Yippe! Première fois que je prends le train! Dans les faits, c’est surtout que ça ne me tentait guère de conduire pendant plus de 5 heures pour me rendre au centre-ville de Toronto. Tout de même, c’était une belle expérience, ça permet d’apprécier beaucoup plus le voyage. Nous sommes donc, ma douce et moi, en direction de Toronto pour assister au spectacle sold-out de Battlecross, Crimson Shadows, Corporal Punishment et Unbowed au El Mocambo, sur Spadina Avenue à Toronto. Nous en profiterons pour résider dans une auberge jeunesse, The Planet Traveler, question de faire connaissance avec des gens de différentes nationalités et partager un bon moment dans une ville étrangère.
Les paysages sont fabuleux tout au long du trajet et vous pouvez en voir quelques-uns dans la vidéo. Une fois arrivés dans la ville Reine, nous partons à la recherche d’un taxi qui nous mènera à l’hôtel. Wow! Nous sommes très bien accueillis avec visite guidée et explications des règles de vie en communauté. La pièce de résistance est évidemment la terrasse sur le toit avec BBQ, bar et musique, sans compter la vue sur le centre-ville et la tour du CN. Même si nous sommes l’hiver, une partie est complètement vitrée et chauffée, ce qui permet d’en profiter même par des temps hivernaux du mois de janvier.
Le temps file et nous devons aller casser la croûte avant de se diriger vers le El Mocambo. Nous décidons de nous appuyer sur les recommandations de la personne à la réception de l’hôtel pour choisir notre restaurant. Nous sommes dans China Town et sommes enclin à manger asiatique. Nous allons finalement vers un restaurant vietnamien au coin de Spadina Av. et St-Andrew St. Pour aussi peu que 15$, vous avez la panse bien remplie par un repas plus que copieux servi en moins de 10 minutes. Perfect!
Direction El Mocambo. Je prends le temps d’analyser un peu les lieux en entrant. L’établissement est réparti sur deux étages, mais seul le premier sera ouvert ce soir. La forme de l’espace représente un gros U inversé. On entre par la patte de droite et jusqu’à la courbe du U, il y a un bar à notre gauche. Tout au fond, il y a la scène et l’arrière-scène et en revenant sur nos pas dans l’autre patte du U, il y a la console, les tables de merch et les escaliers menant aux toilettes du sous-sol.
Lentement mais sûrement, Unbowed se met en place. La présence d’un clavier est un indice qui nous dit que nous pourrions avoir affaire à quelque chose qui touche au black metal et je ne me suis pas trompé. Aussitôt leur prestation entamée, on reconnaît assez aisément l’ambiance lugubre qu’un clavier peut apporter au reste du groupe. Très humbles, les musiciens s’exécutent sans fla-fla inutile. Les pièces s’enchaînent à un rythme tout à fait adéquat et bien qu’il y ait plusieurs morceaux avec un rythme assez lent, ils ont le don de venir ajouter du pep aux bons endroits. C’est cependant loin d’être un black metal puriste, le groupe puisant allègrement dans plusieurs styles pour concocter leurs compositions.
Au premier entracte, j’en profite pour aller acheter un t-shirt de Crimson Shadows que j’affectionne particulièrement. L’inscription à l’endos dit: Battle Fucking Hard. C’est un écho à un de leur morceau sur leur album Glory On The Battlefield. J’ai aussi acheté un porte-bière à leur effigie qui permet de garder ses mains au chaud et sa bière au froid.
Une clope et une bière plus tard, Corporal Punishment sont prêts à entamer leur performance. Je ne m’attendais à rien puisque je les connaissais très peu. Ils sont contents d’être sur la scène et ça paraît! Leurs expressions faciales et leurs nombreux remerciements soulignent le plaisir qu’ils ont d’être en première partie de Battlecross et Crimson Shadows. Leur musique est un peu plus agressive que celle de Unbowed et les rythmes sont généralement plus rapides. On a ici affaire davantage à un style à mi-chemin entre le thrash et le power metal. Le chanteur-bassiste se débrouille très bien avec ses growls et ses screams bien sentis parfois supportés par les backvocals d’un des deux guitaristes. Le batteur est imposant derrière son drum et il est assez efficace dans tous ses beats. L’écoute en vaut le coup.
Leur prestation terminée, c’est le moment de retourner à l’extérieur où un fan d’une quarantaine d’année tente de vendre l’idée des cigarettes électroniques à d’autres fumeurs autour de lui. L’histoire ne dit pas si ses tentatives se sont soldées par un succès… De retour à l’intérieur, je fais un arrêt au bar et vais ensuite m’installer sur le gigantesque moniteur à la gauche de la scène pour capter de près la performance de Crimson Shadows.
L’introduction de leur dernier EP, Sails of Destiny, se fait entendre et on se doute de la suite… Ils commencent effectivement avec le premier morceau dudit EP qui s’intitule Freedom and Salvation, ce qui ravit un public déjà enflammé. Ensuite vient une pièce de leur album à venir, Rise of Power. Définitivement, nous ne serons pas déçus avec leur futur opus! Crimson Shadows restent fidèles à eux-mêmes en poussant l’audace encore un peu plus loin grâce à Morgan Rider qui maîtrise la basse comme un linguiste maîtrise la langue. Leur style amalgamé de power et de death metal est extrêmement efficace et le fait qu’ils soient tous des musiciens d’exception rajoute inévitablement à leurs performances live. Jimi (le chanteur) nous annonce que la prochaine chanson est une moshpit song et ils jouent les premières notes de Lost in a Dark Forest, ce qui rend la foule complètement démente et entraîne aussitôt un moshpit digne de ce nom. Autre élément intéressant de leur performance, les chœurs bien placés qui font que le public embarque à plein poumon dans le spectacle. Vous en avez un extrait dans la vidéo qui accompagne ce texte.
Les autres pièces de la setlist sont Darkened Skies (un autre nouveau morceau à paraître sur le prochain album), Maiden’s Call et, évidemment, Beyond the Mountain Wasteland. Encore une fois, Crimson Shadows m’ont impressionné par leur prestation quasi impeccable et leur professionnalisme exemplaire. Ce que j’entends par professionnalisme exemplaire s’est manifesté à la toute dernière pièce, lorsque les piles du jack sans fil de Greg (guitariste) sont tombées à plat en plein au moment où il s’apprêtait à faire un solo épique. Tous les autres musiciens ont constaté la situation et ont continué de jouer comme si de rien n’était et Greg a patiemment, sans paniquer, réinitialiser son jack et son ampli, tout en venant chanter son bout de refrain entre-temps, pour ensuite effectuer un autre solo à couper le souffle par la suite. Bravo!
Dernier entracte de la soirée, la foule commence à être considérablement dense en conséquence à la vente de tous les billets. Attendre pour une bière au bar devient une véritable épreuve de patience. Nous devions être environ une centaine de personnes dans la place et il n’y avait que deux barmaids.
Battlecross monte finalement sur scène au grand plaisir des fans qui sont littéralement déchaînés. Kyle, le chanteur, en viendra un moment à dire How can you top that! et It’s almost better than home!, ce qui attise d’autant plus le public présent. Des circlepits, du bodysurfing et des « hey, hey, hey! » cimentent la foule et enthousiasment définitivement les musiciens qui semblent avoir un énorme plaisir à jouer devant ces fans plus que participatifs. Un homme a même perdu ses lunettes à un moment donné, ils les a chercher quelque secondes pour finalement se relancer avec joie et sans hésitation dans le pit. Battlecross ont une efficacité et une énergie qui endiablent littéralement les spectateurs. Leur thrash metal mélodique est sublime et entraînant au maximum. Malheureusement, vous ne pourrez en voir que 30 secondes dans la vidéo compte tenu d’une restriction de leur label. Je vous invite cependant à aller les voir, leur parler (ils sont très amicaux) et leur acheter de la merch lorsqu’ils viendront au Québec ou même faites comme moi et tapez vous un trip.
Je dois noter qu’entre autres choses, ce qui fait que Battlecross est aussi efficace, est certainement la virtuosité de ses musiciens. À la batterie, Shannon Lucas est tout simplement impressionnant et son drum sonne comme une tonne de briques. Les deux guitaristes s’échangent des solos incroyables, le chanteur est très puissant et entertainer et que dire du bassiste… Il est hallucinant! Il fait du tapping tout en pinçant les cordes et sa basse a un son particulier qui détonne dans pratiquement chacun des morceaux ou presque. C’était tellement puissant, agressif et envoûtant que les fans sont devenus complètement fous. Lors du dernier morceau, qui s’intitule Push, Pull, Destroy, le public a pris le titre au premier degré et une personne a saisi un palmier artificiel qui servait de décoration pour l’amener se faire détruire dans le moshpit sans aucun ménagement. C’est d’ailleurs l’extrait que j’ai choisi de mettre dans la vidéo, vous pourrez ainsi avoir un aperçu de comment le public était en feu en ce vendredi soir.
En terminant, énorme merci aux musiciens et technicien de son de Battlecross et Crimson Shadows, à Inertia Entertainment pour le spectacle et à Sarah de Metal Blade Records qui nous a gracieusement permis d’avoir l’accès au spectacle. Petit remerciement spécial aussi à Molly, cette parfaite inconnue qui nous a joué et chanté un doux morceau à la guitare classique lors d’un party le lendemain à l’hôtel. Vous pouvez entendre un extrait de son talent au début et à la fin de la vidéo (à noter que le son venait directement de sa guitare et de sa bouche, sans aucun amplificateur, modulateur de son ou autre patente électronique).
Dr Light





