que je connais beaucoup trop Children of Bodom, j’aurais cru les voir sur scène. Les échanges de regards lors de solos entre claviéristes et guitaristes, ou la complicité classique lors de Silent Night, Bodom Night ont été très bien interprétés. Le temps a passé si vite lors de leur performance (du moins en ce qui me concerne…) que l’annonce de la dernière chanson a fait réagir négativement le public présent. Quoi de mieux qu’un classique pour terminer : Downfall.

 

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Troisième entracte. Vous allez dire que j’ai mis des commentaires beaucoup plus détaillés que pour les autres groupes pour le tribute à Children of Bodom et vous aurez raison. Je suis fan fini et je vous le concède… Détail supplémentaire qui m’a à moitié étonné : le public était moins enthousiaste et moins nombreux pour l’hommage à Dimmu Borgir. Il est intéressant de noter qu’exactement la même chose s’était produite au show Dimmu Borgir et Children of Bodom de 2003… Le public était clairement venu pour Children of Bodom et la moitié au moins du Medley s’était vidée suite à leur performance; nul besoin de vous dire que c’était assez particulier! En même temps, cela coïncide en quelque sorte avec la différence d’un million de « Likes sur Facebook entre les deux groupes (2,5 vs 1,5 millions). On peut dire que Children of Bodom sont plus populaires, sans dire qu’ils font dans la pop, à l’exception d’une toune de Britney Spears

Toujours est-il que Valfreya entre dans la danse en interprétant Dimmu Borgir à la perfection. J’aurais cru avoir Dimmu Borgir en face de moi, si ce n’était de l’absence de bottes au genou avec des pics nombreux et gigantesques, car pour le reste, tout y était. Maquillages, mise en scène et attitude, prestation musicale, c’était très bien fait. Comme Sacrificed Alliance et Morgue, Valfreya se sont permis de faire quelques morceaux de leur répertoire dont Odin’s Fury, avec Phil Langelier (chanteur de Bookake) comme invité. Jötunn a fait son solo de drum comme à l’habitude, toujours aussi impressionnant. Et ils ont terminé avec d’autres classiques de Dimmu Borgir dont les noms m’échappent malheureusement.

Je l’ai dit et redit dans ma dernière chronique à propos de Valfreya : toujours aussi efficace! Qu’ils jouent du Valfreya folk ou black, qu’ils jouent du Dimmu Borgir, ce sont des musiciens qui connaissent très bien leurs instruments et qui savent en mettre plein la vie. Ou plein la vue, ou plein l’ouïe… C’est selon.

En terminant, je vous annonce que le prochain show que je couvrirai aura lieu vendredi 20 décembre à Brampton, Ontario. Crimson Shadows, Battlesoul, Livid and the Bloodthirsty et Dawn Vally seront les groupes en vedette ce soir-là et ils nous réservent une performance de Noël, peu importe ce que cela puisse vouloir dire. Avant de vous quitter, je voudrais dire merci à Xtrem Productions pour le show de ce soir, c’était un spectacle hommage très agréable. Et pour ceux ou celles qui se le seraient demandé, oui, je suis allé manger ma traditionnelle pointe de pizza de fin de soirée! Cheers!

Dr Light

 

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