C’est toujours un plaisir d’aller honorer un groupe local qui a percé au niveau international. Kataklysm est bien établi dans le milieu metal et c’est fort agréable autant pour eux que pour nous. Ce soir, ils étaient en tête d’affiche du spectacle présenté par BCI au Club Soda dans le cadre de la tournée nord-américaine Kill the Elite of… avec Aborted (de Belgique) et ils étaient supportés par Blinded by Faith, Mass Murder Messiah et Diabholico.
Gros spectacle au menu donc. À l’heure pile prévue, Diabholico monte sur scène et entame son set. Ces anglos d’Ontario semblent très heureux de faire cette première partie et remercient à quelques reprises le public de s’être pointé tôt. Petit problème avec une des guitares en tout début de spectacle, problème qui ne sera résolu qu’un morceau plus tard. Les musiciens gèrent bien malgré ce petit imbroglio qui se fait malheureusement sentir plus particulièrement à certains moments. Une fois réglé, il reste que l’ajustement du son semble laborieux et cela persistera jusqu’à la fin de leur court set. Leur musique consiste en un deathcore aux breakdowns nombreux. Ceux qui me connaissent savent que cela ne m’enchante pas particulièrement, mais je dois dire qu’ils ont bien réchauffé la salle malgré une grande lacune au niveau puissance sonore. Je ne sais pas ce qu’il manquait, mais ça manquait! Le chanteur semblait motivé à l’extrême et a insisté pour que le public fasse un wall of death. Résultat: environ 6 personnes se sont prêtées au jeu et cela a donné un moment un peu loufoque compte tenu que la caractéristique principale d’un wall of death est de réunir un nombre imposant de personnes pour littéralement former un «mur». Avec 5-6 personnes, ça ressemblait plutôt à une clôture de jardin…
L’arrivée sur scène de Mass Murder Messiah change brutalement la dynamique et je comprends pourquoi j’étais mitigé lors du groupe d’ouverture. Là on jase! Le son est puissant à souhait, les mélodies et les riffs déchirent complètement. Ça rentre au poste, une toune après l’autre. Les harmonies vocales à trois retiennent mon attention et sont très bien exécutées. La foule est quant à elle beaucoup plus animée et le moshpit est à sa tension optimale. J’avais déjà vu Mass Murder Messiah au Petit Campus il y a un an ou deux, mais ce n’était rien comparativement à ce soir. L’arrivée d’Alex Leblanc au chant est définitivement un plus. Il apporte une énergie incroyable à l’ensemble du groupe et ses interactions avec la foule sont très positives. Un death metal avec un groove incroyable fait qu’on se laisse porter sans difficulté tout au long de leur prestation. Chapeau!
Ensuite viennent Blinded by Faith qui changent radicalement l’ambiance. D’une puissance à l’état brut, nous passons à quelque chose d’un peu plus subtil mais tout aussi entrainant. Il s’agit simplement de s’adapter avec une ou deux chansons et le tour est joué. Leur death metal est plus progressif et plus mélodique, les jeux d’instruments un peu plus complexes mais toujours exécutés à la quasi perfection. Je ne sais pas si j’avais la même conception du twist que le chanteur (Tommy Demers), mais il m’en a certes fait voir une facette originale. La seule petite note moins positive est que je préfère de loin voir un musicien s’exécuter live que d’entendre quelque chose de préenregistré aux claviers mais c’est le prix à payer pour entendre leurs vieilles pièces puisqu’ils n’ont jamais remplacé Dany Émond.
Aborted m’était tout à fait inconnu mais j’avais comme une impression que ce serait très brutal. Je ne m’étais pas trompé! C’est du death metal extrêmement puissant qu’ils nous servent sans nous laisser le temps de se reposer un instant. Une énergie intense et un circle pit immense caractérisent l’ensemble de leur performance. C’est beaucoup plus rapide que les trois groupes précédents et les blastbeats sont vraiment présents du début à la fin. Ces belges sont à découvrir pour tous les amateurs de brutal death metal. Dans un autre ordre d’idées, le chanteur nous a servi le cliché de la poutine mais je crois qu’il était sincère quand il disait aimer ce mets. Il semblait particulièrement content de pouvoir s’exprimer dans sa langue maternelle sur un autre continent.
Le plat de résistance s’en vient et ça se sent. La foule scande à maintes reprises «Ka-ta-klysm» avec un accent francophone bien audible. En réponse, Maurizio (le chanteur) se fait entendre de l’arrière-scène et demande:
Êtes-vous prêts, ma gang de tabarnacs?
La foule se met en délire et commence à être très dense, ce qui permettra ultérieurement à plusieurs personnes d’en profiter pour faire du bodysurfing à leur guise. À voir l’intensité du moshpit dès le début de la prestation, je me suis dit qu’il sera impossible de tenir la cadence jusqu’à la fin! En effet, après environ 1 heure (!), la foule s’est calmée un peu, mais ce n’était que pour reprendre un peu d’énergie et terminer en force. Les musiciens du groupe étaient exemplaires, fidèles à ce que j’ai découvert sur album. Et oui, c’était la première fois que je voyais Kataklysm live malgré leurs 20 ans d’existence. Il faut dire que mon oreille s’est développée au son du death metal et des blastbeats que très récemment… Cette prestation m’a tout de même permis d’apprécier une bonne partie de leur répertoire de chansons, tirées de différents albums. Évidemment, ils ont souligné leur plus récent opus, « Waiting For The End To Come« , sorti en 2013.
À un certain moment, sans trop qu’on sache pourquoi, le son est complètement disparu de la salle et nous n’entendions que les moniteurs des musiciens sur scène. C’était assez weird comme moment, mais ce fut géré de mains de maîtres. Nous avons finalement su en jasant avec les gens de BCI qu’un ziggoto avait tiré l’alarme de feu qui, bien que silencieuse ce qui explique notre incompréhension de la situation, coupe l’alimentation de la console. Même si tout le monde réalisait définitivement que quelque chose clochait profondément, les musiciens n’en ont fait aucun cas, ils ont continué de jouer comme si de rien n’était jusqu’à ce que le problème de son soit corrigé quelques dizaines de secondes plus tard. Ça prend tout un calme et une assurance pour gérer une telle situation de la sorte. Ils ont de l’expérience dans le métier et c’est palpable. Le clou de la soirée a été le rappel, avec un swap aux percussions avec leur ex-batteur, Max Duhamel. La foule était plus que comblée de cette surprise et plusieurs fans sont restés près de la scène pour établir un petit contact avec les musiciens après le dernier morceau de la soirée: « The Road To Devastation« .
Remerciement à tous les musiciens pour leur performance et à BCI pour l’accès au spectacle. Ce fut une très belle soirée à laquelle je réassisterais n’importe quand!
Dr Light





