Dopethrone, Evil Can Evil, Black Khox et Cyanide Eyes au Cercle à Québec, le samedi 2 avril 2016. Une présentation de Let Live Productions et Productions Rock City.

2 avril 2016 - Québec - Dopethrone affiche

Il y a quelque chose d’un peu spécial, à retourner aux chroniques métalliques sur Ondes Chocs, après l’arrivée dans la vie de votre humble scribe d’une enfant magnifique. Voici donc, ma toute première revue de concert Metal après une absence relativement longue motivée par ladite naissance de ma fille et je tiens à dire que c’est un grand plaisir de m’adresser à vous à nouveau, chers lecteurs assidus d’Ondes Chocs!

La désormais célèbre formation montréalaise de Doom/Sludge/ Stoner Metal Dopethrone s’amenait à Québec en ce doux samedi de printemps et serait accompagnée d’un trio de formations locales: les rockeurs stones de Evil Can Evil, les gelés métalleux de Black Khox et les «Sludgeux postmétalliques» de Cyanide Eyes. C’est donc laissant ma progéniture maléfique aux mains de ma lionne d’acier favorite, pour quelques heures de défoulements herbacés, que je pris le chemin de la sombre rue Saint-Joseph et du Cercle en solo.

Arrivé sur les lieux quelques minutes après l’heure théorique de début du concert, soit 8 heures, j’eus la double satisfaction de constater que la salle était déjà très bien peuplée et que Cyanide Eyes n’avait pas encore entamé le voyage astral prévu. J’eus donc le temps de saluer plusieurs connaissances présentes avant que le trio ne se mette à exécution.

Cyanide Eyes est une formation de Québec œuvrant dans une stylistique Sludge et Post-Metal depuis 2011. Celle-ci se compose de Math (basse), Dave (guitare/voix) et Crocko (batterie). En étant à ma deuxième prestation de Cyanide Eyes, je fus encore ravi par leur optique exploratoire qui nous transporte dans des atmosphères tantôt astrales, tantôt infernales. Cependant, à l’exception du chanteur-guitariste, je fus un peu déçu par le caractère statique de la prestation, même dans les parties plus intransigeantes et mouvementées de leurs pièces. De plus, leur prestation ne fut pas toujours solide sur le plan musical, plusieurs transitions semblant manquer de synchronisme et quelques passages carrément incertains au rendez-vous. Ce fut donc une prestation somme toute agréable, mais un peu inégale et manquant d’entrain.

Après une pause permettant aux odeurs de cannabis de se répandre à l’extérieur, c’était maintenant à Black Khox  de venir s’exécuter. Quatuor local composé de Maxime Gélinas (guitares), Francis Beausoleil (guitares), William Lapointe (basse, chant) et Christian Plante (batterie), la bande a deux sorties à son actif soit: «Demo» (2012) et le LP «A.K.A.B.» (2014). Sur scène, leur son Stoner Rock/Metal énergique fut admirablement bien porté à son meilleur par une sonorisation puissante. De plus, du côté de la présence scénique, ils s’exécutèrent avec un dynamisme qui mit le feu aux poudres parmi les nombreux spectateurs présents et fit donc ombrage à la prestation du groupe précédent, semblant d’autant plus passif. Il faut aussi mentionner que leur musique est beaucoup plus agressive et directe que celle de Cyanide Eyes, ce qui leur donna nécessairement un avantage dans un contexte scénique. En somme, ce fut une prestation très professionnelle tant au point de vue musical, qu’au point de vue de l’action sur scène pour Black Khox.

La soirée avançait à bon train et c’était donc maintenant à Evil Can Evil de Québec de prendre place sur la belle scène du Cercle. Avec leur Stoner Rock de la vieille école aux accents blues, la formation composée de Jean-François Fortier (guitare/chant), Manuel Grenier (basse/chœurs), Sébastien Harvey (guitare/chœurs) et Mathieu Henri (batterie) parvinrent sans peine à maintenir le niveau d’énergie et de qualité musicale imposé par le groupe précédent. Leurs compositions fidèles au style choisi par le quatuor furent néanmoins accrocheuses et portées par la voix rauque et juste du chanteur-guitariste, ainsi que par les guitares puissantes. La sonorisation de leur performance fut tout aussi puissante et solide que celle de la prestation de Black Khox, ce qui contribua à rehausser la qualité d’ensemble de celle-ci. En fin de compte, ce fut donc une performance de haut niveau pour Evil Can Evil.

Le grand moment de la soirée était donc arrivé avec l’entrée en scène des têtes d’affiche de Dopethrone munis leur mélange unique de Doom/Sludge/Stoner Metal lourd à souhait chapeauté par le chant râpeux et démoniaque de Vincent Houde (guitare, chant). Le trio complété par Vyk (basse) et Big Borman (batterie), s’amenait à Québec avec le dernier de ses quatre albums intitulé «Hochelaga» (2015) et une estime de plus en plus grande de la part des amateurs de Metal québécois, donc le vent dans les voiles. Sur scène, leur prestation fut d’une lourdeur sonore sans pareil qui envoyait valser les canettes de bière encore pleines du chanteur-guitariste, placées directement devant son moniteur. La bande performa aussi de façon très dynamique, y allant même d’interventions humoristiques et divertissantes entre ses assauts musicaux. On eut même droit à la présence du parolier Uncle Costa, s’allumant une clope et aspergeant la foule de vin blanc tout en interprétant une «Scum Fuck Blues» endiablée. De plus, la réaction du public nombreux se révéla être la meilleure de la soirée. En conclusion, ce fut une performance orgiaque et de la lourdeur d’un rouleau compresseur pour Dopethrone.

Pour terminer, je dois remercier les organisateurs du concert: Nico Reymond de Let Live Productions et Chucky Macdonald des Productions Rock City, pour l’accès à la soirée. Je dois aussi les féliciter pour avoir sélectionné une affiche aussi bien calibrée et logique sur le plan des genres musicaux. Enfin, tous les groupes de l’alignement ont su tirer leur épingle du jeu à des degrés divers, ce qui indique la grande qualité de notre scène locale et fit de la soirée un succès sur toute la ligne.

Louis-Olivier «Winterthrone» B. Gélinas